La seule chose qu'il nous reste
Chers amis,
Je viens de lire sur le blog de Seth l’échange des derniers commentaires et je me suis arrêtée sur une réflexion faite par Lise au sujet de "l’opposition que l’on fait souvent entre le "concret" (le vécu, la réalité) et "l'abstrait" (les tirades philosophiques) comme si l'un et l'autre n'avaient pas de lien".
Je voudrais ajouter quelque chose à ce propos en vous parlant de mon propre rapport à la "virtualité".
Certains pensent qu’un blog est par définition un endroit de passage éphémère, qu’il peut très bien s’évanouir comme cela, sur un simple clic. Que ça n’empêche pas la terre de tourner, et puis c’est seulement de la virtualité.. C’est vrai.
Pour autant, la "virtualité" peut être importante. Je dirais même que par moments, elle est essentielle et même vitale. J'ai été dans cette situation. En effet, quand au bout de plusieurs mois j’ai cédé à l’appel sororal m’invitant à faire un blog, j’étais au fond du fond du trou, et sans en avoir conscience c’était ça le drame ! comment aurais-je imaginé que faire un blog allait me sauver la vie ? Oui, carrément !
Je me rappelle d’une phrase que m’avait dite Frédéric tout au début, il m’avait dit : "La virtualité parfois, c’est la seule chose qu’il nous reste."
Eh bien j’étais dans cette situation. La "virtualité" était devenue ma réalité.
Il est quand même bizarre, le sens qu’on donne au mot virtuel. Les relations qui se construisent à travers et au-delà du blog sont bien réelles, les personnes qui sont devant l’écran, aussi. Sans parler de tout ce qu'on peut éprouver, l’attachement, la répulsion parfois, le désir, la colère. C’est virtuel tout ça ?
Oui donc, sur mes premiers blogs je faisais de petits pas timides, d’autant plus timides que je n’étais vraiment pas douée avec les manips, ce qui entre parenthèses a été source de crises de rigolades infinies (et bien réelles, je vous prie de croire). Je me posais toutes sortes de questions, par exemple : que dire (ou ne pas dire) ? Que montrer ? Je ne savais pas encore qu’un blog ne dépend pas seulement de son auteur, qu‘il finit par avoir sa vie propre, qu'il vit grâce aux échanges, grâce aux commentaires qui apportent des témoignages parfois émouvants sur la façon de voir ou de vivre de chacun.
Au début j’avoue, mon blog était plutôt "un blog de filles" avec des crises de délire et de rigolades qui resteront longtemps, je crois, dans les annales. C’était pour moi une sorte d’exutoire, mais pas du tout comme ce que vous pouvez lire aujourd’hui. Il n’y avait rien de grave, jamais, seulement de la dérision, ou plutôt de l’auto-dérision. Et puis la vie nous rattrape avec ses mauvais tours, aucun ni aucune n’est épargné pas vrai ? et petit à petit, le ton a changé. Bien que virtuelles, les relations créées n’en étaient pas moins profondément réelles (j’ai rencontré quelques personnes, mais contrairement à ce qu’on suppose peut-être ce n’est pas parce qu’on rencontre la personne que ça apporte quelque chose de plus dans la relation. La relation est là, bien réelle, la rencontre est + de l’ordre du plaisir, c’est juste une continuité de la relation, il n’y a pas besoin de cela pour l’authentifier).
Oui, donc, petit à petit, ma manière d’écrire s’est modifiée. Contrainte et forcée on va dire : je ne pouvais plus écrire comme avant, les tirades humoristiques qui me sortaient toutes seules étaient complètement taries. En fait une fois qu’on a recouvré la vue, on ne peut pas revenir en arrière et faire comme si on n’y voyait que couic !
Il y a sur ce blog des posts mémorables, mais il y a aussi et surtout des témoignages parfois poignants, que je lis à chaque fois avec un respect infini et une grande reconnaissance pour votre confiance. C’est comme si, à chaque fois, il se passait dans ces moments-là quelque chose de grand, qui touche à l'Humain universel, dans lequel chacun peut se reconnaître. Vous n’avez pas la moindre idée du bien que cela a pu me faire, que cela me fait encore, vous ne savez pas l’enrichissement que ces échanges m’apportent, ce sont des moments où l’on grandit, où l’on vibre aux émotions, où on est en prise avec la solidarité et l'échange vrai.
Alors vraiment, ce qui se passe sur le net ... de l’abstrait ??
Petite femme
J’aime beaucoup les questions soulevées par Virginie dans son commentaire (vous pouvez le lire ici).
Pour ma part, même si ça ne se dirait pas parce que je suis censée être devenue un modèle de sagesse et de tempérance, ben je vais avoir 57 ans les amis ! Eh oui ! tant que ça ! J’ai même été obligée de poser la soustraction pour vérifier que j’avais vraiment dépassé la cinquantaine. Ça vous fait pas ça à vous ? vous n’avez pas l’impression d’avoir toujours 30, 40, 50 ans (rayez la mention inutile) tant que vous n’avez pas passé la décennie suivante ???
Enfin, bref, c’est pas de ça dont je voulais vous entretenir, mais de comment je me sens dans ma "féminité dépouillée" comme dirait Virginie, enfin plus pragmatiquement dans mon corps rond de vieille femme. Oui parce que "vieille femme", c’est la dernière trouvaille de mon fils. Je préférais le mois dernier quand on en était encore à "petite femme", vu que maintenant je grandis dans le sens de la largeur et que quand il me prend dans ses bras (c’est devenu rare, m’enfin !!) il est bien obligé de constater que plus ça va, plus il est obligé de se baisser.
