logique
les bras ballants
Est-ce possible que cette femme m’ait câlinée ?
C’est curieux, je n’en ai aucun souvenir. Pourtant, elle était "mère au foyer", Papa travaillait à l’extérieur, mais c’est lui que je vois s'occuper de nous, omniprésent. Pas tendre, certes, mais là.
Là.
De Maman, quels souvenirs ?
Je ne la vois pas..
Rien, rien. Une ombre.
Une ombre que je serre dans mes bras. Qui garde les siens ballants.
Une ombre qui m’abandonne à l’école maternelle. Je cogne contre la porte fermée. Mes cris, mes larmes. Et rien.
De Maman, rien.
Ah si peut-être .. elle tricotait.
Les yeux, les mains, le cerveau occupés, anesthésiés,
que voulais tu donc fuir, ma maman tricoteuse, rang après rang, bien protégée ?
la mort de ton père ? mais tu ne t’en souviens pas, tu n’avais que quinze mois..
Que ta mère t‘ait laissée partir sans même te regarder ?
Tes sœurs, elle les a gardées près d’elle, mais toi.. toi tu as grandi au loin pendant seize années ..
T’as toujours fait comme si ..
Avec ton boulet au cœur, sans rien dire, rien.Jamais.
Ramassée sur toi, cadenassée.
Rang après rang, bien protégée.
Nirvâna
Notre vie
aussi belle la vie
© photo Regard Coquelicot
*
Embellir la réalité pour qu’elle soit aussi belle que la vie.
Oui.
(un de ses comm' sur le blog de Lung Ta)
naïve nounoune
L’autre fois, pour me distraire de mes méditations, j’ai fait un test dont le thème était : êtes-vous naïve ? Évidemment, vous qui commencez à bien me connaître, vous allez arguer que vous connaissez déjà la réponse. Errrrrrreur! Grossièèèèèère erreur ! Nous le savons maintenant, tout fluctue, la naïveté comme le reste.
Et la mienne sûrement plus que le reste.
En effet depuis quelques mois, mon existence a pris une dimension incroyablementspirituelle.
Ma force intérieure s’affirme. Mes choix de vie se rebellent et mon moi profond s’interroge. Or, mon moi profond est un moi posé.
J’irais même jusqu’à dire qu’il est superposé.
Oui donc, j’ai fait le test.
Je vous livre le résultat.
Au début, votre crédulité amusait votre entourage. Malheureusement, à force de toujours tomber des nues, vous avez fini par agacer vos proches.
"agacer mes proches" ? Ça commence très fort. Certes, mes éclairs de lucidité, quoique impressionnants, sont rares. C’est pourtant ce qui fait de moi une compagne universellement appréciée. Non pas parce que j’ai des éclairs de lucidité (quoique) mais parce qu’ils sont beaux. D’une beauté quasi exceptionnelle. De l’avis général de mon fils, il a jamais vu ça. Du reste, ya pas mal de choses chez moi qu’il n’a jamais vues nulle part ailleurs (je me demande comment je dois le prendre..)
Ces derniers tentent en vain de vous faire comprendre que la vie n’est pas un conte de fées mais vous n’êtes pas prête à vous confronter au monde réel.
Là j’avoue, ya un petit quelque chose de vrai. A toutes les étapes de ma vie, bébé, moyenne, ado, femme, mûre femme (tiens je vais m’appeler comme ça maintenant, Mûre Femme)(ya pas de quoi rire, faut bien que je m’adapte à la réalité), bon où en étais je ? Oui, donc, depuis toute petite on me disait qu’un jour je deviendrais grande, responsable, adulte, tout ça. Qu’un jour je verrai la frontière entre mon imaginaire (amour, châteaux très forts, paix dans le monde, amour, justice, amour) et la réalité (guerres, télécommande, impôts, vivisection, bouillie d’orties)
Un jour, me disait-on, tu regarderas les choses en face, t’arrêt'ras de te laisser faire, sur quelle planète vis-tu,
faut pas être pleine d’élans comme ça !ça s’fait pas !
ça agresse, ça pèse,
t’as pas les pieds sur terre,
et patati patata,
un jour, tu finiras par t’adapter, espérons pour toi que ton cœur va rétrécir et que plus rien ne te surprendra.
Un jour, tu verras, ton prince viendra tu accepteras la tristesse, la laideur, la violence, la haine, les guerres,
la mesquinerie, l’hypocrisie, l’agressivité, l’individualisme, tu trouveras ça normal, tout ce qui fait la réalité de cette drôle de chouette de vraie vie.
On n’est pas là pour rigoler.
