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le blog de Ambreneige
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9 août 2012

La perle précieuse

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Il y a les gens avec qui on a envie d’être tout le temps. Seulement ceux-là, ils n’ont pas envie d’être tout le temps avec nous.

Il y a ceux qui ont envie de nous voir parce qu’on est tout ce qu’ils ont dans la vie. Alors si on dit non, culpabilité.

Il y a les gens qu’on voit par habitude ou par devoir.

Et puis il y a ceux qui vous pompent et vous laissent exsangue. Ceux-là, faudrait pouvoir les dé-choisir, pour autant qu’au départ on les a choisis. Il faudrait pouvoir s’en détacher (plus facile à dire qu'à faire, croyez-moi !). A être gentil-le avec tout le monde c’est pas de la gentillesse qu’on reçoit en retour, c’est du mépris. D’ailleurs si quelqu’un a décortiqué le processus qui fait que plus tu donnes plus tu t’en prends dans la tronche, je serais bien contente qu’il m’explique.

Et puis il y a la perle rare. Celle qui te prend comme tu es et avec qui t’es toujours sur la même longueur d’onde. Elle t’aime. Elle ne le dit pas forcément mais elle t'aime. Ça n’empêche pas les disputes parfois, mais c’est pas des disputes de méchanceté, c'est des disputes d'amour.

Dieu soit loué, on a tous au moins une perle précieuse dans notre vie (sinon on n’aurait plus qu’à aller se jeter dans une flaque, pas vrai ??). Ce qui est bête c’est que c'est rarement la personne qu’on aurait souhaité – par exemple pour moi, ce n’est pas "l’homme de ma vie".

Mais c’est mieux que rien, non ?

Et vous, quelle pierre précieuse avez-vous ?

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6 août 2012

Avec des si

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Je vous disais hier quelque chose comme "Si j’avais su, j’aurais pas venu". Au risque de passer pour une totale girouette, je me suis rendue compte qu’en fait, je l’ai su. Je l’ai su dès le départ, mais je n’ai pas fait attention à tous les avertissements, ou, pour rester sur un ton neutre, tous les signes qui se sont présentés à moi. Parce que ce sont très précisément ces signes qui ont fait que j’y suis allée. Tordue la nana, hein ?

Peut-être pas. Voyez pour vous : remémorez-vous un épisode de votre vie dont vous n’avez pas spécialement un bon souvenir, ou quelque chose que vous vivez toujours, peut-être, et dont vous n'êtes pas satisfaits. Et essayez de penser à ces signes dont je vous parle.

Je crois qu’en réalité, on sait toujours où on met les pieds, et que même si nous on ne le sait pas, notre inconscient, lui, il sait. Il sait si bien que c’est justement parce qu’on ne veut pas voir ce qui va forcément se passer et qu’on prétend ne pas pouvoir le prévoir (alors qu’en réalité, c’est tellement prévisible !!) qu’on fonce dans le tas.

C’est pour ça qu’on la prend quand même, la décision. Pour avancer. Pour faire avancer les choses. Pour démanteler ce foutu inconscient qui parfois empoisonne et emprisonne depuis des générations et des générations. Pour apprendre à faire la part des choses, ne plus observer ce qui se passe simplement de l’extérieur sans se remettre en question.

Exemple : il y a dans ma famille ce que Reynald appelle "le syndrome de Julie".

Julie était une de mes ancêtres. Toute jeunette elle est tombée passionnément amoureuse d’un homme marié. La situation, pour banale qu’elle soit, même encore de nos jours, a fait de Julie une victime pour l’éternité, et avec elle son fils dont je suis la descendante directe.

Même à l’époque où ça s’est passé (1851), je suppose qu’une femme pouvait réagir autrement. Déjà, ne pas remettre le couvert (Julie a eu trois enfants de son amoureux), ensuite, ne pas se laisser bannir de la famille sous le seul prétexte qu’elle était fille-mère. Enfin, je ne juge pas, je dis juste que les situations ne sont que la façon dont on les appréhende. Peut-être que si Julie ne s’était pas "accrochée" à cet homme, qu’elle ait eu son premier fils et basta (histoire que je vienne quand même au monde quelques décennies plus tard), et qu’ensuite elle se soit tournée vers un homme dont elle aurait été sûre qu’il la rende heureuse, peut-être et même sûrement n’y aurait-il jamais eu de syndrome de Julie.

Or moi, les hommes "absents", ça m’a connue, au sens biblique aussi, ah ah ah. Par exemple quand j'ai flashé sur le père de mes filles la première chose qu'il m'a dite c'est qu'il ne voulait pas avoir d'enfants (alors que que j'en voulais cinq). Et après j’étais toute étonnée de me retrouver seule à m'occuper des filles, et de tout le reste en prime. Absent vous avez dit absent ? Heu, bah ma vieille dans ce cas fallait mieux choisir ! et comme dit Édith, en plus j'étais pas seule en cause, tout de même, parce que c'est lui qui a voulu m'épouser, et pour les filles je vous jure que je ne l'ai pas violé !!!! (sans oublier que mon père venait de me mettre à la porte !! alors question choix c'était limité..)

En fait, quand je vous parle de Julie, c’est juste pour dire que dans ma famille, on a une propension étonnante à vouloir souffrir à tout prix. C’est fou ça ! j’ai appris récemment par ma marraine que si son père s’est tapé dix ans (dix ans !!!!!) de cour à sa mère avant de pouvoir l’épouser, c’est parce que mon arrière-grand-mère (la Suisse) ne voulait pas qu’ils se marient. Et comme mon grand-père est mort à peine il a eu fait ses filles, on peut considérer qu’ils ont paumé dix années de bonheur ensemble ..

Comme quoi hein, avec des si, on peut refaire le monde !

15 mai 2012

Affligeant

Apprendre à ses fils à être autonomes, les préparer aux dures réalités de la vie, faire de leur quotidien une compétition de tous les instants, voici la base des principes éducatifs de ma fille.

Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ?

Eh bien concrètement, mes amis, c’est une maison qui, après leur départ, ressemble à une terre dévastée par les Huns.

Ma fille en effet met un point d’honneur à ce que ses enfants assument leurs actes. Par exemple, si l’enfant renverse son verre, ce n’est ni Maman ni Mamy qui va essuyer l’eau répandue sur la table, mais l’enfant après être allé lui-même chercher une éponge dans la cuisine. Certes, l’enfant va bien éponger ce qu’il a renversé, mais dans le but d'en asperger son frère qui est en train de dessiner, déclenchant instantanément le concert de ses cris parce qu’il vient de tremper un chef-d'oeuvre qui est immédiatement roulé en boule par son auteur et jeté en pleine face du troisième qui se met à hurler à son tour.