Vue comme ça, je dois vous paraître terrifiante non ? et pourtant, qu’est-ce que je me sens bien !!! Je dirais même que jamais je ne me suis sentie aussi bien dans mon corps de femme rond et vieux. Certes, j’ai pris pas mal de kilos. Mais après tout, où que je me pose, je suis bien lestée ! comme dirait mon fils, faut toujours voir le bon côté des choses ! et puis en plus maintenant j’ai des seins ! purée, il a fallu que j’attende un demi-siècle, mais ça y est !!! j’ai des seins, des vrais seins féminins de fille ! yeeeeeeessssssss !!! vu que j’ai pleuré toute ma vie pour en avoir, je vais quand même pas râler sous prétexte que j’ai aussi des bourrelets bien moelleux un peu partout ailleurs !! de toutes façons quoi de plus féminin que des courbes ? hein ?? on n'a pas précisé la taille des courbes après tout !!! et pis si yen a un à qui ça plaît pas, qu'il regarde ailleurs !!!
Trois fois rien
D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours aimé être une fille. Pourtant, ma mère ne les aimait pas, elles les trouvaient fourbes et hypocrites. Ma sœur était un vrai garçon manqué. Pas moi. J’enfilais les jupes de ma mère, vous savez ces jupes des années 60 à la forme sublime qui font la taille fine et les hanches rondes .. je les faisais virevolter en corolle autour de moi. J’adorais sentir sous mes doigts la luisance de soie de mes cheveux longs lorsque je les dénattais le soir. J’adorais me mettre le rouge à lèvres de ma grand-mère ou bien sa poudre de riz à l’odeur qui chatouillait le nez, et lui chiper ses escarpins noirs à talon haut.
C’est tellement chouette d’être une fille, on peut se bichonner pendant des heures, on peut se raconter des secrets entre copines, avoir des fous rires pour trois fois rien. Est-ce que vous avez jamais vu des mecs se marrer pour des broutilles ?? et puis d’ailleurs, est-ce que les mecs se réunissent pour jacasser, comparer leurs fringues, échanger les derniers commérages ? s’il y en a, ils ne sont pas nombreux !
Et puis alors il y a un truc que j’adore plus que tout, c’est d’avoir pu porter la vie. Merci mon Dieu, merci de ne pas m’avoir faite homme !!!!! merci de m’avoir donné cette chance inouïe d’avoir entre mes hanches un berceau soyeux pour accueillir la vie. Merci de m’avoir permis de ressentir ces curieuses vaguelettes, le ventre sculpté par de petits coups de pieds malicieux. Oui, si je ne devais retenir qu’une chose du fait d’être une femme, ce serait celle-là, ce bouleversement minuscule qui vous chavire pour l’éternité.
Et puis j’adore la compagnie des femmes. Je les trouve drôles, intelligentes, tendres, compatissantes, j’aime leur énergie et leur douceur, leur acharnement à vouloir toujours plus, toujours mieux, j’aime leur humilité, leur lucidité et leur créativité. Je suis tellement heureuse d’avoir une sœur et d’avoir des amies !
Et vous, votre féminité, vous la vivez comment ?
La rançon de la gloire
La première chose que j’ai envie de dire de Brigitte, c’est qu’elle ne tient pas en place. Vous voyez Bip Bip, le petit oiseau bleu du dessin animé ??? à peine vous l’avez repéré il a disparu, vous laissant en plan avec la bouche grande ouverte sur la phrase que vous n’avez pas eu le temps de dire ! Ben Brigitte c’est un peu ça, encore qu’elle s’est bigrement calmée avec l’âge. Comment je le sais ? l’adresse que j’ai d’elle dans mon répertoire est encore valable au bout d’un mois.. Enfin bon, quand je dis qu’elle s’est calmée.. elle bouge géographiquement moins, quoi..
Or donc, Brigitte est vive. C’est un doux euphémisme. Sa vivacité se ressent aussi intellectuellement car l’esprit d’indépendance est son fer de lance. Elle aime le changement et la diversité, et sa liberté est sacrée. C’est aussi une épicurienne qui résiste difficilement à la tentation. Elle est volontairement l’antithèse de sa sœur de la bonne pâte que chérissent tant la plupart des hommes. C’est bien simple, elle refuse absolument l’idée de la femme douce, docile et soumise. Brigitte se moque éperdument du vieux rêve féminin de sécurité. Elle se sent assez forte pour exister toute seule, hors de l'ombre d'un homme fort et viril. Pour la conquérir, rien de plus simple : la considérer comme une vraie égale et respecter sa liberté. Par contre, si le compagnon adopte une attitude trop conciliante, ça ne lui plaira pas non plus. Brigitte reste une femme, tout de même !
On comprendra donc que vivre avec Brigitte n’est pas toujours de tout repos, sauf si on respecte quelques règles simples :
- Ne jamais lui poser de questions sur son emploi du temps de la journée.
- Ne jamais critiquer ses amis (l’amitié est pour Brigitte une valeur autrement plus sûre que l’amour !).
- Ne jamais aborder quelques menus sujets la concernant :
a) sa vie privée (ça ne regarde qu’elle),
b) sa vie d’avant (pourquoi s’embêter avec les conjugaisons du passé ?),
c) sa vie d’après (de quoi je me mêle ?),
d) son rythme de vie en général (que tout le monde trouve dingue),
e) ses heures de sommeil (insuffisantes pour sa santé),
f) sa façon de se nourrir (a-t-on jamais vu quelqu’un être en forme en n’avalant que de la bouillie d’orties ?).
