Canalblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
le blog de Ambreneige
Publicité
24 février 2011

Super svelte

Comme ma fille il y a peu se désolait de ses lacunes en Histoire de France, j'ai commencé à lui écrire des petits cours .. Voici un des premiers. 

Nos ancêtres les Gaulois n'avaient peur que d’une chose : que le ciel leur tombe sur la tête. Finalement ce sont les Romains qui leur sont tombés dessus, à une période où Lutecia, comme l’appelait Jules, n’était encore qu’une île reliée par deux vétustes ponts de bois, habitée par une modeste peuplade de Gaulois celtes, lesquels, ormis leur jeu préféré qui consistait à se massacrer entre eux, vivaient du fleuve. C’est d'ailleurs pour ça qu’ils s'appelaient les Parisii, qui veut dire pêcheurs en gaulois (du reste, c’est ce nom qui restera à notre capitale, ainsi que le bateau dans les armes de la ville et la devise "Fluctuat nec mergitur" ..).

En trois siècles, les Romains vont y construire des marchés, des temples, des ponts plus solides et des rues bien droites, tracées selon un quadrillage conforme aux règles de l'urbanisme militaire en vigueur dans les camps romains, effaçant toute trace de l‘îlot que fut notre capitale à leur arrivée en Gaule..

En l’an 451 de notre ère, Attila, saisi d'un brusque désir de tourisme dynamique, rapplique de sa Tartarie natale avec ses hordes, passe le Rhin, met tout à feu et à sang dans les provinces du Nord et marche droit sur la vallée de la Sequana (Seine).

Panique générale chez les Parisii ! Heureusement, Geneviève est là !!

Mais qui est Geneviève ?

Eh bien c'est une jeune fille de vingt-huit ans, pas encore sainte, mais déjà très pieuse. En effet, dès l’âge de sept ans elle se fait remarquer par Germain, l'évêque d'Auxerre qui, la trouvant en prière dans l'église de Nanterre (ville où elle est née), pose ses mains sur la petite et déclare : 

"Ne la contrariez pas, car, ou je me trompe bien, ou cette enfant sera grande devant Dieu."

Tellement grande devant Dieu qu’à quinze ans, Geneviève prend le voile des vierges. À l'époque, les monastères de femmes n’existent pas, et celles qui souhaitent se consacrer au Seigneur continuent à vivre dans le monde, simplement distinguées par le voile de leur consécration.

C’est ce qui se passe pour Geneviève qui, à la mort de ses parents, vient habiter à Lutecia chez sa marraine. Geneviève vit de silence, de prière et de mortification, ne se nourrissant que deux fois par semaine (raison pour laquelle elle est super svelte, d‘après les quelques témoignages en notre possession).

Mais revenons à nos Huns, ou plutôt à nos Parisii. S'ils n'avaient peur que d'une chose (que le ciel leur tombe sur la tête), ils voyaient néanmoins avec un enthousiasme plus que mitigé le désherbage prématuré de la région. C'est pour ça qu'à cette annonce ils n'ont qu'une hâte : déguerpir au plus vite.

C'est là que Geneviève s'exclame :

"Ne partez pas !!! Lutecia est protégée par le Christ et échappera au carnage !".

Tu parles !! les hommes sont terrorisés (n'oublions pas que ce ne sont que des hommes ..). Ils restent sur leur idée : prendre courageusement leurs jambes à leur cou - non sans avoir au préalable jeté dans la Sequana cette espèce de folle qui leur suggère de rester pour se faire massacrer (ils veulent, par précaution, la lapider avant).

Geneviève alors se tourne vers les femmes qui comme toujours, sont les seules à pas paniquer pour trois fois rien, et avec elles s'en vient prier dans une église (église qui, entre parenthèses, était située à l'endroit où se dresse l'actuelle Notre-Dame !).

Sur ces entrefaites, surgit l'archidiacre d’Auxerre qui clame de sa virile voix :

"Parisii !! celle que vous voulez tuer est une sainte ! Obéissez-lui !"

Une sainte ??

Veni vedi sainti ??

Du coup, les mâles Parisii ne savent plus que faire. Vaquer ? Lapider ?? Big dilemme. Finalement, ils se disent que l’archidiacre est aussi un homme, comme eux, et décident donc de lui faire confiance et d’attendre l’arrivée d’Attila ..

Qui n’a pas lieu, comme l’a prédit Geneviève. En effet, piqué par on ne sait quelle mouche, le célèbre Tartare, suivi de sa meute, se détourne brusquement de Lutecia pour aller désherber Cenabum (Orléans) qu'il assiège (finalement, les Huns seront repoussés et vaincus lors d‘une bataille à grand spectacle, avec des fleuves de sang, aux Champs Catalauniques) (ce qui prouve que la civilisation triomphe toujours).

