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le blog de Ambreneige
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24 janvier 2010

libre

danse1

Libre,

je suis liiibre !

Ainsi m'exclame-je ce matin en jetant un oeil sur le monde, et même les deux, car j'ai un tempérament particulièrement généreux.

Ça, c'était avant de me zazen.

Enfin, pour me mettre en train, je me suis d'abord essayée à de menus exercices ** dont m'avait parlé ma soeur : ça consiste, au réveil, à s'étirer puis à tourner "la tête de droite à gauche et inversement".

Bon, tourner la tête de droite à gauche, je sais super bien faire (surtout inversement).

Ensuite, il s'agissait de se lever et de se "planter tout de suite devant la glace, se regarder à la racine du nez et rire de bon coeur."

Là encore, pas de problème, même si ma tronche laissait croire que je sortais d'un exercice d'entraînement dans une centrifugeuse de la NASA et me donnait plutôt envie de pleurer.

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C'est seulement après que les choses se sont corsées.

Lorsque je me suis zazen en pleine conscience.

Ben oui, au fur et à mesure que "la poussière retombait", je me suis aperçue d'une chose terrifiante : toute ma vie je me suis conformée au rôle auquel mon histoire familiale, sociale, personnelle, mon nounoun ma vulnérabilité - ben oui, je suis une petite chose fragile - etc, etc, me prédestinaient. J'ai toujours suivi les injonctions sans me poser de questions.

Or maintenant que je suis libre, c'est-à-dire face à ma solitude seule à moi toute seule, je réalise un truc moyen agréable : je croyais avoir hérité d'une identité, la mienne. Ben pas du tout : je suis sommée de la choisir.

Je suis sommée d'être libre, épanouie, développée (qui a dit : ya du boulot ?), en harmonie avec mon moi profond qui, entre nous soit dit, atteint les jours fastes des profondeurs particulièrement profondes.

Je dois faire des choix.

Tout le temps.

Sans arrêt.

Pour tout.

Et, tenez-vous bien : je dois les a-ssu-mer.

Or, si je suis obligée d'être libre,

libre

est-ce que je suis libre ???

PS pour Lung Ta : non Môssieu, je ne me pose pas des questions compliquées. Je suis la simplicité personnifiée.

** " Les hauts pouvoirs psychiques par la pratique du yoga" - Jean Varagnat

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9 janvier 2010

bûche, bing et badaboum

Oyez oyez amis du chocolat et des marrons chauds,

je viens de décider dans ma grande mansuétude de partager avec vous la recette de la bûche que j’ai préparée lorsque mes enfants sont venus pour le repas de Noël qu’on n’a pas pu faire à Noël, et ce pour trois raisons * :

1) elle est facile à faire

2) elle est rapide

3) et surtout, elle est imbrûlable. Et si je puis vous l’assurer, c’est que je la faisais pour la première fois (j’étais tellement dans le cirage que j’arrivais même pas à ouvrir un livre de cuisine et c’est ma fille, par générosité je suppose, qui m’a donné la recette, à moins qu‘elle ait craint pour son dessert ?), oui donc je disais, 1) c’était ma première fois, 2) j’étais dans un état second (qui a dit : comme d’hab ?) eh bien elle n’a même pas brûlé (la bûche, pas ma fille). Et ça, c’est une preuve irréfutable !

Oui alors donc il vous faut :

3 œufs (que vous allez cueillir tout frais dans le nid de votre poulailler)

500g de crème de marrons (que vous aurez eu la précaution de faire vous-même en octobre à l’heure où tombent les châtaignes)

50g de beurre (barraté par vos bons soins)

et 80g de chocolat noir c’est noir.

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(dessous de plat réalisé par my sister)

Bien alors, il faut mettre les 3 œufs sans leur coquille dans un plat et les battre avec la crème de marrons. Pendant ce temps le beurre fond dans la casserole avec le chocolat en pitits morceaux.

Mélangez tout.

C’est tout.

Hop.

On met ça dans un moule à cake, et roule ma poule à 160°.

Franchement si vous me ratez ça, je vous radie de mes lectrices préférées !

PICT3712

En plus aujourd’hui à peine l’œil ouvert et même les deux j’ai bondi telle la rieuse gazelle que je suis hors du lit * où je me suis retrouvée

doooooïïïïïnnnggggggg

48354180_p

natanadasana,

alors forcément j’ai enchaîné

pranamasana

puisque

hasta_uttanasana

c’est

padahastasana

une

ashwa_sanchalanasana

bonne

adho_mukha_svanasana

journée,

6_ashtanga_namaskara

et tout ça pourquoi,

7_bhujangasana

hein pourquoi ?

Eh bien parce que : il y a une nouvelle photo in my alboum, et pas la moindre, il s’agit de ma Maîtresse es-bannière et autres menues manipulations,

alors pour Isa,

hip hip hip hourra !!!!!!!!

PS ** je sais, je sais. Ma phrase, elle va pas du tout. On a l’impression que les trois raisons c’est à cause du repas de Noël qu’on n’a pas pu faire à Noël alors que les trois raisons c’est pourquoi je veux partager la recette avec vous.

Pareil pour "comme j’ai bondi telle la rieuse gazelle que je suis hors du lit", alors que je suis une rieuse gazelle aussi dans le lit. Mais en déplaçant le repas de Noël (et accessoirement le lit), ça me semblait encore plus incompréhensible - même si ça n’effleurera l’idée de personne ici que je puisse écrire des trucs incompréhensibles, m’enfin passons.

Donc voilà, après différents essais (je viens de décider de partager avec vous lorsque mes enfants sont venus pour le repas de Noël qu’on n’a pas pu faire à Noël la recette que j’ai préparée, et ce pour trois raisons) (je viens de décider lorsque mes enfants sont venus pour le repas de Noël qu’on n’a pas pu faire à Noël de partager avec vous la recette que j’ai préparée pour trois raisons) (grande mansuétude stop - enfants repas Noël stop - recette bûche stop - trois raisons), donc finalement, j’ai laissé comme ça.

9 novembre 2009

a star is born (at last)

Chers amis,

Je fais ici, dans l’énigme au suspense insoutenable que je vous propose depuis quelques jours, une parenthèse pour partager avec vous le plaisir sans fond que j’eus ce matin en découvrant le commentaire de Mifa.

Il faut que vous sachiez tout d’abord que Lung Ta, dans les moments où il ne se dématérialise pas, passe son temps à me narguer (et je pèse mes mots !) avec ses copies d’écran impossibles à faire par le commun des mortels (moi).

Alors premièrement il me dit :

‘’pour la touche d'impression d'écran elle peut être placée un peu différemment suivant les claviers (portable ou pas, et type de clavier)
dessus il y a marqué : "Impr écran" ou "print screen"‘’

Alors évidemment, qu’est-ce que je cherche avec des explications pareilles ? Ben une touche ‘’impr écran’’ ou ‘’print screen’’.

Et qu’est-ce que j’obtus ?

Rien du tout.

Devant l’étendue de mon désespoir il me suggéra alors de lui envoyer la photo très intime de mon clavier..

ce qui lui permis de continuer à rire encore plus fort, puisque la touche était bien là, mais avec un nom différent (impécr system)

Oui ben hein, fallait le savoir !!!!

Ensuite il me dit :

‘’ sinon pour la fameuse touche que tu as sur ton clavier à l'emplacement
indiqué mais que tu n'es pas capable de voir, quand tu as appuyé dessus,
1- tu vas sur un logiciel de dessin

2- tu fais "coller" (ou CTRL+V) et la copie d'écran se copie dans le logiciel. Logique, non ?’’

Logique, logique, faut le dire vite.

D’abord et premièrement, c'est quoi un logiciel de dessin ? hein ? et d’ailleurs, c'est quoi un logiciel tout court ??

Ensuite et secondement, qui dit que le 2 suit le 1 ? Hein ?

Supposons, vous avez un radeau.

Jusque là tout va bien. Vous le voyez : UN.

Maintenant, on va brûler le radeau. Donc yen a plus.

À la place ya un tas de cendres. Un petit tas immonde, gris. On a fait du Vide avec de la Matière. On a fait du Rien avec un Tout. C’est l’effervescence. C’est la fête sur la planète. Quoique. Les cendres sont-elles du Vide ? Certes, elles ne sont plus UN. Mais peut on affirmer pour autant qu’elles ne sont plus rien ? hein ?

La seule chose dont on est sûre, c’est qu’UN bout de bois est passé et que le passé n’est plus présent. Or, s’il n’y a plus UN bout de bois, comment peut on dire qu’il y aura deux après le un ? hein ?

Bien alors.

Appuyons néanmoins on ze touche.

J’en étais sûre : il ne se passe rien.

Alors là je m’interroge.

Comment ça se fait que ça marche pour tout le monde sauf pour moi ?

J’en étais donc là de mes investigations lorsque je tombai, guillerette, sur les mots de Mifa (c’est une nounoune, moi jvous l’dis, même si elle ne le sait pas encore) :

‘’Si tu as un PC, c'est la touche impr-ecr en haut à droite (déjà, j’ai gagné du temps, vu que Lung Ta venait d’en perdre beaucoup à m’expliquer où elle est), puis tu vas faire un "coller" dans Paint’’

Paint !!! Mifa a prononcé ze magic word :

paint !

j‘ai un’’paint‘’ sur mon PC !

Paint ! Paint ! Je m‘enivre du mot, je le suce, je le suçote,je le déguste ! Je ne me sens plus de joie : les bras me manquent et les mots m‘en tombent.

Et c‘est ainsi que..

(roulement de tambour)

Mifar

Tadaaaaaaaaaaaammmmm !!!!!!!

Ben tu vois, Lung Ta,

c’était quand même pas si difficile à expliquer ?!!

26 janvier 2010

ce que disent les photos

Deauville_aout_61rec

J’ai toujours aimé les photos. Elles peuvent restituer des instants de joie pure que la vie, parfois, est gourmande de nous faire oublier.

On est heureux. On est tellement heureux tous les quatre sur ce cliché !

Deauville_aout_61nad

Je porte au cou le joli collier de coquillages que je me suis empressée de confectionner, parce que je suis une petite fille, ben oui, une fille ! j’aime tellement être une fille.. et même si je n’ose pas mettre mon haut de maillot pour te plaire Maman ben voilà, tu vois, je me suis parée d'un collier.

Deauville_aout_61BRIE

Toi ma soeurette, avec tes cheveux si blonds qu’ils en sont presque blancs, ton bel éclat de rire est un cadeau éblouissant !

Deauville_aout_61GAETE

Notre petit frère,

le tant attendu, tant aimé.

