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le blog de Ambreneige
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29 septembre 2012

Prête à partir

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Ce matin, le moton est revenu. Je m’en passais bien, de celui-là ! à vrai dire cela faisait si longtemps que je l’avais presque oublié !!!

Pourquoi, chaque fois que je traverse une période "sensible", me revient le manque de mes parents ? un chagrin énorme, celui de ne les avoir plus, ni non plus ceux de mon père qui m'ont tellement aimée ??? est-ce un signe d’immaturité ? suis-je condamnée à rester une petite fille toute ma vie ? Pourtant je ne suis plus une petite fille !!! j’ai des enfants !!! et même des petits-enfants !

Il n’y a pas longtemps, j’ai lu sur le blog de Coumarine, ici, qu’elle se sentait "prête à mourir".

Eh bien moi, non. Mon Dieu non, misère de misère !!!

Au fur et à mesure que je lisais les mots de Coumarine, je réalisais que plus que la "peur de la mort", c’est la peur de toute la pagaille que je laisserai si je meurs aujourd'hui, tout ce qui n'est pas encore réglé dans ma vie : ce "mourir en paix" dont Coumarine parle, j’en suis si loin ! "C'est important de CLARIFIER", dit-elle, "rendre plus CLAIR (épousseter les yeux opaques de mon âme ...)".

Comme c’est vrai ! sauf que mes yeux à moi, c’est pas opaques qu’ils sont, c’est complètement scotchés par la boue !!!!!

Ceci dit, je suis d’une mauvaise foi rare : rendre plus clair, j’ai commencé. Bon, OK, j’ai pas fait exprès : c’est ma fille qui, il y a peu, m’a demandé d’écrire pour ses enfants tout ce que je sais de notre histoire familiale. De raccrocher les wagons en quelque sorte. De donner du sens. De retrouver le fil rouge (clin d'oeil à Alain).

Seulement voilà, le travail est gigantesque. Toutes les pièces de ma maison sont encombrées et dans un état inimaginable : des bagages abandonnés ça et là, un bordel sans nom, une pagaille himalayenne.

Mon Dieu, je vous en prie, vous qui voyez comme je suis une petite chose fragile, laissez-moi le temps de faire le ménage avant de partir !!!! mon Dieu s’il vous plaît ..

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28 septembre 2012

Bleu marine

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Bien alors, aujourd’hui je vais vous raconter comment mes seins sont entrés dans ma vie.

J’étais au collège et j’avais à peu près treize ans lorsque je tombais folle amoureuse d’un "vieux" qui en avait seize. Il avait une allure nonchalante, un peu languide, mais à moins qu’il ne soit complètement demeuré il aurait été impossible qu'il ne remarque pas les appels éplorés que mes yeux lui lançaient.

Et puis un jour c’est arrivé. Je me suis retrouvée chez lui, enfin chez ses parents, un jour où ils n’y étaient pas.

D’une timidité maladive à cette époque, j’étais plantée au milieu de la chambre, raide comme un piquet. Il m’avait invitée à m’asseoir près de lui sur son lit. Je n’avais jamais embrassé ni d’ailleurs fait quoi que ce soit avec un garçon. En plus, j’avais des tas d’idées toutes plus farfelues les unes que les autres sur ces choses. La séance promettait d’être coton. Bref. Il a zappé la case baiser. C’est très dommage, car comme je sais maintenant l’effet qu’un baiser a sur moi, je me dis que j’ai raté quelque chose. Enfin surtout lui. Bien fait !

Jean-Paul avait été intéressé par mes rondeurs complaisamment sculptées par ma culotte consciencieuse. On peut donc considérer comme un notable progrès le fait que cette fois, le garçon visait la partie de mon anatomie située entre le cou et les genoux. D’un geste ferme et doux mais néanmoins très décidé, il avait soulevé ma petite jupe bleue, ultra-courte (c’était la mode des minis), je la redescendais en tirant dessus, il la remontait de nouveau, et ce petit jeu a duré un bon moment. Il me disait de me détendre, ce qui faisait que je me crispais encore plus, il me demandait si je voulais, si je voulais quoi ? J’en avais aucune idée.. voulais-je qu’il continue à remonter ma jupe ? Bof.. Voulais-je rester à ses côtés ? Ça oui, ça me plaisait bien.

Puis d’un coup il a retiré son pull et son tricot sans autre forme de procès et m’a invitée à en faire autant.

Gasp.

Finalement, ôter mon pull ne m’a pas posé de problème existentiel insurmontable. Nous en étions donc au chemisier, avec sa kyrielle de boutons. Quelle idée d’avoir mis un truc plein de boutons. Pour finir, c’est lui qui s’y est collé. Il a bien vu que sinon, on y était encore dans six mois. J’avais souvent pensé au jour où ce moment arriverait, à vrai dire je ne rêvais plus que de cela depuis que j’étais tombée amoureuse de lui. Je voyais la chose façon tremblement de terre, les cieux qui s’ouvrent et tout ça. Finalement, ça a été plutôt discret. Je n’ai pas eu de choc, contrairement à lui sûrement quand il a détaché mon soutien-gorge, une ravissante petite chose bleu marine tout en dentelles, découvrant ainsi mes tout petits seins. Mais il a eu la délicatesse de n’en rien laisser paraître, et même de s’extasier dessus comme si c’était la huitième merveille du monde, avant de passer à un examen un peu plus minutieux...