Bref, tout ce qu’elle demande c’est qu’on la laisse en paix réaliser tous les projets qu'elle a dans la tête. Son besoin d'expériences personnelles est grand et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle aime entreprendre. Emue par une cause, elle est capable de mobiliser tout son courage et toute son énergie, et même de faire des sacrifices. Elle poursuit son but avec entrain car elle est très tenace. A mon avis, elle peut compter parmi les gens les plus heureux sur terre, car elle ne connaît pas l'ennui. Elle trouve toujours quelque chose à faire qui la passionne, quels que soient le contexte et l’instant. Bon, cela pourra parfois être diversement apprécié (*), mais que voulez-vous .. c’est la rançon de la gloire !
* voir ici : CLIC CLIC
Perplexe
J'ai écouté hier des témoignages de femmes dont la vie a été bousillée par le comportement de leur compagnon manipulateur. "Pervers narcissique", on appelle ça. La psychologue présente disait que le pervers narcissique a la particularité d’être insensible, de n’éprouver aucune empathie pour l’autre.
Je me suis fait différentes réflexions. La première est que j’ai toujours entendu parler de pervers narcissiques hommes, jamais de femmes (par voie de conséquence leur victime en est une, et généralement c’est la leur, puisque tout le charme de ce personnage est d’avoir entière emprise sur ladite).
Est-ce que cela a une signification particulière ? est-ce que ça peut vouloir dire, par exemple, que l’homme (en général) a besoin d’écrabouiller quelqu’un pour se sentir exister, alors que la femme c’est tout le contraire (elle se réalise en s’occupant des autres) ? est-ce que la victime a des prédispositions pour se retrouver dans une telle situation ?
Je me demande aussi ce que ça peut faire d’être insensible. Comment est-ce possible ? dès l’instant où on est humain, comment ça se fait qu’on puisse ne rien ressentir du tout ??? je croyais que c’était réservé aux robots ..
De plus, le manipulateur est un champion pour ce qui est d’exprimer un vaste panel d’émotions, comme la tristesse, la colère, la violence.. Comment fait-il puisqu’il ne ressent rien ?
Je suis perplexe.
Affligeant
Apprendre à ses fils à être autonomes, les préparer aux dures réalités de la vie, faire de leur quotidien une compétition de tous les instants, voici la base des principes éducatifs de ma fille.
Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire ?
Eh bien concrètement, mes amis, c’est une maison qui, après leur départ, ressemble à une terre dévastée par les Huns.
Ma fille en effet met un point d’honneur à ce que ses enfants assument leurs actes. Par exemple, si l’enfant renverse son verre, ce n’est ni Maman ni Mamy qui va essuyer l’eau répandue sur la table, mais l’enfant après être allé lui-même chercher une éponge dans la cuisine. Certes, l’enfant va bien éponger ce qu’il a renversé, mais dans le but d'en asperger son frère qui est en train de dessiner, déclenchant instantanément le concert de ses cris parce qu’il vient de tremper un chef-d'oeuvre qui est immédiatement roulé en boule par son auteur et jeté en pleine face du troisième qui se met à hurler à son tour.
Eh oui, vous pouvez le constater, l’enfant face au ménage manifeste autant d’indifférence que le paquet face à son papier d’emballage. C’est terriblement affligeant.
Mais ce n’est rien comparé à ce qu’il se passe dans la salle de bains.
Les deux grands ont, dixit ma fille, tout à fait l’âge de gérer leur douche tout seuls. Vous retrouvez donc les cartons de vêtements éventrés, les tiroirs ouverts vomissant leur contenu qui pend lamentablement, les serviettes mouillées jonchant le sol en petit tas coloré et tous les peignes enduits d’un gel qui collera aux doigts pendant huit jours (même après avoir été nettoyés). Quant aux tubes de dentifrice et de gel coiffant, ils sont vides. Vous ne savez pas pourquoi, pas plus que le fait que vous ne retrouverez JAMAIS leurs chaussettes par paires. Jamais.
Mais il y a quelque chose qui vous fait vite oublier tous ces petits désagréments, c’est lorsque vous pensez avec émotion au jour où l’aîné de vos petits-fils sera Président de la République. Vous vous dites que, quelque part, ce sera un peu grâce à vous ..
Bon week-end !
Chers amis,
j'attends mon tiercé de petits-fils pour le week-end, c'est pourquoi je ne peux répondre à vos comms, mais je prends le temps de vous dire à quel point vous comptez pour moi, et comme vos mots et vos pensées me font du bien. Merci à tous et à toutes (sauf peut-être à Lise qui me suggère de suivre la Joie pour m'empêcher de me goinfrer de gâteaux or c'est justement parce que la Joie me manque que je comble avec n'importe quoi
)
Il va vraiment falloir que je prenne le taureau par les cornes, non pas parce que je suis obèse, comme dit mon toubib qui passe son temps rien qu'à se fiche de moi, mais parce que je me sens mal dans mon gros bidon.
Bon alors je le sens, je le vois dans vos petits yeux plissés, vous voulez savoir quel est le rapport avec l'image ci-dessus ? Aucun.
Enfin si, c'est la Dame bleue. Version 2012. Oui, parce que l'histoire du soir que j'ai préparée pour mes petits-enfants est celle de la Dame bleue. Encore un truc celte, mais j'aime bien la civilisation celte. Et puis je fais ce que je veux, na !