Eh oui, vous pouvez le constater, l’enfant face au ménage manifeste autant d’indifférence que le paquet face à son papier d’emballage. C’est terriblement affligeant.

Mais ce n’est rien comparé à ce qu’il se passe dans la salle de bains.

Les deux grands ont, dixit ma fille, tout à fait l’âge de gérer leur douche tout seuls. Vous retrouvez donc les cartons de vêtements éventrés, les tiroirs ouverts vomissant leur contenu qui pend lamentablement, les serviettes mouillées jonchant le sol en petit tas coloré et tous les peignes enduits d’un gel qui collera aux doigts pendant huit jours (même après avoir été nettoyés). Quant aux tubes de dentifrice et de gel coiffant, ils sont vides. Vous ne savez pas pourquoi, pas plus que le fait que vous ne retrouverez JAMAIS leurs chaussettes par paires. Jamais.

Mais il y a quelque chose qui vous fait vite oublier tous ces petits désagréments, c’est lorsque vous pensez avec émotion au jour où l’aîné de vos petits-fils sera Président de la République. Vous vous dites que, quelque part, ce sera un peu grâce à vous ..


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11 mai 2012

Avant qu'elle parte

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Il y a une chanson que mon fils écoute et que j’aime beaucoup, il s’agit de "Avant qu’elle parte".

Avant qu’elle parte, dis à ta mère que tu l’aimes.

Dis à ta mère que tu l’aimes. C’est quelque chose que je n’ai pas fait assez, ou plutôt que j'ai fait, mais mal.

Je pense à elle, je la revois sur son lit d’hôpital, je me rappelle le moment où ma sœur était sortie de la chambre pour aller boire un café et que j’étais restée près d’elle en lui serrant la main, cette main qu’elle avait si petite et si fine. Aujourd’hui, quand je pense à elle, je vois ses mains de petite fille. Et surtout, je vois son chagrin. Celui d’avoir eu un fils qui n’était pas le fils qu’elle avait tant espéré. Ca l'a minée de l’intérieur, lentement, occultant tout le reste.

Mais moi à ce moment-là je ne pensais pas à ça. Je voulais seulement qu’elle me parle. Je ne voyais pas sa souffrance, je ne voyais pas sa détresse. Je ne voyais que les mots qu’elle ne me disait pas.

Et je lui en voulais.

Maman est tombée dans le coma le jour de naissance de sa propre mère. Elle est morte deux jours après. Et je n'avais pas réussi à lui demander pardon.

Et puis il y a eu les lettres. Les lettres qu’elle a écrites à mon père lorsque, comme tant d’autres jeunes gens, il est parti en Algérie. A ce moment-là, Maman était enceinte de ma sœur.

Et c’est seulement là, au milieu des mots qu'elle égrenait pour lui, que j’ai senti sa peur, la terreur ronde qu'elle avait que l'histoire se répète, qu'elle aussi comme sa mère et sa grand-mère perde l’homme qu’elle aimait et se retrouve seule avec ses filles. Cette peur de perdre ne l'a jamais quittée.

Je n'arrive pas à savoir si aujourd'hui, je lui ai pardonné. Par contre ce dont je suis sûre, c'est que je regrette de ne pas lui avoir donné plus. Plus de chaleur, plus de tendresse, plus de temps. Je la voyais trop comme la jeune maman qu'elle avait été. Je ne la voyais pas comme la femme fragile qu'elle était devenue. Paradoxalement je me demande si cela aurait été possible puisque nous étions tellement fermées, elle sur ces choses qu'elle ne disait pas et moi sur ces choses que je disais trop.

Il y a un temps pour le silence, et c'est ce que sa mort m'a appris.

4 février 2013

Lumineuse

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Je dois être lumineuse, alors !

 

Ca me fait penser à un truc. Ya pas longtemps, mon fils me fait :

- Pourquoi Ambre Neige ?? pourquoi pas Fer Pluie ou Cuivre Grêle ?? ouaich, j'ai eu de la chance que tu m'appelles pas Fer Brouillard !!!!

Depuis, je l'appelle Fair Brew ..

Ben quoi ..

C'est pas mignon ???

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2 février 2013

Le printemps sera beau

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Il y a un passage de mon texte sur Imbolc (la "Chandeleur" celte) où je vous disais que c’est le moment idéal pour se remettre en question, faire son ménage intérieur afin que la Lumière repousse nos ténèbres - une période pour se recentrer (moi, je me roule en boule ;-)), pour réfléchir à ce qui aurait besoin d'être renouvelé dans sa vie et faire naître en soi de nouvelles aspirations.

Nos lointains ancêtres savaient écouter la Nature, quel que soit l’intermédiaire dont ils usaient pour cela autant que pour l’honorer, ils savaient rester en parfaite harmonie avec elle. Nous avons oublié tout cela, nous nous plaignons du froid, de la fatigue, alors que c’est quelque chose de naturel : l’hiver, la terre gèle, les plantes cessent de croître et nos fonctions métaboliques tournent au ralenti. Notre corps a besoin de plus de chaleur pour parer à l’affaiblissement de cette énergie vitale que les Chinois appellent Yang, affaiblissement qui se manifeste notamment par une grande fatigue. En ce moment, notre énergie vitale, à l’instar de la nature, s’enfonce vers la profondeur afin de se protéger du froid. L’hiver est là pour nous permettre de nous reposer, de nous ressourcer (voir les rites de la fête d’Imbolc !), de nous réparer. D’ailleurs, certains animaux sont plus futés que nous : ils hibernent !

Eh oui, la saison froide nous semble bien longue ! Mais ne pourrait-on pas voir cette période de ralentissement comme une opportunité pour renouer d’anciennes relations, reprendre contact pour des affaires qui auraient été délaissées ou oubliées ? Pour se réconcilier aussi, faire la paix en soi et avec les autres ?

Comme le printemps sera beau cette année !

 

7 janvier 2013

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Petite virée hier dans la ville qui m'a donné le jour. Ca me fait penser que Maman disait toujours "qu'elle adorait aller faire ses enfants" (i.e. accoucher), avec un petit mouvement plein de joie.

