
Je suis une femme responsable qui se soucie de sa santé, aussi passe-je régulièrement une mammographie.
Me voilà au Centre de Sénologie. Ouaouh ! le monde ! qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? tous les fauteuils de la salle d’attente sont occupés, il y a aussi des femmes debout qui font la queue. Or, à peine pose-je le pied dans la pièce que la dame de l’accueil m’appelle. Chance.
Je m’assieds en face d’elle, elle trie mes anciennes mammos (j’en ai une caisse pleine) pendant que je remplis un papier avec un tas de renseignements. Pourquoi est-ce ? m’inviter à une petite fête ? j’espère que ce sera joyeux.
(elle) bon, Madame Neige je vous fais attendre quelques instants dans la salle d’attente.
Ah.
Où m’assieds-je ?
Nulle part. Je vaque.
Heureusement, elle appelle quelqu’un qui du coup libère une chaise sur laquelle je me précipite, moi et ma caisse de mammographies. Je suis bien contente que ce soit une chaise qui se soit libérée, je me voyais mal devoir m’installer dans leurs fauteuils profonds, profonds, si profonds qu’une des patientes dort en ronflant doucement .. si ça tombe elle est là depuis hier ..
Un quart d’heure s’écoule.
Une demi-heure.
Enfin, au bout d’une heure, la radiologue vient me chercher et me demande de me mettre quasi nue. Je me déshabille donc dans la petite cabine et j’attends sagement qu’on vienne me chercher en me mirant dans le miroir (pourquoi ils mettent un miroir ?? pour qu'on s'admire ???), je regarde mes seins dont je me plains tout le temps qu'ils sont trop petits. Et je me dis "si j'ai un cancer on m'enlèvera peut-être un sein".
Bon ceci dit, personne ne verra la différence.
Forte de cette pensée positive, je fais mes exercices de respiration. Ah, revoilà la manipulatrice. Ah ça pour manipuler, elle manipule ! elle me place sans douceur face à l’appareil et m’écrabouille le sein droit entre deux plaques. Purée, ça fait mal !!!!!!!!! Alors là les filles, vous que j’ai toujours enviées pour vos jolis seins ronds, va falloir que vous m'expliquiez comment vous faites pour supporter ça !!??? Vous comprenez, moi je découvre ! en temps normal ils sont tellement minus que c’est, genre, une fois qu'on l'a trouvé on tire dessus et ya plus qu’à faxer ! Mais là, purée ! j’ai grossi de partout et même des seins ! et elle, pfff, elle me colle le sein gauche dans sa machine de torture maintenant !
Faut faire des clichés supplémentaires, qu’elle m’assène. Misère. Vous le savez vous les filles hein que c’est rarement bon signe quand il faut faire des clichés supplémentaires ???
Enfin passons, elle cliche, puis me demande de retourner devant ma glace avec mes pauvres petits seins meurtris, et d’attendre que le docteur examine.
La revoilà. Elle m’annonce qu’il faut échographier. Purée, je ne la garde pas dans mes relations celle-ci, c'est clair !
Bon, je suis allongée sur la table d’échographie, et je patiente. Moi la moins patiente que la terre ait porté. Ça me fait penser, une fois la sénologue avait vu quelque chose de louche dans le sein. " Bon, ça vous ferait plaisir si je vous fais la biopsie aujourd'hui ?" qu’elle m’avait fait.
Oh bah vous pensez si ça m'fait plaisir !! je ne suis venue que pour ça !
J’étais donc allongée, comme aujourd’hui sur la table d’échographie. Or, allongée, je suis.. comment dire. Plate (assise et debout aussi, c'est pour ça que je fais beaucoup de mouvements avec les bras : pour pas que ça se remarque). Et la voilà qui avait rappliqué avec sa grosse seringue.
Moi : " vous êtes sûre que vous avez pas le modèle en dessous ?"
Elle, super sérieuse :" faut pas bouger ! déjà que vos seins sont petits si vous bougez je vais le perdre!". Ouais, ben ça se voyait que c'était pas elle qui était sous la seringue !
D'un seul coup j’avais poussé un cri ! elle m'avait perforé une côte !
Finalement elle avait trouvé des kystes qu’elle s’était mise à exploser consciencieusement, tatatatattatatatataaaa !!!! enfin bref ! j’étais sortie de là dedans avec le sein gauche deux fois plus gros que le sein droit ! super sexy la nana ! les mecs tombaient comme des mouches ! (comme d'hab, je sais je sais). Le soir j’avais un hématome avec une jolie couleur moutarde ma foi très seyante, et les piquouzes de biopsie saignaient. Bref. Tout ça pour dire que j’étais pas dans les meilleures dispositions, allongée sur la table à attendre.
Ah. Voilà la sénologue, c’est une nouvelle, je ne la connais pas encore. Qu’est-ce qu’elle me veut à la fin ? c’est insensé, ici, on n’est jamais tranquille !
Donc elle commence. Elle bougonne entre ses lèvres, et je me demande bien ce qui l’inquiète comme ça (du coup ça m’inquiète aussi, pff). Alors je finis par lui poser la question.
(moi) Heu, vous voyez quelque chose de mauvais ?
(sénologue) ya des kystes !
(moi) ah, je suis profondément navrée.. et, heu, c’est grave ?
(sénologue) ben non. C’est juste qu’il y en a plein (puis après un moment de silence pesant) Vous avez été biopsée en 2007 et en 2008 ?
(moi) heu, si vous le dites.. c’est grave ?
(sénologue) ben non. C’est juste que je vois que vous avez été biopsée.
(moi) ah..
(sénologue) (après un long silence pour ménager l'effet dramatique) Bon. Ben tout va bien !
Purée, mais pourquoi elle n’a pas commencé par là ? je respire, je le lui dis. Ça ne lui donne pas le sourire du tout. Je me demande à quoi elles pensent, ces personnes susceptibles d’annoncer de mauvaises nouvelles à des femmes toute la journée.. elles se blindent, ça doit être ça ..