Depuis pas longtemps je "zazen". C’est-à-dire que je m’assois pour méditer 4 minutes top chrono.(maximum 5)
J’ai constaté tout un tas d’effets positifs comme
1- être encore + de bonne humeur que d’habitude
2- avoir l’impression très bizarre d’être séparée de mes émotions, (lesquelles prennent d’habitude toute la place) (Bilan, je me sens toute légère !)
3- le bonheur, la paix et même l’oubli que je suis une nounoune !
Le principal avantage du zazen, c’est qu’on peut zazen n’importe quand. On n’a besoin de rien - sauf de soi, et éventuellement d‘un zafu, comme me l‘a indiqué mon amie yourtière.
Las ! Encore souvent, il peut arriver qu’après être assise depuis seulement trois secondes, je bondis en l’air comme un ressort. Dans ce cas, ne pouvant cumuler les bénéfices du zazen et de "mon vieux truc d’avant " je suis bien obligée de mettre les bouchées doubles concernant ledit " vieux truc d‘avant ".
Voici la démarche que je suis alors :
1) il me faut au moins un spécimen bourré de testostérone. J’attends le retour du mien, modèle grincheux qui, à peine rentré du travail, s’affale sur le fauteuil. Reste donc à déployer le grand jeu
2) avec mon sourire modèle séduction +++, je commence par lui offrir de boire le kéfir préparé par ma sœur habilement dissimulé dans un verre tout rose. Le chéri renifle avec un air contrit : " c’est quoi ? Çà sent bizarre ?"
(moi) c’est super bon, bois. C’est un régénérateur de la flore intestinale et en plus, çà va te donner des forces (et Dieu sait que tu en as besoin)
Heureusement mon joint ne rechigne jamais à boire un petit verre (rose, en plus). Il l’avale cul sec.
3) ensuite, d’ un geste doux, - dans la mesure où on peut qualifier de doux le geste d’une nana surexcitée qui n’a pas réussi à se zazen - je prends la main de mon spécimen et je l’invite à passer à table
4) table que j’ai dressée pour l’occasion avec une jolie nappe rouge vif, quelques bougies et des pétales de roses - de toutes façons il ne voit absolument pas la décoration il a déjà le nez plongé dans l’assiette
5) comme il faut ce qu’il faut, j’ai sorti deux bouteilles de Bordeaux, que je lui verse en souriant jusqu’aux oreilles, non pas dans le petit verre rose mais dans la chope de bière où est inscrit « souvenir d’Alsace » (contenu minimum 50 cl)
5) puis je m’enquiers : " es-tu détendu mon chéri ? çà va ? "
Le chéri vide sa chope comme un seul homme et me la tend comme s’il n’avait pas bu depuis 6 mois. Je la re-remplis aussitôt. Déjà, il n’a plus l’air grincheux de tout à l’heure, il dit même des mots gentils "tu.. Tu.. Tu chais, une femme à la préjidence cha changerait un peu de tous chè guignols !"
Puis il lève les yeux sur moi et me demande si le sourire crétin que j’arbore depuis son arrivée ne cacherait pas un problème musculaire ?
6) à peine a-t-il prononcé le point d‘interrogation que je manque lui fracasser le crâne avec la bouteille de Bordeaux. Mais je dois réfréner mon impulsivité. Maintenant, je suis une méditante rayonnante de douceur et de sérénité. Le chéri commence à glisser de sa chaise.
7) dans un bel ensemble ma douce sérénité et moi plongeons sur lui.
" Ouch !" fait-il en souriant aux anges.
8) il s’agit de faire les travaux d’approche avant qu’il soit totalement répandu sur le tapis. Déjà, il a un air penché qui le fait ressembler à cette carte des Tarots qui s‘appelle le Pendu. Je commence à le déshabiller.
" dé….dé…détendu ! Che crois que che juis trop détendu là "
8) ah oui effectivement il a l’air bien détendu. Il pend, même.
Je commence à tirer dessus. " heu, ché pas prévu pour être étiré autant tu chais "
9) bon c’est pas grave j’essaie de pousser
" mhhhhhh ché bon .. " murmure-t-il.
Une seconde après, il ronfle.
Bon, c’était pas à proprement parler un zazen réussi.
Quoique.
Tout le monde est sur le zafu !