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le blog de Ambreneige
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22 septembre 2009

ma femme ..

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C’est ma femme qui m’a enseigné la non-violence lorsque j’ai essayé de la plier à ma volonté. Sa résistance obstinée à ma volonté d‘une part, et sa tranquille soumission à la souffrance que lui infligeait ma stupidité d’autre part ont fait que finalement j’ai eu honte, et que j’ai été guéri de ma stupidité à croire que j’avais de naissance le droit de la dominer. Et finalement elle est devenue mon professeur de non-violence.

Mohandas Karamchand GANDHI (1869-1948)

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24 août 2012

Tout s'explique

eau

Mon élément préféré ? l’eau !!! j’adore l’eau, j’adore nager !! Et cet amour, c’est à mes parents que je le dois !!

A ma mère d’abord.

Issue d’un milieu très pauvre, elle avait dû travailler dès l’âge de 16 ans, à peine son certificat d’études décroché.

"Certifikadétud’ ?? ouaich !! c’est quoi ça ???"

Ça, mon jeune ami, c’était alors la certitude que l'on savait lire et écrire correctement !

Or donc, on était pauvres dans la famille de ma maman,  mais ce n’est pas pour autant que la vie était triste. C’est juste que ce qu’on finissait par obtenir avait plus de valeur. Or, ma mère désirait deux choses : un accordéon et camper au bord de la mer.

Avec sa première paie, elle s’était offert cet instrument dont elle avait rêvé toute son enfance et qu’elle réclamait inlassablement au Père Noël (qui avait fini par remplacer les oranges par un harmonica mais qui ne lui avait jamais apporté d’accordéon).

1952 Man St Prix

Avec la seconde paie, elle s’était acheté une petite tente.

 4Man tente

Dès que l'occasion se présentait, ma mère partait avec sa petite tente sur le dos. C’est comme ça que très jeune, elle a découvert les plaisirs du camping et de la natation (dans la Méditerranée, if you please !).

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Quant à mon père ..Ah ! mon père ! une personne comme lui ne peut que me faire éprouver un large panel d'émotions et de sentiments forcément contradictoires ! Je vous ai souvent parlé de lui en ne brossant que la partie qui m'a fait souffrir et me terrifiait, et du coup, vous l'imaginez sans doute comme un espèce d'ogre. Et pourtant. Mon père a été le seul homme sur qui je pouvais m'appuyer, sur qui j'ai toujours pu compter.

Mais revenons à notre natation.

Mon père était un adolescent timide et solitaire qui se réfugiait dans les études, les livres, loin du monde violent qui l'entourait (il a connu la guerre quand il était petit, son grand frère a fait de la Résistance, son père a été prisonnier en Allemagne, et ensuite lui-même est parti en Algérie à l'âge tendre de 20 ans). Mon père était très renfermé. En plus, pour ses parents, seuls le travail et les études comptaient, alors les vacances .. Pourtant, mon père est parti régulièrement à la mer. Avec qui ? avec sa tante maternelle qui emmenait tous les étés ses propres enfants aux Sables d’Olonne.

C’est donc tout naturellement les Sables que mon père a fait découvrir à ma mère lorsqu'ils sont partis camper ensemble pour la première fois. Et d’ailleurs, c’est là, paraît-il, que j’ai été conçue, par une épouvantable nuit d’orage. Mes jeunes parents plein de la fougue de leurs 20 ans avaient planté leur tente dans les environs d'un endroit au nom charmant :

le Trou du Puits d’Enfer !!

puits_enfer

Si la nuit avait commencé avec de chaleureuses étreintes, elle s’était terminée à tenir les piquets de la tente pour ne pas qu’elle s’envole. Bilan : que ce soit au début ou à la fin, ils n’avaient pas fermé l’œil de la nuit.

Mon emménagement dans le ventre de ma mère s’est donc passé sur fond sonore de mugissements maritimes et de bourrasques d’un vent de folie. "Tout s’explique !!!!" m’avait rétorqué Frédéric la première fois que je lui ai narré la chose (qu’avait-il bien pu vouloir dire par là ????).

Bref. Mes premières vagues, c’était donc celles des Sables, pour mes un an.

 aout 56 Sables Pa Nad

aout 56 les Sables

A partir de l’été suivant et de la naissance de ma sœur, mes parents s’étaient contentés de la Manche, parce que c’était beaucoup plus près.Eh oui, ce n’est pas parce que Maman avait ses deux petites (Brie avait un mois) que ça l’empêchait de partir. Un vrai sirop de la rue, ma mère ! enfin, du sable en l’occurrence.

a juil 57 Francev

sous la tente : Brie avec notre père

Ce n’est pas compliqué, on partait tous les étés. Au début sous la tente, et franchement mes parents avaient un sacré courage, trimballer tout le fourbis pour cinq personnes dans la remorque, ensuite déballer, planter la tente, puis remballer, reprendre la voiture, re-déballer, etc (oui, parce qu’en plus ils avaient la bougeotte !).

Bien entendu, c’est mon père qui m’a appris à nager. Ce qui fait que je ne nage sûrement pas aussi bien que les jeunes que je croise à la piscine, qui filent comme des dauphins avec une maîtrise parfaite.. mais je nage et j’aime ça..

Ce à quoi je pense ? à tous ces moments de joie pure que mes parents nous ont offert en nous emmenant à la mer. Vous avez déjà léché les fines traces blanches laissées par le sel de la mer sur votre peau ? vous avez déjà sauté par-dessus les vagues ? vous avez déjà observé, sous l’eau, ce petit monde d’une richesse inouïe ?

Bon OK, la mer c'était aussi le bronzage des premiers jours. Enfin, quand je dis bronzage .. à l'époque on ne connaissait pas encore les méfaits du soleil, ce qui veut dire que les premiers jours on virait d’abord rouge écrevisse (oui, parce que j’ai oublié de vous dire que mes parents adoraient l’Italie, un pays où comme qui dirait t’es sûr d’avoir toujours du soleil), après quoi on pelait (je vous raconte pas les nuits qu’on passait avec ma sœur, on ne supportait même pas le drap de couchage sur la peau, rhhaaaaa !!) ..Maman nous collait du vinaigre pour soi-disant soulager les brûlures, ce qui fait qu’en plus de puer la vinaigrette on attirait tous les moustiques du quartier ! aaaaaaah !! c’était le bon temps !!

Partout où on passait, on se baignait. C’est ainsi qu’on a nagé dans ..

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 les lacs suisses, comme celui de Vevey

a Ouistreham

la Manche

PICT4612la mer

l'Adriatique

PICT4575rimini1963

l'Adriatique toujours.. (elle nous a connus par coeur celle-là !!)

baignade 67

l'Atlantique, avec parfois des vagues..

 Nad Hourtin 1966

plus hautes que nous et qui nous recrachaient sur la rive

sans maillot !!

hourtin ds la mer 1966 nous 3l'Atlantique toujours,

aout 1966 ste marie de la mer

..plus on approche de l'Espagne, plus la mer est bleue !

meregee

la mer Égée

corfou

la mer ionienne

aout74 dia

les chutes de Škradin (ex-Yougoslavie ;-))

**

 

Et vous les amis ??
 
votre ''élément" préféré ??

(¯`*´¯)
`*.¸.*
¸.*¨ ¸.*¨)
(¸. .´ ¸¸.`¨
*

14 janvier 2008

les clous

Cher Papa,

Je t’ai pleuré longtemps lorsque tu nous as quittés.

Tu as su m’apprendre l’obéissance inconditionnelle, l’amour sans réserve, et quand je m’égarai du droit chemin, le tien, Maman était là pour m’y ramener.

Je me rappelle encore de tes formidables leçons de vie,

comme "ce qui arrive aux autres est toujours de TA faute", "tu n’as qu’un droit, celui de te taire" ou encore "il n’y a pas de demande, il n’y a que des commandes".

Pardonne-moi si je n’ai pas toujours été docile.

Mais je n’étais qu’une petite fille.

Je ne comprenais pas tes règles de vie simples et cohérentes, comme te regarder en baissant les yeux et obéir dès la première injonction.

Heureusement, Maman était là pour me dire que c’est pour mon bien. Et que je te faisais tellement de mal quand je désobéissais !

Toute ma vie j’ai essayé d’appliquer tes principes.

Oh, je l’avoue, çà n’a pas été facile. J’avais énormément de désirs !

Heureusement, tu m’as expliqué que çà ne compte pas.

Au début, c’était très difficile.

Alors quand j'avais envie de quelque chose, j’allais planter un clou dans un volet de ma maison.