Eh bien, Yvon (puisque c'était son nom), je te remercie. Tu aurais pu te comporter comme un plouc, d'autant que je me souviens très bien que ce ne sont pas les petites amies qui te manquaient, et qui étaient drôlement mieux loties que moi. Ben pas du tout, malgré mon manque cruel de seins, tu as été très doux, délicat et tu ne t'es même pas moqué de moi. Bon, OK, on ne s'est jamais revus après cet épisode. Faut dire que c'était juste avant mai 68 et que t'avais profité des "événements" (comme dira Coluche plus tard) pour ne plus jamais remettre les pieds au bahut.

N'empêche, Yvon, je te le dis comme je pense :

Respect !

27 septembre 2012

Le langage des signes

 

je me demande

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais de nos jours on ne parle plus que de communication et de dialogue. C’est pas pour autant que d’un seul coup d’un seul on va se retrouver avec un homme qui :

- en rentrant du travail vient s’asseoir à côté de vous pendant que vous épluchez les légumes pour vous demander :"Comment s’est passé ta journée ma chérie ?"

- vous parle de ses émotions (soyons folles)

- vous demande de discuter au lieu d’avoir la tête de celui qui vient de se prendre un gigot congelé en pleine face en entendant " j’ai quelque chose à te dire".

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire des généralités (comme si c’était mon genre). Mais bon, on risque quand même de rencontrer plus souvent des mecs tout de silence vêtu plutôt qu’un qui raconte sa vie dans toutes les largeurs (de toutes façons cherchez pas, il n’y en avait qu’un et c’est moi qui l’ai eu - je parle du père de mes filles).

Or donc, comme je vous aime et que je ne veux pas vous laisser dans la détresse, je m’en vais de ce pas vous confier un mode d’emploi de secours pour parer au plus pressé.

Alors la première question qu’à un moment ou à un autre toute femme se pose au sujet de son homme est celle-ci : "Qui voit-il ? "

Or mes chéries, la bonne question est : "Que voit-il ?"

Faisons un petit tour d’horizon des différents cas de figure qui se présentent.

1- le langage des sourcils

- Si votre homme a les sourcils relevés en accent circonflexe, ne vous inquiétez pas, c’est qu’il se demande à quelle sauce il va vous manger ce soir.

- Ses sourcils sont froncés ? Regardez bien, est-ce que l’un est plus haut que l’autre ?? Ça, c’est plus embêtant. Ça veut dire qu’il réfléchit. Toutes sortes de questions sans réponse viennent de lui tomber dessus :

1) de quelle manière doit-il se comporter avec vous ?

2) qu’attendez-vous de lui ?

3) mais bon sang, qu’est-ce que vous lui voulez à la fin ???? Il fait tout ce qu’il peut pour vous tout le temps, et vous, voilà, jamais contente!!

Laissez-le dans son abîme de perplexité.

Allez faire un peu de shopping.

2 - le langage des yeux

A) Son œil est vif, pétillant, lumineux (et en plus il a la langue qui pend) : vous allez passer un bon quart d’heure, voire plusssss si affinités..

B) Il ferme les yeux : plusieurs options sont possibles,

1) soit vous étiez en train de lui parler et il s’est endormi avant la fin,

2) soit vous étiez en train de lui parler et il en a marre, il fait semblant de dormir (bon, le résultat est le même),

3) soit vos paroles le bercent mais ne vous faites pas trop d’illusions c’est tout à fait exceptionnel !

C) Ses yeux s’assombrissent comme un ciel d’orage : là encore vous avez plusieurs options,

1) soit vous vous êtes (malencontreusement) glissée dans le champ de vision entre lui et le match de foot à la télé.

2) soit il est tombé par hasard sur la facture d’une robe absolument a-do-ra-ble, mais comme chacun sait, c’est une dépense inutile ! aussi absurde que de racheter une machine à laver alors que l‘autre fonctionne très bien !! (même si vous êtes à éponger à quatre pattes tous les jours que Dieu fait et qu‘elle redémarre nickel quand on lui file un grand coup de pied dedans !)

Bref.

Passons.

3- le langage des oreilles

"Chéri, tu sors la poubelle ?"

"Chéri, tu changes le petit ?"

Ni la poubelle ni le petit n’ayant jamais bougé (en tout cas entre ses mains) on peut se demander si l’homme n’a pas un problème d‘ouïe. En fait, ses oreilles fonctionnent comme ses yeux (voir plus haut) : il entend très bien, seulement il a une écoute extrêmement sélective.

Pour tout dire, il entend surtout ce qu’il ne devrait pas entendre.

Et non seulement il l’entend, mais il le comprend (mal).

C’est ainsi que vos amies Dominique, Julia et Diane sont devenues "Dom, Jules, Yann, d’où tu sors tous ces mecs, hein ?????????"

4- le langage du corps

C’est un langage qu’il est essentiel de bien capter pour rester en phase avec son homme là où il n’y a pas de paroles.

C’est ainsi que l’on sait qu’il va bien lorsque :

- il s’intéresse aux programmes télé;

- il a bon appétit, avale nickel sa portion de frites, demande où sont passés les chocolats;

- il pousse des cris inarticulés en regardant le foot, se crispe sur le bras du fauteuil, se tape le front en grommelant (limite inaudible) : "C‘est pas possib !"

Par contre, il faut vous inquiéter si :

- son visage est gris;

- il est tassé sur le fauteuil, limite dans le coma (vous avez l’impression de voir votre ado);

- il aime son chef (symptôme grave);

- il ne sait pas où est la télécommande et il s’en fout (symptôme très grave);

- il noie son chagrin dans les pâtisseries (ce qui prouve tout de même que l’homme est humain, comme nous).

