Canalblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
le blog de Ambreneige
Publicité
31 décembre 2012

Une belle occupation

PC298035

Quand j'ai emménagé dans la commune que j'habite actuellement, nous avons laissé derrière nous une sacrée tripotée d'amis (avec le père de mes filles le logement ne désemplissait jamais), dont un couple avec qui j'avais une affinité particulière. Lui était tout timide, réservé (ça me changeait diablement de l'homme avec qui je vivais), et pour occuper ses longues journées solitaires cet homme si doux s'adonnait à la poterie. La poterie ! j'avais découvert ça dans mon jeune temps, au cours d'un stage, et j'avoue que j'avais adoré. Mais bref, comme d'hab je vous fais des digressions pas possibles. Or donc, un jour, son épouse vient me rendre visite dans mes nouveaux appartements, et m'emmène, avec nos quatre filles (deux chacune ;-)) en un endroit merveilleux où depuis, je suis retournée souvent.

 

PC298037

Bon, OK, là ça doit vous paraître un peu tristoune, mais en même temps on est en décembre hein ;-)

Approchez-vous, et vous allez voir ..

PC298040

Vous allez voir un drôle de petit château unique en son genre, flanqué de tours tronquées. En fait, à cet endroit existait déjà, au IXe siècle, un château fort dit imprenable, qu'Éginhard, l'historien de Charlemagne, mentionne sous le nom de Castellum de Chassia.

PC298043

En fait, le Château de la Chasse actuel (puisque c'est son nom) est une reproduction miniature d'un château féodal qui avait été construit au XIIe siècle à l'emplacement du Castellum de Chassia. Il est petit, et pourtant un grand nombre de personnages importants y ont séjourné (François 1er, Louis Bonaparte, le tsar de Russie !) et il a même servi de garnison pendant la guerre de Cent Ans ! (à l'époque il possédait bien sûr un pont-levis). 

Je ne me lasse pas du plaisir de faire le tour de l'étang. Je devrais dire, des étangs, puisqu'il y en a deux, un devant, avec toutes sortes de canards et même des mouettes ! et un derrière, deux fois plus petit.

 

PC298048

Au XIXe siècle, cet espace enchanteur avec ses arbres plus que centenaires était fréquenté par tous les bourgeois, mais aussi par Rousseau (ce qui lui a inspiré ses Rêveries de Promeneur Solitaire) ou encore Victor Hugo lors de ses séjours à Montlignon.

Quand on passe devant le château pour suivre le chemin et monter en sous-bois, on longe une immense clairière que les corbeaux affectionnent particulièrement. Un croisement, et un peu plus loin, la Fontaine Sainte-Radegonde, dont on croyait que l'eau guérissait les maladies de peau et la stérilité.

PC298074

Mais de Radegonde, l'une de nos plus remarquables reines mérovingiennes, je vous reparlerai.

En cet endroit, tout invite tellement à la quiétude et au calme qu'une association a eu l’idée de mettre en place un parcours de méditation, appelé "Le chemin du philosophe", qui fait le tour du Château de la Chasse sur 2,5 km et comporte 11 étapes aux thèmes divers comme l’homme et le cosmos, l’homme et son destin, l’homme et la nature, l’homme et son histoire ..

PC298061

Une manière comme une autre de ne pas oublier qu'on n'est pas obligé de remplir chaque heure et chaque minute de son temps, elles se remplissent toutes seules et pas forcément de façon désagréable. Il faut apprendre à ne pas avoir peur d'un vide qui n'existe pas, en réalité.

PC298084

Vivre, n'est-ce pas déjà une belle occupation en soi ?

Publicité
29 décembre 2012

Le meilleur des mondes

jaune

 

Noël est passé ! yeeeeeeeeeessssssssss !!!!!

Bon, je n’aime plus trop cette fête, par contre j’aime beaucoup le passage à l’année nouvelle. En plus elle se termine par 13. Trop d’la balle !!! C’est beau, treize comme nombre non ? Sans blague, répétez après moi : treize ...Trèèèèze.. trèèèèze .. Voyez comme ça chante ? comme ça fond en bouche, comme c'est bon ?? (mais non, personne ne vous regarde bizarrement parce que vous êtes en train de bêler devant votre ordi.. mais non ..).

Alors ya un moment qui me plaît infiniment, c’est celui où je vais remplacer tous mes calendriers griffonnés et tordus par des tous neufs, gonflés, joyeux, bourrés de promesses et de bonnes choses à venir (dont les jumeaux de ma sœur, pour ceux qui auraient raté l’épisode, et que dans ma grande mansuétude je me suis quand même résolue à classer dans les heureux événements - le fait qu’ils soient attendus pour le mois de juillet, pourvoyeur du meilleur signe du zodiaque, n’y est pas étranger).