Rageusement, il est vrai.

Mais je voulais tellement que tu sois content !

Alors j’ai vite progressé.

Si bien qu’ensuite j’ai pu enlever un clou chaque fois que je réussissais ce que tu m'as appris.

Tu peux être fier de moi, Papa.

Il n’y a plus aucun clou dans mon volet.

Et c’est pas grave, n’est-ce pas, si les clous ont laissé des trous dans le volet et qu’il ne sera plus jamais comme avant ?

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27 juin 2009

aimer

Quelque chose de nouveau est né en moi lorsque je suis devenue maman,

un sentiment ingénieux, imaginatif,

comme si mon cœur,

après la naissance de chacun de mes enfants,

devenait de plus en plus éminent, voluptueux,

de plus en plus vivant,

je déborde tellement de cet amour qu’il se glisse dans chaque tâche, chaque geste quotidien, dans le linge que je lave, que je plie après y avoir mis des bisous,

le matin j’ouvre la fenêtre, je me laisse interpeller par la lumière du jour qui va caresser la vie de mes filles, de mon fils, et un dialogue muet s’établit entre mon cœur gonflé d’amour et le vaste ciel,

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j’aime embrasser mes enfants, les serrer contre moi, (je vous dis pas ce que j’endure de mon fils qui me sèvre de ses bisous) ;(

mais tout autant j’ai envie d’aimer plus fort, plus large, plus loin, comme si la ' moi intérieure ' s’était dissoute pour laisser tout doucement une ‘moi extérieure’ se renouveller et se recharger d’amour (l’inverse est vrai aussi ;-))

..étant mère et grand-mère,

 

j’en ai tant et tant, de cet amour à donner,

et dans cette délicieuse nécessité,

je réalise que plus je donne, plus il me reste à donner :-)

 

L'amour se répand autour de moi

me façonne, me montre comment vivre,

indépendamment de moi le contenu de mon cœur devient utile à tout, m’élève et me nourrit,

d’une nourriture suffisante,

il ne saurait en être autrement, puisque ce que j’éprouve pour mes enfants et pour mes petits-fils est un amour inconditionnel

et pourtant, - pourtant, est-ce que, parfois, je ne les juge pas ?

mais qui me permet de juger ?

(comme dit Lilou : qui l’a dit ? ;-))

Ne m’arrive-t-il pas d’éprouver de la rancœur ? de la jalousie (snif...) ? est-ce que je les aime encore lorsqu’ils ne sont plus aimables ? car la seule condition d’aimer n’est-ce pas, est d’aimer sans condition !

Bon allez, une petite phrase d’Etty que je trouve infiniment juste :

"Il n’existe aucun lien de causalité entre le comportement des gens et l’amour que l’on éprouve pour eux. L’amour du prochain est comme une prière élémentaire qui vous aide à vivre"

© Etty Hillesum, (Lettres de Westerbork)

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13 juin 2009

délivrance

PICT3010Il est possible de détruire quelqu’un avec des mots, avec des regards, avec des sous-entendus. Il est possible de détruire quelqu’un en lui faisant croire qu’on l’aime. Il suffit de le dénigrer de manière permanente, de l’humilier, y compris devant les proches, par des remarques incessantes et d‘autant plus perverses qu‘elles ne seront perçues que comme d‘affectueuses boutades, de tendres moqueries. Le tout dissimulé derrière des conduites affectives qui tentent à nous désorienter totalement. Comment se méfier en effet d’un homme qui vous assène des taquineries qui semblent sans importance, mais qui vous assure du matin au soir qu’il ne peut pas vivre sans vous ? PICT3017qui instaure progressivement autour de vous un isolement total, vous coupant peu à peu de vos amis, des membres de votre famille qui ne pensent pas comme lui ? Isolement subtil qui fait de vous la coupable, puisqu'il vous fait croire que c’est vous qui le contraignez à agir ainsi, que c’est "pour votre bien" . Est-il dans le déni ? est-il pervers ? comment savoir ? Toujours est-il que ce déni paralyse la victime, comme sont paralysés les enfants battus puisqu’on leur fait croire que la violence n’existe pas.

La violence, en effet, est une perception de la réalité. Or quoi de plus facile que de persuader une femme, amoureuse de surcroît - je rappelle que l’amour rend complètement stupide, en tout cas au début, et qu’on va jusqu’à aimer les petits travers de l’autre sur lesquels on s’attendrit benoîtement - PICT3035quoi de plus facile, disais je, que de faire croire que sa perception des événements est erronée ? Il suffit de nier purement et simplement que les faits aient eu lieu, de convaincre la personne qu’elle a dit et fait ce qu’elle n’a pas dit et fait, qu’elle s’invente des problèmes, qu’elle interprète les événements, qu’elle déforme tout ! Et accessoirement, de lui rappeler ses traumatismes d’enfance qui donnent du sens à tout ce qui précède, renforçant encore la culpabilité de la victime.

PICT3060Il est difficilement concevable d’accepter que quelqu’un qui vous aime ou qui est censé vous aimer vous fasse subir une telle violence sans raison alors on apprend à intellectualiser la maltraitance en justifiant l’attitude de l’agresseur. (Ma mère par exemple, lorsque mon père était particulièrement violent, nous disait de ne pas "le provoquer" car "il avait de la tension"), c’est ainsi qu’insidieusement, nous allons chercher les motifs de la maltraitance, non pas dans le comportement du manipulateur, mais en nous ! Trop fragile, trop sensible, pas assez intéressante, pas intelligente, etc., toutes ces croyances étant renforcées par l’attitude incohérente du manipulateur qui consiste à nous embrouiller, à nous faire perdre tous nos repères, ne plus savoir ce qui est acceptable ou non, et qui détruit lentement et inexorablement notre estime de soi et oblige à vivre dans un sentiment permanent d’insécurité. Or l’angoisse est un frein puissant à la prise de conscience car elle génère des mécanismes psychologiques visant à nier la réalité pour la rendre plus supportable.

C’est pourtant de cette prise de conscience que naît la liberté.

Qu'est née ma liberté.

PICT3063

La délivrance, comme dit ma sœur.

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24 mai 2009

tendresse

L'aîné de mes petits fils est un petit garçon tendre et affectueux. Plus d'une fois je le vois passer son bras autour des épaules de son petit frère, lui caresser les cheveux, poser sa main sur son crâne juste pour en sentir le contact, et souvent je lui réclame un bizou en ouvrant les bras, pas un bisou de bonjour ou un bisou de merci ! non, un bizou "pour rien", alors il laisse tout en l'état, son coloriage, son livre, son jeu, pour accourir me faire un bizou, puisque je le lui réclame ! (j'ai déjà essayé avec le cadet.. ça ne marche pas !)

Et puis en feuilletant l'album familial je me suis aperçue de quelque chose ...

1

là, au "bain", je tiens la main de ma petite soeur qui n'a que quatorze mois

2

du haut de mes trois ans et demi, un bras protecteur sur les épaules de ma petite soeur de 22 mois

3

4

et sur cette photo là Brie, avec ton costume de petit alsacien, tu allais sur tes 4 ans, tu n'as pas l'impression de voir ton propre fils ????

il_deserto_aout_1964

quelque part dans le nord de l'Italie

ma main droite est sur l'épaule de Brie

PICT4579vesuve_1964_1

assis au bord du cratère du Vésuve

une main sur le genou de Maman, l'autre sur le genou de ma soeur

(nota bene pour Clo : un bisou pour rien, chez moi ça s'écrit biZou)(pluriel bizouX)  ;-)

24 juin 2007

illustrations

Nounoune1 (moi)

1

Mon portrait réalisé par Clo (je ne m‘en lasse pas) (je ne parle pas de Clo mais de ses photos) (enfin je ne me lasse pas de Clo non plus mais je ne voudrais pas que cela fût mal interprété)( Diane a tellement l’esprit mal tourné). Oui donc, où en étais-je ? Là sur cette photo on m’a parlé de rien de spécial, donc je suis zen de chez zen. Cool. On voit d’ailleurs bien mon œil vif et enjoué (le seul qui est ouvert), mon air paisible et mes superbes cheveux. C’EST FABULEUX !!!!!

Nounoune1(encore moi)

2

Lung Ta vient de me parler d’impermanence. Jme demande si ya pas un fond de cruauté qui sommeille en lui.

Nounoune2 (Diane)

3

Portrait réalisé par son joint, un jour qu’il a essayé de lui expliquer la vacuité.