Et toi Papa ..

Deauville_aout_61PAPA

si fier de tout ton petit monde !

car tes enfants..

Er

c’était "toute ta vie", n'est-ce pas ?

Oui, j'aime les photos !

13 avril 2010

soi, soi, ô mon soi

vatican_aout_1963_2

Lorsque j’étais petite, j’avais besoin, comme n’importe quelle petite fille je suppose, d’être nourrie "d’amour". Comme ça le faisait pas de la part de Maman, elle me qualifiait de pot dcolle, de sangsue, de miclette.

v_suve_1964

Si ma maman n’avait pas eu ce contentieux familial à régler avec ses (les) filles, elle m’aurait donné les marques de tendresse que j’attendais sans me culpabiliser et je n’aurais peut-être jamais été un pot dcolle pour qui que ce soit.

vevey_suisse_1962

Ce qui a joué aussi certainement, c’est le contexte de pudeur émotionnelle et affective à laquelle on se contraignait plus fortement à cette époque, pudeur qui obligeait à (se) taire et à faire taire - même si on a l’impression que cela s’assouplit un peu sociologiquement et psychologiquement parlant, dans la réalité on se rend compte que ces règles et ces contraintes de vie, reprises consciemment ou non, voire renforcées par la famille, font que l’on finit par s’éloigner sans s’en rendre compte de "soi" et de ses besoins.

ste_marie_de_la_mer

Ce qui est paradoxal c’est que justement, si on se conforme à ces règles, c’est pour être reconnu et accepté par les autres !

PICT4610il_deserto_1964

Quoi d’étonnant alors qu’il semble si compliqué de faire une chose aussi simple que d’être soi puisqu’on passe notre vie à ne pas l’être ?

tournesol_F_Pavot

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15 mars 2010

féroce comme le brigand

autout_du_bouddha_091119

Bouddha, dès le VIe siècle avant Jésus-Christ, met ses disciples en garde contre les influences néfastes des femmes.

"Pour une qui soit sage, il en est plus de mille folles ou méchantes. La femme est plus secrète que le chemin. Elle est féroce comme le brigand. Il est rare qu’elle dise la vérité. Souvent à un disciple, j’ai conseillé d’éviter les femmes."

Ainsi cita Philippe Gaudin* (ce qui donne immédiatement super envie de devenir bouddhiste) (surtout si on est une femme).

Quid des Hindous, me direz-vous ? Eh bien la croyance hindouiste, nous dit Philippe Gaudin, révèle que le fait d’être une femme est le prix à payer pour une existence antérieure néfaste.

hindoue

Le Coran quant à lui, nous apprend que ..

"Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance. Vous les relèguerez à part, vous les battrez."

Coran_Yassine

Et la Bible ? ben comme chacun sait, elle considère la femme comme celle par qui tout le mal est arrivé.

Tout ça pourquoi, je vous le demande ?

Pour une malheureuse pomme !

Anna_Lea_MERRITT

Pfff !

Bon, OK, c’est pas beau de désobéir, mais faut quand même rappeler qu’au Paradis, tout était interdit ! Dieu avait tellement peur qu’ils fassent des cochon galipett choses qu’il les surveillait sans arrêt ..

Alors, a-t-elle vraiment eu le choix, cette pauvre Ève ? fallait qu'elle se laisse mourir de faim, peut être, en plus d’être frustrée ?

En plus je voudrais pas dire mais Adam s’est empressé de la dénoncer ! alors elle évidemment, elle a pas pu faire autrement qu'accuser ce serpent stupide ..

De là à en faire tout un plat depuis des milliers d’années ! C’est bien les hommes ça, tsss....

La preuve : Mahomet (super rancunier quand même), sur son lit de mort, qui déclare :

"Je ne laisse point après moi de discorde plus terrible pour les hommes que les femmes."

Alors là, mes amies,

mes sœurs,

autruche2

il est temps pour nous je crois de faire ce truc zen

qui consiste à ouvrir les mains au monde

en respirant profondément

et d’ainsi pouvoir prendre

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notre mâle en patience ..

* Les grandes religions, Philippe Gaudin, 1995, éd. Marketing.

NB : comme vous pouvez le constater, on retrouve en toute religion un mouvement de pensée qui s'apparente à de la misogyn peur. Peur ??? ahah, mais de quoi les hommes auraient-ils peur ? allez-vous demander avec vos petits ongles acérés. Eh bien mes amies, les hommes ont peur tout simplement parce que l’homme parfait est une femme.

Farpaitement. Et c’est pas moi qui le dis. C‘est un homme, et pas le moindre, puisqu’il s’agit de mon Maître Zen (qui n’aime pas que je l’appelle mon maître zen) (c’est pour ça que je le fais, ça lui permet de travailler sur sa patience) (or on a toujours besoin de travailler sur sa patience, même quand on est zen) (et même, maître) (merci qui ??).

 
13 novembre 2009

pause pipi

Aussi fou que cela paraîtra aux habitués de ma littérature, ma sœur prétend que ce que j’écris n’a ni queue ni tête.

Alors soit c’est vrai (je sais, cette hypothèse n’a aucun sens, mais bon) soit elle est plus nounoune que moi (je pencherai plutôt pour cette option).

Alors pour toi Brie, ôôôôôôô my sœur of my cœur, je re-relate.

C’était l’heure où blanchit la campagne,

pied

j’étais partie. Vois-tu, je savais qu’Elle m’attendait,

Elle ne pouvait demeurer loin de moi plus longtemps.

La preuve, c’est que sur le quai de la gare où je glissai avec une légèreté quasi surnaturelle, (c‘est la zénitude qui fait ça), je la vis au loin fermer et rouvrir ses grands yeux (bleus ?)(gris ?)(verts ?) comme pour trouver la force qui était en elle. Force qu’elle utilisa illico presto pour se ruer sur moi sans même savoir si c’était moi.

"je l’ai vu !!" qu’elle me trémollote.

Même pas pipi, bonjour, rien.

Alors moi : " oui oui, bon, mais t’es pas obligée de parler de moi à la troisième personne, on est entre nous .."

(elle)(se raidissant, prête à chanter : ‘’il venait de nulle part, surgit un aigle noir’’) mais non, pas toi .. lui !!!

Lui ?

Mais c’est bien sûr.

Où avais-je la tête ?

(elle) J’te jure ..

j'ai vu Lung Ta !!!!!

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..sans cheveux !!!!

(moi) heu, ça, c’est depuis qu’i’m’connaît.. à force de s’les arracher ..

(elle) j’étais là à portée de sa toge jaune d’or, une couleur quasi séminale, sous laquelle brillait sa peau tannée creusée par les sillons de l’expérience ..

(moi) les sillons de la patience, tu veux dire ?

(elle, l’air rêveur)  ..et ses petites ridules de folie autour de ses lèvres charismatiques..

(moi) certes. Rappelle moi ce que t’as pris avant de venir ??

(elle) tu crois qu’il nierait ?

(moi) qu’il irait où ????

(elle) non, pas il irait ! Il nierait ! Il nierait tout !

(moi) il nierait quoi ????

(elle) il nierait moi ! Il nierait qu’il était là ! Enfin je veux dire qu’il n’y était pas !

(moi) il n’y était pas ?

(elle) non, d’un seul coup, pfffrrrrrrrrrtt !!!!

.

Pfffrrrrrrrrrtt ???

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Comment ça,

ppffffffrrrrrrttt ??

22 juin 2007

solitude et boules de gomme

(Dicky) L’idée d’être SEULS nous dérange. L’idée d’être SEULS nous est insupportable. Le concept de notre propre SOLITUDE est inenvisageable.

Ainsi larmoyait Dicky en sirotant un whisky.

(moi) dis donc tu nous couverais pas une petite déprime ??

(Gredine) mais non t’inquiètes, il raconte tout ça parce que ça lui fait du bien, mais il n’attend d’aide de personne en réalité..

(Brie) surtout pas d’une femme…

(Dicky) j’ai rien contre les femmes ! Ou alors tout contre.. En attendant, au départ de tous les crimes, de toutes les injustices, de toutes les horreurs qui jalonnent notre histoire, la certitude de détenir la vérité est toujours l’énergie de la tragédie ! Que cette certitude soit celle d’une majorité ou d’une petite minorité n’y change rien. Tôt ou tard le fiel de la certitude, telle une substance toxique suscite l’envie d’en finir avec l’autre !

(Isa) héééé! On se calme !

(Diane) de quel ôtre i’parle-tsu ? 1

(moi) j’espère que c’est pas de sa jointe..

(Gredine) t’inquiètes… Les hommes qui crient ne mordent pas. Pour la bonne raison qu'il est impossible de mordre et de crier en même temps !

(Brie) son verre est vide je le plains !

(moi) ya juste à le remplir pour qu’il nous finisse sa tirade!

(Diane) mais de quel ôtre i’parle-tsu ?

(Brie) Diane elle a rien compris ..

(moi) ça c’est normal qu’elle n’ait rien compris ! Comment peut-on comprendre qu’un homme veuille en finir avec sa jointe ? Puisqu’on fait tout et qu’on est parfaite ?

(Brie) + que parfaite tu veux dire ! Tenir une maison et un mari propres çà suffit à occuper une femme à temps plein !

(Isa) et on parle pas de celle qui, en plus, chasse les sarkoptères !!!!

(Gredine) l’idéal c’est de pas rester à la maison ....

(Brie) ouais, pour éviter la confusion entre épouse et esclave, ça aide..

(Diane) à toutes les fois les femmes les plus fatiguées sont les femmes mariées c’est dire !!!

(moi) pour une fois qu’on en tient un qui s’exprime, on pourrait peut être le laisser parler….

(Brie) oui, remplis lui d’abord son verre…

(Dicky) où en étais-je……

(moi) t’en étais à l’autre..

(Diane) mais de quel ôtre tu parles-tsu ?

(Dicky) ....de ...

(Isa) surtout que qui dit l’autre dit concessions…

(Brie) oui ben pas trop hein ! Le mieux c’est même d’en faire aucune ! C’est pour leur bien !!!!

(Dicky) (brandissant son verre plein) …L’autre, chosifié, n’est plus qu’un obstacle à la croyance et la certitude !! L’autre doit disparaître !! L’autre, par sa seule présence empêche la vérité de briller !!! Les tyrans, les terroristes, les prédicateurs, les prosélytes ne sont pas des individus forts ou courageux !!!!!!

(moi) dis donc, ton moral va mieux….

(Gredine) qu’est-ce que t’as mis dans son whisky ?

(Brie) de la camomille…

(Diane) de quel ôtre i’parle-tsu ?