Alors Mesdames, est-ce que ça ne vaut pas le coup qu'on fasse un petit effort pour nous mettre à sa portée ?

 

26 mars 2007

25 septembre 2012

Du rire aux larmes

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"Arrête de pleurer comme une madeleine!"

Qu’est-ce que j’ai pu l’entendre, cette expression !

Ça a commencé lorsque j’étais toute petite. A vrai dire, on était une famille de joyeux fêtards. Mais les jours de fête seulement. Ces jours-là, éclater de rire était toléré et même recommandé, et on s’en donnait à cœur joie, croyez-moi. Le problème c’est que moi je ne peux jamais m’arrêter. Or, rire c’est bruyant. Surtout le mien. Et quand je suis avec ma sœur, n’en parlons pas. C’est peut être pour ça que je me suis mise à pleurer ? En plus j’ai drôlement de la chance parce que, à ce qu’on dit, pleurer c’est un truc de filles, c’est inscrit dans nos gênes comme la satisfaction du ménage bien fait et la recette du bœuf miroton. Faut dire qu’on est si fragiles et si faibles... Pourtant, c’est pas parce que je suis une fille que je pleure. C’est parce que je suis une fille émotive.

C’est pas pareil !!!!

Et plus je vieillis, plus je pleure. Par exemple, j’ai pleuré quand j’ai appris que j’allais être grand-mère pour la première fois. C’est vous dire si je pleure !! Oui, parce qu’en fait, on ne pleure pas forcément parce qu’on est triste ! C’est ça le truc ! On pleure aussi parfois parce qu’on est heureux !!!!

Bien que ce ne soit pas un truc de mecs (forcément, puisque c‘est un truc de filles), je connais aussi des hommes qui pleurent. Damned ! Là où les femmes ont le droit, et même le devoir, d’être sensible et de poser nue pour une marque de lessive, on refuse à l’homme la possibilité de se montrer tel qu’en lui-même : abrupt, puéril et victime de ses émotions et de ses penchants pervers pulsions. Pourtant si ça ne tenait qu’à lui, il se laisserait aller, boudi ! Il arrêterait de se raser, il se moucherait dans les rideaux et courrait draguer la petite du second (celle avec les gros seins). Mais c’est impossible. La société est là, tout autour, qui veille. Les femmes surtout. Elles épient. C’est ainsi. Il faut le savoir. Non pas que les hommes aient peur des femmes.. Ahahahhahaha n’importe quoi ! Elles sont tellement gentilles, avec leurs ongles incarnat et leurs lèvres pulpeuses prêtes à dévorer. En plus elles sont beaucoup, beaucoup, plein, beaucoup plusssss que les hommes ! ahahahahah vous êtes foutus ! (partez pas, c’est une blague ..).

En réalité, les hommes n’ont pas peur des femmes. Et ceci pour une raison fort simple : ils sont aussi des femmes. Eh oui. Vous êtes comme moi, estomaqués, hein ??? Mais on ne peut pas lutter contre la Science. Car c’est prouvé : les hommes qui malgré tout, sont des êtres humains comme nous, ont une part masculine mais aussi une part féminine !!! Dingue, non ?? Après on va s’étonner que, refoulant leurs penchants naturels, écartelés entre leurs incomparables instincts, obligés de retenir leur part de féminité, les hommes marchent à côté de leurs pompes.

Bon, pour conclure mon exposé, je vais finir sur un truc hyper triste.

Quand j’étais petite, j’étais amoureuse de mon cousin,

DRAL 1

qui au début me le rendait bien.

DRAL 2

Regardez comme il me faisait un gros câlin (si j’ai le visage un peu gris, c’est qu’il me serrait un peu trop fort le kiki.)

On s’est aimés longtemps. Las ! un jour, ses regards se sont tournés vers le lointain horizon truffé de femmes. Or, vous savez comment sont les hommes (oui, parce que mon cousin est un homme !).

Et c’est comme ça qu’il en a épousé une autre, me broyant le coeur en mille morceaux.

Snif sniiiiiiffff snif !!

24 septembre 2012

Au commencement

 

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Au commencement fut l’accouchement. Difficile, aux dires de ma mère. C‘est bien simple, je ne voulais pas sortir (à mon avis, je pressentais ce qui m’attendait dehors) si bien que quand je me suis pointée, au bout de trois jours, j’avais le crâne en forme de pain de sucre et les yeux complètement bridés.

P’tite chinoise, qu’on m’appelait.

Pour les yeux, ça s’est un peu arrangé, quant au crâne, la remise en place a dû griller quelques neurones au passage ..

A part ma famille, qui me fut imposée alors que j’étais trop jeune pour donner mon avis (les familles, c’est comme les hommes : les meilleures sont déjà prises), ma plus lointaine connaissance est Jean-Paul. On avait emménagé dans le même immeuble pour notre troisième anniversaire. Jean-Paul était blond, calme et doux, avare de ses mots et moi déjà très démonstrative et très curieuse.