A vrai dire, il n’a pas réussi. Il a trouvé plus rapide de la prendre en photo.

D’ailleurs, on voit bien le questionnement qui agite Diane:

" la vacuité? C’est-tsu résolumint tell’mint kékchôz, mais kwouaèè ????"

Nounoune2(encore Diane)

4

Lung Ta a testé l’impermanence sur Diane.

Même supplice, même résultat.

Nounoune3 (Brie)

5

Par solidarité sororale parce qu’en vrai ma sœur n’en est pas une ! (nounoune, pas sœur) Elle est même l’exact contraire (pas d’une sœur, d’une nounoune) ! Mais on lui pardonne (elle amène la bière)

Nounoune4 (Gredine)

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Je la suppute d’avoir profité de la débandade générale qui sévit par ici pour s’être glissée parmi les nounounes, l’air de rien.

Jvoudrais bien être une nounoune aussi fine qu’elle !!

Mais bon, admettons.

N.B.IL PEUT ARRIVER QUE LA NOUNOUNE NE SOIT PAS UNE FEMME !!!!!

C’est assez exceptionnel, mais çà s’trouve. Dans ce cas, la plupart du temps c’est un homme. Finement qualifié de "nono".

J’en ai trouvé un exemplaire

7

quoique jme demande s’il ne joue pas les nonos uniquement pour s’immiscer (arf arf !!) entre les nounounes..?

Bon j’plaisante.

Il veut juste appréhender la nounoune de façon ludique.

A moins qu’il ait décidé de tester définitivement son aptitude à rester zen.

1 mai 2011

le joli mois de mai

SteMarieBeauceEnFleurs29Mai2007

La fête bat les murs de Paris en cette douce tièdeur de XIIIe siècle. Le long des fenêtres, des feuillages odorants, des guirlandes de fleurs multicolores. Ces mêmes branches d’arbre que les jeunes gens déposeront devant la porte des filles qui font battre leur coeur ..

Ménestrels, musiciens, jongleurs, conteurs, tous sont là. Les uns jouant de l’instrument, apostrophant le passant, les autres débitant quelque farce, tous dans leurs beaux atours bigarrés. Et au milieu des chaussées, sur les places, on danse. Autour des arbres de mai enrubannés, on danse. Certes, le mêlage des filles et des garçons y est récent. Jusqu’alors, l’Eglise veillait au grain, interdisant de mêler les sexes : la femme n’est-elle pas le Diable personnifié ?

Des rondes, donc : les danses de Mai, célébrant l’Amour, la fertilité de la terre et le printemps nouveau.

Mais approchez ! voyez cette charmante sur la grand-place, avec sa frimousse de dragée rose et sa peau incroyable qui sent le lait et les fleurs d’eau ! comme elle est désirable, une sirène, mouvante comme une algue marine ! Tant de grâce, avec sa taille mince, ses jambes longues, sa poitrine petite et haute (les canons de beauté de l’époque me siéent tout-à-fait, époque divine où les gros seins devaient être bandés !). Elle danse, la môminette, ondulant des hanches et du ventre qu’elle a arrondi de petits sacs rembourrés placés sous son blanchet (car la mode, figurez-vous, était au ventre rond !).

La musique tout autour. Sur sa nuque, le regard d’un homme, tel celui d’un chat repu dont la faim renaît. Il s’avance vers elle, elle l’entraîne à sa suite, et chaque fois que la ronde les bouscule, le ventre moelleux de la petite s’écrase contre lui comme une pêche blanche. Et c’est comme un éclair qui le pénètre, c’est doux et chaud, tendre et appuyé. C’est femme, c’est Elle.

En ce joli mois de mai, dans les rues de Paris, on danse.

 

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Au Moyen Âge, outre les critères de beauté féminine absolument géniaux qui consistaient à avoir de tout petits seins et le ventre bien rebondi (purée, j’aurais été Miss France – au moins !!), les femmes se devaient d’avoir le front et le haut du crâne parfaitement dégagés (pour mettre leurs yeux en valeur, paraît-il). Pour se faire, les hommes – qui ont toujours su se dévouer, comme chacun sait – avaient rapporté de leurs conquêtes orientales une méthode épatante qui a traversé les âges sous le nom magique d’ "épilation" : cela consistait pour nos sœurs de l’époque à se badigeonner le haut du visage et une partie des cheveux avec un truc merveilleux à base de sulfure naturel d’arsenic et de chaux vive, ou encore de sang de chauve-souris ou de grenouilles et de cendre mouillée dans du vinaigre (méthode qui avait fait ses preuves chez nos ancêtres les Romains).

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Comme ils trouvaient ça super chouette (faut dire que ça les concernait pas encore ..), ils en avaient profité pour ajouter à la liste des canons de beauté féminine une pratique ramenée elle aussi d'Orient par les Croisés : cela consistait en l’arrachage des poils intimes, poils qui sont, comme nous le savons, " une chose malpropre et messéante".

Bon ceci dit, yavait parfois des ratés, comme en témoigne l'anecdote d’une femme partie aux étuves avec trop peu d’écus et revenue avec seulement la moitié épilée ... « Et advint que comme elle fut retournée et couchée avec son mari, ainsi qu’il la mignotait et prenait son jouet, il n’y trouvait du poil que d’un seul côté ; " Ho ma mie, comment ? on ne t’a pas bien servie. Ton cas est entre deux âges, il n’y a de la barbe que d’un côté". " Mon ami, dit-elle, on ne m’a fait de la besogne que pour mon argent."  Cette remontrance fut occasion qu’elle eut le lendemain un demi-écu pour se faire rajeunir l’autre côté. »

2 mars 2011

brave au combat

Au IVe siècle, nos ancêtres les Gallo-Romains voient une horde de guerriers blonds à la nuque rasée et aux cheveux ramenés sur le sommet du crâne s'abattre sur la Gaule et ravager tout sur leur passage. Ce sont des Francs, que les Romains, histoire de les faire tenir tranquilles cinq minutes, tentent de prendre comme auxiliaires dans leurs légions. Faut dire que les Francs sont des guerriers dans l'âme, ou plutôt dans l'arme dont ils ne se séparent jamais, même après la mort.. ils y mettent tout leur art et toute leur richesse, et d'ailleurs, ils sont redoutables au combat : ils excellent à faire tournoyer leur bouclier, à lancer leur hache (ils ne manquent jamais leur but), et s'ils accompagnent d'un bond le vol de leur lance, ils tombent avant elle sur leur ennemi ! La mort peut les abattre, la crainte, jamais !

Seulement voilà : question discipline, ils sont encore pires que les Gaulois, et ne mettent pas long feu à n'en faire qu'à leur tête. Leur tempérament batailleur et leur farouche esprit d'indépendance empêchent longtemps ces tribus éparses de s'unir pour former une nation. Plus souvent ennemis qu'amis, contre les Romains que pour, leurs divisions ne prennent fin que le jour où le roi d'une charmante petite tribu de Francs saliens subjugue tous ses voisins : Clovis, plus exactement Chlodweg, ce qui dans leur patois signifie "brave au combat".

Lorsque son père Childéric meurt en 481, Clovis n'a que quinze ans et hérite d'un minuscule domaine de rien du tout  autour de Tournai (au nord-est, c'est-à-dire en Belgique actuelle). Rien encore ne laisse présager qu'en trente ans, à force de guerre, de diplomatie et de deux ou trois crimes, il en fera un royaume bien plus grand que la France d'aujourd'hui.

France 

Mais nous n'en sommes pas là. Pour l'instant Clovis est un barbare païen qui cherche rien qu'à embêter son voisin, en l'occurence Syagrius, un Gallo-Romain qui règne sur le domaine situé au sud du petit royaume franc. En trois coups de cuiller à pot, Syagrius est égorgé et tous ses biens et les églises pillés. Le butin est rassemblé à Soissons en attendant d'être distribué à l'ensemble des militaires. Chez les Francs, on se partage tout à parts égales, qu'on soit chef ou simple soldat, chacune des parts étant tirée au sort, y compris celle du roi. Or, Clovis espère récupérer un magnifique vase d'argent, très lourd et d'une grande beauté, provenant d'une des églises dévastées, que le partage ne lui a pas attribué.. il le demande au soldat qui l'a reçu, mais ce dernier refuse et, pour bien montrer sa détermination, cabosse le vase avec sa hache. Clovis fait celui qui s'en fiche, mais l'année suivante, en passant ses troupes en revue, il tombe nez à nez avec l'homme qui a refusé sa requête.