(Gredine) bon, je vais prendre une petite photo pour immortaliser cette soirée !

(Isa) tiens, son verre est encore vide..

(Gredine) aaaaaaaaaaah lala, elle est ratée ! Finalement, je crois que je vais me spécialiser dans la photo ratée.. L’avantage de ce genre de photos, c’est qu’elles sont inimitables !! Celle-ci est véritablement Unique !!

(Isa) montre…….?

(moi) ôôôôô, joliîe !!!! Dommage qu’on voit rien ..

(Brie) oui c’est très très flou ....

(Diane) de quel ôtre i‘parle-tsu ?

(Dicky)(brandissant son verre vide) JE PARLE DES INDIVIDUS TOTALEMENT EMPLIS DE LEUR CERTITUDE !!! DES ÊTRES RÉDUITS A LA CROYANCE ET A LA PERPÉTUATION D’UNE IDÉOLOGIE !!!!

(moi) (à Brie) tu devrais lui proposer une tisane, là…..

(Dicky) (se levant) CE N’EST PAS QUE JE REFUSE D’AVOIR MON OPINION !! BIEN AU CONTRAIRE!! J’AIME AVOIR DES OPINIONS !! J’ADORE CELA!!

(moi) ôôôô bah alors si t’adores ça, te gênes pas !! OPINE !

(Brie) oh bah oui, faut opiner pendant qu’on peut encore !!!

(Gredine) tu me l’as enlevé de la bouche !!

(Dicky) (faisant des moulinets avec ses bras) MAIS QUOIQUE JE PENSE, JE VEUX GARDER EN PERMANENCE L’ ESPRIT OUVERT A L’ OPINION CONTRAIRE !!!

(Isa) oui, lààààà, tout doux….

(Dicky) (les bras levés) CAR ON NE PEUT RÉSOUDRE LE POISON DE LA CROYANCE QUE DANS L’APOLOGIE DU DOUTE !!!!

(Isa) rassieds-toi… caaaaaaaalme………làààà

(Dicky) TOUT CE QUI EST FAIT PEUT ÊTRE DÉFAIT !!! TOUT CE QUI EST DÉFAIT PEUT ÊTRE REFAIT !!!

(Isa) ouais bah là c’est sûr que ta femme va pas être d’accord, elle a pas que çà à faire !!!!!

(Dicky) ET SURTOUT, JE VEUX TOUT A LA FOIS DOUTER DE L’AUTRE ET DOUTER DE MOI !!!

(Brie) eh ouais. Le doute est à l’homme ce que la bière est à la pression.

(Isa) eh ouais. La vie n’est pas un long doute tranquille.

(Diane) de quel doute i’parle-tsu ? 2

10 juin 2007

le fantasme de Lucien

(Lung Ta) Le vide (ou Sunyâta) est le résultat d’une intuition..

(Diane) tu parles d’une intuition/intuition ou plutôt une intuition/jugemint?

(Gredine) il parle sûrement d’une intuition.

(Sylvie) oui, ça me paraît évident.

(Brie) oui ben moi j’ai l’intuition que les escargots n’ont pas fini de m’en faire baver !

(moi)(à Lung Ta) tu peux continuer la définition ?

(Diane) ben oui, pourquoi tu t’es-tsu arrêté en plein milieu ?

(Lung Ta) (imperturbable) Le vide est le résultat d’une intuition, et non la conclusion d’une pensée raisonnante ..

(Gredine) tout le drame de l’homme est là. Raisonner. Regarde mes chiens : ils ne sont pas racistes, ils ne jugent pas sur le physique ! En plus ils sont fidèles, bon je parle de la fidélité à leur maître, enfin à leur maîtresse en l’occurence, parce que sexuellement .. ils ne sont certainement pas fidèles ! mais ça, c’est une aberration humaine ! Un truc que les hommes ont inventé pour retenir leur femme à la maison (et vice versa). D’ailleurs ça ne marche pas très bien...

(moi) qu’est-ce qui ne marche pas très bien?

(Brie) la bière. C‘est censé endormir les escargots pour les faire passer dans l’autre monde dans une douce euphorie mais en fait ils ont développé une résistance à la bière. Maintenant c‘est pire qu‘avant ils se déplacent en meute pour venir boire ma bière ! Comme les hommes !

(Diane) mon joint aussi a dév’leuppé une dépindince à la bière.

(Brie) oui ben vaut mieux une dépendance à la bière qu’une dépendance à la femme !

(Sylvie) oui tous les mêmes ils ne pensent qu’à ça !

(Brie) c’est un truc incompréhensible alors que nous, qu’est-ce qu’on leur demande hein ? être tendre, riche, démonstratif, d’avoir une voiture, une grande maison, de l’humour, de l’intuition, de l’intelligence, de la compréhension, de dire des choses sincères et gentilles..

(Diane) oui infin pas trop trop hein parce que les beaux parleurs juste intéressé par la chôôse, on n’in veut pas !

(moi) heu oui mais un homme qui parle pas on n’en veut pas non plus !

(Diane) ça suffit à toutes les fois qu’il nous montre tous ses sintimints en long en large et dins l’ détail, coudon !!

(Brie) ben oui quoi, on leur demande pas la lune quand même

(moi) c’est pas compliqué d’être doux et câlin non ?

(Gredine) ..de ne pas nous brusquer ?

(moi) …de nous parler mais pas trop ??

(Sylvie) …et de deviner tous nos désirs ??

(Brie) tu parles !! en plus faut tout leur dire !!

(Diane) et eux, oui à chaque fois qu’est-ce qu’ils veulent hein, qu’est-ce qu’ils veulent ?

(Lung Ta) ..ben justement ...

(Diane) et pourtint on leur donne tout TOUT,r’gardez, moi par eximple j’ lui fais des super p’tits plats dins mon chaudron !

(Gredine) ah ! Moi aussi ! Enfin pas à ton joint, au mien.

(Lung Ta, au supplice : pas un seul cheveu à s’arracher) ..justement..

(Diane) en plus j’lui fais des beaux habits ! Alors quind même il peut bien être tindre, attintif, généreux

(Brie) ouais, on les a bien, nous, toutes ces qualités..

(Gredine) plus toutes celles qu’on n’a pas citées !

(Sylvie) .. et on n’en fait pas toute une histoire !!

(moi) oui, par exemple on sait les écouter !!!

(Brie) ah ça c’est bien vrai ! bon alors Lung Ta tu nous la donnes ta définition ?

(moi) oui c’est vrai çà on est toutes là réunies pour quoi au juste ? Tu nous parles pas !

(Brie) c’est bien la démonstration de ce qu’on disait : tous les mêmes !!

(Lung Ta) 10_juin_fantasm_Luc

4 janvier 2008

cette partie de Etty : réponses à vos comm

Dans le post précédent, j’ai cité une phrase de Etty qui me touche énormément,

" cette couche la plus profonde et la plus riche en moi où je me recueille, je l’appelle Dieu "

Ses mots me touchent tellement que j’ai pris la liberté de les faire traduire par une de mes copines qui parle un peu l’italien, oui parce que entendre de l’italien aussi, çà me fait frissonner. Et moi, j’aime bien accumuler les frissons. Voilà bien ici une logique de nounoune, alors qu’Etty était une jeune femme néerlandaise.

Mais bon.

D’ailleurs, je cite souvent Etty comme si tout le monde la connaissait.

Ben pas forcément, à ce que je vois.

Alors pour commencer, je vous la situe un peu.

Quand Etty est née, mon grand-père avait 7 ans. C’est pas une bonne référence ? Bon, supposons.

Edith Piaf, ça vous dit quelque chose ? Eh bien elles étaient contemporaines.

A part çà, Etty était juive, plus par souci d’identité culturelle d’ailleurs que par conviction. Par exemple, elle avait appris l’hébreu. Ce n’est qu’au moment de sa rencontre avec un chiropsycho flûte, je l’écris toujours à l’envers. Un psycho chiropracteur, (un espèce de psy qui lisait le caractère des gens dans les lignes de la main) (cette faculté qu’il avait était dit on fascinante et stupéfiante) ( et son charisme était exceptionnel) (en tout cas sur les femmes) (et donc sur Etty)(il était devenu son guide) (son grand maître).

Oui donc, en février 1941 (elle avait 27 ans) elle rencontre cet homme sur lequel elle focalise ses pensées, ses désirs, son affectivité, tout quoi. La totale. Bon, le truc c’est qu’il était marié, qu’il avait des enfants, l’histoire d’amour super mal barrée.

Sans compter qu’il était un peu vieux. (mon âge)

Oui donc c’est lui qui l’a incitée à relire la Bible et lui a fait connaître Saint Augustin.

J’ai lu deux livres d’Etty (je ne sais pas s’il en existe d’autres), son journal, publié sous le titre " Une vie bouleversée". Comment les cahiers d’Etty sont arrivés jusqu’à l’éditeur, alors là on ne sait pas trop. C’est quelquun qui après la guerre les a amenés à quelqu’un qui les a amenés à quelqu’un qui finalement les a apportés à un éditeur.

Dans son journal, Etty s’analyse sans relâche, mais ce qui donne à cette introspection son caractère exceptionnel, c’est qu’en se décrivant elle mm elle décrit du même coup les possibilités humaines de chacun et à tout moment de l’Histoire. Son journal est un long dialogue entre l’absurdité de la guerre et la conviction profondément ancrée en elle de la bonté et de l’indestructibilité de la vie, Vie qu’elle appelait Dieu (je précise çà pour Isa qui est athée)

Car faut bien savoir que quand on dit Dieu, on ne parle pas forcément de Dieu, pas plus que quand on dit " je suis", on ne parle pas forcément de ce qu‘on est. Tout dépend du contexte. C’est comme "l'histoire de la table qui se prenait pour un radeau ". Mais je m’égare.

Oui donc, j’ai découvert "Une vie bouleversée" en Pocket. Dans cette édition, après le Journal, il y a quelques lettres qu’elle avait écrites du camp de Westerbork. J’ai donc compris qu’il y avait un deuxième livre que je me suis empressée d’ acquérir.( "Lettres de Westerbork")

Ce camp avait ceci de surprenant qu’en fait, il avait été construit par les Néerlandais (et non pas par les Allemands) pour rassembler les réfugiés juifs apatrides venus aux Pays Bas. Bon ceci dit c’était pas un hôtel 3 étoiles non plus, c’était même le truc le plus inhospitalier qu’on pouvait trouver dans le coin. Donc, ce camp était déjà occupé par des "résidents" avant la guerre. Ce n’est qu’en 1942 qu’il est passé sous commandement allemand (" Polizeiliches Durchgangslager") mais donc la grande originalité de ce camp c’est qu’il était délégué aux juifs eux mm (plus exactement, aux plus anciens résidents du camp)

Etty faisait partie de ce groupe de " fonctionnaires " envoyé par le Conseil juif à Westerbork ( plusieurs amis lui avaient suggéré de se cacher, mais elle avait refusé) et dans le camp, elle avait un rôle d’ "assistante sociale ". C’est pourquoi elle pouvait aller librement (au moins au début) entre Amsterdam (où elle habitait) et Westerbork.