Les faire, je dis pas. Les avoir, même, à la rigueur .. 

Mais adorer aller les faire ?????

Misère. Ma mère était maso.

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Je ne sais pas vous, mais moi j'adore les églises.

En plus celle-ci était toute vide. Chance.

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Un sentiment de paix, de recueillement.

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Ah ! qu'est-ce que je disais !

 

Mon fils, l'autre jour : " Ca doit être bien d'être le fils de Dieu... t'as des ailes de fonction, tout ça .."

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 Oh bah alors j'ai fait trois grands sages. Tout le portrait de leur mère !

4 avril 2012

Rancunière comme un éléphant

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E L S A


Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? la vie n’est-elle pas plus passionnante lorsqu’elle est pleine de folie, de bruit et de fureur ? deux questions qu’Elsa adore se poser, ainsi que tout un tas d’autres qu’elle a en réserve pour les jours où elle s’ennuie. Ce qui, entre nous, ne lui arrive pas souvent !

Déjà toute petite, elle prenait la vie pour un vaste terrain d’expériences, curieuse de comprendre les choses, d’aller voir ce qu’il y a derrière les apparences : Elsa ne se contente pas d’accepter le monde tel qu’on le lui présente, le doute hante fréquemment ses pensées et elle a le besoin viscéral de vérifier ce qu’elle entend et ce qu’elle voit, sentant avec délice la lave brûlante de son désir inné de confrontation lui monter des entrailles. Car le premier mot qu’Elsa retient, c’est NON. Non, non, non ! non aux sentiments tièdes, aux jeux insipides, aux activités ennuyeuses ! si rien ne bouge en elle ni autour d’elle, la voilà qui glisse le grain de sable dans l’engrenage, la lichette de vodka dans la limonade .. adorable mutine, elle pose alors avec étonnement ses yeux grands ouverts sur ce qui l’entoure. Quoi ? aurait-elle chamboulé votre plate existence ? pff. Comme si c’était son genre ..

Elsa aime être à l’origine de ses propres découvertes et ne rien devoir à personne. D’ailleurs, elle apprend avec avidité, se sert de son imaginaire puissant et de son (très léger) esprit de défi contradiction pour rivaliser avec les autres et surtout, pour gagner. Elle garde une trace profonde de chaque expérience ou moment importants de sa vie, que ce soit douloureux ou le nirvâna, car elle est, comment dire ..heu.. elle n’oublie rien, quoi !

Pourtant, comme tout le monde, Elsa a besoin d’être aimée. Seulement voilà, ce qu’elle veut, c’est être aimée pour ce qu’elle est. Des concessions ? c’est quoi des concessions ? et la voilà qui ponctue de pièges le chemin compliqué qui mène jusqu’à elle, afin d’être sûre que celui ou celle qui s’y engage est sincère. Mais une fois arrivé au bout du chemin, quel plaisir de découvrir une Elsa toute gentille et toute tendre, une Elsa en peluche que seuls quelques intimes triés sur le volet peuvent se vanter de connaître ! rares en effet sont ceux à qui Elsa ouvre les portes de son jardin secret : les contacts superficiels ne l’intéressent pas ! (contrairement aux contacts surfaciels, mais ceci est une autre histoire ..)

Car il faut bien dire ce qui est : sa tendance à faire exploser les situations fausses, à dire tout haut ce qu’on pense tout bas, à sortir des sentiers battus, sa façon d'agir à contretemps, à contre-style, à contre-courant, son indépendance farouche et sa rébellion contre l’autorité ne facilitent  pas les relations !! surtout qu’Elsa est d’un naturel méfiant : elle a une peur panique que l’on découvre son point faible : sa sensibilité. Alors la chatte se fait panthère, et si elle ronronne un peu trop fort, c’est seulement pour ne pas vous faire oublier qu’elle a des griffes acérées et qu’elle sait s’en servir .. car panthère ou pas, Elsa est rancunière comme un éléphant !

12 décembre 2012

Un vide intersidéral

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Il y a des moments où je me sens dans une solitude inouïe. C’est difficile à décrire avec des mots. Ça ressemble assez au moment qui précède juste une intervention chirurgicale, ou bien celui où on apprend qu’on a une maladie grave. On sait que, malgré les gens qui nous aiment, malgré la famille, malgré les amis, on est seul face à "ça". Tout seul.

Cette sensation de solitude, je l’ai découverte toute petite. Je m’endormais tous les soirs en pleurant, et il y avait ce paradoxe étonnant de la présence de ma petite sœur dans le lit juste à côté du mien, puisque nous partagions la même chambre, de mes parents et de mon frère tout près (nous habitions un très petit logement et mes parents laissaient toujours les portes ouvertes), il y avait donc cette présence des miens, que j’aimais envers et contre tout, et ce sentiment diffus de solitude lancinante, qui me réveillait dans des cauchemars tels que mon père me prenait pour me recoucher dans le lit entre eux deux.

Cette solitude, j’ai cherché à la combler avec quelque chose de palpable. Je me suis mise à réclamer sans arrêt des câlins à ma mère, qui ne savait pas les donner, peut-être parce que personne ne le lui avait montré, ou peut-être pour une autre raison, ça n’a plus d’importance maintenant. Je la prenais dans mes bras, tout le temps, sans me lasser, dans l’espoir insensé qu’elle allait me serrer contre elle. Maman appelait ça "faire la meule" (réclamer incessamment quelque chose).

Plus tard, ce trou béant, j’ai voulu le combler avec de "l’amour". Faire l’amour. Voilà quelque chose de palpable. J’étais remplie, au sens littéral du terme. J’étais remplie, mais dès que ça s’arrêtait je me sentais encore plus seule. Bien entendu, je ne savais pas que c’était ça. J’étais amoureuse, pleine de désirs.. j’étais aussi pleine de vide. Un vide intersidéral.

Je me rappelle un jour, mon amant venait de partir. Je me suis adossée contre le mur, comme en état de choc. J’étais littéralement vidée de quelque chose, mais je ne savais pas de quoi. J’ai glissé le long du mur sans m’en rendre compte, je me suis retrouvée assise par terre, avec ce truc qui béait sur le monde. Il fallait que je referme tout jusqu’à ce qu’il revienne, mes yeux, mon cœur, mon corps, tout. Je n’y survivrais pas.

Bien entendu j’y ai survécu, mais uniquement à ce prix. Me remplir, me remplir "d’amour". Enfin, ce que j’appelais l’amour, ce qu’on appelle l’amour.