"Personne n'a d'armes aussi mal tenues que les tiennes !! " prétend Clovis, "ta framée, ton épée, ta francisque, rien ne vaut !!"

Et saisissant la francisque de l'homme, il la jette à terre. Le soldat se baisse pour la ramasser, alors le roi lève sa hache et VLAFFFFFF!!!!! il la lui plante dans le crâne, en prononçant ces mots célèbres qui ont traversé les siècles : "ainsi en as-tu fait du vase de  Soissons !".

vase

On voit tout de suite dans ce geste spectaculaire le signe que Clovis est prédestiné à tourner le dos à la barbarie païenne pour embrasser l'humanisme chrétien qui dit oeil pour oeil, dent pour dent !

En attendant, la victoire de Soissons le rend maître de toute la Gaule du Nord. "C'est bien bête d'être tout seul à profiter de tout ça", se dit-il en poussant un gros soupir (surtout qu'il a hérité de son père un penchant quelque peu excessif pour la gent féminine) (Childéric avait la fâcheuse manie de s'approprier les femmes qui étaient à son goût - or, elles y étaient toutes - ce qui contrariait très légèrement les pères et les maris ..).

Bref. Clovis se met en quête d'une épouse, et la trouve en la personne de Clothilde, une princesse catholique de très bonne famille (bon OK, l'oncle qui l'a élevée avait zigouillé toute la famille pour rester seul maître à bord - c'est pas des choses qui arriveraient de nos jours ..) oui et donc, Clothilde, en plus d'être de sang royal, était d'une très grande beauté (ya vraiment pas de justice en ce bas monde).

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Désireux de lui montrer qu'il y est fort sensible, Clovis la couvre de caresses et l'envoie direct au paradis. Du coup, Clothilde veut lui en faire connaître un autre et décide de le convertir au catholicisme.

C'est pas gagné : Clovis se prend déjà pour Dieu, vu que les Francs sont persuadés que leurs rois en sont (des Dieux). Et la preuve indiscutable en est leurs longs cheveux blonds (c'est bien simple, pour se débarrasser d'un Franc, il suffisait de lui raser la tête : il se trucidait sur le champ tellement il était traumatisé de plus avoir ses cheveux).

D'ailleurs, quand le grand-père de Clovis, Mérovée (qui a donné son nom à la dynastie mérovingienne), est venu aux Champs Catalauniques donner un coup de main à Aetius pour écraser les Huns, on devait voir de loin sa belle chevelure dense et bouclée volant au vent.

Enfin bref.

Clovis est donc pas fou de joie à l'idée d'embrasser la religion de sa femme, surtout qu'il a quand même d'autres chats à fouetter, en l'occurence ses cousins germains les Alamans, une bande de pillards qui vient d'envahir la plaine d'Alsace. Sans leur laisser le temps d'avancer à l'intérieur des terres, Clovis se rue sur eux avec tous ses Francs. Seulement voilà, les propos de Clothilde l'ont tellement contrarié qu'il n'est pas du tout à ce qu'il fait.. bilan, ce qui devait arriver arrive : l'avantage tourne en faveur des Alamans. C'est là que Clovis a une idée de génie : il s'écrie : " Ho Clothildas Gott !!" (en franc dans le texte)"wenn du mir gibt das Sieg, werde ich ein Christlich geworden !!" (oh Dieu de Clothilde ! si tu me donnes la victoire, je me ferai Chrétien !)

Dieu répond : " Tope-là, mon pote !"

Tolbiac1

Aussitôt, chambardement de situation : les Alamans sont rétamés en moins que  rien. Cela se passait à Tolbiac, et l'écho de cette victoire résonne encore dans le XIIIe arrondissement de Paris ..

C'est comme ça que Clovis devient le premier roi en Gaule à se convertir au christianisme. Le 25 décembre 496, au cours d'une fête à grand spectacle qui se déroule à Reims, où toute la ville et la cathédrale sont décorées pour l'occasion, le roi, paré de sa seule nudité, entre dans la piscine du baptême où il est immergé, pendant que Saint Rémi lui dit : "Mitis depona colla, Sicamber !" (qu'on a traduit par "Courbe la tête, Sicambre *!"alors qu'en vrai ça veut dire : " Dépose tes colliers, Sicambre" (autrement dit : "ne fais plus confiance à tes amulettes de païen")).

Dans la foulée Clovis y colle sa soeur Aldoflèda et des milliers de ses soldats dans une fabuleuse joute nautique dont s'inspirera Guy Lux pour ses jeux d'interville.

A partir de là, son triomphe n'a plus de fin : les Burgondes, les Wisigoths, bref, tous ceux qui tombent sous sa framée - ce qui fait de lui le premier roi catholique romain à dominer un territoire qui s'étend de Cologne jusqu'au Golfe de Gascogne.

ApresClovis_WEB

En 508, Clovis décide, après Tournai et Soissons, de fixer sa capitale à Paris**, influencé par Sainte Geneviève avec qui il est copain comme cochon, vu qu'elle a super la côte auprès des Parisii depuis qu'elle a suggéré aux Huns par la force qui est en elle d'aller voir ailleurs si l'herbe était plus verte.

En 511, Clovis qui n'a que 45 ans, s'éteint, épuisé mais heureux. Il laisse un immense royaume à ses quatre fils qui vont s'entretuer se le partager, secondés par deux reines d'enfer : Frédégonde et Brunehaut.

Mais ceci est une autre histoire ... 

* comme chez les Gaulois, il y a plusieurs tribus de Francs : les Chamaves, les Chattes, les Ansivariens, les Bructères, les Chérusques, les Angrivariens, les Hattuaires, les Tubantes, les Tenctères, les Usipètes, les Sicambres ..

** Le royaume mérovingien conservera Paris comme "principale" capitale jusqu'à la fin du règne de Dagobert  : avec la décadence du pouvoir des derniers rois mérovingiens, Paris perdra ensuite de son importance (sous les Carolingiens, la capitale deviendra Aix-la-Chapelle en Allemagne).

18 juin 2009

pavlova

Pour la Fête des Mères, ma fille m’avait dit qu’elle viendrait avec sa petite famille, mais qu’il m’était interdit de m’occuper de quoi que ce soit. Elle avait donc amené le repas pour huit personnes qu’elle avait préparé chez elle, et une fois ici, elle avait fait la maîtresse de maison du début à la fin, y compris la vaisselle avant qu’ils repartent ...elle n’aurait pas dû ! Ça m’a permis de me rendre compte ce que c’est super de se faire servir ! Mais bref, ce que je voulais vous dire, c’est qu’elle m’avait permis de préparer quelque chose pour le goûter. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de tester une recette que venait de me donner mon amie Clo, et que je faisais pour la première fois : cela s’appelle une pavlova (finalement, on l‘a mangée au dessert parce que dès que mes petits fils et mon fils l’ont vue, ce n’était plus possible de faire autrement.)

"D'abord tu fais une meringue : trois blancs d'oeufs que tu commences à monter en neige, quand ils commencent à être fermes, mais pas trop, tu ajoutes le sucre (la recette dit 180 grammes, mais moi j'en mets toujours moins, entre 120 et 150 grammes) une cuillère à la fois tout en continuant de battre. Avec la dernière cuillère (à soupe) de sucre, tu mélanges une cuillère à café de maïzéna (ou fécule de pomme de terre) et une cuillère à café de jus de citron. Quand c'est bien ferme, tu étales sur du papier sulfirisé spécial pâtisserie. Dans la recette, on dit de faire un rond, mais on n’est pas obligé...Moi, je fais ça dans mon moule à tarte où j'ai mis avant le papier sulfirisé (ou siliconé, c'est un papier blanc).

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Ah oui, j'oubliai le préchauffage du four : 150°. Ensuite tu mets la meringue dans le four pendant au minimum une heure, il faut que la meringue soit de couleur crème. Laisser refroidir dans le four.

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Après tu mets les 2/3 de ta crème chantilly (moi, je la fais moi-même avec 20cl de crème épaisse (on n’en trouve pas en bio de la liquide) à laquelle je rajoute du lait entier pour la rendre liquide. Il faut la fouetter sur un lit de glace... et ajouter le sucre à la fin (une cuillère à soupe bien pleine, ou deux si tu aimes bien sucré).

Après tu mets les fruits frais : kiwis coupés en tranche, fraises, pêches, nectarines, ananas (des fruits un peu acidulés en fait pour pallier la douceur extrême de la meringue et de la crème)... et ensuite je rajoute le reste de crème au milieu et encore une couche de fruits par dessus la deuxième couche de crème. Ca fait une petite montagne...
Ça se fait assez vite et ça se mange encore plus vite...."