Hourra!!! Hourra !!!! hurlent les Parisii comme si c’était eux qui avaient fait tout le boulot.

Et ils proclament Geneviève leur sainte patronne, oubliant complètement que trois secondes avant ils voulaient la noyer.

(Pour la p'tite histoire, trente ans plus tard, elle remettra ça avec les Francs. Geneviève, cette fois, sauvera la ville de la famine en organisant une expédition ingénieuse au moyen de bateaux qui, par la Sequana, iront chercher le ravitaillement jusqu'en Champagne. D’ailleurs, Clovis en fera toute une montagne (la Montagne Sainte-Geneviève). Quant Geneviève mourra, en 512, à l’âge très vénérable de quatre-vingt-neuf ans, Clovis y fera construire une église, qui abritera son tombeau (à Geneviève) ainsi que le sien et celui de sa femme (à Clovis) (et c’est à ce même endroit qu’ Abélard commencera à enseigner au XIe siècle)).

Voilà.

Bon alors, j'ai demandé à mon fils de lire ce texte pour savoir s’il était clair, et de me dire ce qu’il en a retenu.

Réponse : Sainte Geneviève était super svelte..

Publicité
21 février 2011

La vraie vie

P2030050

Ma p’tite bedoume. Ça m’est revenue d’un seul coup : ma Marraine m’appelait "ma p’tite bedoume" . Surprenant que dans ce blog élevé à la gloire de toutes les nounounes de Frince et de Québec ce terme n’avait encore jamais été mentionné (une bedoume, c’est une nounoune à la mode suisse).

À ma décharge, ayant été nourrie au lait chti-franco-suisse, je n’ai réalisé que j’utilisais des mots "pas français" que lorsqu’on a commencé à me dire des trucs comme : "rapercher ? routrouiller ??? bateuiller ?? kézako ? "

Ben la p’tite bedoume, elle commence à s’ennuyer de vous. Ben voui.

Oh bien sûr, on entend souvent : internet addiction, internet poison. Internet c’est de l’illusion, du vent, c’est pas la réalité. La vraie vie est ailleurs.

Taratata.

La vraie vie n’est pas ailleurs. En tout cas pas pour moi : c’est peut-être paradoxal, mais ma vraie vie, c’est ici qu’elle commence.

En fait, il y a cinq ans, quand ma sœur a commencé à m’en parler (puisque c’est elle qui m’a entraînée dans cette débauche, comme elle a toujours fait toute sa vie)(vous le savez, moi je suis super chaste et pure, mais mon drame c‘est d‘être trop influençable) - donc, quand ma sœur a commencé à me harceler pour que je fasse un blog, j‘étais en train de m’étioler dans une vie super cadrée, super rigide... une vie dont par exemple, la danse était exclue !!! Ô Papa, toi qui aimais tant danser, toi qui me portais dans ton univers aérien, léger, en sifflant de tout ton cœur, comme tu sifflais bien Papa au rythme de n’importe quelle musique ! Quand on aime danser on danse sur tout. Mon père était comme ça. Bah moi aussi. C’est pour ça que tout le monde se moquait quand je dansais sur du rap dans ma cuisine, ben tant pis !

Mais bon, le problème c’est que je m‘enfermais pas seulement pour danser ..

Et puis il y a eu l’écriture. Mon Dieu, l’écriture. On peut dire que ça, je vous le dois vraiment.

En fait, sur mes premiers blogs, je faisais de petits pas timides.. (et trébuchants. Vu comment j’étais pas douée pour les manips).

Je me demandais : hm ? Qu’écrire ? Que ne pas écrire ?..

Je ne savais pas encore qu’un blog ne dépend pas seulement de son auteur, qu‘il finit par avoir sa vie propre.. Pour peu qu’on lui permette de vivre, évidemment.

Or, pour lui permettre de vivre, ça vous l’avez fait vivre ! C’est vous qui m’avez encouragée, donné confiance en moi, et grâce à vous mon écriture a gonflé, toute fièrote !!! parfaitement : j'ai une écriture gonflante !

Oui donc, internet m’a permis de rencontrer des gens formidables : vous ! Certains d’entre vous m’avez fait l’immense privilège de venir jusqu’à Paris pour me voir (et vous avez bien fait, car je mérite le détour ;-))), et je vous en remercie encore, car c’est rien que du plaisir et du bonheur ces moments partagés avec vous, et surtout des moments de rigolade, et j‘espère bien qu‘il y en aura d‘autres !

Bon, je vais arrêter là ma séquence émotion, parce que ça va cinq minutes !

..pis comme dirait l'autre,

pour aller de l’avant,

faut savoir s’arrêter !

le blog de Ambreneige
Publicité
Newsletter
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Visiteurs
Depuis la création 118 359
Publicité