En fait, le sort d’Etty et de sa famille s’est joué sur le fait qu’un jour, sa mère a eu l’idée d’écrire au commandant en chef SS allemand pour demander que Mischa (un des frères d’Etty) ne soit pas déporté. Le commandant, qui comprenait sans doute pas bien le néerlandais, s’est mis dans une colère monstrueuse et a ordonné la déportation immédiate de toute la famille Hillesum.

Ils sont tous morts à Auschwitz, sauf Jaap, l’autre frère de Etty (il avait eu la " chance" d’être déporté à Bergen-Belsen mais il est mort dans le train qui évacuait les détenus en 45).

Bon.

Pour répondre à vos comm, j’ai choisi de citer Etty de nouveau.

A Sophie, qui s’exclame " C'est une très belle définition de la foi !"

Je répèterai ici les mots qu’Etty avait écrits à son guide et ami le psycho chiropracteur

"  Dire qu’on a en soi assez d’amour pour pardonner à Dieu ! "

A Clo, qui dit que "  J'ai beaucoup aimé sa définition de Dieu...Elle nous dit qu'il est au fond de notre cerveau et qu'il faut aller le chercher. Ce n'est pas vraiment de la foi, c'est du travail...mais pas dans le sens latin (instrument de torture) mais dans le sens anglo-saxon...

Posté par G de B, 16 janvier 2008 à 18:26  "

Je citerai :

"La vie est difficile mais ce n’est pas grave. Travailler à soi-même, ce n’est pas faire preuve d’individualisme morbide. Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race, ou quelque peuple que ce soit, ou bien domine cette haine et la change en autre chose, peut-être même à la longue en amour."

À Sylvie, " Où la Grenouille a-t-elle vu de la cervelle dans cette phrase d'Etty? L'âme a-t-elle une place aussi définie? Etty dit seulement profond, et profond, moi je crois que ça transperce bien plus loin que le corps matériel. En tout cas, c'est une phrase magnifique et elle me fait beaucooup vibrer!"

Posté par barbesse, 19 janvier 2008 à 10:31 "

"Mais une heure de paix, ce n’est pas si simple. Cela s’apprend. Il faudrait effacer de l’intérieur tout le petit fatras bassement humain, toutes les fioritures. Une petite tête comme la mienne est toujours bourrée d’inquiétude pour rien du tout. Le fatras s’insinue partout. Créer au-dedans de soi une grande et vaste plaine, débarrassée des broussailles sournoises qui vous bouchent la vue, ce devrait être le but de la méditation. "

A Isa,

"en tant que ATHEE, que te dire ??? le mot DIEU n'est pas dans mon vocabulaire à moi...non je ne te parlerai pas de la couche que je tiens puisque tu la connais, je t'en donne encore la preuve !!!!
et je réponds un peu à côté mais j'ai envie de le dire : ne serait-ce pas le moment d'éviter de trop penser,s'analyser, mais essayer de se reposer ou se faire plaisir à soi-même plutôt qu'aux autres quitte à les décevoir momentanément, pour se retrouver et retrouver automatiquement son bien -être ou être en mesure d'appréhender ses douleurs ?
de toute façon on a tous des moyens différents pour y parvenir (quand tu parles de ce que l'on a en soi), mais on ne sait pas (ou n'ose pas) forcément les mettre en oeuvre....

Posté par Willow, 19 janvier 2008 à 10:33 "

"L’essentiel est d’être à l’écoute de son rythme propre et d’essayer de vivre en le respectant. D’être à l’écoute de ce qui monte de soi. Nos actes ne sont souvent qu’imitation, devoir supposé ou représentation erronée de ce que doit être un être humain. Or la seule vraie certitude touchant notre vie et nos actes ne peut venir que des sources qui jaillissent au fond de nous-mêmes. "

© Etty Hillesum

Et à Ariaga:

" Il y a toujours un passage, une transition entre les vies mais pourquoi ce passage serait-il obligatoirement sombre. Si on a vécu une vie lumineuse je ne vois pas de nécessité sinon l'idée judéo chrétienne que l'on doit toujours souffrir, expier.

Posté par Ariaga, 08 janvier 2008 à 16:05 "

" Il faut oublier des mots comme Dieu, la Mort, la Souffrance, l’Éternité. Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d’être. "

© Etty Hillesum

Voilà, ce sera le mot du jour.

Être simple et muet comme le blé.

20_janv_2

© photo chipée à CLO

8 mai 2009

Big Tata

Figurez vous qu'il m'arrive un truc profondément injuste :

j'ai pris 5 kgs !!!

Où ça ? allezvousdemanderimmédiatementcommesic'étaitl'informationlapluscapitale du monde.

Ben évidemment là où aucune femme ne veut jamais les prendre et où ils se collent immanquablement !

Si bien que mon fils, - vous savez, le même pour qui j‘ai souffert pendant neuf mois et quelques heures, pour qui je me suis sa-cri-fiée-toute-ma-vie - mon fils, tout plein de la compassion extrême dont il sait si bien faire preuve depuis quelques temps, ne m’appelle plus autrement que

Big Mama.

Ça vous scie les chakras non ?

Mais j’m’en fiche.

Je suis devenue un modèle de zénitude et la bave de la colombe n’atteint plus le crapaud blanc que je suis maintenant.(D’ailleurs j’ai remarqué un truc curieux : plus je deviens zen, moins les autres le sont. Quid ? Veni vedi zeni ? )

Enfin bon, quand je dis, plus rien ne m’atteint, ça dépend quoi 'videmment !

Ainsi, quand ma sœur

la_mere

me téléphone pour me dire que son fils

le_fils

(la photo n'est pas récente)

qu’est-ce que j’raconte ? pas son fils ! (chui zémue)

pour me dire que sa fille,

virgi_juin06_camp1

qui est maintenant une grande et belle jeune femme - vient d’accoucher d’une merveilleuse petite fille,

ben jme dis ...ben jme dis ...

yeeeeeeeeeeepeeeeeeeeeeee !!!!!

je suis Big Tata !!!!

coeurs_Jia

16 février 2008

only you

Je viens d’entendre Only You à la radio.

C’est fou comme certaines chansons peuvent vous propulser des milliers d’années en arrière.

On est dans le petit appartement que mes parents viennent d’obtenir, grâce à la ténacité de ma grand-mère qui a fait le siège du service Logement de la mairie pendant quatre ans (ben oui, je sais, ce problème ne date pas d’aujourd'hui).

J’ai quoi .. quatre ans ? six ans ? ma soeur fait le pitre à côté de moi (ce qui n'a pas changé), on se dispute parce que je n’arrive pas à écouter la chanson, comment fait-on pour faire tenir tranquille une Brie ? Moi, j‘ai toujours pas la solution.

C’est un soixante-dix-huit tours sur l’électrophone de Papa que l’on referme comme une petite valise.

Hmmmmmmmmmm… comme ces images sentent bon !!

J’entends même Papa qui siffle, il ne chantait pas, mais il sifflait toujours l’air, il avait un sifflement très juste, eh Papa c’est qu’il jouait du piano !

 

1

nad sur le piano paternel

(les photos sont parfois menteuses : je ne sais pas jouer du piano, mais ma soeur, si !)

 

2

 

Sur cette photo, Maman vient d'apprendre à son mari qu'elle est enceinte pour la seconde fois, autrement dit, de BRIE (remarquez elle avait raison de s'inquiéter par anticipation, ahahahah !! )(oui bon, comme elle m'avait déjà, elle était comblée, c'est pour ça qu'elle fait la tête !!).

Mes parents écoutaient aussi Amsterdam (Brel), Tu t’laisses aller (Aznavour) et la liste est déjà finie, parce que les disques étaient un grand luxe à cette époque. Je me rappelle de leur texture épaisse, les trente-trois tours étaient déjà bien plus fins.

Et puis, n’y avait-il pas de quoi siffloter ? Papa était rentré VIVANT de la guerre d’Algérie !!!!

 

Elle était pas belle la vie ?

1 juin 2007

où on voit que la vie de la nounoune n'est pas un long fleuve tranquille

Le grand drame de la nounoune, c'est qu'on nous apprend tout à rebours de la Nature. On commence par vouloir nous fourrer dans la tête une foule d'idées totalement abstraites et inutiles, comme le vide et le remplissage du vide.

Alors que la voie douce de la Nature toute entière nous appelle, on nous enchaîne à notre place. On nous occupe de mots qui n'ont aucun sens, puisque les sens ne viennent qu'avec les idées, et que les idées ne viennent qu'en partant des objets si touchants qu'on les touche.

"le réel", explique Dickou, "est une projection de l'intérieur vers l'extérieur. Par exemple, c'est la main qui donne sa forme au gant, et non pas le gant qui donne sa forme à la main. Le gant n'existe que parce qu'une main l'a désiré. Est-ce que tu peux imaginer une seule seconde un Univers où il y aurait des gants (flottants dans l'espace) mais pas de main ? "

Ainsi parlait Dickou du gant. Du gain pour nos amies québécoises. Et là je m'insurge. Ce n'est pas la main qui donne sa forme au gain. C'est l'amant ! Et encore ! à condition de le désirer souvent. Un gain flottant sans amant, impensable en effet.

"Le vide en fait, n'existe pas parce que sa fonction première est de se remplir.." ajoute Lucien.

Mais comment remplir le vide ? Avons-nous, pauvres nounounes, l'expérience du polyremplissage ? que nenni !  Il nous faut nous débrouiller avec un seul sujet. On tient notre imagination captive et on nous dérobe à la vue les objets par lesquels la Nature nous donnerait les premières notions des sciences naturelles, astronomie, et autres géométries.

"Le désir est déclenché par la promesse qu'un événement agréable va se produire : manger, boire.. ou faire l'amour. Des stimuli sensoriels sont envoyés au cerveau. Le cerveau libère alors une substance clé : la nounoumine. A la fois hormone et neurotransmetteur, celle-ci va notamment activer certaines zones cérébrales qui, ensemble, sont responsables de la perception du plaisir. Toutes les cellules sont alors mobilisées dans un même but : l'acte qui permet la ssatisfaction du désir."