Certains peuvent en profiter pour vous jouer des tours ou pire, vous tromper et vous abuser. Il serait temps d’apprendre des expériences du passé pour ne plus tomber dans les pièges que l’on vous tend.
Eh oui, le temps.
Le temps a passé.
Mes chevaliers en quête de nobles quêtes itou. (méchevaliéenkètttdeneubleukétitou)
(en québécois : minchvaliéinkéttdnoblkéttcoudon)
Vous garderez ainsi votre naturel rafraîchissant tout en faisant preuve de plus de réalisme.
Bien. Faisons preuve de réalisme.
La vraie vie, si je comprends, c’est :
a) ne pas courir avec les bras levés à hurler oouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!! (genre, Zidane marque son dernier but) en virant toutes mes fringues par-dessus la tête,
b) c’est se contraindre,
omettre, tricher,
ne pas dire,
faut pas dire
ouh la la faut pas dire tout ça !
Ça fragilise ça implique ça expose ça fissure ! Et après nad tu t’étonnes d’en prendre plein la tronche.
Tènounounecommenana.
Eh bien moi je veux.
Être nounoune m’exposer et dire ça.
Moi pas peur.
Pas peur de prendre, de comprendre, de toucher ce quelque chose en toi que même toi tu ne sais même pas.
Qu’est-ce qui peut arriver, dis moi ?
Qu’est-ce qui peut t’arriver de mieux, j'veux dire !!?
ma femme ..
C’est ma femme qui m’a enseigné la non-violence lorsque j’ai essayé de la plier à ma volonté. Sa résistance obstinée à ma volonté d‘une part, et sa tranquille soumission à la souffrance que lui infligeait ma stupidité d’autre part ont fait que finalement j’ai eu honte, et que j’ai été guéri de ma stupidité à croire que j’avais de naissance le droit de la dominer. Et finalement elle est devenue mon professeur de non-violence.
Mohandas Karamchand GANDHI (1869-1948)
on prend les mêmes et on recommence
(petit-fils 6 ans) Mamy ?
(moi) oui ?
(petit-fils 6 ans) non Mamy ! Tu dis : quoi ? !!.. Mamy ?
(moi) oui ?
(petit-fils 6 ans) noooon Mamy !!!
Tu dis : quoi ?? !!.. Mamy ?
(moi) oui ?
(petit-fils 6 ans, limite déprimé) mèèèèèèèèèènoooon Mamy !!!

Tu dis : quoi ?? !!!!!..
Mamy ?
(moi) quoi ?
(petit-fils 6 ans, ravi) FEUR !!!!
(petit-fils 4ans) Mamy ?
(moi) oui ?
(petit-fils 4ans) feur !

la force
soleil suspendu
habitat choisi
Une petite vidéo faite par le collectif des chômeurs, le 27 novembre 2008, lors du passage de Sylvie devant le Tribunal d'Alès en référé d'expulsion.
encore lui
toujours le premier à t’exprimer
toujours le premier à ressentir
toujours tendu, toujours raidi, qu’est-ce qui ne va pas encore ? de quoi me parles-tu ? de vieux traumatismes refoulés ? pourquoi me ressors-tu ces trucs enfouis ?
que me demandes tu en corps ? que je te délie ? que je te libère ? que tu puisses enfin lâcher toutes tes émotions ?
tu me fatigues à dire que je te néglige et que je te maltraite !! vas-tu prétendre que je te prends pour une machine au lieu de te traiter comme un ami ? que me chantes-tu en corps ?
cesse de me rendre responsable de tes limites, laisse-moi jouir de toi mais surtout, surtout, arrête de m’ennuyer avec tes ratés, tes défaillances et tes douleurs ! comment, je ne t’écoute pas ??? c’est un peu fort !! tu es vieux et malade ???
tu ne vas tout de même pas me gâcher tous mes plaisirs ??
nad, avril 2007
consternation
© photo Lung Ta
Au cours de la "promenade du soir" le mois dernier, soudain le second de mes petits-fils (4 ans) s’allonge à plat dos sur le sol ..
(moi, très surprise) que fais-tu ????
(l’enfant, consterné devant tant d'incompréhension) pfffffff, m'enfin !
je regarde les étoiles !!!!!!
chères têtes blondes ..
(mon fils) Maman ?
(moi) oui ?
(mon fils) rien.
(moi)
(petit-fils 6 ans) Mamy ?
(moi) oui ?
(petit-fils 6 ans) rien.
(moi)
(petit-fils 4 ans) Mamy ?
(moi) oui ?
(petit-fils 4 ans) rien.
(moi)
(comprennent vite ces petits quant il s'agit de faire enrager la mamy, vous trouvez pas ? ;-) )




