Eh bien je peux vous jurer que ce ne sont pas de vains mots. Pendant les quelques minutes qu’a mis la Pavlova à disparaître,

la tablée était d’un silence on ne peut plus inhabituel quand mes trois petits fils (six ans, quatre ans et un an et demi) sont à la maison ! Même mon gendre en a pris alors qu’il ne mange jamais de dessert !

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roulement de tambour : la Pavlova est sur la table (pas pour longtemps)

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Ah mon Dieu, que c’est dur de patienter !!

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découpage de la Pavlova par ma fille..

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l'aîné de mes petits fils,

laissant avec dédain le far breton préparé par sa mère..

 

le second, plus prudent, n’a demandé que de la Pavlova !

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le troisième,

qui se demande quand est-ce qu’on va se décider à le resservir ??

Et voilà, désolée, j’ai rien d’autre à vous offrir comme photos, je tenais à goûter à cette meringue avant qu’il n’y en ait plus (j’ai bien fait ;-))

Bref, une recette qui est un pur bonheur ! Merci Clo !

17 octobre 2009

Comme un nid douillet

 Ya qu’une personne qui m’a jamais vraiment aimée

c’est elle

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ma grand-mère

(ben oui, sur cette photo j'fais la tête ..

jedevais me douter de ce qui m'attendait après rire)

Ma grand mère,

même quand elle ne cautionnait pas mes choix

elle ne me jugeait pas

toujours à mes côtés, comme un nid douillet

elle continuait à m’aimer ..

 

C’était pas une "mamy gâteau" oh non-non ! pas du tout ! D’ailleurs elle n’était pas très tendre.. c’était pas le genre de grand-mère à faire des câlins ni des gâteaux sucrés..

Juste le genre à aimer,

à aimer comme on aime

quand on aime vraiment ..

C‘est drôle d‘ailleurs, car c‘était pas gagné .. je suis quand même celle par qui son fils lui a été ravi... Papa était si jeune alors, c’était l’année où il aurait dû passer son bacc. C’est dire si la nouvelle de ma probable naissance avait fait du ramdam.

Mais bref.

Faut croire que je suis quand même arrivée.. ;-)

Fallait la voir alors, fière comme une jeune maman, me promener dans ces gros landaus tels qu’on les faisait autrefois..(là avec mon cousin)(celui que j’ai pas épousé)

..et me bercer la nuit pendant des heures en fredonnant une chanson en chti (mes parents ont habité chez elle les quatre premières années de leur mariage, ben oui, c’était déjà la crise du logement !)

Et cet amour mon Dieu, tout cet amour qu’elle m’a donné !! 

Si quelque chose existe encore après sa mort, c’est bien l’amour qu’elle m’a laissé ..

 

Ma grand-mère (au milieu)et deux de ses sœurs - mon Dieu que ma fille aînée lui ressemble !

Ma fille aînée :lors de son premier ptit rôle de figuration (dans ce film là)

et ma grand-mèreà 16 ans

l’âge qu’elle avait à ce moment là 

24 décembre 2013

Un petit chant méticuleux

souris

 

Par la fenêtre, le petit garçon regarde la brume donnant au paysage une impression d’immobilité. Autour de lui, tout est tombé en silence. Il n’y a que le bruit à peine perceptible des flocons qui font comme un petit chant méticuleux. L’enfant est dans la hâte, dans une telle hâte d’être au lendemain matin. Comme la nuit va être longue ! La nuit de Noël est toujours longue .. L’enfant gagne son lit pour s’ensevelir au creux de ses draps bleus.

Finalement, il s’endort. Ô, pas tout de suite. Il a fallu qu’il se convainc de cesser de penser au Père Noël et à ce qu’il va peut-être lui apporter. Oui, il s’est enfin assoupi. Il a dormi longtemps, si longtemps que lorsqu’il s’éveille, il croit qu’il est tard. Le Père Noël est-il passé ? Zut, voilà que cette question obsédante se re-pose. L’enfant éveillé dans son lit se demande quelle heure il peut bien être. Un silence total règne dans la maison.

Il repousse les couvertures et saute du lit avec l’idée d’aller regarder dans la cuisine quelle heure il est. Il sait la lire, tout au moins reconnaît-il les heures, les demis et les quarts.

Il prend la petite lampe que sa maman lui a offert pour ses cinq ans et qu’il peut allumer lorsqu’il a peur la nuit. Bien sûr, cela ne lui arrive plus maintenant – c’est un grand – mais en l’occurrence, la petite lampe va lui être bien utile pour aller lire l’heure sans prendre le risque de réveiller ses parents.

Tout doucement, le garçonnet gagne la cuisine. Comme la maison semble grande et silencieuse, la nuit !

Sur la pendule, les deux aiguilles se trouvent réunies sur le chiffre 12. Minuit ! Il est minuit !!!! C’est Noël !! Le père Noël est-il déjà passé ? Voilà ce que l’enfant meurt d’envie de savoir…

La porte du salon est fermée. Le petit garçon se dit que peut-être, il pourrait entrouvrir la porte, juste un tout petit peu, et éclairer la pièce un court instant avec le rayon de sa lampe électrique pour savoir si le Père Noël est passé ? Il n’y a pas de mal à ça, tout de même ! S’il n’est pas passé, il remontera vite se coucher et fermera ses yeux bien fort, et puis voilà.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Le garçonnet entrouvre la porte et promène à l’intérieur du salon le pinceau lumineux de sa lampe. Le sapin se dresse, magnifique, tout scintillant d’ornements et de boules multicolores, et, oh ! Le Père Noël est passé ! Le tas de cadeaux est plus gros que jamais !

Les yeux écarquillés, l’enfant n’a pas le temps de s’émerveiller davantage, car soudain il voit un spectacle affreux. Kiritéa, sa belle chatte blanche, Kiritéa est là, tapie sous le sapin avec ses yeux qui reflètent la lumière de la lampe comme des billes de feu. Mais ce n’est pas lui que la chatte regarde. Elle ne quitte pas des yeux une toute petite souris, complètement paralysée par la peur, blottie à l’intérieur de la crèche. La petite bête s’y est réfugiée en espérant sans doute échapper au chat qui lui semble gros comme un tigre. Kiritéa s’avance, rampant sur le ventre, jusqu’à la porte de la crèche où elle reste à se régaler d’avance du festin qu’elle va faire.

L’enfant est bouleversé. La souris a aperçu le chat et maintenant elle tremble de peur. Réfugiée dans la crèche, elle tente de se cacher derrière la minuscule mangeoire garnie de paille où repose un tout petit Jésus. Au bout d’un moment, elle se dresse sur ses pattes de derrière et risque un œil par-dessus la mangeoire. Oh ! Quelle horreur ! Elle est plus en danger que jamais ! A l’entrée de la crèche, bloquant l’unique issue, la chatte blanche se tient ramassée, prête à bondir.

Kiritéa la regarde fixement. Elle aussi se dit que la souris ne lui échappera pas. Elle s’amusera d’elle un moment, puis elle n’en fera qu’une bouchée. Une mince bouchée, mais succulente .. Kiritéa se met à ronronner …

Dans la crèche, la petite souris entend ce ronron affolant : un vrai grondement de tonnerre. Elle a envie de crier. Mais qui va l’entendre ? D’ailleurs, qui viendra en aide à une souris ?

A ce moment précis, la lampe électrique du garçon éclaire la crèche.

"Kiritéa !" appelle l’enfant à mi-voix (il ne faut pas faire de bruit, au cas où le Père Noël serait encore dans la cheminée). Kiritéa ne tourne même pas la tête, car, le regard fixé sur la petite souris, elle est en train de lever la patte, prête à s’en emparer. Le petit garçon alors, sans lâcher sa lampe, s’approche pour saisir la bestiole. La souris ne se doute pas qu’elle est sauvée. Pour elle, au creux de cette main tiède elle se croit prise dans un nouveau piège. Affolée de se trouver dans cet endroit inconnu, elle mord le pouce qui ferme cette prison. Bien que très pointues, ses petites dents ne peuvent faire de mal à l’enfant qui, surpris, ouvre la main, laissant tomber la souris qui court se réfugier à toute vitesse sous le canapé.

