La clé
Il y a des jours où j’aimerais que ma vie soit un cahier. Elle serait écrite noir sur blanc et mes erreurs me sauteraient tout de suite aux yeux. J’arracherais les pages ratées et je recommencerais tout au propre avant qu’il ne reste presque plus de pages.
Seulement voilà, ma vie n’est pas un cahier, même si .. "les écrits restent" !
Je ne suis pas très zen ce matin, je vous l’accorde. J’ai tellement envie de légèreté, de simplicité ! je jette un regard en arrière et je réalise que j’ai eu une vie d’une complication sans nom. Banale, certes, mais compliquée.
Certains diront qu’on a toujours le choix. C’est d’ailleurs ce qu’on m’a seriné toute ma vie.
Quand on naît dans une famille comme la mienne où l’on doit subir et résoudre de nombreux conflits liés à la violence, déjà, ce n’est pas simple.
Quand ensuite on se rebelle contre son père alors qu’on est encore étudiante, que ledit père qui n’a jamais toléré aucune rébellion vous met à la porte, on a effectivement le choix : la rue, ou vivre chez les parents d’un jeune homme (17 ans !) qu’on n’aurait certainement pas épousé autrement. Mais on est un petit Cancer ascendant Câlin, et on préfère la chaleur d’une famille, d’une mère surtout, de substitution. C’est très vilain ça Ambre. Tu aurais dû rester dans la rue, ou plutôt, retourner chez ton père, puisque c’est ce qu’il espérait : et encore plus docile qu’avant, s’il te plaît.
Quand finalement on prend son courage à deux mains pour arracher la page d’un coup sec, malgré la peur, la précarité, on ne se rend même pas compte à quel point on est vulnérable encore, et si peu lucide. On est jeune, on est pressée. On se croit libre !
Si bien que le jour où, presque par hasard, on trouve une clé, on se demande : à quoi ça sert ?