C’est comme ça que j’ai su très jeune que les enfants s’achètent en magasin. Il arrive que le lot de garçons (spécimen très recherché) soit épuisé, auquel cas on se retrouve avec une fille. Cette cruauté qui par deux fois avait atteint mes parents m’avaient navrée une partie de mon enfance, jusqu’au jour où Jean-Paul s’était mis en tête de m’expliquer comment ses parents avaient réussi à avoir deux garçons. Ma mère en effet, en voulant me préserver de risques que je ne soupçonnais même pas, avait sans le savoir fait de moi une bien naïve fillette que Jean-Paul emmenait parfois dans la pénombre des caves de notre immeuble. Sous des prétextes divers, aussi saugrenus que la chaleur en plein mois de décembre ou le fait que puisque j’avais une culotte je pouvais bien enlever ma jupe, je le laissais donc feuilleter la dentelle bruissante de mon panty. Jean-Paul faisait preuve d’une patience quasi admirable, au point que je me demande encore aujourd’hui comment il se fait qu’il n’ait pas obtenu ce que je suppute qu’il cherchait. Sa stratégie consistait à mimer la plus inoffensive tendresse, d’autant plus innocente et spontanée que nous nous connaissions depuis toujours et qu’il nous semblait que nous étions comme frère et sœur. Je ne me méfiais donc guère de son bras lorsqu’il se resserrait sur mes épaules dans une étreinte doucereuse et rassurante, ni de sa main lorsqu’elle s’embusquait sur ma taille qu’elle charmait de petites caresses qui me faisaient onduler de frissons. Pendant ce temps, au bout de l’autre bras, la deuxième main prenait des libertés, étirait des doigts bouleversés jusqu’à l’entrejambe de ma culotte. Je ne m’en offusquais guère, toute au plaisir que j’étais des doigts abandonnés et bêtes sur le bas de mes reins, autant que curieuse moi aussi de découvrir le bas de son ventre sans pourtant oser quoi que ce fût. Je n’éprouvais pas alors de désir, je ne l’ai découvert que beaucoup plus tard, je ne ressentais que le plaisir enfantin d’être recouverte des soupirs chauds et des paumes moites de celui qui m’enlaçait.

Pour nos quinze ans, le hasard voulut que nos parents déménagent en même temps chacun de leur côté, comme ils l’avaient fait pour emménager.

Lorsque nous nous sommes revus quelques années plus tard (le hasard - encore lui - avait fait emménager la famille de Jean-Paul pas loin de l’école normale où j’étais) nous avons évoqué, du bout des mots il est vrai, ces embuscades clandestines dans la cave. J’avais été fort étonnée d’apprendre à quel point les phalanges de Jean-Paul s’étaient émerveillées au rythme de la progression de leur reptation sur mon corps, et encore plus qu‘elles ne l‘avaient jamais mené au cœur du mystère qu’il convoitait et dont je n’avais alors même pas idée ..

Ben oui. Parce que mon truc à moi, mon unique passion, déjà, c’était l’écriture. C’était mon Noël,  mon Amérique à moi, même qu‘elle était trop bien pour moi.

J’ai toujours aimé les crayons, les papiers, l’odeur particulière des cahiers neufs. Je pouvais y consigner tout ce que je ressentais sans subir de représailles : raconter les pires secrets en restant muette, rire sans faire de bruit, pleurer des larmes d’encre, crier sans dire un mot .. Oui, l’écriture me rendait magicienne !! J‘étais la maîtrèèèèèèsse du monde !!!

Oups.

Pardon.

Qu’est-ce que je disais ? Ah oui. L’écriture.

Dès le plus jeune âge, je griffonnais vaillamment sur tout ce qui me tombait sous la main, murs, portes, etc.. et comme j’ai l’immense privilège d’avoir un esprit extrêmement vif - je suis d’ascendance suisse, et belge, je vous rappelle – je n’ai jamais manqué d’idées.

Vers mes dix ans, j’ai eu la première des grandes illuminations qui ont jalonné ma vie : pourquoi ne pas mettre mon amour du gribouillage au service d’une grande cause ? et je décidai de me lancer dans ma généalogie. Mais par où commencer ? GASP. Même avec un cerveau surdimensionné comme le mien, la tâche semblait ardue. Puis je me suis souvenue d’un truc que disaient mes copines qui allaient au catéchisme : Adam, notre père à tous. Parfait. Puisqu’on descend tous d’Adam et d’Eve, je vais me trouver une Bible et me descendre tout ça depuis Adam : facile. Facile de chez facile.

Et j’ai commencé à recopier la descendance d’Adam (une bagatelle) : Eve conçut Caïn, Caïn enfanta Hénock, Cham engendra Kusch ...au bout de trois jours je n’en étais qu’à la page 29.. Pffffff !!!

Et si je commençais par le milieu ???? C’est comme ça que je découvris l’histoire de Jésus qui était né d’une vierge. Bien que très peu au fait de ce genre de situation, je me rendis assez vite compte que cela restait tout à fait exceptionnel (du coup, y avait un sérieux trou dans la généalogie). Arrivée à la page 1857 mon cahier était noirci d’annotations mais je n’avais toujours pas vu apparaître mon nom de famille.

Et c’est comme ça que je me résolus à aller interroger mes grands-mères..

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23 septembre 2012

Si petites

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Toute ma vie, j’ai foiré mes histoires d'amour parce que je 'cherchais' mes parents dans les hommes que j’ai rencontrés.