Encore Lucien. Il en remet une couche. Comme si c'était notre genre de ne rien comprendre. Et avec ça, on nous demande d'être tempérente et vertueuse.

Mais qu'est-ce que la vertu si ce n'est un puissant somnifère ??

Pour récompenser ceux zé celles qui ont eu l'indulgence de lire jusqu'au bout,

voici en exclusivité une photo finement intitulée

1er_juin

"la nounoune dans la fleur de l'âge"

par Nounoune3 (et pas la moindre)

(en fait, elle préfère rester incognito, alors faites comme moi, ne l'appelez surtout pas Nounoune. Merci pour elle)

12 mai 2013

De ma faute

Moi la faiseuse de kystes, motons et nodosités en tout genre, j'en ai un nouveau, du jamais eu du jamais vu : sur le doigt ! et le fait qu'il soit situé sur l'annulaire est absolument dû à rien du tout ! c'est le pur hasard !!!!!! alors hein, c'est pas la peine de me faire des commentaires !!! Déjà que je ne peux plus me peindre les ongles !!! (ou alors une seule main, bref, de l'injustice caractérisée !)

Dialogue avec la gastro-entérologue :

(moi) C'est bizarre, depuis que vous m'avez fait la colo et que je sais que je n'ai rien de grave, tous mes symptômes ont disparu !

La gastro, qui est du genre à se marrer quand elle se brûle, a les lèvres qui s'étirent vers le haut : elle émet un petit rire ! ma gastro, qu'a toujours l'air d'avoir enterré toute sa famille, elle rit !!!! Purée, heureusement que je suis assise !!! (heu, c'est moi qui la fait rire, ou bien ????)

- Par contre, continue-je en lui brandissant mon annulaire sous le nez, j'ai un kyste !

- Ahahahahah, un kyste !!!! Soyons fou !!!! Un kyste, Madame Neige, ahahahahhaha !!! qu'elle me plante, la gastro, sur le terreau étonné de mon incrédulité.

J'y crois pas !!!! Elle se gausse !!!!!!

C'est de ma faute, peut-être, que même si on sait qu'on somatise on somatise quand même ?????

 chiot

C'est pô juste !!!!!!!!

4 mai 2012

On n'achève pas les taggueurs

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Habituée par ma sœur à recevoir des gros trucs emmaillotés comme un bébé de l’an 1300, quelle ne fut pas ma surprise hier de découvrir dans ma boîte aux lettres une enveloppe toute simple et même pas scotchée d’une épaisseur inversement proportionnelle à ce qu’elle contenait, à savoir un délicieux petit sac tout de parme garni, dans lequel étaient cachés un porte-lunettes de soleil et un porte-mouchoirs. Je suis vraiment très touchée, surtout par le porte-mouchoirs qui va bien me servir pour essuyer mes larmes, vu que je viens de me faire taguer par Karleman. C’est dans ces moments-là qu’on se dit : mon Dieu, merci. Que serais-je devenue si je n’avais pas reçu ce porte-mouchoirs à si bon escient ? aurais-je dû éponger dans mes rideaux les larmes de désespoir de ceux qui subissent les affres du tagguage ? Eh bien, je sais que je vais vous faire mal, mais la réponse est oui. Oui, mille fois oui, car comme vous l'avez remarqué, je suis une nana extrêmement réservée et discrète et que par conséquent je hais les tags qui vous obligent à dévoiler des pans entiers de votre intimité.

Alors c’est pour ça qu’aujourd’hui, je dis : Édith, M E R C I. Merci d’être à mes côtés dans cette épreuve.

Et merci à toi Karleman d’avoir pensé à moi pour ce tag, t'as sûrement rien d’autre à faire que d’empoisonn taguer les copines mais t’inquiète, je te revaudrai ça ;-)

Oui alors donc, allons-y gaiement. Plus vite ce sera fait plus vite ce sera fait.

Alors voyons ..

1- Quel est votre prénom préféré ?

Adeline, le prénom de ma fille aînée. Je l’aime trop. Je l’aime tellement que je l’ai toujours appelée Adeline. Vous allez me dire, en même temps c’est son prénom. Ben ce n’est pas son avis. Elle aurait voulu que je l’appelle mon lapin, mon chou en sucre ou la chair de sa mère. Les enfants ne sont jamais contents.

2- Vous souvenez-vous de votre première fois ?

Évidemment ! comment pourrais-je jamais l’oublier ??? c’était en Suisse, vu qu’il n’y a que là qu’on en trouve des bons. Il était doux, onctueux, il fondait sous la langue. J’en ai consommé des tas d’autres depuis, vous pouvez me croire !!! mais jamais, jamais, je n’ai retrouvé la saveur exceptionnelle du chocolat blanc de mon enfance ..

3- Êtes-vous plutôt sucré ou salé ?

Je suis poivrée.  

4- Quel est votre pire souvenir ?

Hier soir, quand j’ai reçu le mail de Karleman m’annonçant que j’étais tagguée.

5- Quel est le film qui a marqué votre adolescence ?

"on achève bien les chevaux" (en même temps, c'est le seul que j'ai vu - dans le cadre scolaire -, car je n'avais pas le droit d'aller au ciné).

6- Quel est votre rêve le plus fou ?

Que les tags disparaissent de la surface de la planète.

7- Si vous aviez été sur le Titanic lors de son naufrage, quel aurait été votre comportement ?

J’aurais taggué tout le monde.

8- Le prénom de votre premier grand amour ?

Tous mes amours sont mon premier grand amour ..

9- Quel est votre blog préféré ?

Chance. Quelle bonne question. Waouh. Celle-là, c’est la plus belle qu’on m’eusse jamais posé. Si. Vraiment. C’est audacieux. Il fallait oser. Sincèrement.

10- De quelle couleur sont vos yeux ?

Poivre et sel (comme les cheveux).

11- Y aura-t-il de la neige pour le prochain Noël ? si oui pourquoi ?

Ah, enfin une question intéressante ! eh bien, oui, il y aura de la neige à Noël. Tout simplement parce que nous avons actuellement un printemps pourri, plein de flotte et que cette flotte s’accumule dans les nuages où elle se condense, prête à bondir. Les nuages grossissent, grossissent, et quand ils seront devenus bien lourds, dans six mois, ils exploseront comme un ballon de baudruche en larguant sur les humains ébahis leurs flocons jolis qui au passage se seront transformés en cristaux de glace. Ce qui me fait dire qu’il vaut quand même mieux être un nuage qu’une femme, parce qu’au moins eux quand ils grossissent ça sert à quelque chose !!

21 août 2013

C'est tout

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Si comme moi, vous étiez fane de Michael Douglas, vous connaissez "Liaison fatale", "Harcèlement" et même "La guerre des Rose". Vous connaissez et vous avez adoré ces histoires même si la femme tient un rôle de sacrée folle furieuse !!!!!!!

Et pourtant. Essayez de vous rappeler : ça ne vous est jamais arrivé, à vous, de vivre quelque chose comme ça ?? Un feu d’artifice phéromonal, ou juste sentimentique et romantal, voire tout ça à la fois tout mélangés, aussi mélangés que vous deux imbriqués l’un dans l’autre ? hein ? ne serait-ce qu’une fois, une seule ?? Jamais vous n’avez connu ça ? quelque chose de si fort que tout le reste, absolument tout le reste, n’a plus aucun goût ? On ne se reconnaît plus soi-même, parce qu'on n'est plus soi-même, on ne pense plus qu’à lui, qu’à elle, le temps s’est arrêté, pas envie de bosser, pas envie de draguer, les copains sont ennuyeux, les copines, les cinoches, les concerts, on s’en fout, on veut qu’une chose, être avec lui, avec elle, c’est tout. C’est tout. C’est tout.

Franchement, combien d’entre vous n’ont jamais vécu ça au moins une fois dans leur vie ??

Et quand, à un moment qu’on n’aurait jamais voulu connaître, on se retrouve seul(e) sur le bord du chemin, qu’est-ce qui nous passe par la tête ? hein ? Est-ce que vous vous rappelez ce qui nous est passé par la tête au moment précis où tout s'arrête ?

On oublie, c'est sûr, après on finit par oublier ... mais sur le moment, qu’est-ce qui peut bien nous être passé par la tête ?? Combien d’entre nous s’en souviennent ?

Eh bien Tamar Cohen l'a raconté. Tamar Cohen m’a emmenée, avec beaucoup de talent je dois dire, dans la lente et folle agonie d'une amante éconduite après cinq années de bons et loyaux services. Et c’est ça, trouve-je rétrospectivement, qui manque au film "Liaison fatale" : la version Qu’est-ce qui peut bien passer par la tête de cette folle furieuse ????

Si la réponse vous intéresse, ou même, si vous avez juste envie de faire une haletante, angoissante, étonnante rencontre littéraire, lisez ce livre.

Oui, si vous avez aimé Liaison fatale, lisez-le.

 

La vengeance d'une maîtresse, Tamar Cohen (JC Lattès)

 

10 septembre 2010

Comment ne plus l'aimer ?

Une_affaire_conjugaleIl y a les livres dont j’entends parler. Il y a ceux que j’achète les yeux fermés parce qu’ils sont d’un auteur que j’aime.

Et puis il y a les autres. Ceux qui me cueillent et qui, parfois, sont de merveilleuses surprises.

Celui-là m’attendait benoîtement dans la librairie de ma ville. En plus, il était tout seul comme un ptit malheureux (ma librairie étant une toute petite librairie..)

Je l’ai lu d’une traite. C’est la première fois que je lis quelque chose qui se rapproche autant de ce que j’ai vécu et qui le décrit avec une telle acuité. Alors, quand j’ai cherché sur le net qui est cette Éliette Abécassis et que j’ai découvert certaines commentatrices de son livre qui disaient que l’histoire est peu crédible et/ou à vomir, moi je dis : "Bienheureuse es-tu, et puisses-tu ne jamais connaître ça !"

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Pour bien faire il faudrait commencer par divorcer. Et se marier ensuite. On ne connaît pas un homme dans le mariage. Tout cela nous égare vers des chemins qui ne sont pas ceux de la connaissance mais ceux de la vie. Non. La seule façon de connaître vraiment son conjoint, c’est le divorce. Là, on prend la pleine mesure de sa qualité humaine, morale, psychologique.

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Il existe deux types d’hommes, indépendamment de l’orientation sexuelle : ceux qui aiment les femmes, et ceux qui ne les aiment pas.