Aujourd’hui, quand me vient cette sensation glaciale, cette impression que rien ne pourra jamais apaiser ce froid au cœur, je me roule en boule et j’attends. J’attends parce que je sais maintenant que ça va passer. Qu’il ne faut surtout pas que j’en parle à qui que ce soit ou que je vois qui que ce soit.

Je m’installe dans ma solitude, pas celle qui fait mal, non. L’autre, celle qui est mon amie, celle qui ne me laissera jamais tomber.

Je lui fais un petit nid douillet et chaud. Je lui raconte des histoires. Je lui parle de maman, la maman dont je ne lui avais jamais parlé. La maman qui connaissait peut-être la même solitude que moi ..

20 novembre 2012

Régime forcé

Coucou les amis,

J’ai fait connaissance pour la première fois de ma vie avec une stomatologue samedi dernier. Elle a eu la bonté de me recevoir aux aurores, j’étais sa première patiente, particulièrement impatiente, je vous prie de croire !! vu qu’elle avait la lourde tâche de m’alléger d’une de mes dents et qu’ainsi je la bénisse jusqu’à la fin de mes jours.

Alors je vous dis à quoi ressemble une stomato (tout au moins la mienne) : jeune, brune et très dynamique (j’opterais pour une Gémeaux, très aérienne, voyez comme genre). A peine me convie-t-elle à la suivre qu’elle a disparu dans un tourbillon de blouse blanche.

Pour la suite purée ça a été vite. Pas de petit café, pas de papotage, rien. Elle m’invite à m’asseoir dans le fauteuil rouge qui trône au milieu de la pièce vide (il n’y a vraiment rien d’inutile dans le cabinet de cette femme, elle devrait donner des consultations de déco zen), puis me demande d’ouvrir la bouche (je ne la connais pas, moi, après tout, alors j’avais tout fermé, les yeux et la bouche). Je l’ouvre (la bouche), mais uniquement parce qu’elle me l’a demandé très gentiment.

La chose est vite et bien faite. Je n'ai rien senti (Violette, tu avais raison !!). Qu’elle soit bénie sur plusieurs générations.

Je ne suis même pas relevée du fauteuil qu’elle a déjà disparu dans le couloir qui mène à sa secrétaire. Bon en même temps elle m’a collé une compresse dans ce qui fut autrefois une dent avec interdiction d’ouvrir la bouche pendant une demi-heure, alors pour les commérages ...

Bien, alors à la demande de Clo, je vous mets une petite photo :

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Eh oui, comme vous constatez, je remange !!!

Chance !!!

Ceci dit avec ce régime forcé d'une semaine j’ai perdu quatre kilos !!!! faut toujours voir le bon côté des choses, pas vrai ?

 

Et vous les amis, come sta ???
2 mars 2012

Ne pas courber l'échine

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Ma mère était une personne extrêmement introvertie. Une mère introvertie se livre peu, c’est un doux euphémisme. Alors quand on tombe par hasard sur un livre qu’on lui a offert et qu’on découvre qu’elle l’a commenté, ça fait comme un froid au cœur : ses mots comme des perles enfilées sur un collier d’émoi.

"La vie est un passage sur terre", avait écrit ma mère. "On devrait profiter au maximum des bons moments qui nous sont donnés. On a le regret de tous ces moments perdus, dans la détresse, avec le remords d’avoir raté quelque chose. La vie n’a pas de prix, je crois qu’on s’en aperçoit trop tard quand les années nous ont rattrapés. On se regarde dans la glace, on dit encore merci quand on se reconnaît. Malgré les rides, ces sillons creusés par le temps, les cheveux blancs, les douleurs sournoises de la tête aux pieds. Enfin on appelle cela vieillir.

Mais ce sont des étapes à franchir on essaie de faire pour le mieux sans se laisser abattre. Ne pas courber l’échine ! se redresser !"

Mai 2003, quatre ans avant sa mort.

24 octobre 2012

Vide ta tête

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Chers amis,

Je voudrais m’excuser de la brutalité du message posé hier sur le blog. Il n’y a que deux choses qu’on ne choisit pas dans la vie : la maladie et la mort. Tout le reste, ma foi.. on devrait pouvoir faire avec.

C'est en tout cas ce que je croyais avoir fait comprendre à la moi qui par moments, se glisse dans ma tête (et en l’occurrence dans mes doigts quand je tape ce genre de trucs sur le clavier), vous savez, la folle que vous avez si bien connue autrefois, celle qui lance ses bras et ses jambes dans tous les sens en hullulant à la mort monDieuqu’est-cequejedoisfaire ???? et qui creuse une tranchée dans la moquette à force de ne pas tenir en place.

Cette part de moi je la croyais disparue, je me disais, trop cooOOol, ya pas que des désavantages à être un fossile je vais enfin vivre en paix et ficher la paix à tout le monde avec mes crises de folie ! Ben même pas !! la preuve c’est que c'est déjà la deuxième fois en pas si longtemps (voir ici).

Prétentieuse la mère Ambre hein de se croire devenue super zen, capable d’accepter les choses avec détachement !! détachement !!! je hais ce mot, détache-ment ! déjà rien que quand tu le dis, ça sonne faux !!

Enfin bref, je voulais juste vous rassurer : ich bin nicht krank.

J’ai juste besoin de faire une pause c’est tout, mais pas une pause genre loin de vous, oh ça non !! vous êtes dans mes pensées tous les jours ! et plus encore ceux et celles pour qui je sais que la vie est si injuste, si difficile, avec son lot de combats quotidiens. Ca me fait encore plus honte de m'être comportée ainsi.

Ce dont j'ai besoin c'est pas d'être loin de vous mais d’être loin de moi, de ma tête.

J'ai besoin d'une cure de VTT*, quoi.

Bonne journée à vous mes amis, et à bientôt.

* vide ta tête

21 octobre 2012

Mon refuge

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J’ai eu ce matin un commentaire sur mon blog qui, je l’avoue, m’a un peu déstabilisée.

"Je quitte ce blog qui bien que très sympathique, ne correspond pas à mes attentes."

Ne correspond pas à mes attentes. Mes attentes ??