Alors voyons. Que me prédit mon horoscope .. "Vous allez vivre de grandes transformations bénéfiques et aurez toutes les chances de vous épanouir". Oui, oh bah ça c’est pas un scoop. Je suis l’épanouissement faite femme. Voyons la suite. "Vous allez tout droit vers la mise en route d’un bébé. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes." Quoi ?????????? Un bébé ?? Je viens juste de perdre 6 kgs, et ils voudraient que j’en reprenne 15 ???? Ils sont malades ces gens-là !! Sans compter que le bébé naîtrait après les jumeaux de ma sœur, ce qui veut dire qu’il serait plus jeune que ses propres petits-neveux !!

Purée, quel choc. Si je m’attendais à ça !

J’ai plus qu’à aller noyer mon chagrin !!!!

Eh les amis !!!! vous allez pas me laisser tomber hein ????

Allez, venez, que je remplisse nos verres !!!! Buvons à la destruction massive des horoscopes débiles !!!!!

 

♫ ♪ On est des nôôôôôôtres♫ ♪

♫ ♪ on a bu son verre comme les
 
1 
 

♫ ♪  ôôôôôôôôtres !!!!!!!  ♫ ♪

24 décembre 2012

L'esprit de Noël

noel

 

Au risque de passer pour une totale girouette, je vais revenir sur ce que j’ai écrit il y a seulement trois jours concernant la "wishlist".

C’est la faute à Lise et à son esprit de Noël, décrit en commentaire ici et que je vous invite à aller lire, si vous le voulez bien. Tout est magique dans cette description : l’émotion à l’évocation d’une famille attentive à chacun de ses membres, réunie en "une longue veillée où chacun prend le temps de se "dire" en étant écouté de tous" et mangeant "le pain fabriqué par mon père".

Le pain fabriqué par mon père .. Rien comme le geste des mains n’a ce pouvoir ambivalent de déclencher la joie ou la douleur, les rires ou les larmes, la tristesse ou le bien-être. Chaque mouvement est une sensation, une émotion. Il y a une paix profonde qui émane d’une personne qui fait du pain. De la paix et de l’amour. On dit "faire l’amour" et ce n’est pas anodin. Car l’amour est quelque chose qui se fait, comme un pain qu’on pétrit, qu’on compose et qu’on chante. L’amour, ce n’est pas acheter un truc parce qu’on est le 25 décembre, juste parce que c'est la tradition, surtout qu’au final personne ne sera content parce que quand on a tout on a trop. L’amour, ce n’est pas non plus cette orgie de nourriture chère et écoeurante. Je sais que je risque d’en choquer plus d’un, mais depuis des années j’en ai une véritable nausée, d’ailleurs je ne mange jamais rien aux repas de Noël (même si je prépare pour les autres). Cette année de toutes façons ce ne sera pas, sublime rébellion, un repas traditionnel, mais un truc super simple.

Bref, pour en revenir à mes états d’âme, les mots de Lise m’ont fait mettre, bien involontairement sans doute, le doigt sur ce qui me rend triste depuis tant d’années à l’approche de Noël : une petite blessure, oh trois fois rien..

La blessure d’être la nana qu’on appelle systématiquement quand rien ne va, mais qu’on oublie d’appeler pour partager les joies.

Celle sur qui on compte pour résoudre les problèmes, dont on se sert comme porte-manteau pour accrocher les soucis et les jérémiades, mais à qui on tourne le dos dès le manteau accroché.

Je dis toujours que je ne veux rien pour Noël parce que ce que je veux pour Noël ne s’achète pas. Mais maintenant, je peux le formuler différemment : "Je veux "un temps pour me "dire" en étant écoutée de tous".

Je le souhaite aussi à toutes celles et à tous ceux qui se reconnaîtront dans ces mots.

21 décembre 2012

Possession list

PC197882

Un peu partout en ce moment sur les blogs, on peut voir des "wishlist". On vient même d'inventer le mot, puisqu'à ma connaissance il n'existe pas en anglais (mais je me trompe peut-être).

Cette question, mes proches me l'ont posée. "Qu'est-ce que tu veux à Noël ?"
Du coup, il a fallu que je réfléchisse deux secondes.. Qu'est-ce que je veux à Noël ?

 

PC197880

Eh bien je ne veux rien. Je préfère lister ce que j'ai (je n’ai d’ailleurs pas attendu Noël pour le faire). Par exemple, la capacité de pouvoir m'épancher par écrit, ma soeur me dit souvent que j'ai de la chance de l'avoir. Il n'y a encore pas si longtemps je ne voyais pas en quoi c'était de la chance. Si je me suis mise à écrire depuis toute petite, c'était pour évacuer l’injustice, la violence, toutes ces choses auxquelles les petites filles ne survivent pas. L’écriture était mon "goudron de Norvège", mon pansement à moi. Un peu comme un potier qui s’inspirerait d’un vase tout moche qu’il décorerait, travaillerait, enduirait, malaxerait, créerait et recréerait pour en faire une œuvre.