Je vais être plus précise : ce ne sont pas mes parents que je cherchais, mais tout ce que je voyais en eux de plus douloureux, de plus toxique. J’ai cherché l’indifférence de ma mère, la froideur glaciale de mon père. Et pourtant ! si vous aviez connu mes parents ! jamais vous n’auriez utilisé ces qualificatifs pour les décrire. Mes parents aimaient profondément la vie, et ils m’ont d’ailleurs communiqué cet amour. C’est à eux que je dois ma passion pour la mer, pour le sable doux et chaud, c'est grâce à eux que je m'émerveille de la luminosité d'un ciel bleu, que j'aime toucher les arbres et sentir les fleurs, nous partions tous les étés dans des pays merveilleux comme l’Italie ou la Grèce mais aussi souvent les fins de semaine en pleine nature ou nous balader en forêt. Mes parents aimaient aussi réunir ceux qu’ils aimaient, notre famille. Si ma marraine avait une maison (construite et agrandie au fil des années par mon oncle lui-même), mes parents, eux, n’avaient qu’un petit appartement avec une seule chambre dans lequel on vivait à cinq, mais ça ne les a jamais empêchés de recevoir les sœurs, les cousins, les oncles et tantes, les parents, et qu'on se retrouve je ne sais pas comment à un million. Il n’était pas rare que ma mère et ma marraine qui étaient sœurs invitent chacune la belle-famille de l’autre, car quand yen a pour dix, yen a pour vingt !! On faisait des tables de fortune, on poussait les murs, on mangeait à la bonne franquette. Enfin même pas ! car maman était une excellente cuisinière. Elle faisait du tout avec du rien. Elle nous gavait comme des oies. En fait, elle nous donnait à outrance ce qu’elle savait faire. C’était sa générosité. Comment ai-je pu entretenir si longtemps la croyance qu’elle ne nous aimait pas ? aurais-je fait mieux et plus à sa place ? qui peut prétendre valoir mieux que qui que ce soit ?

Mon père nous filait des baffes, c’est vrai, et nous étions si petites. C'est la seule manière qu’il a trouvée pour nous apprendre à être forte et à ne compter que sur soi. Il voulait le meilleur pour ses filles et la vie lui avait appris qu’on n’est jamais si bien servis que par soi-même. Est-ce de sa faute si j’en ai fait tout un fromage ? m’a-t-il violée ? enfermée dans un placard ? comme maman il m’a donné tout ce qu’il avait, tout ce qu’il savait.

Alors qu’est-ce qui a bien pu me pousser à chercher des trucs et des machins, quel est ce besoin masochiste qui m’imbibait comme un baba ? comment ai-je pu occulter toutes les autres choses qu’ils nous ont apprises, le bonheur d’être ensemble, tous les éclats de rire, la danse, mon Dieu la danse.. mon père dansait divinement bien. Il fermait les yeux, complètement transporté. Un homme qui aime autant la musique peut-il être aussi nocif que je me le suis répété à longueur de vie ?

21 septembre 2012

Richesse intérieure

J'adooooore les hommes qui ont plein de poils sur la poitrine !!!!

Mon fils en est largement pourvu (on se demande bien comment, vu l'imberbité de son ascendance mâle), et je lui faisais remarquer qu'on prétend qu'avoir beaucoup de poils sur le torse est un signe de richesse.

 

'C'est clair !!!!' qu'il me fait,
 
j'ai une grande richesse intérieure !!!!!!!
 

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19 septembre 2012

ἐλπίς

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Il était une fois au IIe siècle de notre ère une femme très pieuse qui habitait loin, très loin, dans cette partie du monde que les Romains appelaient l’Asie Mineure et qui comprenait entre autre une contrée qui a émerveillé ma jeunesse : la Grèce.

Sophia (c’était le nom de cette femme) se vouait corps et âme au Seigneur Jésus-Christ, si bien qu’un jour, tous ses efforts portèrent leurs fruits sous la forme d’une première fille qu’elle appela Pistis (la foi). Comme elle était très pieuse, elle refit quelques exercices qui lui donnèrent encore Elpis (l’espérance) et Agapis (l’amour).

Sa vertu et sa dévotion étaient vantées à travers tout le monde romain et un jour, cela arriva aux oreilles de l’empereur Hadrien qui se languissait dans son palais en mâchouillant des petits lézards rôtis. Il lui prit alors l’idée de vérifier par lui-même l’étendue de la sagesse de Sophia et fit ordonner qu’on la fasse venir avec ses filles.

Lorsqu’elles se retrouvèrent devant lui, il fut direct atomisé par leur beauté piété, et se dit que si le ramage des filles se rapportait au plumage de la mère, il ne s'ennuierait plus jamais l'hiver. Il proposa donc à Sophia de lui confier les petites qui avaient respectivement 8, 10 et 11 ans.

Bien que fort pieuse, Sophia n’était pas complètement idiote et elle retourna son nez, qu’elle avait aussi grec que celui de Cléopâtre.

Ce qui contraria méchamment Hadrien.

Qu’avait-il bien pu dire ???? se demanda-t-il en essuyant la bave qui lui coulait sur le menton.

Meurtri par le refus de Sophia, il fit capturer les trois fillettes dans l’espoir insensé qu’elles lui donnent ce que leur mère venait de refuser.

Pas de bol, les gamines avaient le caractère de cochon de leur mère. Hadrien décida que ça n’allait pas se passer comme ça et il ordonna à trente-six de ses soldats de faire fouetter Pistis (pourquoi trente-six ? ben pour qu'ils se relayent, tiens !) qui ensuite lui arrachèrent les seins. Après quoi on la colla sur le gril, mais trop d’la balle, Pistis ne sentait rien vu que c’était une sainte, alors ils la plongèrent dans une chaudière pleine d’huile bouillante, mais comme ça ne lui faisait toujours rien, dégoûtés, ils furent obligés de l’achever en la décapitant.

Pistis les avait tellement contrariés que pour Elpis, ils se contentèrent de la jeter dans de la résine bouillante puis de la décapiter. A quoi ça servait qu’ils se décarcassent hein, on se demande, pour ce qu’ils en avaient comme retour ?

Quand vint enfin le tour d’Agapis, les soldats avaient repris des forces et eurent l’idée géniale de lui disloquer les membres en la frappant à coups de bâtons, idée qui a largement fait le tour du monde depuis.