Lorsqu’on écrit sur un blog, lorsqu’on écrit tout court d’ailleurs, c’est d’abord pour soi. Ça semble égoïste je l’accorde, il n’en reste pas moins qu’on écrit pour soi, pas pour répondre à des attentes. L’écriture est un besoin, un élan, un moyen de se dire comme d’autres peignent ou jouent de la guitare, mais quelque soit le moyen c’est d’abord pour soi.

Avoir un blog fait que les écrits qui autrefois restaient dans un tiroir peuvent être, si on le souhaite, mis à jour. Mais le blog est un endroit où ceux qui lisent ont la possibilité de s’exprimer, échanger et par là-même (s’)enrichir. Les nombreux contacts à autrui font grandir, j’ai eu l’occasion de l’expérimenter et je le vérifie jour après jour dans mes contacts avec vous. 

Sur mes premiers blogs je me posais la question de savoir ce que je pouvais dire ou ne pas dire. Je ne savais pas encore qu’un blog ne dépend pas seulement de son auteur, qu‘il finit par avoir sa vie propre. Il y a sur ce blog des témoignages parfois poignants, que je lis à chaque fois avec un respect infini et une grande reconnaissance pour votre confiance. C’est comme si, à chaque fois, il se passait dans ces moments-là quelque chose de grand, dans lequel chacun peut se reconnaître. Vous n’avez pas la moindre idée du bien que cela a pu me faire, que cela me fait encore, vous ne savez pas l’enrichissement que ces échanges m’apportent, ce sont des moments où l’on grandit, où l’on vibre aux émotions, où on est en prise avec la solidarité. Dans ces moments-là j'ai des frissons partout. Barje, la nana ! oui je sais.

Pourtant au début, mon blog était plutôt "un blog de filles" avec des crises de rigolades qui resteront longtemps, je crois, dans les annales. C’était pour moi une sorte d’exutoire, mais pas du tout comme ce que vous pouvez lire aujourd’hui, il n’y avait rien de grave, jamais, seulement de la dérision, ou plutôt de l’autodérision.

Et puis la vie nous rattrape avec ses mauvais tours, aucun ni aucune n’est épargné pas vrai ?

Après avoir perdu mon père d’un cancer fulgurant en 2000, j’ai perdu ma mère (en 2007) d’un cancer tout aussi fulgurant et ma manière d’écrire s’est définitivement modifiée. Je ne pouvais plus écrire comme avant, les tirades humoristiques qui me sortaient toutes seules étaient complètement taries.

A cette période je l’avoue, le "virtuel" est devenu mon refuge. Car oui, nous sommes bombardés de moyens dits de communication les plus sophistiqués qui soient. Et pourtant, jamais nous n’avons été aussi seuls. Je parle d’isolement, pas de la "positive solitude". Cela est valable autant pour les personnes vivant seules que pour les personnes vivant en couple ou en famille : nous éprouvons tous et toutes un sentiment de solitude insupportable, que ce soit par moments ou tout le temps.

Peut-être qu’écrire, dessiner, jouer de la musique ou tenir un blog permet juste de l’oublier un instant ??

8 octobre 2012

Une révolte

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Ca fait une éternité que je ne lis plus Etty. Plus de deux ans je crois.

Et puis, je ne sais pas pourquoi, hier soir j'étais en train de lire (un autre livre), et voilà qu'Etty m'appelle.

Et voici ce qu'elle me dit :

"Nous autres hommes, nous suscitons des situations affreuses, mais comme elles proviennent de nous-mêmes, nous parvenons toujours à nous y adapter. Pour que ces situations cessent, il faudra attendre que nous ayons évolué au point de ne plus pouvoir nous adapter, de ne plus pouvoir les supporter intérieurement. Même des avions qui s'écrasent en flammes gardent pour nous un certain pouvoir de séduction sensationnel alors que nous savons, nous savons que des gens sont en train de brûler vifs, et tant que cela ne suscite pas en nous une révolte de tout notre être, tant que nous trouvons encore des possibilités d'adaptation, toutes les atrocités perdurent."

A méditer.

7 octobre 2012

L'amour fait du bien

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L'inconvénient lorsqu'on se déplace en train, c'est que des fois il y a des retards ou des suppressions, personne ne sait pourquoi. Mais bon je ne vais pas râler, là où je me trouvais hier je pouvais rentrer à pied. Bon, j'avais laissé à la maison le MP3 que mon fils m'a prêté (en même temps, j'avais juste prévu d'aller nager pas de marcher..). Par contre j'ai toujours mon appareil, alors à défaut de rentrer en dansant j'ai pris des photos.

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"Toute seule, on marche plus vite",

dit le proverbe

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heu..

P1020386surtout quand il pleut à verse !!!!

P1020377Yeeeeeeeeeeeessss !!! ça sent l'écurie !!!

(je m'arrête largement avant Paris !!! :-))

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ben quoi, c'est pas écrit "Défense de tagguer" !!!!

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Ce tag-là est super vieux, plus de dix ans. Au début c'était écrit : "La violence fait du mal. L'amour fait du bien. Choisissons notre chemin pour l'an 2000", sur fond d'arc-en-ciel et de couleurs.

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Mais comme vous voyez, on a essayé en vain de dissimuler tout ça sous du blanc.

 

 Mes amis,

 
Je vous souhaite un très bon dimanche !!!
 

(¯`*´¯)
`*.¸.*
¸.*¨ ¸.*¨)
(¸. .´ ¸¸.`¨
*

24 janvier 2012

La clé

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Il y a des jours où j’aimerais que ma vie soit un cahier. Elle serait écrite noir sur blanc et mes erreurs me sauteraient tout de suite aux yeux. J’arracherais les pages ratées et je recommencerais tout au propre avant qu’il ne reste presque plus de pages.

Seulement voilà, ma vie n’est pas un cahier, même si ..  "les écrits restent" !

Je ne suis pas très zen ce matin, je vous l’accorde. J’ai tellement envie de légèreté, de simplicité ! je jette un regard en arrière et je réalise que j’ai eu une vie d’une complication sans nom. Banale, certes, mais compliquée.

Certains diront qu’on a toujours le choix. C’est d’ailleurs ce qu’on m’a seriné toute ma vie.

Quand on naît dans une famille comme la mienne où l’on doit subir et résoudre de nombreux conflits liés à la violence, déjà, ce n’est pas simple.