Le chat, furieux d’être dépossédé de sa friandise, se rue à sa suite. L’enfant suit le chat, poussant le canapé. Là, dans la boiserie, il y a un tout petit trou devant lequel le chat reste planté, impuissant à y entrer. Le petit garçon se penche et dirige vers l’intérieur du trou le rayon de sa lampe électrique. Alors il comprend pourquoi la souris s’est hâtée d’y retourner : dans un nid douillet et cotonneux se pelotonnent cinq souriceaux tout roses, à peine plus gros que le bout du pouce du garçonnet. La mère est déjà installée pour les nourrir. Sous le rayon lumineux, elle ne bronche même pas, sachant le trou trop petit pour laisser passer l’enfant et même le chat.

Alors le petit garçon se baisse pour prendre sous son bras Kiritéa miaulant de dépit, il repousse le canapé contre le mur et retourne se coucher avec le chat contre lui.

Le noir retombe sur le paisible tableau de la crèche, avec sa poignée d’herbe séchée cueillie sur la pelouse, empilée derrière la mangeoire où dort un minuscule enfant Jésus qui grâce à la curiosité d’un petit garçon n’aura pas, le soir de Noël, été entaché par le sang d’une petite souris.

2 octobre 2013

Il est l'heure d'être heureux

panier

 

Quelques années qu'ils se connaissent,

elle est jalouse et possessive,

"la plus impatiente qu’il connaisse",

lui, son cœur grand comme une maison,

il le partage comme du pain.

La première rencontre fut si douce

leurs deux âmes qui se caressent.

Et puis.. et puis c’est arrivé :

une chose qui le rend heureux !

Et la voilà qui s’étonne,

qui cherche sa jalousie, ses chagrins

et qui ne trouve qu’un cœur léger.

Un grand bonheur. Apaisée.

C’est juste qu’elle a enfin compris,

au bout de toutes ces années,

pourquoi au lieu de dire aimer

il dit Ti voglio bene ..

 

 

25 mars 2013

Merci d'être là

Grèce

 

C’est bizarre en ce moment je me sens beaucoup dans les émotions nostalgiques. Bon OK on approche de Pâques (ma mère est morte le jour de Pâques 2007) et je n’ai pas compris tout de suite, en tout cas pas les premières années, qu’une certaine forme de tristesse revenait systématiquement à cette période. D’abord mon corps ressent, ensuite ma tête comprend. Et encore, pas toujours ..

Mais en ce moment, il y a quelque chose de plus, comme si j’étais en deuil de tout. De tout ! Eh oui. Carrément. Modération ça te dit quelque chose comme mot ?

Heu. Non.

J’ai réfléchi à tout ce que j’admire dans la vie, mes modèles en quelque sorte. On a tous (eu) des modèles dans la vie, non ?

Mon modèle, mon Amérique à moi, mon idéal, c’était ma marraine. Une "femme de tête" comme on disait dans ma famille. Une femme qui porte tout sur ses épaules, qui s'occupe de tout le monde, à commencer par ses parents pour qui elle avait fait construire un petit chalet sur son terrain. En fait elle dirigeait tout, même son époux (évidemment ce n'était qu'une apparence).

Oui, je l’ai admirée du plus profond de mon âme, ma marraine était mon idole, je me rappelle les conversations sans fin que nous avions sur tous les sujets, je m’en rappelle une en particulier, c’est quand nous étions partis tous ensemble en vacances en Grèce, j’avais 14 ans et déjà mon projet de partir loin (cap Nord ou Inde, mais non, là encore ce n’est pas les deux extrêmes !) oui donc je repense à cette longue conversation avec ma marraine sur fond de Pirée, la nuit qui tombait doucement sur la mer Égée – oui parce qu’autant ma maman ne lâchait pas un mot, autant sa sœur parlait longuement et de tout avec tous. Pour ce qui était de communiquer avec les enfants à qui elle parlait comme à des personnes elle avait une sacrée avance sur son temps je crois.

Mais bon, revenons à nos moutons. Or donc voilà, j’ai réfléchi à toutes ces qualités que j’admire chez les autres, en particulier chez les femmes. Des qualités qu’entre parenthèses, je n’ai pas forcément. Mais j'ai fait comme si. Parce que c’est ça le truc. Je ne sais pas si vous avez remarqué, souvent on se met la pression pour certaines choses en se disant que ce doit être comme ceci et comme cela, et quand je dis qu’on se met la pression je pourrais même dire qu’on se pourrit carrément l’existence à vouloir être d’une certaine façon même si ça nous épuise, que des tas de signaux essaient de vous prévenir que bon, ya pas mort d’homme comme dit ma sœur, mais on se sent obligé de le faire quand même parce que pour nous c’est ça qui est admirable. Voilà.

Eh bien non. Des fois ça peut être admirable de déléguer. Je viens de le comprendre. Et ça ne fait pas de vous une mauvaise personne pour autant.

Alors j’ai téléphoné à mon ex. Le même qui il y a vingt-six ans m’a déchirée en petits morceaux comme une vulgaire feuille de papier et que je croyais jamais, au grand jamais de ma vie que je reprendrai contact avec lui un jour.

Donc j’ai appelé mon ex, je l’ai appelé au secours. Je lui ai demandé quelque chose, lui l’homme le moins fiable du monde, et il a satisfait ma demande, me permettant ainsi pour la première fois de notre vie à tous les deux que je puisse lui dire merci.

Merci d’être là. Enfin.

8 janvier 2013

Vilain petit canard

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Marie écrit ici : J'espère que tu apprécies la chance que ta maman t'ait parlé de son accouchement, ce n'était pas si évident que cela.

J’apprécie, en effet. Ma maman était toujours prête à me fournir des réponses, même si on peut s’interroger sur la qualité des informations qu’elle me donnait, et qui font que lorsque je me suis pointée, on ne peut plus guillerette, pour "aller faire" ma première fille, j’ai été, comment dire .. un peu surprise de la tournure que prenaient les événements ;-)

Cette curiosité m'étant venue toute jeune, ma Maman m'avait appris très tôt que les enfants s’achètent en magasin et que lorsque le lot de garçons (spécimen très recherché) est épuisé, on se retrouve avec une fille, cruauté qui par deux fois avait frappé mes parents.

Un peu plus tard il y eut quelque progrès dans les explications, sauf que celles-ci avaient été à ce point sommaires que je me demandais bien si c’était réellement suffisant de s’allonger côte à côte pour que le bébé arrive. Bien que particulièrement naïve, il me semblait fortement qu’un élément primordial avait été omis (je n’eus pas plus de détails au sujet de la voie de sortie du bébé, autre que "par le ventre ! "  – notez, je vous prie, l’évidence traduite par le point d’exclamation final qui ne tolére aucune autre question).

Le mystère resta entier jusqu’à ce qu’adolescente, je fis moi-même mes propres investigations en ce domaine ..

Le plus étonnant en fait, c’était que ma mère parle si librement de ces choses dans une famille où les femmes étaient d’une pudeur en parfaite adéquation avec l’époque. Maman, du coup, faisait office de vilain petit canard, voire de délurée - et en tirait une certaine gloire, il faut bien le reconnaître.

Comment cela s’est-il pu ? une ébauche de réponse est que, lorsque Maman perdit son père à l’âge tendre de deux ans, mon arrière-grand-mère Valentine l’a emmenée en Suisse où elle vivait avec son autre fille. C’est cette autre fille qui a élevé Maman. Or, autant la mère de ma mère était prude et réservée, autant sa jeune sœur était, disons, "nature". Autant ma grand-mère n’eut qu’un seul amour dans sa vie, autant la deuxième s’en laissa conter … un certain nombre de fois.

De plus, ma grand-tante habitait une ferme où ma mère, voyant les animaux mettre bas et observant comment les femelles en étaient arrivées là, en tira des conclusions fort judicieuses sur les choses de la vie.

C’est comme ça que, de retour en France, c’est Maman qui fit l’éducation "obstétricale" de sa sœur aînée, enceinte du premier de mes cousins…

 

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Maman en petit Suisse

(éternel "garçon manqué")

 

1 mai 2012

Beltaine

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Comme je vous l’ai raconté l’année dernière, c’est depuis Charles IX qu'on offre du muguet le 1er mai à ceux qu’on aime.

Mais le muguet n'est pas seulement un porte-bonheur, il symbolise aussi les rencontres amoureuses. D’ailleurs, autrefois, les jeunes filles toutes de blanc vêtues et les jeunes gens, brin de muguet à la boutonnière, se rendaient à ce qu’on appelait "les bals du muguet", où ils avaient exceptionnellement la "permission de minuit" car ils espéraient bien ne pas rentrer "le coeur vide" ..