De plus, ça reste dans le thème d'aujourd'hui, vu qu'on a prévu qu'ils aillent avec les enfants de la ville ramasser tous les déchets qui traînent (c'est dans le cadre du Conseil Municipal des Enfants). Je leur parlerai donc de ce temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître, où la Nature était encore vierge de toutes cochonneries..ils vont avoir du mal à l'imaginer !!(déjà qu'ils ont du mal quand je leur dis qu'avant, yavait que des forêts..).
Mes amis,
je vous souhaite un délicieux week-end !
profitez bien de vos aimés et du temps qui passe !

Avant qu'elle parte
Il y a une chanson que mon fils écoute et que j’aime beaucoup, il s’agit de "Avant qu’elle parte".
Avant qu’elle parte, dis à ta mère que tu l’aimes.
Dis à ta mère que tu l’aimes. C’est quelque chose que je n’ai pas fait assez, ou plutôt que j'ai fait, mais mal.
Je pense à elle, je la revois sur son lit d’hôpital, je me rappelle le moment où ma sœur était sortie de la chambre pour aller boire un café et que j’étais restée près d’elle en lui serrant la main, cette main qu’elle avait si petite et si fine. Aujourd’hui, quand je pense à elle, je vois ses mains de petite fille. Et surtout, je vois son chagrin. Celui d’avoir eu un fils qui n’était pas le fils qu’elle avait tant espéré. Ca l'a minée de l’intérieur, lentement, occultant tout le reste.
Mais moi à ce moment-là je ne pensais pas à ça. Je voulais seulement qu’elle me parle. Je ne voyais pas sa souffrance, je ne voyais pas sa détresse. Je ne voyais que les mots qu’elle ne me disait pas.
Et je lui en voulais.
Maman est tombée dans le coma le jour de naissance de sa propre mère. Elle est morte deux jours après. Et je n'avais pas réussi à lui demander pardon.
Et puis il y a eu les lettres. Les lettres qu’elle a écrites à mon père lorsque, comme tant d’autres jeunes gens, il est parti en Algérie. A ce moment-là, Maman était enceinte de ma sœur.
Et c’est seulement là, au milieu des mots qu'elle égrenait pour lui, que j’ai senti sa peur, la terreur ronde qu'elle avait que l'histoire se répète, qu'elle aussi comme sa mère et sa grand-mère perde l’homme qu’elle aimait et se retrouve seule avec ses filles. Cette peur de perdre ne l'a jamais quittée.
Je n'arrive pas à savoir si aujourd'hui, je lui ai pardonné. Par contre ce dont je suis sûre, c'est que je regrette de ne pas lui avoir donné plus. Plus de chaleur, plus de tendresse, plus de temps. Je la voyais trop comme la jeune maman qu'elle avait été. Je ne la voyais pas comme la femme fragile qu'elle était devenue. Paradoxalement je me demande si cela aurait été possible puisque nous étions tellement fermées, elle sur ces choses qu'elle ne disait pas et moi sur ces choses que je disais trop.
Il y a un temps pour le silence, et c'est ce que sa mort m'a appris.
Les incompris du bedon
Chers amis,
il n’y a pas que les cheveux que j’envie à ma sœur. Il y a aussi sa volonté de fer ! elle est d’un tenace ! moi, purée, à peine je pense à quelque chose que je dévie sur autre chose. Comment mon fils décrit-il ça, déjà ? "En fait t’es comme les très jeunes enfants, tu te concentres très fort pendant deux secondes et tout de suite après t’as déjà oublié à quoi tu pensais .."
Voilà. Trahie par sa propre chair.
Oui parce que figurez-vous que je suis victime d’un problème grave, que dis-je, grave, gravissime !! et que ce problème, pour être résolu, mériterait un minimum de ténacité !! Parce que lui, il l’est, tenace, vous pouvez me croire ! il me tient par la taille, par le ventre et même en dessous, un peu comme les divinités préhistoriques, si vous voyez ce que je veux dire. Dix kilos en trop et tout est surpeuplé !
Seulement voilà, chaque fois que j’en parle à mon médecin, il m'éclate de rire à la face en me brandissant mon IMC comme si c’était la bible du bien-être. Puisque je rentre dans son tableau à la case "poids normal pour cette taille", il se fiche pas mal que j’ai la forme d’un triangle et non plus d’un X comme autrefois !!!
Ben oui : pour compenser j’ai pris l’habitude de manger des trucs sucrés. Plein.
Et, beaucoup plus grave, eux aussi ont pris l’habitude. Si vous voyiez les regards éplorés que me jettent les gâteaux à travers la vitrine de la boulangerie ! Je vous jure ! Ils m’appellent avec leurs petits yeux suppliants : "Ambre ! Ambre ! viens nous manger !".
Que voulez-vous que je fasse ?????? j’ai du cœur moi quand même !
Alors pour me soutenir dans cette épreuve, j’ai décidé de fonder un club. Bon évidemment pour l’instant je me sens un peu seule, vu que je suis le seul membre. Mais bon, ça ne fait rien, je saurai rester digne dans l’adversité ! jamais je ne me laisserai tomber !!!!! j’écouterai mes récriminations sans faillir ! et même, même ! je vais tester des trucs pour maigrir et je me dirai si ça marche ! et je me cacherai là, à me regarder, et à m'écouter, laisse-moi devenir l’ombre de mon ombre, l’ombre de mon chien .. heu mais qu’est-ce que je raconte encore ? ... oui et donc je serai toujours là pour moi !!!!
Bon allez, si je me mangeais un petit chou à la crème pour fêter ça ??
La plus sexy du monde
Mon amour,
laisse-moi tout d’abord me présenter.