Quand ensuite on se rebelle contre son père alors qu’on est encore étudiante, que ledit père qui n’a jamais toléré aucune rébellion vous met à la porte, on a effectivement le choix : la rue, ou vivre chez les parents d’un jeune homme (17 ans !) qu’on n’aurait certainement pas épousé autrement. Mais on est un petit Cancer ascendant Câlin, et on préfère la chaleur d’une famille, d’une mère surtout, de substitution. C’est très vilain ça Ambre. Tu aurais dû rester dans la rue, ou plutôt, retourner chez ton père, puisque c’est ce qu’il espérait : et encore plus docile qu’avant, s’il te plaît.

Quand finalement on prend son courage à deux mains pour arracher la page d’un coup sec, malgré la peur, la précarité, on ne se rend même pas compte à quel point on est vulnérable encore, et si peu lucide. On est jeune, on est pressée. On se croit libre !

Si bien que le jour où, presque par hasard, on trouve une clé, on se demande : à quoi ça sert ?

25 août 2012

Claustrophobie

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(Fille Cadette à son frère) Tiens, tu ne portes aucune bague ??

(mon fils) Ah non !! chui claustrophobe des doigts !!!!

Ca me fait penser à un truc. Quand j'étais ado, je ne voulais jamais porter de bague "au doigt de l'alliance".

Encore aujourd'hui je ne porte jamais de bague à ce doigt-là.. mais plus pour la même raison ..ticone clin d oeil

9 août 2012

Une joyeuse pluie de grains

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Aujourd’hui, je vais vous parler de mon ancêtre Julie.

Ses parents, Jacques et Catherine, se marient le 21 octobre 1829 à Sallau, où vit Catherine. L’industrialisation et l’urbanisation ont tellement modifié l’aspect de cette ville qu’il est difficile d’imaginer que Sallaumines n’était, sous l’Ancien Régime, qu’une petite agglomération rurale. Si petite qu’une rue unique la traverse, la Rue Grande, où habiteront Jacques et Catherine et où naîtront leurs enfants.

Mais pour l’heure c’est jour de liesse dans le bourg. Catherine, qui n’a pas les moyens de faire confectionner une nouvelle tenue par la couturière pour cette occasion, a sorti de l’armoire sa robe la plus belle (la tradition de la robe blanche avec un long voile n’est apparue que plus tard).

Marguerites, roses et physallis bordent le chemin des mariés, que suit tout le village de Sallau en plus des familles des promis, composées majoritairement de celle de Jacques, qui vient de Wingles.

La cérémonie a lieu à dix heures du matin, et c’est à jeun, comme le veut la tradition, que les jeunes gens échangent leurs consentements. Ils sont tous les deux majeurs, Jacques a 30 ans, et Catherine 34 - à cette époque pour se marier il faut avoir 30 ans si on est un homme et 25 si on est une femme, avant cet âge le consentement des parents est indispensable ! en réalité, dans les faits, même majeurs c’était très compliqué de se marier sans le consentement parental, la pression de la famille est énorme .. 

Les quatre témoins sont des hommes, même si, grande première ! les témoins peuvent être de sexe féminin depuis la loi du 20 septembre 1792.

Ensuite vient la bénédiction nuptiale donnée par le prêtre, à l’église où le cortège s’est rendu.

Après quoi on asperge les époux d’une joyeuse pluie de grains, en signe de bonheur et de fécondité. Le cortège accompagné de musiciens se promène dans tout le village, juste avant de faire la fête pendant plusieurs jours, de se laisser entraîner dans la frénésie de la danse, grisés par le vin, joyeux de rire et de se détendre avec en bruit de fond les cloches qui sonnent à toute volée.

Il faut dire que l’aspiration à la joie est grande pour tous ces gens qui ont traversé les affres de la Révolution et des guerres, qui en ont été meurtris, voire spoliés, comme les pères de Jacques dont les terres ont été confisquées par les Révolutionnaires.

La France en effet, après le procès de Louis XVI et son exécution le 21 janvier 1793, n’en avait pas fini avec les affrontements. Elle  a dû faire face à une nouvelle coalition qui regroupait presque tous les pays d’Europe (Autriche, Prusse, Angleterre, Hollande, Espagne, Russie) et la menaçait sur toutes ses frontières, sans parler des insurrections royalistes au sein même du pays.

Face à ce péril, la Convention décrète en août 93 la levée en masse. Tous les Français sont en réquisition permanente : "Les jeunes célibataires de 18 à 25 ans seront soldats, les hommes mariés forgeront les armes, les femmes feront des tentes, des habits et soigneront les blessés, les enfants mettront le vieux linge en charpie, les vieillards exciteront le courage des guerriers."

Pierre, le père de Jacques, a 22 ans au moment de ces événements. Il est donc directement concerné, d’ailleurs on trouve dans un acte daté du 4 Pluviôse An III (23 janvier 1795) son témoignage et sa signature : Pierre de M.., 23 ans, volontaire au 5e régiment de Navarre, et ce, à une période où les jeunes militaires désertent, non à l’ennemi, mais vers leurs foyers où les attend le travail aux récoltes.

Voici l’extrait d’une lettre de la Police Militaire datée du 18 Messidor An III : "Un grand nombre de soldats ont quitté leur corps sans permission et sans congé, sous prétexte d’aller se livrer aux travaux de l’agriculture .."

Le 22 Nivôse An IV (12 janvier 1796), Pierre est dans sa vingt-cinquième année quand il épouse une jeune Wingloise de 21 ans, Elizabeth.

De ce couple naît Jacques, le 16 Thermidor An VII. Jacques aura en tout dix frères et sœurs dont 4 mourront en bas âge – la mortalité infantile est fréquente alors.

Jacques grandit dans un contexte de terreur et de privations : il n'est encore qu’un enfant quand aux affrontements révolutionnaires succèdent les guerres napoléoniennes avec même, pendant trois ans et demi, l’occupation de Wingles par 38 cavaliers cosaques ! Les Russes logent chez l’habitant, exigeant d’être nourris et servis à table, sans oublier le vin et l’eau-de-vie.

Des années après, ces événements font encore frémir de peur tous les villageois, surtout quand les Russes ont laissé, comme dans la ferme Gaillard, la trace d’une large brûlure sur la grande table de cuisine (les Russes avaient laissé brûler une chandelle à même le bois, elle s’était consumée et avait entamé la table, qu’on n’appelle plus autrement que la table des Cosaques).

Et ce maudit jour, où Jean-Baptiste Gaillard a été arrêté "pour avoir tenue des parole qui ne devait pas ette dit" !!! certes, il a été relâché le lendemain, mais il a dû se rétracter en jurant que "jamais ne dira plus aucune parolle contre la constitution" !

