
C L A U D I N E
Au début, lorsque nous n’en étions qu’à quelques échanges par blogs interposés, je prenais Claudine pour une espèce de furie qui démarre au quart de tour (surtout quand on lui parle de politique) – inutile de dire à quel point ça me déstabilisait, moi qui suis si calme et si posée (et même superposée dans mes jours fastes). Cette femme, me disais-je, est pourvue d’une sensibilité à fleur de peau qu’elle est incapable de gérer !
En réalité, c’est pas qu’elle est incapable de la gérer, sa sensibilité .. c’est juste que souv parfois, elle a la réplique cinglante .. Claudine en effet n’a pas la langue dans sa poche : elle adore s’opposer, provoquer, déconcerter. Seulement voilà, la pire de ses craintes est de décevoir. Du coup , il lui arrive de rester modérée, méfiante même, tel le riant escargot, son animal fétiche, qui se racrapote dans sa coquille dès qu’on le touche. Eh oui : Claudine est bien moins sûre d’elle qu’elle ne veut bien le laisser paraître. Ce qui compte pour elle, c’est de mériter l’estime d’autrui, et encore plus de mériter sa propre estime !!! à ses yeux, l’intérieur doit être égal à l’extérieur.. vaste programme !
C’est pour ça que, bien qu’elle soit très ouverte et qu’elle n’ait quasiment pas de principes, elle peut se montrer aussi discrète que l'agneau qui vient de naître, discrétion qu’elle met au service d’une introspection extrêmement constructive grâce à sa profonde intelligence et au bon équilibre de son cerveau gauche et de son cerveau droit.
Claudine étonne ou agace selon les cas par l’apparente décontraction avec laquelle elle aborde les problèmes les plus ardus. De fait, elle n’aime pas beaucoup entreprendre, ou si elle le fait, c’est avec beaucoup de pondération.
Oui mes amis, je n’ai pas honte de le clamer à la blogosphère entière, et notamment à vous qui passez sans me voir : au jardin de la vie, il n’y a pas de fleur plus fraîche que la pétillante Claudine !! Entière, franche, gentille et très douce, jamais, entendez-vous, jamais elle n’utilisera le fait d’être une faible femme comme excuse pour se faire protéger, pardonner, aider !! Elle préfère se lancer, car elle pense qu’on n’est jamais si bien servie que par soi-même. (En revanche, elle se lance parfois tête baissée, d'une manière impulsive, chose complètement incompréhensible pour une personne superposée comme moi).
Pour finir, et parce que l’une ne va pas sans l’autre, je vous propose une ode à sa Source ..
Les ajoncs éclatants, parures de la Source
Dorent l’âpre écorce que le soleil allume
Et là, brillante comme une écume trop douce
S’étale l’étendue d’eau où la lueur s’embrume.
A ses pieds, la lumière. Le nid
Se tait, tout le monde repose sous le toit qui fume
Seul l’oisillon tombé, éclairé par la lune
À la vaste splendeur de la Source s’unit.
L’horizon tout entier s’enveloppe dans les ombres
Et le soleil mourant sur un ciel riche et sombre
Eclaire Clo. Brusquement, comme envoûtée
Elle se jette au cou du passant étonné.
Toute à la joie de cette pulsion nouvelle
Voilà que Clo alors se met à l’embrasser
Après quoi, aussi légère qu'une hirondelle,
Elle va de-ci delà des orties ramasser.
Toute joyeuse maintenant elle serre dans ses bras
Le chêne et le roseau et se prend à rêver
De ce que serait le monde si seulement oh lala
L’Homme voulait bien arrêter trois secondes de déconner ..