C’est comme ça qu’en ces temps anciens, de pauvres soldats innocents furent obligés de se farcir des trucs qu'ils n'avaient pas du tout envie de faire. Et après on va s’étonner que plus personne veut s’engager !!!

 

PS les mésaventures de l’empereur Hadrien ont fait le tour du monde antique et nous sont parvenues avec les noms slaves des protagonistes, à savoir Sonia pour la mère, et Véra, Nadejda et Liubba pour les trois fillettes.

18 septembre 2012

Cri du coeur

Mon fils, hier soir...

Mais demain c'est la St Fa-on * !!!!!!

Qu'est-ce tu veux pour ta fête M'man ??

"La cuisine pour les nuls" ????

 

pour mesurer à sa juste valeur la haute portée humoristique de cette réflexion, veuillez vous transporter ici ==> CLIC !

 

Marc

tronche de mon neveu après qu'il ait mangé pour la première fois à la maison

 JB

celle de mon fils

en fait, il s'en est aperçu très précocement,

la preuve :

JB Gard

il a décidé très vite d'assurer lui-même la bouffe !

 JB livre

après s'être renseigné avec les moyens mis à sa disposition ..

 

Oh et pis flûte hein !!!!!!!!!!

 Comme j'dis toujours,

 

on peut pas être performante en tout !!!!!!!!

 

10 septembre 2012

Je les remets au vent

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Mon fils, hier soir : "Papy et mamy ne s’aimaient pas, n’est-ce pas ?"

Et moi de le regarder avec des points d’interrogation plein les yeux : "Mais si, mes parents s’aimaient ! qu’est-ce qui te fait penser une telle chose ?"

"Mamy disait toujours un tas de trucs contre les hommes !"

Alors moi : "Mais c’était une boutade !"

Et de lui raconter ...

Tu sais, dans les années 60, le père était chef de famille, il ramenait la paie et à ce titre avait droit à moult égards, ma maman tenait la maison (très bien), repassait les chemises, préparait à manger (très bien et trop : ma sœur et moi on était énormes) (enfin surtout moi). Cette situation était normale, chacun avait son rôle et on ne remettait pas ces choses en question.

Mamy néanmoins souffrait de la dépendance financière qu’elle avait à son mari. A cette époque, la carte bleue n’existait pas, et Papy remettait une somme d’argent chaque semaine à Mamy pour faire les courses et il lui fallait faire avec .. heureusement que les parents de mon père étaient là, mon grand-père était menuisier, ma grand-mère teinturière, elle avait son commerce qui marchait bien et combien de fois elle a dépanné maman pour les courses, mes grands-parents avaient le cœur sur la main et pour ça, malgré des débuts houleux entre ma mère et sa belle-mère, la première n’a jamais oublié ce que la seconde a fait pour elle.

Puis il y a eu 68 qui a tout chamboulé. Pour commencer, Maman a passé son permis de conduire !!! bon, ce n’est pas pour autant qu’elle a pu conduire tout de suite, mon père n'avait sans doute pas assez confiance pour lui confier sa voiture, à moins que ça touchait à sa "virilité" ? ;-)

Bref.. petit à petit, maman a grignoté de l’autonomie, faisant ressortir alors sa nature Scorpion (clin d’œil à Reynald).

Il faut que je te précise qu'alors les femmes étaient considérées comme des "mineures" sous tutelle, même après 21 ans (âge légal de la majorité jusqu'en 1975). Elles n'avaient pas le droit de travailler si leur père ou leur époux s'y opposait. Si leur "tuteur mâle" leur accordait ce droit, pas question qu'elles puissent gérer les ressources financières qu'elles en retiraient : aucune banque ne leur ouvrait un compte à leur nom et prénom. Après 68, mon père a autorisé ma mère à s'ouvrir un compte mais je me rappelle que son chéquier était au nom de Madame (nom et prénom de mon père).

Mai 68 a entraîné une certaine libération des femmes. Dans les années 1970, maman a commencé à prendre la pilule (contraceptive), c’était une merveille qu’on ne peut même pas imaginer aujourd’hui !!!

Bref, tout cela pour te dire qu’à cette période, Mamy a commencé à dire et à faire des choses qu’elle ne s’était jamais autorisées à dire et faire avant, donnant aux conversations de nos réunions de famille des allures d’affrontements, même si dans la réalité cela ne changeait rien : maman continuait à faire le ménage, repasser les chemises et papa à travailler à l’extérieur. Ils s’aimaient, ça c’est sûr, même s’ils ne se parlaient pas (ça ne se faisait pas à cette époque).

 

Lettre à mon mari que j’aime

Pour la première fois depuis ta disparition, je range ton petit coin de chambre et je pleure. Tu me manques terriblement et je ne t’ai pas assez dit combien je t’aimais. Chaque coin de cette maison déserte me rappelle ta présence. C’est vrai que la vie de celui qui reste est un enfer. Je te parle et j’espère que tu m’entends.

Tu me disais un soir <j’ai peur> je t’ai tenu dans mes bras toute la nuit en te disant, tant que je suis là tu n’as rien à craindre. Nous étions trempés tous les deux tant tu transpirais. Nous n’avions pas la parole facile et je regrette terriblement de n’avoir pas été à tes côtés en ces derniers instants. Tes yeux ce soir-là le 24/9 à 21h me disaient tu ne me reverras pas.

Depuis le 25/9 je suis bloquée, enfermée dans ma carapace. J’étouffe et ma gorge se noue par des nœuds. Pourquoi ? pour être brave devant mes enfants, Nadège m’a beaucoup aidée, je ne sais pas si elle en est consciente mais je le pense.