Mais pour l’instant, Jean-Baptiste Gaillard ne veut plus penser à tout cela. La seule chose qu’il veut, c’est s’enivrer de la fête des noces de son cousin Jacques, comme tous les autres.

Sept mois après le mariage de Jacques et de Catherine leur naît un petit garçon qui ne vivra que six mois, puis, très précisément neuf mois après sa mort, le 5 septembre 1831, Julie vient au monde. Ce sera le seul enfant que Jacques aura jamais, puisqu’à peine deux ans plus tard, Catherine meurt en mettant au monde leur troisième enfant qui ne survivra pas ..

25 juillet 2012

Dans la lumière du jour qui point

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Tadaaaaaaaaaaammmm !!!! le vigile du Leclerc est revenu !

Alors pour ceux qui n’ont pas tout suivi, ça se passe là :

http://zenpourlesnull.canalblog.com/archives/2012/05/03/24168704.html

 

Autant j’étais remontée contre lui la dernière fois, autant hier je lui ai trouvé un kilo de circonstances atténuantes. Et un charme fou. Hmmmm.. cette peau !!! (ça, c’est depuis que j’ai vu Omar Sy dans les Intouchables !)

Eh oui, parce que le bougre n’a toujours pas lâché son idée de m’offrir un petit café ! .. par cette chaleur de ouf !!!! non mais je vous jure .. Parce que vous avez vu, le soleil est revenu ! mes petits petons n’y croyaient plus, ils se disaient que c’était foutu, qu’ils allaient rester enfermés dans leurs petits souliers pour le reste de leur vie de pieds, ben même pas !!! on a ressorti les sandales et les robes – enfin celles dans lesquelles je rentre encore ! ben oui pensez, dix kilos c’est pas rien purée ! en plus, j’ai un nouveau boulanger !!!!!!!! ouvert toute la journée, six jours sur sept, même le dimanche !!!!!! Scandaleux, isn’t it  ????????? et comme si c’était pas suffisant de me fiche sous le nez ses gros gâteaux dégoûlinants de crème et de fruits multicolores étincelant dans la lumière du jour qui point, voilà qu’il vient de me pondre des petites pâtisseries arabes !

Bouuuuuuuuuuuuh !!!!! j’adore les petites pâtisseries araaaaaaabes !!!!!!!!!!!

Je proteste !!! c’est pas humain !

Oui, bon, JE SAIS : c’est mauvais !!!!!!

Mais qu’est-ce que c’est bon !!!!!!!!!!!!!!!!!

24 juillet 2012

Table rase

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Mon fils a un trait de personnalité que je lui envie : la capacité de faire table rase de tout ce qui est fini. Une rupture sentimentale ? toute trace de l’aimée disparaît en trois secondes. Que ressent-il ? a-t-il du chagrin, est-il triste, blessé? Je n’en sais absolument rien, vu que le sujet est définitivement banni des conversations. Rien ne transparaît sur son visage. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les regrets ne l’alourdissent pas, ce qui me change de mes propres jérémiades pour des choses qui se sont passées alors qu’il n’était même pas né. Pour lui, ce qui est passé n'est même plus présent. Point barre.

Même topo pour les autres domaines de sa vie. D’ailleurs je n’ai jamais vu une chambre de jeune aussi sobre. Il fait régulièrement du ménage par le vide, et sa grande armoire-penderie est aussi peu chargée que son bureau.

Zen, je vous dis, super zen.

Prends-en de la graine, Ambre, toi dont la vie est devenue si petite que tu ne rentres même plus dedans ! Trie, range, jette et te venge !

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6 juillet 2012

Dur et doux à la fois

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Marre, vraiment marre ! marre de ces lombaires ramollos, de ces jambes qui couinent à chaque pas, marre !

J’ai toujours été sédentaire, ma grande passion en ce monde étant l’écriture, qui ne requiert pas de capacités particulières si ce n’est d’avoir l’index agile et le poignet souple. Paradoxalement, alors que je bouge bien plus qu’avant, c'est maintenant que mon corps se réveille et s’insurge. Mais le pire, c’est quand j’ai mes petits-enfants à la maison. Vous savez comment c’est : on les sort dans le but inavouable qu’ils soient bien crevés pour qu’on puisse dormir la nuit suivante, or non seulement pendant les quatre heures de balade ils n’arrêtent pas de courir alors que vous traînez derrière avec la langue qui pend, mais en plus ils sont tellement en forme quand on rentre qu’ils s’offrent encore le luxe de faire un "foot" avec leur tonton. Misère, c’est quoi le problème ? est-ce moi et ma pauvre vie sans bras ? je parle du bras d’un homme bien sûr. On ne parle jamais des bras, vous savez, ces trucs faits très précisément pour que les jours "sans", on puisse y déposer nos petites fatigues et nos gros chagrins. Aaaaaaaaaah .. poser ma tête sur une épaule solide ! ça lui ferait tellement de bien à cette pauvre tête ! ça doit être pour ça que mes jambes en ont marre de suivre ! elles savent qu’elles n’auront pas leur bras .. un bras merveilleux pour m'entourer et m'envelopper.. un bras dur et doux à la fois. Un peu comme le sucré-salé en cuisine. Car oui, un bras d’homme c’est du sucré-salé. Ferme et dur, mais pas une dureté qui fait du mal. Une dureté qui fait du bien. Qui rassure. Qui éblouit. Qui vous tient et vous caresse en même temps, qui vous fait tout oublier, les lombaires ramollos et les jambes qui font mal, oublier les coups de vieux, enfin plutôt les coups de vieille, parce que d’un seul coup vous êtes livrée à un duo de bras doux et musclés, si longs qu’ils font plusieurs fois le tour de votre ronde personne. Ce serait le bonheur..

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24 juin 2012

Dans les normes

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Pour dire la vérité, je vois les choses comme ça maintenant : un amoureux occasionnel, mais surtout ne pas vivre avec. Ou alors pas d’amoureux du tout. Pourquoi ? parce que j’ai passé mon existence à me faire phagocyter et que je ne suis pas sûre d’être en capacité de ne plus me laisser avaler toute crue et aussi parce que ça fait, genre, 2 ou 3 ans seulement que je vis pour moi, enfin à peu près, enfin que "je vis", quoi. Ce n’est pas que je n’écoute plus l'avis des autres, si si, je les écoute, je les entends, mais avant je vivais en fonction de ce qu’ils me disaient, de ce qu’ils voulaient et de la manière dont ils me voyaient. J'étais engluée là-dedans. Mais je me demande si ce n’est pas le lot de beaucoup de femmes ..