Mais du coup, ce besoin de transformer en mots mes émotions, les douloureuses mais aussi les belles, ne m’a jamais quittée. Ecrire me guérit. Ma soeur a raison : pouvoir écrire est le plus beau cadeau que la vie me fait.

Voilà donc le premier élément de ma possession list, que je pourrais faire suivre d’une dizaine d’autres tout aussi simples. Parce que ça ne saute peut-être pas aux yeux, mais je suis une nana simple. Des choses infiniment banales me comblent de joie. La dernière en date c’est ma mimine (Kiritéa), lorsqu’elle vient jusque dans ma cuisine réclamer sa gamelle, alors qu’il y a encore trois ans elle restait tout au fond du jardin, elle ne s’approchait pas. J'ai réussi à l’apprivoiser, je ne lui ai pas sauté dessus comme je faisais pour tout, je suis une fille simple super contente d’elle.

 P1020538

Alors c’est ça que j’aimerais vous demander en ce jour de fin d’un monde : que vous me fassiez votre possession list. Vous voulez bien ?

20 décembre 2012

Quasimodo des mains

201

 

(Fille Aînée) Allo môman ?

(moi) Bonjour ma chérie .. mais il est 9h tu n’es pas au boulot ??

(Fille Aînée) Je suis en arrêt !!!! je me suis brûlée au 2e degré !!!!!

(moi) Brûlée ???? ma pauvre chérie, brûlée comment ????

(Fille Aînée) Ben je venais de faire bouillir de l’eau pour mon thé, et j’ai versé le reste de la bouilloire dans l’évier où y avait mes tasses à laver, et tout de suite après j’ai voulu faire la vaisselle, mais j’avais complètement oublié que je venais de verser de l’eau bouillante !! j’ai fait un bond tellement j’ai eu mal et je me suis cognée dans la porte de mon placard qui était restée ouverte !! t’imagine si ça avait été de l’huile ? j’aurais été frite !!

(moi) Et qu’est-ce que t'as fait ?

(Fille Aînée) J’ai appelé mon fuck-friend et ..

(moi) Ton fuck-friend ???????

(Fille Aînée) Ben oui, mon fuck-friend .. t’as quelqu’un sans avoir quelqu’un ! c’est juste très pratique !!

(moi) Heu, oui.. c’est pas la première personne à qui j’aurais pensé si je m’étais brûlée, mais bon ..

(Fille Aînée) Il m’a dit de plonger ma main dans l’eau froide !! seulement comme je tenais mon téléphone d’une main et la bassine de l’autre, j’ai flanqué toute l’eau par terre et je me suis complètement trempée !!

(moi) Bah ma chérie, fallait raccrocher d’abord !!

(Fille Aînée) Je pouvais pas ! j’avais trop mal !! il me fallait quelqu’un à qui crier ma douleur !!!

(moi) Bon t’as quand même réussi à mettre ta main sous l’eau froide ? parce que c’est effectivement ce qu’il faut faire !

(Fille Aînée) Oui oui j’ai laissé tremper pendant deux heures, mais j’ai quand même appelé le médecin, tu verrais mes boursouflures au bout des doigts ! on dirait Quasimodo des mains ! et tu sais pas quoi môman ? la pharmacienne elle arrivait pas à aller chercher la Biafine et les bandes tellement elle était écroulée de rire quand je lui ai dit comment je m’étais brûlée ! tu te rends compte ?

(moi) Si je me rends compte ??? les gens manquent d’empathie, c’est fou !!

(Fille Aînée) Ouais !! je suis poignardée et on met du sel sur ma plaie béante !

(moi) Insensé !! j’espère que tu n’y retourneras pas, dans cette pharmacie !!

(Fille Aînée) Heu, si je retourne pas dans tous les endroits où je fais marrer les gens, je ne vais plus aller nulle part.. c’est comme ma copine qui m’a mise dans son téléphone à "Catastrophe".  Tu trouves pas ça bizarre, Catastrophe, comme surnom ??

Publicité
19 décembre 2012

Un bon père

chiot

 

Je vous ai souvent parlé de mon père. Dans ma famille, il était ce qu’on appelait "un bon père" : il avait une conscience aigüe de ses responsabilités de chef de famille, il était généreux - pas de ses sous, c’était plutôt le contraire, il calculait toujours tout au centime près, fille ou pas fille ! - non, il était généreux de lui, de se donner, lui.