Mais en quoi cette petite fleur blanche peut-elle bien symboliser les rencontres amoureuses ? eh bien pour le savoir, je vous emmène une fois de plus chez nos ancêtres les .. Celtes, où je vais vous parler d’une de leurs fêtes : Beltaine.

Beltaine est en quelque sorte le pendant de Samaïn, puisqu'elle se célèbre à la date opposée (chez les Celtes il n'y avait que deux saisons). C'est la célébration du passage de l’hiver à l’été, le moment où les fées sortent de leur long sommeil hivernal pour repeindre les fleurs de couleurs vives et raviver leur parfum. Tout comme à Samaïn, pendant Beltaine la frontière entre le monde des Morts et celui des Vivants n’existe plus, sauf que ce ne sont pas les morts qui sont célébrés ici, mais bel et bien les vivants et surtout, oserais-je dire, l'art et la manière de donner la vie ;-)

Beltaine est donc une célébration extrêmement joyeuse : on fête le renouveau de la nature, le retour de la chaleur et la magie amoureuse et sexuelle. C’est pour ça que les Chrétiens y ont vu tout de suite la griffe de Satan, tu m’étonnes ! joie débridée, ivresse et enlacements sensuels dans la nuit complice dédiés au Dieu Bélénos qui, comme l’on sait, s’est accouplé avec la grande déesse Walpurgis la nuit du 30 avril au premier mai (ce qui ne lui a pas porté chance puisqu’il en est mort, non sans lui avoir auparavant donné un fils dans lequel il s’est empressé de se réincarner).

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Or donc, pour fêter Beltaine, les Druides allumaient des feux au sommet des collines en prononçant des incantations magiques dans le but d’attirer le Soleil et d'éloigner définitivement le froid de l'hiver. Le bois que l'on brûlait pour les bûchers de Beltaine provenait de huit arbres différents, considérés comme sacrés : le sorbier, le chêne, le noisetier, le bouleau, l'aubépine, le sureau, l'if et le genévrier.

Deux brasiers étaient allumés l'un en face de l'autre afin de pouvoir faire passer le bétail au milieu et d’ainsi, par la puissance du feu, bénir les bêtes, les protéger des maladies, grâce à quoi elles donneraient un lait abondant et de la bonne viande. De la même façon, garçons et filles de tous âges y passaient aussi pour se purifier.

Les maisons étaient décorées de fleurs en abondance, principalement de muguet puisqu’il s’agit de la fleur de mai, on en tressait des couronnes dont les filles se coiffaient. On allumait de l’encens que l’on perchait haut sur les branches des arbres pour symboliser l'ascension de la lumière. On dispersait des plumes, symbole de l’Air, et des pétales de fleurs un peu partout.

Tous, jeunes et vieux, dansaient autour des feux pour encourager la fertilité de la nature, protéger leur santé et leur prospérité. Ceux qui voulaient s'unir se prenaient la main et sautaient ensemble par dessus les braises du grand bûcher, geste qui équivalait à des fiançailles.

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Comme je vous l’ai dit plus haut, cette fête de la Joie et de la Lumière était la consécration du partage et de la communion entre hommes et femmes. Celles qui avaient un partenaire s'éloignaient à la fin de la fête pour faire l'amour dans le but noble et désintéressé de renforcer la Fertilité de la Nature, et si elles n’en avaient pas, elles en trouvaient un sur place. Un genre d'offrande, en quelque sorte.

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Oui, parce que les femmes celtes pouvaient librement fixer leur choix sur un homme. Elles détenaient un pouvoir qui semblerait colossal même aux plus féministes d’aujourd’hui. C’était un monde où les femmes étaient toujours respectées, protégées, vénérées, un monde dans lequel les hommes révéraient tout particulièrement le pouvoir qu’elles avaient, que nous avons, de non seulement nous reproduire à l’identique, mais de reproduire aussi du différent : des petits mâles.

De nombreuses druidesses jouaient un grand rôle grâce à leurs facultés de clairvoyance et de magie, notamment en politique. Les femmes celtes pouvaient posséder des biens personnels, choisir leur homme, elles pouvaient divorcer si leur mari outrepassait ses droits, et, en cas d'abandon de l'homme suborneur, elles avaient la possibilité de réclamer une forte indemnité. Elles pouvaient même régner. Les femmes celtes étaient reines de ce monde, que d’ailleurs on appelait "Terre des Femmes".

Je vous vois froncer les sourcils.. ce n’est pas que la Femme était considérée "supérieure" à l’Homme, non-non pas du tout !!

Tout simplement, les Celtes se considéraient comme des êtres spirituels avant tout, et le monde dans lequel ils vivaient, notre Terre, était pour eux un monde régi par un principe féminin omniprésent : Dana, la déesse-mère.

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Seulement voilà, un jour les Romains ont investi les territoires que peuplaient les Celtes. Et là, ils se sont retrouvés non seulement face à des guerriers farouches et intrépides, mais aussi face à des femmes libres et courageuses qui se battaient pour leurs familles, leurs terres, leur peuple. Et ils se sont mis à avoir peur, très très peur, eux pour qui les femmes n’étaient que des biens mobiliers - c’est bien simple, les Romaines n'avaient même pas de nom...

Alors ils n’ont plus eu qu’une idée fixe : détruire la culture celte et la remplacer par le mode de vie romain.

Mais revenons à Beltaine. Pendant que hommes et femmes de tous âges se font mutuellement offrande d'amour et de chaleur, les Druides cueillent et consacrent les plantes dont ils auront besoin pour le reste de l’année. Certains, qu'ils soient bardes ou vates, se réunissent dans la forêt des Carnutes pour partager leurs découvertes avec les autres, réunis autour du fameux chaudron rendu célèbre par Obélix et dans lequel mijote un bon breuvage de saison.

Le 1er mai au petit matin, les femmes sortent très tôt pour recueillir la rosée, considérée comme thaumaturge. Elles la conserveront dans de petites fioles et s’en serviront pour purifier et soigner.

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Pour la même raison elles recueillent une partie de la cendre des bûchers et l’utiliseront comme médicament, tandis que le reste est répandu dans les champs pour favoriser la croissance des récoltes.

Elles cueillent ensuite des branches d'aubépine, car le matin de Beltaine est le seul moment où on peut le faire sans mettre en colère les fées. Elles en feront sécher les fleurs pour les utiliser dans un but thérapeutique, et tresseront le reste en une guirlande qu’elles accrocheront au-dessus de la porte pour protéger la maison des esprits malveillants. Avec le bois de l’aubépine elles font de l’encens qu'on brûlera à la fête de Beltaine suivante.

Puis elles attachent aux arbres plein de petits morceaux d’étoffe de toutes les couleurs. A chaque ruban correspond un voeu ou une résolution. En cours d'année, au fur et à mesure que les souhaits se réalisent ou qu'elles atteignent leurs objectifs, elles détacheront le ruban correspondant puis l’enseveliront..

 

Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez lire aussi :

 

 Charles IX et le muguet

Samaïn

10 septembre 2012

Je les remets au vent

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Mon fils, hier soir : "Papy et mamy ne s’aimaient pas, n’est-ce pas ?"

Et moi de le regarder avec des points d’interrogation plein les yeux : "Mais si, mes parents s’aimaient ! qu’est-ce qui te fait penser une telle chose ?"

"Mamy disait toujours un tas de trucs contre les hommes !"

Alors moi : "Mais c’était une boutade !"

Et de lui raconter ...

Tu sais, dans les années 60, le père était chef de famille, il ramenait la paie et à ce titre avait droit à moult égards, ma maman tenait la maison (très bien), repassait les chemises, préparait à manger (très bien et trop : ma sœur et moi on était énormes) (enfin surtout moi). Cette situation était normale, chacun avait son rôle et on ne remettait pas ces choses en question.

Mamy néanmoins souffrait de la dépendance financière qu’elle avait à son mari. A cette époque, la carte bleue n’existait pas, et Papy remettait une somme d’argent chaque semaine à Mamy pour faire les courses et il lui fallait faire avec .. heureusement que les parents de mon père étaient là, mon grand-père était menuisier, ma grand-mère teinturière, elle avait son commerce qui marchait bien et combien de fois elle a dépanné maman pour les courses, mes grands-parents avaient le cœur sur la main et pour ça, malgré des débuts houleux entre ma mère et sa belle-mère, la première n’a jamais oublié ce que la seconde a fait pour elle.

Puis il y a eu 68 qui a tout chamboulé. Pour commencer, Maman a passé son permis de conduire !!! bon, ce n’est pas pour autant qu’elle a pu conduire tout de suite, mon père n'avait sans doute pas assez confiance pour lui confier sa voiture, à moins que ça touchait à sa "virilité" ? ;-)

Bref.. petit à petit, maman a grignoté de l’autonomie, faisant ressortir alors sa nature Scorpion (clin d’œil à Reynald).