Ma sœur, elle, a perdu moins de temps. Ce qui ne me surprend guère car elle a toujours eu un train d’avance sur moi ;-).

Pour elle, ça s’est passé il y a vingt ans. Elle travaillait alors dans une entreprise où l’urgence était devenue un art de vivre. Il lui fallait se cloner en trois exemplaires pour ne pas céder à l'hystérie. Un jour, elle a commencé à manifester une tendance inquiétante à se poser des questions métaphysiques du genre : en quoi la mauvaise herbe est-elle une mauvaise herbe et qui a décidé ça ?

C’est comme ça qu’elle a décidé d’aller planter elle-même ses légumes dans l’air vivifiant du Gard. Ça n’a l’air de rien, mais il fallait le faire : abandonner une place où elle avait un (très bon) salaire, pour partir vivre, tenez-vous bien, à plus de 500 kms de nos parents, et dans la plus grande simplicité. L’horreur intégrale. En matière de représailles, elle est tombée aussi sec du piédestal où ils l’avaient placée. Ils estimaient que vivre ainsi était du grand "n‘importe quoi".

Oui, il fallait le faire. Brie a osé.

Moi je n’ai jamais pu, même maintenant que mes parents ne sont plus je me sens tenue par quelque chose que je n’arrive pas à bien définir. Mais bon, il paraît que le plus grand besoin de l’humain est le besoin de sécurité (et par voie de conséquence sa plus grande peur est celle du changement). Je suis donc dans les normes ! et pourtant, je voudrais bien tout changer ! j’ai d’ailleurs essayé pas plus tard qu’il y a .. quatre ans. Bon, ce n’était peut-être pas pour des bonnes raisons. Toujours est-il que je suis retombée aussi sec dans ma manière habituelle de fonctionner, et aussi sec je trépigne et je pleure, je voudrais être une autre dans une autre histoire ! alors forcément ça ne marche pas.

J’ai tellement de choses à rattraper ! pas des choses faramineuses, non, des choses toutes simples, un peu comme Brie quand elle s’occupe de son jardin, de ses petits légumes et de ses macérats de fleurs. Des choses simples qu’on ne s’autorise pas à vivre. Pourquoi ?

Alors un amoureux dans tout ça .. Reynald (le plus grand optimiste du monde) dirait sans doute que l’un n’empêche pas l’autre.

Ben pour moi, si.

Pour l’instant.

20 juin 2012

Un échec

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Bien alors, pour ceux qui ne le savent pas, ma soeur habite à 550 kms de chez moi. Eh oui ! elle a quitté Paris, la plus belle ville du monde, pour aller s'ennuyer à mort loin des tracas, du bruit et de la pollution ... (tiens ça me fait penser à un truc ! ma fille cadette vient de quitter la toute proche banlieue pour s'installer à 50 kms de la capitale et la première chose qui l'a choquée là-bas c'est qu'elle entend les chants d'oiseaux !)

Oui bon, où en étais-je ? Ma soeur.

Or donc, j'envoie la photo ci-dessus à ma frangine et je lui demande si elle peut m'agrémenter le tout de casiers de rangement.

Ma soeur c'est genre Merline l'Enchanteuse. Elle est même pas chez moi, même pas face à l'étagère, eh bien direct elle saisit son équerre ses pinceaux et sa scie et elle me pond deux casiers !

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Seulement voilà, les batteries de sa baguette magique devaient être à plat parce que niveau mesure ya eu comme qui dirait un petit débordement. Oh lala, Brie, tu pouvais pas les faire extensibles tes casiers ? enfin, intensibles veux-je dire ????

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Et voilà pourquoi dans ma grande mansuétude j'ai dit à ma soeur qu'elle n'avait plus qu'à en faire deux autres moins larges ..

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Ben oui quoi, j'allais pas la laisser sur un échec ..

6 juin 2012

Merci Édith !

Ce n'est pas un..

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ni deux ..

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mais bien trois sacs

que j'ai reçus de la part d'Édith !!!


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(entièrement réversible celui-ci comme vous voyez)

 

Il y avait aussi une petite pochette particulièrement écologique

P1000374pochette

puisqu'elle est faite en plastique tricoté,

ainsi que deux colliers en tissu !

P1000351

Bon OK on ne voit pas bien le collier

par contre on voit très bien mon gros bidon, mes grosses hanches

et tous mes seins !

sans parler du bambou qui a fait des petits ! rire

 

J'ai hâte de voir la réaction de mes filles quand elles vont voir tout cela, surtout celle de Fille Aînée !! Pas vous ??

 Édith, un grand merci pour ta gentillesse

 et bravo pour ton talent !!


et vous les amis n'hésitez pas à aller faire un tour dans sa Chtite Boutique


c'est par ici (cliquez sur l'image):

 

sac pr A reversible


18 mai 2012

Perplexe

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J'ai écouté hier des témoignages de femmes dont la vie a été bousillée par le comportement de leur compagnon manipulateur. "Pervers narcissique", on appelle ça. La psychologue présente disait que le pervers narcissique a la particularité d’être insensible, de n’éprouver aucune empathie pour l’autre.

Je me suis fait différentes réflexions. La première est que j’ai toujours entendu parler de pervers narcissiques hommes, jamais de femmes (par voie de conséquence leur victime en est une, et généralement c’est la leur, puisque tout le charme de ce personnage est d’avoir entière emprise sur ladite).

Est-ce que cela a une signification particulière ? est-ce que ça peut vouloir dire, par exemple, que l’homme (en général) a besoin d’écrabouiller quelqu’un pour se sentir exister, alors que la femme c’est tout le contraire (elle se réalise en s’occupant des autres) ? est-ce que la victime a des prédispositions pour se retrouver dans une telle situation ?

Je me demande aussi ce que ça peut faire d’être insensible. Comment est-ce possible ? dès l’instant où on est humain, comment ça se fait qu’on puisse ne rien ressentir du tout ??? je croyais que c’était réservé aux robots ..

De plus, le manipulateur est un champion pour ce qui est d’exprimer un vaste panel d’émotions, comme la tristesse, la colère, la violence.. Comment fait-il puisqu’il ne ressent rien ?

Je suis perplexe.

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