Je m’appelle Ambre Neige, je suis blonde, enfin pas exactement blonde, disons que mon châtain naturel, ben le coiffeur comme teinture il appelle ça du blond.
J’ai les cheveux courts et bien rangés, façon Bonduelle, en tout cas chaque fois que je reviens de chez ma coiffeuse qui me demande s'il faut qu’elle les remette en pétard comme quand je suis arrivée (je dis non).
Je ne te connais pas encore, je ne sais pas à quoi tu ressembles, ni même si j’aurai la chance que nous nous entrecroisions un jour, mais pour te permettre de mieux me connaître je vais te parler un peu de moi. Alors ya un truc qu’il faut que tu saches, j’ai toujours rêvé d’avoir de beaux et longs cheveux (comme ma sœur en fait). Mes cheveux ont beau avoir la couleur la plus sexy du monde, il n’en reste pas moins qu'ils sont si fins que s'ils étaient ronds on jurerait que j'ai des confettis sur la tête.
Mes yeux sont comme mes cheveux (blonds), et ma silhouette est plutôt attractive, surtout au niveau du ventre qui, depuis quelques temps, pointe en avant comme si j’étais enceinte de trois mois. Mais rassure-toi, je ne suis pas enceinte, vu que pour ça il aurait fallu que je satisfasse un des besoins primaires que tous les humains ont, paraît-il : celui de se reproduire.
Or, c’est précisément la raison pour laquelle je t’attends. Non pas pour me reproduire (c'est déjà fait) mais pour satisfaire mon besoin. Tu rétorqueras avec raison que la reproduction est un besoin pour l’espèce, mais l'est-elle pour l’individu, en l'occurence moi ? ne serais-je pas plutôt pas en train de te niquer ta race t'embrouiller la tête tant l’ardeur me brûle ?
Je te répondrais sur le même ton qu’effectivement, mon besoin n'en est peut-être pas un, mais (snif) est-ce une raison (snifsnif) pour que tu me fasses languir autant ????!!
On n'achève pas les taggueurs
Habituée par ma sœur à recevoir des gros trucs emmaillotés comme un bébé de l’an 1300, quelle ne fut pas ma surprise hier de découvrir dans ma boîte aux lettres une enveloppe toute simple et même pas scotchée d’une épaisseur inversement proportionnelle à ce qu’elle contenait, à savoir un délicieux petit sac tout de parme garni, dans lequel étaient cachés un porte-lunettes de soleil et un porte-mouchoirs. Je suis vraiment très touchée, surtout par le porte-mouchoirs qui va bien me servir pour essuyer mes larmes, vu que je viens de me faire taguer par Karleman. C’est dans ces moments-là qu’on se dit : mon Dieu, merci. Que serais-je devenue si je n’avais pas reçu ce porte-mouchoirs à si bon escient ? aurais-je dû éponger dans mes rideaux les larmes de désespoir de ceux qui subissent les affres du tagguage ? Eh bien, je sais que je vais vous faire mal, mais la réponse est oui. Oui, mille fois oui, car comme vous l'avez remarqué, je suis une nana extrêmement réservée et discrète et que par conséquent je hais les tags qui vous obligent à dévoiler des pans entiers de votre intimité.
Alors c’est pour ça qu’aujourd’hui, je dis : Édith, M E R C I. Merci d’être à mes côtés dans cette épreuve.
Et merci à toi Karleman d’avoir pensé à moi pour ce tag, t'as sûrement rien d’autre à faire que d’empoisonn taguer les copines mais t’inquiète, je te revaudrai ça ;-)
Oui alors donc, allons-y gaiement. Plus vite ce sera fait plus vite ce sera fait.
Alors voyons ..
1- Quel est votre prénom préféré ?
Adeline, le prénom de ma fille aînée. Je l’aime trop. Je l’aime tellement que je l’ai toujours appelée Adeline. Vous allez me dire, en même temps c’est son prénom. Ben ce n’est pas son avis. Elle aurait voulu que je l’appelle mon lapin, mon chou en sucre ou la chair de sa mère. Les enfants ne sont jamais contents.
2- Vous souvenez-vous de votre première fois ?
Évidemment ! comment pourrais-je jamais l’oublier ??? c’était en Suisse, vu qu’il n’y a que là qu’on en trouve des bons. Il était doux, onctueux, il fondait sous la langue. J’en ai consommé des tas d’autres depuis, vous pouvez me croire !!! mais jamais, jamais, je n’ai retrouvé la saveur exceptionnelle du chocolat blanc de mon enfance ..
3- Êtes-vous plutôt sucré ou salé ?
Je suis poivrée.
4- Quel est votre pire souvenir ?
Hier soir, quand j’ai reçu le mail de Karleman m’annonçant que j’étais tagguée.
5- Quel est le film qui a marqué votre adolescence ?
"on achève bien les chevaux" (en même temps, c'est le seul que j'ai vu - dans le cadre scolaire -, car je n'avais pas le droit d'aller au ciné).
6- Quel est votre rêve le plus fou ?
Que les tags disparaissent de la surface de la planète.
7- Si vous aviez été sur le Titanic lors de son naufrage, quel aurait été votre comportement ?
J’aurais taggué tout le monde.
8- Le prénom de votre premier grand amour ?
Tous mes amours sont mon premier grand amour ..
9- Quel est votre blog préféré ?
Chance. Quelle bonne question. Waouh. Celle-là, c’est la plus belle qu’on m’eusse jamais posé. Si. Vraiment. C’est audacieux. Il fallait oser. Sincèrement.
10- De quelle couleur sont vos yeux ?
Poivre et sel (comme les cheveux).