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Pour moi, c’était une décision impossible à prendre : celle de ravager la vie de mes enfants, celle de voir à jamais leur conception de l‘amour et du couple saccagée, leur idéal à jamais piétiné. Celle de se dire qu‘on s‘est trompée, qu‘on a choisi le mauvais époux, le mauvais père, le mauvais homme. Celle de comprendre que l‘amour n’est qu’une illusion, une névrose, une anecdote estivale.

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Comment avais-je pu autant le surestimer, et me sous-évaluer à ce point? Comment avais-je pu m’aimer aussi peu ? Comment avais-je pu l’aimer ? Et comment ne plus l’aimer ?

 

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Il y a des gens qui profitent de votre malheur pour vous saigner à blanc : ce sont les avocats. Il y a des policiers ratés qui jouent les agents secrets : les détectives. Il y a des gens naïfs qui font semblant d'être plus intelligents que les autres : les médiateurs. Il y a ceux qui ont échoué à faire tous les métiers précédents : les notaires. Il y a ceux qui s'acharnent à démolir tout ce qu'ils ont construit, maison, couple et enfants : les maris. Et il y a celles qui se laissent prendre par tout le monde : les femmes.

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Dans la maison, quelque chose avait changé avec son départ. Au début, je n’arrivais pas à définir ce que c’était. Puis, je compris, c’était son odeur. La maison sentait le frais, la lessive, l’air pur. Je respirais l‘air de la liberté. Et pourtant mon esprit n’était pas libre. C’était comme si je ne pouvais pas me passer de lui, comme si je n’arrivais pas à faire le deuil, (*) non pas de notre relation, mais de lui, de son existence. Un lien terrible m’attachait à lui, ou plutôt à l’idée de lui - un lien à côté duquel l’amour n’était qu’un fêtu : le lien de la victime à son bourreau. Il n’y a pas de nom pour décrire cette relation, qui pourtant est réelle, et qui s’apparente au syndrome de Stockholm : le lien victimaire.

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* NDA : après m’être séparée de mon mari, j’ai continué à porter mon alliance plus d’un an, jusqu’à ce qu’un jour, une amie me le fasse remarquer : je ne m’en étais même pas rendue compte ..

PS la première photo d'église est celle d'Ermont (Val d'Oise) et la seconde a été prise à Plérin (Côtes d' Armor).

21 avril 2013

Une telle liberté

coeurs

 

Quand on s’intéresse à la généalogie depuis longtemps, au bout d’un moment on ne peut que remarquer les concordances de dates que l’on retrouve régulièrement. Par exemple, si vous faites un grand tableau de votre ascendance maternelle et paternelle, mentionnant sous les noms les dates de naissance, mariage, décès, et même d’autres événements, vous remarquez vite que d’une famille à l’autre reviennent des dates similaires, comme des fils invisibles reliant les familles entre elles (par exemple, mon père est mort le jour de naissance du père de ma mère, et des dates comme ça, il y en a plein).

Or donc, de la même manière que le 12 février, jour du mariage de mes parents et de tous les ascendants de mon père sur quatre générations (sacré hasard pas vrai ?), mais aussi, tant qu’à faire, jour de naissance du fils de ma sœur ! eh bien le 18 avril est "une date" pour moi. Une date "lourde". En fait je la zappe la plupart du temps, mais ayant en ce moment divers soucis je suis quand même allée vérifier, et c’est bien ça : c’est un 18 avril que mon divorce a été prononcé.

Tournant les pages de mon livret de famille je lis : "Les époux se doivent mutuellement fidélité". Tout soudain je m’arrête sur cette phrase : "Les époux se doivent mutuellement fidélité".

Pourtant, de nos jours, on dirait vraiment que cette chose est complètement obsolète. Autour de moi, je n’entends et ne vois que des comportements tendant à faire croire que même mariés, on peut aller avec d’autres partenaires en toute liberté. Peut-être que les obligations des mariés ont changé et que je ne suis pas au courant ?

Attention : je ne porte pas de jugement. Je n’en ai même strictement rien à faire, si les époux se sont infidèles. Les gens font ce qu’ils veulent, là n’est pas la question. Non, la question que je me pose est la suivante : un jour, alors qu’on est adulte et responsable de ses actes, on se marie. Selon la loi française, on s’engage à être fidèle. C’est comme ça, c’est marqué sur le livret de famille, en tout cas c’était marqué quand je me suis mariée. C'est écrit nulle part que le mariage est un menu dans lequel on peut choisir que ce qui nous arrange.

Alors comment ça se fait que de nos jours souffle ce vent de folie qui fait que cette petite phrase minuscule est complètement jetée aux oubliettes, comme si elle n’existait pas, et que tant de gens fassent comme s’ils ne s’étaient jamais engagés à rester fidèle à leur compagne/compagnon ? je sais que l’infidélité a toujours existé, là n’est pas la question, mais de nos jours, on s’en cache de moins en moins. On parle même de "liberté". Est-ce une telle liberté de faire du mal à celui ou celle qu’on est censé aimer ? car qui dit infidélité dit souffrance, non ?

Avec le père de mes filles, j’y avais été confrontée maintes fois. J’étais à cette époque-là d’une naïveté affligeante (je repense à toutes les occasions où j’aurais pu, moi aussi ... mais que je ne l’ai pas fait pour honorer ma promesse de fidélité, justement). Purée, on peut dire qu’il m’en a fait voir ! il plaisait aux femmes, il avait non seulement un côté petit garçon extrêmement tendre qui séduit toujours (dit autrement il était complètement immature), mais aussi, pour reprendre une expression à la mode, "une part féminine" exacerbée. Bref. Toujours entouré d’un harem ! J’en ai pris plein la tronche, c’est un doux euphémisme, mais le pire du pire c’est que je ne me défendais pas. Soumise jusqu’au bout des ongles.

Et le pire du pire du pire, c’est que lorsqu’on s’est séparés et que je me suis retrouvée seule, je me suis empressée de me jeter sur des hommes mariés !!! pourtant, j’en rencontrais des gentils, des disponibles.. ben non. Je le voulais marié ! Pourquoi ??? Pourquoi ai-je fait à d’autres femmes le mal que j’avais enduré ?? Comment même ai-je pu le faire ??

27 mai 2010

Les yeux plein d'extase

jeunes

 

Je me suis intéressée toute petite à la seule chose qui vaille la peine en ce bas monde, en tout cas à mon sens : l’amour. Et plus précisément, l’amour entre un garçon et une fille, parce que j‘avais cru comprendre qu’on pouvait faire ensemble des trucs super chouettes qui nous assuraient le bonheur pour toute la vie, comme se marier et avoir beaucoup d’enfants (enfin .. surtout, les faire).

Tout naturellement, je me suis d’abord tournée vers ma maman pour avoir de plus amples précisions.

C’est comme ça que j’ai appris que l’amour, c’est beau et pur. Tellement pur que quand Papa voulait lui prouver le sien, Maman esquivait (en tout cas au début. Je ne savais pas encore que c‘est une stratégie féminine, ah ! ah !) oui donc chaque fois que Maman le repoussait, Papa rentrait chez ses parents super contrarié et jouait du piano avec de grands gestes désordonnés si bien que toutes les touches volaient en éclat. Ce qui, il faut bien le reconnaître, ne mettait pas ma grand-mère dans les meilleures dispositions possibles au sujet de celle qui deviendrait un jour sa bru : qui pouvait bien mettre son fils habituellement si calme et si docile dans un état pareil ?? Sans compter que les rendez-vous de mes parents finissaient par lui coûter cher en touches de piano.

Or, donc, disait Maman, l’amour c’est bôôôô et pûûûûr.

"J’avais plein de copains", disait encore Maman, "j’étais un vrai garçon manqué, je me suis jamais entendue avec les filles - les filles beurk !! c’est faux-jeton et compagnie !! - mes copains, je partais camper avec !" (Ah chouette, me disais-je, on va rentrer dans le vif du sujet !) "Ton père ça le rendait fou !", continuait Maman, "Mais bon, on cam-pait, hein. Je couchais pas !! " (Oh non !! flûte !!)

- Ton père, ça a été le seul ! (aaah, tout de même !!!! et alors ?????)

- Et alors quoi ? Ben j'me suis retrouvée avec toi !

Quatre lettres. Pas mieux : BIDE.

47998021

Bon, me suis-je dit la mort dans l’âme. Va falloir chercher ailleurs.

Il s’appelait Jean-Paul. En plus j'me disais que c’était forcément un bon filon parce que ses parents avaient cinq enfants. C‘est dire s’ils devaient connaître le mode d’emploi !!!!

Las !! Jean-Paul était super timide. Pourtant, il y avait eu des exercices d’investigation très prometteurs dans les caves de l’immeuble où nous habitions, mais ils n’ont jamais abouti à ce qu’il était censé m’enseigner pour la bonne raison qu’il devait chercher lui-même ce que j’espérais qu’il m’apprenne.. Comme quoi, hein ! Faut jamais se fier à un garçon à qui on est obligée d'apprendre à faire du patin à roulettes ! (Jean-Paul, pitié si par extraordinaire tu tombes sur ce blog : JE PLAISANTE !!!!)

Alors sinon, il y a eu Dominique. Le problème c’est qu’il était très grand (ou alors c’est moi qui étais très p'tite, c‘est selon)(enfin, en âge, je veux dire). En plus, Dominique ne jurait que par le cochon. Le jeu du "cochon qui rit", vous connaissez ? Il devait se dire que c’était bien le seul truc potable qu’il pouvait faire avec une minote comme moi.

Or donc, imaginez ze scène :

La moi petite, assise par terre, en face d’un Dominique super concentré sur son (-« (« ç_è_èàçç-(-ç( de purée de jeu de cochon.

Je l’observais du coin de l’œil, mon Dominique au corps de braise, - oui, je sais, j’étais précoce - en train de taper ses viriles cuisses chaque fois qu’il jetait un 6 aux dés. On peut pas m’enlever que j’ai toujours su très jeune ce que je voulais (même quand j‘arrive pas à l‘avoir, mais c‘est une autre histoire). Et puis comme disait ma grand-mère, "Si tu décides pas qu’un homme est un homme, espère pas t'en servir un jour".

Or donc, j'observais mon Dominique dans un but totalely désintéressé, seulement voilà, j’avais beau mettre et remettre le contact à coups d’œillades appuyées qui ont largement fait leurs preuves depuis, tout ce que j’ai réussi à allumer c’est mes nerfs chaque fois qu’il s’esclaffait en vissant une queue à son cochon.