J’ai déjà évoqué les scènes dont ma sœur et moi avons souffert toute notre enfance, jusqu’à mes 14 ans en fait, âge où je suis entrée à l’Ecole Normale en pensionnat. Ma sœur qui en avait 12 s’est retrouvée seule face à lui à ce moment-là, elle a alors fait un deal avec notre père, elle vous en parlera si ça lui chante.

Pour mon père, ses enfants étaient toute sa vie.

Il voulait se marier (il vouait une adoration peu commune à ma mère), il voulait avoir des enfants, beaucoup d’enfants, comme son propre père d’ailleurs et son grand-père avant lui. Maman, elle, voulait un fils.

Juste un fils.

Avant notre naissance, Papa avait dévoré tous les bouquins possibles sur l’éducation. Enfin, ce qui se disait à l’époque d’une éducation réussie. Il avait aussi appris la manière de prendre soin d’un bébé. J’ai des souvenirs de nous toutes petites et c’est notre père qui faisait notre toilette.

Déjà, il faut savoir que mon père n’était pas désiré. Je pense (ça n’engage que moi) qu’un petit foetus dans le ventre de sa maman sent ces choses-là. Surtout quand on le secoue comme un malade ou qu’on vient le triturer à coup de dieu sait quoi pour qu’il déguerpisse.

La blessure de rejet était profonde. Ça ne s’est pas arrangé par la suite, puisque lorsqu’il s’est pointé malgré tous les efforts de sa mère pour le faire disparaître, un grand frère de 8 ans était déjà dans la place, adulé de tous, et particulièrement des parents chti de mon grand-père chti. Je précise ça parce que, rhm, mais non mais non ils n’étaient pas peu fiers d’être de chnord .. (mon oncle est né là-bas, alors que mon père est né en région parisienne, mes grands-parents au début ne vivant pas ensemble (je vous l'ai raconté ici)). 

Bref ! pour ma famille paternelle mon oncle était l'indétrônable porteur du précieux nom familial, mon cadet de père ne servait donc à rien (ironie du sort : mon oncle n'a pas eu d'enfants .. ;-))

Papa ne m’a jamais fait de confidences mais j’ai su par des cousins très proches quel genre d’adolescent il était. Les qualificatifs qui reviennent sont : studieux, fiable, solitaire. Sa cousine le considérait comme un grand frère sur lequel elle pouvait toujours s'appuyer.

A ma sœur et moi, notre père a appris que les choses ne doivent pas être faites, elles doivent être bien faites. Que ce qui est commencé doit toujours être fini. Qu’on ne peut compter que sur soi et ne jamais rien devoir à personne..

Et que tout finit toujours par s'arranger .. ;-) (voir ici si vous voulez)

Bref, pour revenir à cette "générosité" dont je parlais plus haut, tous les soirs que Dieu faisait, mon père après sa journée de travail "s’occupait" de ses filles. Il ne se détendait pas devant la télé, il ne profitait pas de la présence de sa compagne (qu’il aimait pourtant profondément), il "s’occupait" de ses filles. En fait, il corrigeait nos devoirs d’école. Très vite, l’expression consacrée est devenue : il nous "corrige"..

Il voulait nous donner ce qui lui paraissait le plus précieux, ce dont il avait le plus manqué : du temps, son temps.

C’est donc du temps qu’il nous a donné, à sa façon, avec ses moyens. Il voulait aussi nous donner de l’instruction car c’est ce qui l’a sauvé. Sur moi, l’aînée, la pression était terrible. Par chance, j’ai toujours adoré apprendre !

Ma sœur était, comment dire, plus distante peut-être, différente assurément, il avait moins de prise sur elle.

Mais bref, il a passé avec nous toutes ses soirées pendant douze ans .. On s’en serait passé, mais lui aussi sûrement, non ?

 

Il y a quelques jours, je suis tombée sur son carnet de poèmes, des poèmes qu’il écrivait lorsqu’il avait 17 ans.

Je vous en propose un :

 

Pourquoi pleures-tu, mon âme ?

Dis-moi quel est ce dictame

Qui me fait venir les larmes aux yeux

Dis-moi, est-ce le hasard miséricordieux ?

Est-ce la haine de la mort ?

Est-ce l’amour qui est en tort ?

Pourquoi ces songes obscurs ?

Pourquoi toutes ces ordures

Qui viennent souiller mon esprit ?

De quelle erreur est-ce le prix ?

Pourquoi toutes ces calamités

Pourquoi, pourquoi vivre

Dans cette vie, idiote et ivre

De faire mal, de nuire à l’homme.