11- Y aura-t-il de la neige pour le prochain Noël ? si oui pourquoi ?
Ah, enfin une question intéressante ! eh bien, oui, il y aura de la neige à Noël. Tout simplement parce que nous avons actuellement un printemps pourri, plein de flotte et que cette flotte s’accumule dans les nuages où elle se condense, prête à bondir. Les nuages grossissent, grossissent, et quand ils seront devenus bien lourds, dans six mois, ils exploseront comme un ballon de baudruche en larguant sur les humains ébahis leurs flocons jolis qui au passage se seront transformés en cristaux de glace. Ce qui me fait dire qu’il vaut quand même mieux être un nuage qu’une femme, parce qu’au moins eux quand ils grossissent ça sert à quelque chose !!
On devrait interdire le mariage aux mecs
Alors que comme souvent j’arpentais d’un pas alerte la galerie marchande du Leclerc où je fais régulièrement mes courses, le vigile m’interpelle.
Alors, le vigile de mon Leclerc. Que je vous explique.
Un jour, c’était il y a bien.. deux ans, voilà qu’au moment où je veux rentrer dans le magasin il me somme de lui remettre mon sac à dos (oui, parce que je me balade avec un merveilleux sac à dos rose fluo, qui a l’avantage d’être hyper léger mais l’inconvénient de ne posséder aucune poche ce qui veut dire que tout ce qui est dedans vit sa vie dans un foutoir sans nom) oui donc, le cher homme voulait absolument condamner la fermeture de mon sac à dos avec Dieu sait quoi ce qui aurait eu la conséquence gravissime que je ne puisse plus l’ouvrir. Mais c’est que mon sac contient toute ma vie ! lui hurle-je avec des trémolos dans la voix. Et joignant le geste à la parole je vide son contenu sur ses pieds surpris, maillot de bain et serviette mouillés (je fais mes courses après être allée nager, le Leclerc étant dans la même ville que la piscine, quasiment), bloc-notes, stylo (ça c’est au cas où je serais fulgurée par une idée de génie), appareil photo, petite bouteille d’eau, pharmacie de poche, reste d’un sandwich de je ne sais plus quand, bracelet d’ambre porte-bonheur, tickets de train, mouchoirs en papier, etc etc etc.
En plus, que je lui beugle, tous mes papiers sont avec ! vous voulez quoi ? qu’une fois à la caisse je vous hèle pour que vous veniez délivrer mon sac afin que j’en sorte ma carte de paiement ??? et qui va surveiller les entrées pendant ce temps, hein ???
Ecarquillant les yeux devant le tas insolite que je venais de verser devant lui, il finit par déclarer d’une voix magnanime : Bon, allez ..entrez ..
Et c’est comme ça que depuis, chaque fois que je viens faire mes courses je lui passe sous le nez toute fiérote avec mon sac à dos rose en lui adressant un sourire complice.
Or donc, hier, alors que j’allais entrer dans le magasin, le vigile m’interpelle, je m’approche :
(lui) Ça fait longtemps que je ne vous ai pas vue !!! vous étiez en vacances ??
(moi) Ça fait longtemps ???? je suis venue samedi !!!!!!!! avec toute ma smala en plus (fille et petits-fils), je suis touchée que trois jours vous trouviez ça long !!!!!!!!!
(lui) Ah, samedi j’étais pas là (air contrit). Suis allée voir ma femme à Lyon.
(moi) A Lyon ??? ben purée vous travaillez pas à la porte d’à côté !
(lui) Dites-moi, ça vous dirait qu’on se boive un petit café ?
(moi) Ah bon, carrément ? vous n’avez pas un train pour Lyon à prendre ?
(lui) Oh mais c’est en toute amitié !!!!!!!!
(moi) Oh bah j’en doute pas !
(lui) Vous me donnez votre numéro de téléphone ? (yeux de cocker attendant ses croquettes)
(moi) J’allais vous le proposer dites-donc ! le truc c’est que je ne connais pas mon numéro de tel, faut que je le cherche, vous voulez que je vide mon sac ? heu écoutez je vous le donnerai tout à l’heure OK ?
Et je rentre d’un pas décidé dans le magasin, laissant le vigile dans un état de déception avancé.
Seulement voilà, il m’avait mise en colère cet andouille !!!!! moi qui l’ai toujours trouvé sympa !!! Quel toupet, tout de même ces mecs mariés, i’sont gonflés ! Car je ne peux évidemment pas imaginer que ce soit pour autre chose que la bagatelle, en plus il doit être vraiment miro, avec les 10 kgs que je viens de prendre !!!!!!!!
Bon en même temps, purée, c’est tentant. Je voudrais pas dire mais ça fait un bail, et franchement ça doit être un bon coup, il est grand et fort, quel abruti aussi d’être marié !!!!!!! qu’est-ce qu’ils ont tous à se marier hein je vous le demande ???
Et me voilà devant les yaourts à soupirer béatement, je m’y vois déjà, pour une première fois faudrait pas que je crie trop, faudrait pas l’effrayer non plus, je lui ferai des petits gémissements, c’est mignon ça hein les petits gémissements ça fait très sensuelle amoureuse débutante. Oui, voilà, je vais faire ça. En fait faudrait que je m’enregistre pour voir l’effet que ça leur fait aux mecs. Ben oui quoi, on n'y pense jamais à s'enregistrer, après on est toute étonnées qu’ils nous disent qu’on en fait trop ou alors qu’on est coincées. Oui mais si je m’enregistre est-ce que ça va pas m’influencer ? et puis faudrait que je trouve un mec qui veuille bien jouer avec moi. Seulement voilà, allez leur faire comprendre que c’est juste pour faire une enquête ! c’est qu’ils sont susceptibles ces petites bêtes là !!!!