Finalement, c’est mon cousin.. Pas celui que je rêvais d’épouser, mais son frère, l’aîné de la cousinade. Un espèce de grand ténébreux tout timide, taciturne et solitaire, .. toujours seul dans son coin. C’était le seul de mes cousins avec qui je n’avais pas tellement de relations rapport aux traits de caractère que je viens de mentionner ci-dessus.

Or, à l’époque où il a fait son service militaire, on s’est mis à s’écrire assidûment, moi parce que j’ai toujours aimé ça, lui parce qu’il s’ennuyait ferme. Du coup, quand il avait des perms, il venait me chercher - normalement j'avais pas le droit de sortir, mais là, c'était pas pareil, mon père avait toute confiance, puisque c'était avec mon cousin ..

C’est comme ça qu’un jour, il m’a emmenée aux Vingt-Quatre Heures du Mans. On avait dormi chez un pote à lui, avec tout un tas d‘autres potes à lui, tous plus vieux que moi, évidemment, puisqu’ils avaient l’âge de mon cousin.

Le soir, ils discutaient sans accorder la moindre attention à l’insignifiante gamine que j’étais pour eux. Et bien sûr ils parlaient des filles.. et de tout ce qu’on peut leur faire avec un brin d’imagination ..

Et voilà comment j'ai su.

Bon, le truc, c’est qu’à les entendre j’ai cru longtemps que le .. enfin, le .. le "machin" des garçons était comme qui dirait, téléguidé, qu’il trouvait le chemin tout seul, et qu’en plus, ça faisait direct crier et se tordre les filles de plaisir, qu‘elles en mouraient de volupté avec les yeux plein d’extase, si bien que j’ai été un peu surprise lorsque pour moi la chose fut venue..

Mais ceci est une autre histoire ..

7 juin 2013

Conte de fée

eleph mer

 

Je me la pose de plus en plus souvent la question. Je me la pose même tous les matins : vais-je être obligée de le reprendre, ce foutu machin ? vous savez, le truc miracle qui fait voir la vie en rose bonbon (et accessoirement, prendre 120 kilos et ressembler à un phoque femelle). J'ai rien contre les phoques, hein. C'est juste que du coup, en dansant dans ma cuisine je ressemblais vraiment à ce charmant aquachose, avec le son ! Ben oui, avec cette pilule miracle je me sentais tellement bien que je chantais (faux) en y mettant tout mon coeur !

Bon, vous me direz, ça résoudra pas mon problème de fond.. ça me fera juste tomber dans l'autre extrême ! En même temps, c'est plus marrant de chanter, même comme un phoque, que de pleurer, flûte alors ! sans compter tous les hommes qui vont se traîner à mes pieds ! Car croyez-moi les filles, j'ai vu la différence maintenant ! faut pas croire tout ce qu'on raconte au sujet de la sveltitude, les mecs, ce qu'ils veulent, c'est des trucs à se mettre plein les mains ! Comme dit Chipsa, on grossit pas, on augmente notre surface de caresses !!!!!

Oh lala, mais de quoi solliloque-je encore ?????? comme dirait mon fils,

" Môman, tu le vis ton conte de fées !!!!!!!!! "

- ???????

- .......... tu fée la vaisselle, tu fée le ménage, tu fée la lessive ...."

10 août 2013

Dramatique

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http://desyeuxdebitch.wordpress.com/

 

La scène se passe au téléphone.

(moi, décrochant) Clo !!!!!!!!! Comment tu vas ?

(Clo, petite voix) ouuuuuuh lala …… Ces derniers temps ont été catastrophiques, mais là je crois que je viens d’exploser mon forfait !!! je suis dans une sale année niveau mec ..

(moi) moi c’est une sale décennie ..

(Clo) Chasteté, pauvreté, fidélité ! J’ai une auréole qui me pousse !! Et tu sais quoi ? je crois que c’est général. Ma femme de ménage … je t’ai parlé de ma femme de ménage ?

(moi) Qu’est-ce qu’elle a ta femme de ménage ?

(Clo) Elle vient de se faire larguer ! Elle est complètement déprimée la pauvre. Surtout qu’elle venait de se convertir à l’Islam.

(moi, cherchant le rapport avec la choucroute) Ah bon ???

(Clo) Ben oui. Elle aime que les Arabes. Donc elle est devenue Musulmane. Pour rien ! remarque, elle boit, elle fume, elle est pas voilée .. c’est une Musulmane libérée, quoi ..

(moi) ça existe ça, les Musulmanes libérées ?

(Clo) Ben, en ce qui la concerne, oui ! Remarque, c’est pour toutes les femmes spoliées à travers le monde ! D’ailleurs, tu savais que le prophète Mahomet a dit que les époux devaient battre leur femme ?

(moi) Oui je le savais, mais t’as pas besoin d’aller si loin pour trouver ça. Au XVIIIe siècle, ici en France, c’était dans l’ordre des choses, on pensait que la femme devait être battue, et l’épouse n’avait pas intérêt à se plaindre.. T'imagines, toutes les pauvres qui ont eu un mari violent ??

(Clo) C'est scandaleux. J'écoute France-Culture, comme tu sais, on en apprend des choses sur France-Culture. Encore que leur façon de s’exprimer laisse un peu à désirer .. par exemple, est-ce que tu t'es rendu compte que le mot "dont" a complètement disparu ????????

(moi) Noooooooon ??????

(Clo) J'te jure ! Maintenant, on entend des phrases comme : "Le sujet que je parle". Le mot "dont" n’existe plus !!!!!!

(moi) C'est pas vrai ??

(Clo) La langue française s’appauvrit, c’est dramatique !!!

(moi) T'es sérieuse ?

(Clo) Absolument !! Comme tous les sujets passionnants, la langue française tombe en désuétude !!

(moi) Heureusement que je suis assise !! quel choc !!

(Clo) Tu vois, même dans les récits pornographiques du XVIIIe siècle ..

(moi) Ah bon, tu lis des récits pornographiques du XVIIIe siècle ?

(Clo) Oooooooooooooh, c'est l'heure que j'aille promener mes chiens !  Ils vont tout me renverser avec leur queue si ça continue ! Tu les entends japper et gémir ?

(moi) Ah je croyais que c'était toi au souvenir de ce que tu as lu dans tes manuels porno ..

 

5 juillet 2013

Jamais contentes

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Consultation chez le médecin pour cause de poids. Oui, parce que figurez-vous que jusqu’à l’année dernière, j’arrêtais pas de grossir… maintenant, j’arrête pas de maigrir !!! (jamais contentes ces nanas !!)

(doc) Bien alors défaites-vous, vous montez sur la balance et ensuite je vous mesure..

(moi) Comme les enfants ?

(doc) Voilà. Comme les enfants ..

(Puis, s’approchant de moi qui suis sous la toise) Ah.. vous avez un renflement sur le bras.. ça vous fait mal ?

(moi) Un ronflement ????

(doc, me triturant) Là, une petite masse ..

(moi) Super, en fait de me rassurer sur mon poids vous me trouvez une masse !!!

(doc) Ca doit faire longtemps que vous l’avez, avec vos dix kilos en plus ça s’voyait pas !

(moi) Merci de me rappeler que j’étais une grosse patate !

(doc) On dirait un lipome ..

(moi) Un lipome ????? qu’est-ce que c’est que ça encore ???????

(doc) C'est rien !

(moi) Je vous remercie ! je risque pas d’avoir la cervelle encombrée avec vos explications !

(doc) C’est rien je vous dis, ne vous angoissez pas ..

(moi, complètement angoissée) J’m’angoisse pas !!! Et qu’est-ce qui se passera après ?

(doc) Faut voir. Une exérèse, hop hop !

(moi) Laissez-moi deviner : une exérèse, c'est rien !

(doc) Je vais vous prescrire une échographie pour qu’on soit rassurés ..

(moi) Très rassurant !!!!!

(doc) Mais ne vous inquiétez pas !

 

Au centre de radiologie.

(échographe) Madame Neige !!!!!!! (oui oui, je suis très connue au centre de radiologie). Bon alors, il est où votre truc, aujourd'hui ???

(moi) Sur le bras. J’ai un renflement.

(échographe, me plaçant face à lui) Heu, sur quel bras ?

(moi) Le bras droit. Là.

(échographe, prenant son machin et commençant à regarder sur l’écran sans grande conviction) Ben c’est votre muscle deltoïde, il est un peu gros c’est vrai, mais bon. Vous faites du sport ?

(moi) De la natation ..

(échographe) Ah c’est bizarre, normalement la nage développe les deux deltoïdes, c’est vrai que le votre est beaucoup plus développé à droite, mais bon en même temps vous m’avez fait tellement de trucs bizarres .. vous nagez que sur un côté peut-être, hu hu hu !!!! Franchement je vois rien ! pas de lipome. Juste un gros muscle ! A partir de maintenant, z'avez qu'à nager uniquement avec le bras gauche !!!

 

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emoticone piscine

18 janvier 2013

Sorry

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Hier soir, sorry, j'étais trop claquée pour vous raconter quoi que ce soit. Plus usant que l'attente, ya pas. Oui parce que figurez-vous que j'ai attendu. J'ai attendu de 8h30 de l'aube jusqu'à 18h le bonhomme de Lapeyre qui devait amener le bitonio qui manque à ma porte d'entrée que je viens de faire changer. Or, ce bitonio est indispensable. Que dis-je, indispensable ? VITAL. Sans lui point de fermeture possible. Et pour une porte, ne pas fermer, vous avouerez que ce n'est pas ce qu'on a trouvé de plus pratique.

Or donc, 9h30 est passé, puis 10, puis 11. Tout en pestant intérieurement contre la non-ponctualité de certaines personnes,  je me suis dit qu'une petite prière ne serait pas du luxe et je me suis jetée par terre pour que ma supplication ait plus de poids. Ce qui n'a pas manqué de surprendre mon facteur au moment de sa tournée, lequel, me trouvant à quatre pattes, m'a proposé de l'aide pour me relever. 

"Heu, merci... Mais tout va bien.  Je prends juste un moment pour me recueillir. Vous n'avez rien contre les gens qui prient avant le repas, n'est-ce pas ?"

Je ne saurai dire avec exactitude la signification de ce que j'ai lu dans ses yeux au moment où il m'a donné mon courrier, avant de fuir à toute allure. Je ne pouvais pas en dire autant du bonhomme que j'attendais et dont je n'avais toujours pas vu l'ombre d'une paupière.

J'ai fini par appeler le magasin.

Injoignable. Sur un chantier. Un problème. Coincé dans les neiges. 

Oui, parce que figurez-vous que depuis lundi soir, nous avons de la neige en Île-de-France.