 PC197877rr

 

17 décembre 2012

Comme une soeur

chatons hamac

 

Quand on a comme moi une sœur, on peut s’attendre à ce qu’elle soit comme une sœur pour vous, pas vrai ? ben, pas du tout ! Ma sœur (et vous allez pouvoir mesurer toute sa cruauté) elle a fait une fille. Bon, jusque là, vous me direz, y a pas mort d'homme, surtout qu'elle était pas toute seule sur le coup. Il lui a fallu la contribution d’un jeune homme qui passait par là (jeune homme qui a vieilli, depuis, comme le reste) (et qui, entre parenthèses, est adorable). 

Seulement voilà, vous savez comment sont les filles : elles grandissent ! et non seulement elles grandissent, mais en plus, elles tombent amoureuses ! quelle inconsistance ! que se passe-t-il dans la tête de nos filles, hein, je vous le demande ? est-ce que nous, franchement, ça nous est arrivé ? hein ? est-ce qu’on est tombées bêtement amoureuses et qu’on a fait des enfants en dépit du bon sens ? pas du tout ! on a réfléchi longuement ! heu, enfin, plus ou moins longuement .. heu .. disons que si on y avait réfléchi vraiment on n’en aurait pas faits !!! mais bref, n’essayez pas de changer de sujet !!!!

Or donc, vous voilà toute innocente et on vous colle une petite sœur qui vous fait une nièce en douce. Là-dessus (je sais, vous n’allez pas croire ce qui va suivre mais je vous jure que c’est vrai) votre nièce unique et préférée tombe enceinte.

Vous, évidemment, vous croyez qu’elle est tombée enceinte bêtement, comme tout le monde.. (elle aussi d'ailleurs ...). Ben pas du tout ! elle tombe enceinte de jumeaux !!! oui oui vous avez bien lu : des jumeaux !!!! ce truc dont vous avez rêvé toute votre vie, que même vous achetiez tout en double à chaque grossesse - voire en triple, au cas où -, que vous vous étiez mis à la layette (ouais bon OK, c’était des écharpes au point mousse !! oui ben on fait ce qu’on peut, hein !!!).

Voilà où nous en sommes après tant d’années de loyaux services sororaux !

Vous êtes comme moi, hein ??

Les yeux vous en tombent par terre !!

17 décembre 2012

Jumelles

0 Mamy et TataMado

 

A gauche, la petite blonde, c'est ma grand-mère (et celle de ma soeur ;-))

à droite, la petite brune, sa soeur jumelle.
 

0 tata Mamy

Là c'est l'inverse :

la soeur jumelle, notre grand-tante est à gauche,

notre grand-mère est à droite.

12 décembre 2012

Un vide intersidéral

bb

 

Il y a des moments où je me sens dans une solitude inouïe. C’est difficile à décrire avec des mots. Ça ressemble assez au moment qui précède juste une intervention chirurgicale, ou bien celui où on apprend qu’on a une maladie grave. On sait que, malgré les gens qui nous aiment, malgré la famille, malgré les amis, on est seul face à "ça". Tout seul.

Cette sensation de solitude, je l’ai découverte toute petite. Je m’endormais tous les soirs en pleurant, et il y avait ce paradoxe étonnant de la présence de ma petite sœur dans le lit juste à côté du mien, puisque nous partagions la même chambre, de mes parents et de mon frère tout près (nous habitions un très petit logement et mes parents laissaient toujours les portes ouvertes), il y avait donc cette présence des miens, que j’aimais envers et contre tout, et ce sentiment diffus de solitude lancinante, qui me réveillait dans des cauchemars tels que mon père me prenait pour me recoucher dans le lit entre eux deux.

Cette solitude, j’ai cherché à la combler avec quelque chose de palpable. Je me suis mise à réclamer sans arrêt des câlins à ma mère, qui ne savait pas les donner, peut-être parce que personne ne le lui avait montré, ou peut-être pour une autre raison, ça n’a plus d’importance maintenant. Je la prenais dans mes bras, tout le temps, sans me lasser, dans l’espoir insensé qu’elle allait me serrer contre elle. Maman appelait ça "faire la meule" (réclamer incessamment quelque chose).

Plus tard, ce trou béant, j’ai voulu le combler avec de "l’amour". Faire l’amour. Voilà quelque chose de palpable. J’étais remplie, au sens littéral du terme. J’étais remplie, mais dès que ça s’arrêtait je me sentais encore plus seule. Bien entendu, je ne savais pas que c’était ça. J’étais amoureuse, pleine de désirs.. j’étais aussi pleine de vide. Un vide intersidéral.

Je me rappelle un jour, mon amant venait de partir. Je me suis adossée contre le mur, comme en état de choc. J’étais littéralement vidée de quelque chose, mais je ne savais pas de quoi. J’ai glissé le long du mur sans m’en rendre compte, je me suis retrouvée assise par terre, avec ce truc qui béait sur le monde. Il fallait que je referme tout jusqu’à ce qu’il revienne, mes yeux, mon cœur, mon corps, tout. Je n’y survivrais pas.