Non, décidément plus j’y pense et plus je me dis que pour une première fois faut que je me la joue peinarde. De toutes façons va falloir que je m’y remette en douceur, sinon je risque de rester coincée. Mon Dieu !!!!!!!!! mes lombaires !!!!!!!!!!!! elles vont jamais tenir le choc ! alors là pour le coup je vais gémir pour de bon !!!!!!
Et lui vu comment il est taillé je suis sûre que c’est le genre à faire trembler les murs en donnant des grands coups ! purée il va me tuer ça c’est sûr ! au mieux réveiller ma sciatique !!! bilan je serais obligée de simuler pour qu’il se dépêche de finir avant de ne plus pouvoir me relever ! ça me rappelle une fois, j’ai eu un mec il y mettait tellement d’ardeur que je me prenais la tête dans le mur à chaque fois ! et lui pendant ce temps qui révisait ses conjugaisons .. "ça va venir, je sens que ça vient, ça viendra, ooooooooooh ça vient !!!!!!!" après il s’est acharné sur le dico des synonymes : "ça monte ! j’y suis ! je le sens ! je vais jouir !" purée il beuglait tellement que ça m’a coupé tous mes effets !
Oui enfin bon, de toutes façons il est marié. Franchement je vous le dis, on devrait interdire le mariage aux mecs !
Faire la fête
La première fois que je suis allée voir Goldman en concert, je lui ai écrit, tellement c'est un type touchant, tellement touchant que j'en avais été touchée jusqu'au plus profond de mon petit coeur.. je lui ai écrit mais je n'ai jamais envoyé la lettre (ma folie n'est pas allée jusque là).C'est ça que je cherchais ce matin pour la montrer à Édith, mais je ne l'ai pas retrouvée. Par contre je suis tombée sur autre chose..
"Si je devais mourir demain".. c'était en 1985..
1- avoir beaucoup d'argent et le dépenser n'importe comment.. (ben quoi ? j'ai toujours été fauchée !! bon, faut dire que la "réussite" n'a jamais été ma priorité ! et tant mieux parce qu'elle me l'a bien rendu...)
2- passer des heures et des heures à faire l'amour avec un mec dont j'ai follement envie.... (parce que moi, j'en avais jamais assez de cette petite chose là - en tout cas jamais assez la première. Ben ce feu d'artifice, je l'ai vécu deux ans après ! quinze heures de suite !!!!!! La fête sur la planète !! j'avais trouvé mon maître, yeeeeeeeehh !!!! pas de bol il était marié ...)
3- me cuiter à mort et danser, danser, danser..(je ne sais pas du tout qui a écrit ça. Pas du tout. Je ne bois plus jamais !!!!!!!!).
4- aller au bord de la mer la nuit et hurler !! (alors là, c'est limpide : je n'ai pas pu écrire une chose pareille !! j'ai toujours été un modèle de tempérance, même quand j'avais 29 ans, autant dire la préhistoire de ma vie !!!!! on avait dû me piquer mon stylo, je ne vois que cette explication !!).
5- faire la fête .. mais qu'est-ce que ça veut dire ? (AH. Vous voyez bien !!!!!! en + l'usurpateur ne sait même pas de quoi il parle !)
En plus je voudrais pas dire mais ça serait aujourd'hui je danserais dans la mer avant de me cuiter !!!!!!! faut pas faire n'importe quoi non plus !!!!
Et vous les amis ? quand vous rêvez à des "si" vous voyez quoi ??
Beltaine
Comme je vous l’ai raconté l’année dernière, c’est depuis Charles IX qu'on offre du muguet le 1er mai à ceux qu’on aime.
Mais le muguet n'est pas seulement un porte-bonheur, il symbolise aussi les rencontres amoureuses. D’ailleurs, autrefois, les jeunes filles toutes de blanc vêtues et les jeunes gens, brin de muguet à la boutonnière, se rendaient à ce qu’on appelait "les bals du muguet", où ils avaient exceptionnellement la "permission de minuit" car ils espéraient bien ne pas rentrer "le coeur vide" ..
Mais en quoi cette petite fleur blanche peut-elle bien symboliser les rencontres amoureuses ? eh bien pour le savoir, je vous emmène une fois de plus chez nos ancêtres les .. Celtes, où je vais vous parler d’une de leurs fêtes : Beltaine.
Beltaine est en quelque sorte le pendant de Samaïn, puisqu'elle se célèbre à la date opposée (chez les Celtes il n'y avait que deux saisons). C'est la célébration du passage de l’hiver à l’été, le moment où les fées sortent de leur long sommeil hivernal pour repeindre les fleurs de couleurs vives et raviver leur parfum. Tout comme à Samaïn, pendant Beltaine la frontière entre le monde des Morts et celui des Vivants n’existe plus, sauf que ce ne sont pas les morts qui sont célébrés ici, mais bel et bien les vivants et surtout, oserais-je dire, l'art et la manière de donner la vie ;-)
Beltaine est donc une célébration extrêmement joyeuse : on fête le renouveau de la nature, le retour de la chaleur et la magie amoureuse et sexuelle. C’est pour ça que les Chrétiens y ont vu tout de suite la griffe de Satan, tu m’étonnes ! joie débridée, ivresse et enlacements sensuels dans la nuit complice dédiés au Dieu Bélénos qui, comme l’on sait, s’est accouplé avec la grande déesse Walpurgis la nuit du 30 avril au premier mai (ce qui ne lui a pas porté chance puisqu’il en est mort, non sans lui avoir auparavant donné un fils dans lequel il s’est empressé de se réincarner).