La neige chez nous, c'est merveilleux : les gens n'honorent pas leur rendez-vous (la neige), les trains ne circulent plus (la neige), on arrive en retard au boulot (la neige).

J'étais surtout en colère parce que j'avais prévu d'aller manger avec ma fille à Paris, et que si le bonhomme était passé à l'heure dite, en 20 mn c'était plié et j'aurais pu sortir. Bref.

A 13h coup de téléphone de l'homme qui a occupé toutes mes pensées hier.

Excuse bidon. Je serai là à 16h30 assure-t-il. Bon, ça me laissait quelques belles heures pour vaquer, même si ma sortie à Paris était tombée à l'eau avec tous mes espoirs de faire des photos sublimes vu qu'hier il faisait super beau, et puis râler à cause de quelque chose qui est derrière soi ça ne sert à rien pas vrai ?

Seize heures trente je suis sûre que vous avez compris : personne.

Et comme ça jusqu'à 18h, où le courageux a délégué à une secrétaire le soin de me prévenir qu'il avait fini sa journée sans trouver le temps de passer (et sûrement aussi les doigts gelés pour prendre son portable et me prévenir) et patati patata et qu'il me fait dire qu'il va passer demain matin à 8 h ..

"Ne vous fatiguez pas", ai-je dit à la femme, démontrant une fois de plus ma fabuleuse capacité de contrôle, "il n'est pas passé et il n'a pas pris la peine de téléphoner" (ça aurait été débile de déverser mon énervement sur une nana qui n'y était pour rien, non ?), "par contre pour demain, qu'il m'appelle, je vais avoir deux ou trois petites choses à lui dire..".

C'est vrai quoi !! M'enfin !!!

5 juin 2013

Quelque chose et moi

joie

 

"Il était un jour, il était une fois, quelque chose et moi". C'est une chanson de Lenorman que plus personne ne connait, sauf peut-être ceux de mon âge. On écoutait ça au Juke-box en sirotant un tango, avec ma Jul qui était la meilleure amie de ma soeur (en tout cas jusqu'à ce qu'elle devienne aussi la mienne). Pour se changer de tenir la chandelle elle avait décidé de me tenir compagnie, même si j’en n’avais pas vraiment besoin vu qu'on était tout ce que le village comptait de jeunes à se retrouver dans ce troquet face à la gare et subtilement appelé "L'Arrivée".

Julia était jolie. Super jolie. Elle était Portugaise (j’ai repensé à elle quand je suis allée au ciné l’autre fois ..), elle avait de beaux yeux noirs et elle se teignait en blonde. Ca lui allait très bien.

Et puis elle était gentille, marrante, bref, mon alter égale, même si ses états d'âme tenaient tous dans la phrase : "J'en ai marre de tout, sauf de toi". Eh oui, Jul en avait toujours ras-le-bol, mais comme c'était une déprimée très joyeuse et que j'étais une joyeuse très déprimée, on s'est tout de suite bien entendues.

C'est là-dessus qu'il est arrivé. Lui. Lui dont je rêvais depuis le jour où je l'avais vu. J'avoue, ça fait super cliché ! Mais c’est la vérité ! Il me plaisait trop! en fait, "vu" c'est un bien grand mot, je l'avais juste aperçu : on ne fréquentait pas les mêmes bandes, lui il était baba à fond, Hare Krishna et tout ça.

Oui donc, ce jour-là dans ce café où il ne venait pourtant jamais il est entré. Les cieux se sont mis à chanter et les oiseaux se sont ouverts. En guise de cheval blanc il a pris une chaise et il s'est assis à notre table.  C’est comme ça qu’on est devenus les trois inséparables, Jul parce qu’elle voulait rester avec moi, moi parce que je voulais rester avec lui, et lui parce qu’il voulait rester avec Jul, comme il me l’apprit très vite et en aparté. Ce qui me fit me poser pour la première fois la question "Qu’est-ce que j’ai que je n’ai pas ?". Mais le voir en ami c’était mieux que pas le voir du tout. Et puis Jul s’en fichait de lui, elle avait des vues sur un autre (qu’elle a fini par épouser, d’ailleurs).

Arrivé à ce stade de ma narration vous devez vous demander où je veux en venir ? Ben moi aussi. Car au départ je voulais pas du tout vous raconter tout ça. Je voulais juste vous parler de la jalousie. Enfin, celle qu’on cache.

Je veux dire : imaginez, la première fois que vous rencontrez un homme. Enfin, si vous êtes une fille. Encore que sans doute les gays ont les mêmes soucis que les hétéros, mais bon. Où j’en étais ? ah oui, la première fois : donc vous êtes une femme et vous rencontrez un homme. Est-ce que de but en blanc, vous lui déballez comme ça tous vos quatre défauts ? surtout si le plus gros de vos quatre défauts c’est d’être super jalouse ??? Ben non, hein. Vous ne dites rien. Vous faites genre la détachée qui comprend tout, surtout si en plus vous êtes la confidente de ses désirs inassouvis pour une autre.

Parce que les mecs, d’accord peut-être ça les flatte quand on est jalouse, mais ça les fait aussi direct prendre leurs jambes à leur cou. D’ailleurs à mon humble avis ça doit être valable dans les deux sens (enfin je veux dire pour les deux sexes).

Enfin je prends comme exemple la jalousie parce que c’est un défaut que je n’ai absolument pas. Mais c’est valable pour tous les autres. Ce que je veux dire c’est qu’au début on se présente sous un jour qui n’est pas tout-à-fait nous (une nous "enjolivée" on va dire). On se colle une image qu’on croit que l’autre va aimer, dans le but de le (la) séduire (ou en tout cas, pour qu'il (elle) se barre pas tout de suite). On fait tous ça, je crois.

Et vous, le(s) truc(s) que vous essayez de ne pas montrer au début, c'est quoi ?

19 décembre 2012

Un bon père

chiot

 

Je vous ai souvent parlé de mon père. Dans ma famille, il était ce qu’on appelait "un bon père" : il avait une conscience aigüe de ses responsabilités de chef de famille, il était généreux - pas de ses sous, c’était plutôt le contraire, il calculait toujours tout au centime près, fille ou pas fille ! - non, il était généreux de lui, de se donner, lui.

J’ai déjà évoqué les scènes dont ma sœur et moi avons souffert toute notre enfance, jusqu’à mes 14 ans en fait, âge où je suis entrée à l’Ecole Normale en pensionnat. Ma sœur qui en avait 12 s’est retrouvée seule face à lui à ce moment-là, elle a alors fait un deal avec notre père, elle vous en parlera si ça lui chante.

Pour mon père, ses enfants étaient toute sa vie.

Il voulait se marier (il vouait une adoration peu commune à ma mère), il voulait avoir des enfants, beaucoup d’enfants, comme son propre père d’ailleurs et son grand-père avant lui. Maman, elle, voulait un fils.

Juste un fils.

Avant notre naissance, Papa avait dévoré tous les bouquins possibles sur l’éducation. Enfin, ce qui se disait à l’époque d’une éducation réussie. Il avait aussi appris la manière de prendre soin d’un bébé. J’ai des souvenirs de nous toutes petites et c’est notre père qui faisait notre toilette.

Déjà, il faut savoir que mon père n’était pas désiré. Je pense (ça n’engage que moi) qu’un petit foetus dans le ventre de sa maman sent ces choses-là. Surtout quand on le secoue comme un malade ou qu’on vient le triturer à coup de dieu sait quoi pour qu’il déguerpisse.

La blessure de rejet était profonde. Ça ne s’est pas arrangé par la suite, puisque lorsqu’il s’est pointé malgré tous les efforts de sa mère pour le faire disparaître, un grand frère de 8 ans était déjà dans la place, adulé de tous, et particulièrement des parents chti de mon grand-père chti. Je précise ça parce que, rhm, mais non mais non ils n’étaient pas peu fiers d’être de chnord .. (mon oncle est né là-bas, alors que mon père est né en région parisienne, mes grands-parents au début ne vivant pas ensemble (je vous l'ai raconté ici)). 

Bref ! pour ma famille paternelle mon oncle était l'indétrônable porteur du précieux nom familial, mon cadet de père ne servait donc à rien (ironie du sort : mon oncle n'a pas eu d'enfants .. ;-))

Papa ne m’a jamais fait de confidences mais j’ai su par des cousins très proches quel genre d’adolescent il était. Les qualificatifs qui reviennent sont : studieux, fiable, solitaire. Sa cousine le considérait comme un grand frère sur lequel elle pouvait toujours s'appuyer.

A ma sœur et moi, notre père a appris que les choses ne doivent pas être faites, elles doivent être bien faites. Que ce qui est commencé doit toujours être fini. Qu’on ne peut compter que sur soi et ne jamais rien devoir à personne..

Et que tout finit toujours par s'arranger .. ;-) (voir ici si vous voulez)

Bref, pour revenir à cette "générosité" dont je parlais plus haut, tous les soirs que Dieu faisait, mon père après sa journée de travail "s’occupait" de ses filles. Il ne se détendait pas devant la télé, il ne profitait pas de la présence de sa compagne (qu’il aimait pourtant profondément), il "s’occupait" de ses filles. En fait, il corrigeait nos devoirs d’école. Très vite, l’expression consacrée est devenue : il nous "corrige"..

Il voulait nous donner ce qui lui paraissait le plus précieux, ce dont il avait le plus manqué : du temps, son temps.

C’est donc du temps qu’il nous a donné, à sa façon, avec ses moyens. Il voulait aussi nous donner de l’instruction car c’est ce qui l’a sauvé. Sur moi, l’aînée, la pression était terrible. Par chance, j’ai toujours adoré apprendre !

Ma sœur était, comment dire, plus distante peut-être, différente assurément, il avait moins de prise sur elle.

Mais bref, il a passé avec nous toutes ses soirées pendant douze ans .. On s’en serait passé, mais lui aussi sûrement, non ?

 

Il y a quelques jours, je suis tombée sur son carnet de poèmes, des poèmes qu’il écrivait lorsqu’il avait 17 ans.

Je vous en propose un :

 

Pourquoi pleures-tu, mon âme ?

Dis-moi quel est ce dictame

Qui me fait venir les larmes aux yeux

Dis-moi, est-ce le hasard miséricordieux ?

Est-ce la haine de la mort ?

Est-ce l’amour qui est en tort ?

Pourquoi ces songes obscurs ?

Pourquoi toutes ces ordures

Qui viennent souiller mon esprit ?

De quelle erreur est-ce le prix ?

Pourquoi toutes ces calamités

Pourquoi, pourquoi vivre

Dans cette vie, idiote et ivre

De faire mal, de nuire à l’homme.

 PC197877rr

 

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