Bien entendu j’y ai survécu, mais uniquement à ce prix. Me remplir, me remplir "d’amour". Enfin, ce que j’appelais l’amour, ce qu’on appelle l’amour.

Aujourd’hui, quand me vient cette sensation glaciale, cette impression que rien ne pourra jamais apaiser ce froid au cœur, je me roule en boule et j’attends. J’attends parce que je sais maintenant que ça va passer. Qu’il ne faut surtout pas que j’en parle à qui que ce soit ou que je vois qui que ce soit.

Je m’installe dans ma solitude, pas celle qui fait mal, non. L’autre, celle qui est mon amie, celle qui ne me laissera jamais tomber.

Je lui fais un petit nid douillet et chaud. Je lui raconte des histoires. Je lui parle de maman, la maman dont je ne lui avais jamais parlé. La maman qui connaissait peut-être la même solitude que moi ..

6 décembre 2012

La naissance du Père Noël

enfant

Avec sa longue barbe blanche, son rire puissant et son haleine à décoller les papiers peints, on aurait tôt fait de le comparer à un roc, à un chêne, bref à un truc inébranlable depuis la nuit des temps.

Et pourtant. Les apparences sont souvent trompeuses, car le Père Noël, s’il a toujours bien été vêtu de rouge, n’était au départ qu’un jeune homme glabre voyageant sur un ânon.

Mais que je vous narre la chose par son début ..

Il y a bien longtemps était dans une contrée lointaine une ville magnifique qui s’allongeait au flanc d’une falaise abrupte, bercée de soleil et de ciel bleu, répondant au doux nom de Patara. Vivaient là Epiphaneus et Jeanne qui passaient pour les plus fervents croyants de la communauté chrétienne. Pour les récompenser, Dieu dans sa bonté leur octroya le plus beau des cadeaux : un fils, que le couple appela Nicolas.

A peine sorti du ventre de sa mère, Nicolas commença à faire du zèle. Dès le jour de son baptême, il se mit debout tout seul sur ses petites gambettes pour recevoir l’eau sainte. En plus, il ne se mettait au sein de sa mère que les mercredi et vendredi à l’heure fixée par les règles canoniques (permettant ainsi à Jeanne, sa maman, de conserver une poitrine haute et fière et de passer des nuits paisibles).

Devenu grand, Nico se mit en devoir de faire quelques miracles. Le premier eut lieu un jour qu’une femme partie à la messe oublia son enfant dans une cuve d’eau chaude sur le feu. Bon, on peut se demander ce qu’il peut bien se passer dans la tête d’une femme qui colle son gamin dans une cuve d’eau placée sur le feu et qui s’en va à la messe comme si de rien n’était. Enfin passons. Toujours est-il qu’en rentrant chez elle, elle trouva l’enfant sain et sauf qui jouait avec de l’eau bouillante. Nicolas était passé par là.

La fois suivante, ce furent trois sœurs tellement tellement pauvres que leur père ne pouvait pas leur donner de dot pour les marier et du coup, s’apprêtait à les livrer à la prostitution (cela peut sembler radical comme mesure pour des gens extrêmement civilisés comme nous. Mais il est un fait qu’autrefois, et jusqu’à une époque relativement récente (XVIIIe siècle), la seule issue pour une femme était de se marier si elle ne voulait pas finir sur le trottoir..).

Nico, dans le profond de son cœur, ne put accepter cela : il vint secrètement une nuit jeter par la fenêtre de leur maison un sac contenant assez d’or pour la dot d’une des sœurs, et refit deux fois le même geste, vu qu’elles étaient trois. C’est comme ça que les trois sœurs purent convoler en justes noces grâce à lui.

Une autre histoire : un jour, un riche paysan organisa une très grande fête. Il invita de nombreuses personnes. Le diable se mêla à la foule travesti en pèlerin. Au moment où le jeune fils du paysan alla se coucher, le diable se glissa dans la chambre de l'enfant et l'étrangla. Heureusement, Nico alerté par SMS sauta sur son blanc destrier et vint ressusciter l’enfant ..

Mais comme l’on sait, ce sont les meilleurs qui s’en vont les premiers : les Romains décapitèrent Nico le 6 décembre 343, mettant un terme à quatre-vingt-trois années (environ) d’une vie de bonté bien remplie. Du coup l'Église se demanda si elle n'avait pas loupé quelque chose, et se hâta de canoniser Nicolas avant de se mettre toutes ses admiratrices à dos.

Or, à quelques temps de là, des marchands italiens qui faisaient un petit voyage touristique dans le coin trouvèrent bien regrettable que les reliques de ce brave Nicolas dépérissent ainsi loin de chez eux et les ramenèrent à Bari, en Italie, où un chevalier lorrain qui passait par là se saisit de quelques os du saint pour les ramener chez lui.