Aujourd’hui je ne suis pas bien car je range un peu et je découvre que tu avais conscience que tu ne reviendrais pas. Tous les petits papiers que je trouve me le disent.

Avons-nous assez parlé ?

C’est trop tard et je suis seule.

 

Voilà Maman, tu n’es plus bloquée. Tu m’as laissé ce mot, intentionnellement ou non, comme toutes les autres lettres "que tu voulais que je prenne après ta mort", pour que je te libère de ce poids qui t’étouffe.

Tes mots, Maman, c’est toute la tendresse de notre passé, tout l'amour qu'on ne s'est pas dit.

Tes mots, Maman, je les remets au vent.

 

P1020269rr

9 septembre 2012

Petit faron

Depuis quelques jours, mon fils m'appelle "petit faron". Je trouvais ça mignon, même si je ne comprenais pas trop ce que ça voulait dire, jusqu'à ce qu'hier ..

"Ouaich Môman, pourquoi tu m'as pas dit que le petit de la biche c'est un fa-on, pas un faron ???!!!!"

 

faon10

8 septembre 2012

De très loin

vent

Après la mort de ma mère, j'ai traversé une période où j’ai revécu toute mon enfance en rêve. Bilan, je passais toutes mes nuits en larmes, avec la trouille au ventre. Cette plaisanterie a duré environ deux ans.

J’ai toujours mis la douceur plus haut que tout. J'étais une petite fille douce et câline, et cette petite fille qui croit que la douceur c’est toute la vie, elle n’a jamais grandi. Chaque fois que j’ai aimé, au nom de cette è-('è_çè(hgjd de douceur j’imaginais toujours qu'en étant douce tout se passerait toujours bien. Tiens chéri, prends le pouvoir ! prends, CADEAU ! prends tout ! sers-toi !!! j’ai adhéré aux suspicions, intrusions, manipulations, harcèlements, aux rondes des surveillances, interrogatoires, culpabilisations, justifications, justifier tout, même s’il n’y avait rien à justifier. Jusqu’à mes pensées, "À quoi tu penses? À qui tu penses ? ". Je n’existais pas, la relation exclusive prenait toute la place, voilà, exactement comme quand j’étais petite. C’était confortable, au moins un terrain connu ! rentrer dans ce jeu me permettait de ne pas assumer ce que j’avais envie, ou peur, de vivre. En fait, j’ai toujours dit que "l’homme" ne me parlait pas, ou qu’il me parlait "trop" (ce qui revient tout à fait au même) mais moi non plus je ne lui parlais pas. Parce que je me sentais petite, parce que j‘avais peur, peur qu’il crie, qu’il juge, qu’il interprète, qu’il se mette dans des colères terribles .. les mêmes que celles de mon père.

En fait, je n'ai jamais eu de communication avec un homme dans le cadre d'une relation dite amoureuse. La "communication" était à sens unique, le sien, c’est en tout cas ce que je me suis dit très longtemps, jusqu’à ce que je réalise qu’en réalité, il y avait son sens à lui, l’exclusif, mais il y avait aussi mon sens à moi, l’exclusée. Car j’aimais ça avant, être "à lui", complètement "à lui". Ca m’enveloppait, je retrouvais la relation à mon père qui contrôlait tout..

Un jour, c’était il y a longtemps, 20 ans peut-être, j’ai poussé un cri, un long cri, un cri d’animal. Je me rappelle j’étais dans ma chambre et la fenêtre était ouverte. Je ne sais pas le temps qu'a duré ce cri, je sais seulement qu'il venait de très loin, de très profond. Rétrospectivement je me demande ce qu’ont bien pu penser les voisins, sûrement que j’avais mal, mais en même temps c’était ça, j’avais mal et aucun mot à ma diposition pour dire de quoi.

Aujourd’hui, on entend beaucoup parler de la seule fidélité qu’on se doit et qui est la fidélité à soi-même. C’est une belle phrase même si je ne sais pas trop ce qu’elle veut dire. Mais ça a l’air sympa, et puis ça doit être drôlement reposant d’être fidèle à soi.

En même temps, c’est un peu tristoune. Quand on est fidèle à soi c’est qu’on ne peut pas s’offrir le luxe d’être fidèle à un autre.

Un lot de consolation, en quelque sorte.

6 septembre 2012

Nââândé !

97828411Encore un livre emprunté à la biblio. Celui-ci relate ce que peut ressentir la Japonaise qu'est l'auteure vis-à-vis de l'attitude des Parisiens. J'y ai appris par exemple que les grèves au Japon se déroulent de la manière suivante : elles se pratiquent de 5 à 7 heures du matin, dans le plus bel ordre et le plus grand silence, de manière à ne pas déranger les gens qui dorment. La grève se poursuit dans la journée avec simplement le fait que les grévistes portent un brassard noir tandis qu'à 7 heures du matin le trafic a repris pour ne pas perturber les usagers. L'histoire ne dit pas si les grévistes obtiennent satisfaction !

L'anecdote chez le médecin aussi n'est pas mal. Outre le fait qu'une Japonaise ne se fera jamais examiner toute nue (quelle offense ! on lui propose une blouse, un peu comme ce qu'on a dans nos hôpitaux. Chez le gynéco, il y a carrément un espèce de "paravent" de manière que le spécialiste ne puisse voir que la partie du corps à examiner), la visite chez le médecin au Japon ressemble assez à un thé entre amis. Abondance de formules de politesse, le patient est reçu par une infirmière affable et le médecin est à l'heure. Lors de la consultation, il ne reçoit pas sa patiente avec un cavalier "A nous !" alors qu'ils ne se sont jamais vus. Il ne répond pas au téléphone sans même s'excuser, au contraire, il est tout entier à l'écoute de son patient. 