Or donc, pour fêter Beltaine, les Druides allumaient des feux au sommet des collines en prononçant des incantations magiques dans le but d’attirer le Soleil et d'éloigner définitivement le froid de l'hiver. Le bois que l'on brûlait pour les bûchers de Beltaine provenait de huit arbres différents, considérés comme sacrés : le sorbier, le chêne, le noisetier, le bouleau, l'aubépine, le sureau, l'if et le genévrier.
Deux brasiers étaient allumés l'un en face de l'autre afin de pouvoir faire passer le bétail au milieu et d’ainsi, par la puissance du feu, bénir les bêtes, les protéger des maladies, grâce à quoi elles donneraient un lait abondant et de la bonne viande. De la même façon, garçons et filles de tous âges y passaient aussi pour se purifier.
Les maisons étaient décorées de fleurs en abondance, principalement de muguet puisqu’il s’agit de la fleur de mai, on en tressait des couronnes dont les filles se coiffaient. On allumait de l’encens que l’on perchait haut sur les branches des arbres pour symboliser l'ascension de la lumière. On dispersait des plumes, symbole de l’Air, et des pétales de fleurs un peu partout.
Tous, jeunes et vieux, dansaient autour des feux pour encourager la fertilité de la nature, protéger leur santé et leur prospérité. Ceux qui voulaient s'unir se prenaient la main et sautaient ensemble par dessus les braises du grand bûcher, geste qui équivalait à des fiançailles.
Comme je vous l’ai dit plus haut, cette fête de la Joie et de la Lumière était la consécration du partage et de la communion entre hommes et femmes. Celles qui avaient un partenaire s'éloignaient à la fin de la fête pour faire l'amour dans le but noble et désintéressé de renforcer la Fertilité de la Nature, et si elles n’en avaient pas, elles en trouvaient un sur place. Un genre d'offrande, en quelque sorte.
Oui, parce que les femmes celtes pouvaient librement fixer leur choix sur un homme. Elles détenaient un pouvoir qui semblerait colossal même aux plus féministes d’aujourd’hui. C’était un monde où les femmes étaient toujours respectées, protégées, vénérées, un monde dans lequel les hommes révéraient tout particulièrement le pouvoir qu’elles avaient, que nous avons, de non seulement nous reproduire à l’identique, mais de reproduire aussi du différent : des petits mâles.
De nombreuses druidesses jouaient un grand rôle grâce à leurs facultés de clairvoyance et de magie, notamment en politique. Les femmes celtes pouvaient posséder des biens personnels, choisir leur homme, elles pouvaient divorcer si leur mari outrepassait ses droits, et, en cas d'abandon de l'homme suborneur, elles avaient la possibilité de réclamer une forte indemnité. Elles pouvaient même régner. Les femmes celtes étaient reines de ce monde, que d’ailleurs on appelait "Terre des Femmes".
Je vous vois froncer les sourcils.. ce n’est pas que la Femme était considérée "supérieure" à l’Homme, non-non pas du tout !!
Tout simplement, les Celtes se considéraient comme des êtres spirituels avant tout, et le monde dans lequel ils vivaient, notre Terre, était pour eux un monde régi par un principe féminin omniprésent : Dana, la déesse-mère.
Seulement voilà, un jour les Romains ont investi les territoires que peuplaient les Celtes. Et là, ils se sont retrouvés non seulement face à des guerriers farouches et intrépides, mais aussi face à des femmes libres et courageuses qui se battaient pour leurs familles, leurs terres, leur peuple. Et ils se sont mis à avoir peur, très très peur, eux pour qui les femmes n’étaient que des biens mobiliers - c’est bien simple, les Romaines n'avaient même pas de nom...
Alors ils n’ont plus eu qu’une idée fixe : détruire la culture celte et la remplacer par le mode de vie romain.
Mais revenons à Beltaine. Pendant que hommes et femmes de tous âges se font mutuellement offrande d'amour et de chaleur, les Druides cueillent et consacrent les plantes dont ils auront besoin pour le reste de l’année. Certains, qu'ils soient bardes ou vates, se réunissent dans la forêt des Carnutes pour partager leurs découvertes avec les autres, réunis autour du fameux chaudron rendu célèbre par Obélix et dans lequel mijote un bon breuvage de saison.
Le 1er mai au petit matin, les femmes sortent très tôt pour recueillir la rosée, considérée comme thaumaturge. Elles la conserveront dans de petites fioles et s’en serviront pour purifier et soigner.
Pour la même raison elles recueillent une partie de la cendre des bûchers et l’utiliseront comme médicament, tandis que le reste est répandu dans les champs pour favoriser la croissance des récoltes.
Elles cueillent ensuite des branches d'aubépine, car le matin de Beltaine est le seul moment où on peut le faire sans mettre en colère les fées. Elles en feront sécher les fleurs pour les utiliser dans un but thérapeutique, et tresseront le reste en une guirlande qu’elles accrocheront au-dessus de la porte pour protéger la maison des esprits malveillants. Avec le bois de l’aubépine elles font de l’encens qu'on brûlera à la fête de Beltaine suivante.
Puis elles attachent aux arbres plein de petits morceaux d’étoffe de toutes les couleurs. A chaque ruban correspond un voeu ou une résolution. En cours d'année, au fur et à mesure que les souhaits se réalisent ou qu'elles atteignent leurs objectifs, elles détacheront le ruban correspondant puis l’enseveliront..
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