Et c’est comme ça que d’Asie Mineure, la notoriété du bon Nicolas voyagea jusqu’au nord de la France avant de se propager en Europe, où elle subit les quelques transformations que nous lui connaissons ..

5 décembre 2012

Blindées

 

302a09dd

 

Je suis une femme responsable qui se soucie de sa santé, aussi passe-je régulièrement une mammographie.

Me voilà au Centre de Sénologie. Ouaouh ! le monde ! qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? tous les fauteuils de la salle d’attente sont occupés, il y a aussi des femmes debout qui font la queue. Or, à peine pose-je le pied dans la pièce que la dame de l’accueil m’appelle. Chance.

Je m’assieds en face d’elle, elle trie mes anciennes mammos (j’en ai une caisse pleine) pendant que je remplis un papier avec un tas de renseignements. Pourquoi est-ce ? m’inviter à une petite fête ? j’espère que ce sera joyeux.

(elle) bon, Madame Neige je vous fais attendre quelques instants dans la salle d’attente.

Ah.

Où m’assieds-je ?

Nulle part. Je vaque.

Heureusement, elle appelle quelqu’un qui du coup libère une chaise sur laquelle je me précipite, moi et ma caisse de mammographies. Je suis bien contente que ce soit une chaise qui se soit libérée, je me voyais mal devoir m’installer dans leurs fauteuils profonds, profonds, si profonds qu’une des patientes dort en ronflant doucement .. si ça tombe elle est là depuis hier ..

Un quart d’heure s’écoule.

Une demi-heure.

Enfin, au bout d’une heure, la radiologue vient me chercher et me demande de me mettre quasi nue. Je me déshabille donc dans la petite cabine et j’attends sagement qu’on vienne me chercher en me mirant dans le miroir (pourquoi ils mettent un miroir ?? pour qu'on s'admire ???), je regarde mes seins dont je me plains tout le temps qu'ils sont trop petits. Et je me dis "si j'ai un cancer on m'enlèvera peut-être un sein".

Bon ceci dit, personne ne verra la différence.

Forte de cette pensée positive, je fais mes exercices de respiration. Ah, revoilà la manipulatrice. Ah ça pour manipuler, elle manipule ! elle me place sans douceur face à l’appareil et m’écrabouille le sein droit entre deux plaques. Purée, ça fait mal !!!!!!!!! Alors là les filles, vous que j’ai toujours enviées pour vos jolis seins ronds, va falloir que vous m'expliquiez comment vous faites pour supporter ça !!??? Vous comprenez, moi je découvre ! en temps normal ils sont tellement minus que c’est, genre, une fois qu'on l'a trouvé on tire dessus et ya plus qu’à faxer ! Mais là, purée ! j’ai grossi de partout et même des seins ! et elle, pfff, elle me colle le sein gauche dans sa machine de torture maintenant !

Faut faire des clichés supplémentaires, qu’elle m’assène. Misère. Vous le savez vous les filles hein que c’est rarement bon signe quand il faut faire des clichés supplémentaires ???

Enfin passons, elle cliche, puis me demande de retourner devant ma glace avec mes pauvres petits seins meurtris, et d’attendre que le docteur examine.

La revoilà. Elle m’annonce qu’il faut échographier. Purée, je ne la garde pas dans mes relations celle-ci, c'est clair !

Bon, je suis allongée sur la table d’échographie, et je patiente. Moi la moins patiente que la terre ait porté. Ça me fait penser, une fois la sénologue avait vu quelque chose de louche dans le sein. " Bon, ça vous ferait plaisir si je vous fais la biopsie aujourd'hui ?" qu’elle m’avait fait.

Oh bah vous pensez si ça m'fait plaisir !!  je ne suis venue que pour ça !

J’étais donc allongée, comme aujourd’hui sur la table d’échographie. Or, allongée, je suis.. comment dire. Plate (assise et debout aussi, c'est pour ça que je fais beaucoup de mouvements avec les bras : pour pas que ça se remarque). Et la voilà qui avait rappliqué avec sa grosse seringue.

Moi : " vous êtes sûre que vous avez pas le modèle en dessous ?"

Elle, super sérieuse :" faut pas bouger ! déjà que vos seins sont petits si vous bougez je vais le perdre!". Ouais, ben ça se voyait que c'était pas elle qui était sous la seringue !

D'un seul coup j’avais poussé un cri ! elle m'avait perforé une côte !

Finalement elle avait trouvé des kystes qu’elle s’était mise à exploser consciencieusement, tatatatattatatatataaaa !!!! enfin bref ! j’étais sortie de là dedans avec le sein gauche deux fois plus gros que le sein droit ! super sexy la nana ! les mecs tombaient comme des mouches ! (comme d'hab, je sais je sais). Le soir j’avais un hématome avec une jolie couleur moutarde ma foi très seyante, et les piquouzes de biopsie saignaient. Bref. Tout ça pour dire que j’étais pas dans les meilleures dispositions, allongée sur la table à attendre.