Bon, je ne vais pas tout vous raconter, pour ne pas gâcher le plaisir de celles et ceux qui seraient tentés par la lecture de cet ouvrage. J'ajouterai juste qu'il en ressort quelque chose de flagrant : il semblerait bien que pour les Asiatiques, les notions de sens civique et de respect soient bien différentes de celles que l'on pratique ici !!!

4 septembre 2012

Service secret

Aujourd'hui, c'était la rentrée scolaire, et à la piscine ça s'est vu,

carrément !!!

P1020267

vous avez vu ce bassin merveilleusement pas encombré,

rien que pour moi ????

(d'ailleurs le maître-nageur - rien que pour moi aussi - s'est approché en fronçant les sourcils d'un air soupçonneux : "Alors comme ça, vous photographiez le bassin ... c'est louche, ça, c'est pour quoi faire ??? hmmm ???? faites partie des services sanitaires ? des services sociaux ? des services secrets ?")

P1020266

z'avez vu cette merveille ? c'est-y pas le paradis sur terre ?? bon, allez,

 plouuuuuuuuuuuuufffffffff !!!!

emoticone piscine

4 septembre 2012

Suprière

Les amis,

Lors d’un sondage que j’ai fait auprès de vous il y a peu, l’idée générale qui en est ressortie est que je suis sensée mettre sur mon blog les trucs que j’ai envie d’y mettre. Seulement voilà, j’ai un gros problème : je ne suis pas toujours de mon avis.

Je vous explique : au début, rappelez-vous, vous veniez sur mon blog dans le but unique de vous fendre la pêche et de me secouer pour faire remonter la pulpe.  

Puis il y a eu tous ces trucs dans ma vie (vous savez, les trucs qui rendent plus fort quant ils ne vous tuent pas) et mon humour s’est fait la malle. Il me manque, bouuuuuuuuuh !! qu’il me manque !!!!!! vous comprenez (tremolos in ze voice), mon humour, c’était le pilier de mon édifice, la charpente de ma maison, la cloche de mon Église !!!!!! l’humour de my life, quoi !!!!!!!

Qu’est-ce que je vais devenir, maintenant, sans lui ?????????

Je vous en supprie mon Dieu (parfaitement, je le supprie !!), je vous en supprie mon Dieu, dites-lui de reveniiiiiiiiiiiiiiiiiir !!!!!!!!!!!!!!!

pleure

2 septembre 2012

L'union furtive

mossos

 

Imaginez un monde où les femmes seraient "chef de famille". Imaginez un monde où, plus précisément, ce sont les femmes les plus âgées, toutes de velours foncé vêtues, qui seraient les plus puissantes dans la communauté. Le clan se choisirait une matriarche qui s'occuperait de la maison, des champs, des animaux et de la nourriture domestique. Tout passerait par ses mains : les récoltes, les cueillettes, les produits de la pêche et de la chasse, l'argent gagné par les hommes. Oui, dans ce monde, les mères seraient les piliers de la société. Seule leur ascendance serait prise en compte, la transmission du nom et des biens seraient exclusivement féminine.

Cela commencerait à treize ans, après un rite d’initiation qui donnerait aux filles, avec leur âme réincarnée ainsi qu’un nouveau nom, la possibilité d’être considérées comme membres à part entière du clan. Elles entreraient en possession de la clef de leur chambre. Leurs amoureux les y retrouveraient discrètement le soir, les quitteraient à l'aube pour retourner chez leur mère car ce ne serait pas à eux d’élever les enfants issus de leurs amours. Les filles pratiqueraient donc l'union furtive et ne s’attacheraient pas aux hommes ! du reste, l’amant trop insistant serait chassé ! Les liaisons se noueraient et se dénoueraient sans contraintes sociales, sans mariage et naturellement sans infidélité, puisque ce système exclurait si radicalement la possession que la jalousie en deviendrait honteuse. Les femmes expliqueraient en riant que les hommes dans la journée doivent se reposer pour être plus vaillants dans leur lit la nuit durant. Elles aimeraient ce mode de vie car elles ne vivraient avec leur compagnon que des moments d'amour et de sentiments partagés sans que les questions pratiques ne s'immiscent dans la relation. Les aspects matériels, les questions de propriété, les aspects de l'éducation des enfants, tous les sujets dont débattent nécessairement les couples qui vivent ensemble, n'auraient aucune importance.

Eh bien voyez-vous, ce monde existe : non loin du Tibet, la tribu des Mossos perpétue, depuis 1500 ans, cette tradition singulière.. pas de relations amoureuses "cadrées", pas de mariages arrangés ou forcés (en fait, pas de mariage du tout !), pas d’attente particulière, comme celle typiquement occidentale que l'autre doit tout combler en nous. Un homme se languit d’une femme ? il va la voir et puis voilà. Il est même recommandé qu’il ait plusieurs compagnes (toujours dans le but de ne pas s’attacher), et les femmes elles aussi choisissent leurs amoureux, les filles les plus belles peuvent en avoir jusqu’à trois cent ! ça fait rêver !!

D’où la réflexion que je me fais : nos désirs, nos attentes par rapport à l’autre, les sentiments que nous éprouvons (jalousie, possessivité) ne seraient-ils pas entièrement conditionnés par notre environnement ??

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