Ah. Voilà la sénologue, c’est une nouvelle, je ne la connais pas encore. Qu’est-ce qu’elle me veut à la fin ? c’est insensé, ici, on n’est jamais tranquille !

Donc elle commence. Elle bougonne entre ses lèvres, et je me demande bien ce qui l’inquiète comme ça (du coup ça m’inquiète aussi, pff). Alors je finis par lui poser la question.

(moi) Heu, vous voyez quelque chose de mauvais ?

(sénologue) ya des kystes !

(moi) ah, je suis profondément navrée.. et, heu, c’est grave ?

(sénologue) ben non. C’est juste qu’il y en a plein (puis après un moment de silence pesant) Vous avez été biopsée en 2007 et en 2008 ?

(moi) heu, si vous le dites.. c’est grave ?

(sénologue) ben non. C’est juste que je vois que vous avez été biopsée.

(moi) ah..

(sénologue) (après un long silence pour ménager l'effet dramatique) Bon. Ben tout va bien !

Purée, mais pourquoi elle n’a pas commencé par là ? je respire, je le lui dis. Ça ne lui donne pas le sourire du tout. Je me demande à quoi elles pensent, ces personnes susceptibles d’annoncer de mauvaises nouvelles à des femmes toute la journée.. elles se blindent, ça doit être ça ..

4 décembre 2012

Ruminage

vachP1020320

 

J'ai envie de dire : si vous avez envie de vous fendre la pêche, je vous conseillerais fortement de passer votre chemin. Parce qu'en ce moment on ne peut pas dire que je brille par ma joie de vivre. C'est même tout le contraire. Je rumine. Par exemple, je pense à tous ces gens qui me jugent sans arrêt. Qui me juge de manière négative. Je sais, vous n’en revenez pas, alors que je suis si belle et si futée. Mais c’est ainsi.

Déjà, j'étais jugée par ma famille. C’est fou ce que ces jugements ont pu m’enfermer. D’ailleurs je m'y sens toujours, enfermée.

Vu de l’extérieur, ça paraît pourtant simple : ce que les autres disent, je n'ai qu'à pas m'en occuper.

Mais ça marche pas. Ce que les autres disent, ça me touche. Pourquoi ? aucune idée. Je suppose que ça ne devrait pas. Pourtant ça me touche, ça me fout ma journée, ma soirée et ma vie en l’air. Je suis tributaire du regard des autres.

Pourrais-je ne plus l’être ? et si oui, comment ? Car à part les moments où j'étais amoureuse de quelqu'un qui était amoureux de moi et qu’alors j'étais la plus belle, la plus merveilleuse (et aussi la plus niaise, ce qui fait que je n'ai même pas apprécié les deux qualités précédentes, ce qui est ballot, vous en conviendrez), oui, donc, à part ces moments rares et totalement illusoires, les jugements négatifs, c'est drôlement négatif, non ?

En fait, pour tout dire, la question que je me pose le plus souvent est : comment ça se fait qu'on ne me prend pas telle que je suis : super belle, douée et modeste ?? hein ???? Non mais franchement ??

3 décembre 2012

Un plan parfait

PC027760

 

Bonjour les amis,

je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai vraiment beaucoup de mal à me motiver ces jours-ci. J'ai froid, je suis fatiguée.. Quand frétillerai-je de nouveau comme une petite pomme de terre dorée rissolant dans une poêle bouillante ??

En attendant, je me suis payée une toile hier, histoire de. Pas beaucoup de choix au ciné de quartier où je vais, j'ai opté pour "Un plan parfait". Comme comédie romantique, c'était romantique. C'était même carrément mièvre - vous connaissez mon immense capacité à ingurgiter ce genre de trucs mais là j'avoue, je me suis un peu ennuyée. Serait-ce le signe d'un mûrissement subit ? (qui a dit : "Il serait temps !!!").

Bon, ceci dit, il y a eu une scène complètement débile, le genre de scène qui me fait exploser de rire, et rien que pour ça, ma foi, je ne regrette pas le déplacement ! (en rentrant quand j'ai raconté ça à mon fils il m'a dit : "Dis-moi pas qu't'as osé ???? dis-moi pas qu't'as ri avec ton rire devant tout le monde ???") (ben quoi ??? qu'est-ce qu'il a mon rire ??).

Et vous les amis ? votre dernier film, votre dernier livre, c'était quoi ?????

Publicité
le blog de Ambreneige
Publicité
Newsletter
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Visiteurs
Depuis la création 118 359
Publicité