Il faut que je te précise qu'alors les femmes étaient considérées comme des "mineures" sous tutelle, même après 21 ans (âge légal de la majorité jusqu'en 1975). Elles n'avaient pas le droit de travailler si leur père ou leur époux s'y opposait. Si leur "tuteur mâle" leur accordait ce droit, pas question qu'elles puissent gérer les ressources financières qu'elles en retiraient : aucune banque ne leur ouvrait un compte à leur nom et prénom. Après 68, mon père a autorisé ma mère à s'ouvrir un compte mais je me rappelle que son chéquier était au nom de Madame (nom et prénom de mon père).

Mai 68 a entraîné une certaine libération des femmes. Dans les années 1970, maman a commencé à prendre la pilule (contraceptive), c’était une merveille qu’on ne peut même pas imaginer aujourd’hui !!!

Bref, tout cela pour te dire qu’à cette période, Mamy a commencé à dire et à faire des choses qu’elle ne s’était jamais autorisées à dire et faire avant, donnant aux conversations de nos réunions de famille des allures d’affrontements, même si dans la réalité cela ne changeait rien : maman continuait à faire le ménage, repasser les chemises et papa à travailler à l’extérieur. Ils s’aimaient, ça c’est sûr, même s’ils ne se parlaient pas (ça ne se faisait pas à cette époque).

 

Lettre à mon mari que j’aime

Pour la première fois depuis ta disparition, je range ton petit coin de chambre et je pleure. Tu me manques terriblement et je ne t’ai pas assez dit combien je t’aimais. Chaque coin de cette maison déserte me rappelle ta présence. C’est vrai que la vie de celui qui reste est un enfer. Je te parle et j’espère que tu m’entends.

Tu me disais un soir <j’ai peur> je t’ai tenu dans mes bras toute la nuit en te disant, tant que je suis là tu n’as rien à craindre. Nous étions trempés tous les deux tant tu transpirais. Nous n’avions pas la parole facile et je regrette terriblement de n’avoir pas été à tes côtés en ces derniers instants. Tes yeux ce soir-là le 24/9 à 21h me disaient tu ne me reverras pas.

Depuis le 25/9 je suis bloquée, enfermée dans ma carapace. J’étouffe et ma gorge se noue par des nœuds. Pourquoi ? pour être brave devant mes enfants, Nadège m’a beaucoup aidée, je ne sais pas si elle en est consciente mais je le pense.

Aujourd’hui je ne suis pas bien car je range un peu et je découvre que tu avais conscience que tu ne reviendrais pas. Tous les petits papiers que je trouve me le disent.

Avons-nous assez parlé ?

C’est trop tard et je suis seule.

 

Voilà Maman, tu n’es plus bloquée. Tu m’as laissé ce mot, intentionnellement ou non, comme toutes les autres lettres "que tu voulais que je prenne après ta mort", pour que je te libère de ce poids qui t’étouffe.

Tes mots, Maman, c’est toute la tendresse de notre passé, tout l'amour qu'on ne s'est pas dit.

Tes mots, Maman, je les remets au vent.

 

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8 septembre 2012

De très loin

vent

Après la mort de ma mère, j'ai traversé une période où j’ai revécu toute mon enfance en rêve. Bilan, je passais toutes mes nuits en larmes, avec la trouille au ventre. Cette plaisanterie a duré environ deux ans.

J’ai toujours mis la douceur plus haut que tout. J'étais une petite fille douce et câline, et cette petite fille qui croit que la douceur c’est toute la vie, elle n’a jamais grandi. Chaque fois que j’ai aimé, au nom de cette è-('è_çè(hgjd de douceur j’imaginais toujours qu'en étant douce tout se passerait toujours bien. Tiens chéri, prends le pouvoir ! prends, CADEAU ! prends tout ! sers-toi !!! j’ai adhéré aux suspicions, intrusions, manipulations, harcèlements, aux rondes des surveillances, interrogatoires, culpabilisations, justifications, justifier tout, même s’il n’y avait rien à justifier. Jusqu’à mes pensées, "À quoi tu penses? À qui tu penses ? ". Je n’existais pas, la relation exclusive prenait toute la place, voilà, exactement comme quand j’étais petite. C’était confortable, au moins un terrain connu ! rentrer dans ce jeu me permettait de ne pas assumer ce que j’avais envie, ou peur, de vivre. En fait, j’ai toujours dit que "l’homme" ne me parlait pas, ou qu’il me parlait "trop" (ce qui revient tout à fait au même) mais moi non plus je ne lui parlais pas. Parce que je me sentais petite, parce que j‘avais peur, peur qu’il crie, qu’il juge, qu’il interprète, qu’il se mette dans des colères terribles .. les mêmes que celles de mon père.

En fait, je n'ai jamais eu de communication avec un homme dans le cadre d'une relation dite amoureuse. La "communication" était à sens unique, le sien, c’est en tout cas ce que je me suis dit très longtemps, jusqu’à ce que je réalise qu’en réalité, il y avait son sens à lui, l’exclusif, mais il y avait aussi mon sens à moi, l’exclusée. Car j’aimais ça avant, être "à lui", complètement "à lui". Ca m’enveloppait, je retrouvais la relation à mon père qui contrôlait tout..

Un jour, c’était il y a longtemps, 20 ans peut-être, j’ai poussé un cri, un long cri, un cri d’animal. Je me rappelle j’étais dans ma chambre et la fenêtre était ouverte. Je ne sais pas le temps qu'a duré ce cri, je sais seulement qu'il venait de très loin, de très profond. Rétrospectivement je me demande ce qu’ont bien pu penser les voisins, sûrement que j’avais mal, mais en même temps c’était ça, j’avais mal et aucun mot à ma diposition pour dire de quoi.

Aujourd’hui, on entend beaucoup parler de la seule fidélité qu’on se doit et qui est la fidélité à soi-même. C’est une belle phrase même si je ne sais pas trop ce qu’elle veut dire. Mais ça a l’air sympa, et puis ça doit être drôlement reposant d’être fidèle à soi.

En même temps, c’est un peu tristoune. Quand on est fidèle à soi c’est qu’on ne peut pas s’offrir le luxe d’être fidèle à un autre.

Un lot de consolation, en quelque sorte.

11 août 2012

Pause pour cause de grand-maternage

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Mes chers amis,

j'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer : je vais devoir déserter le(s) blog(s). Je sais, ça vous broie le coeur. Soyez forts !

La cause ? la chair de la chair de ma chair, multipliée par trois. L'arrivée de ce petit monde n'était prévue que lundi, mais hier soir, ma fille m'a passée son plus jeune au téléphone, qui pleurait à fendre l'âme. Elle venait de lui dire qu'il restait encore trois dodos avant d'aller chez Mamy, alors le petitou, aussi sec, était monté dans sa chambre, avait fermé ses volets et s'était mis au lit (il était 17h) dans le but super logique de cumuler les trois dodos pour pouvoir partir tout de suite après. Quand elle lui a expliqué que ça ne marchait pas comme ça, il s'est mis à hurler à la mort.

Mon Dieu, vous auriez fait quoi à ma place ???

C'est comme ça que dans sa bienveillance, la Vie m'offre ce cadeau merveilleux qu'est le débarquement de toute la smala avec deux jours d'avance.

Mes amis, je vous dis donc à bientôt !! snif snif .. vous allez me manquer ..

Bonnes vacances à ma p'tite Marie, bon courage à Reynald (eh, Elsa, tu vas pas me le mettre sur les rôtules ou bien ????), quant à toi Édith, tu me diras quoi, hein ????

30 mai 2012

La seule chose qu'il nous reste

amoureux


Chers amis,

Je viens de lire sur le blog de Seth l’échange des derniers commentaires et je me suis arrêtée sur une réflexion faite par Lise au sujet de "l’opposition que l’on fait souvent entre le "concret" (le vécu, la réalité) et "l'abstrait" (les tirades philosophiques) comme si l'un et l'autre n'avaient pas de lien".

Je voudrais ajouter quelque chose à ce propos en vous parlant de mon propre rapport à la "virtualité".

Certains pensent qu’un blog est par définition un endroit de passage éphémère, qu’il peut très bien s’évanouir comme cela, sur un simple clic. Que ça n’empêche pas la terre de tourner, et puis c’est seulement de la virtualité..  C’est vrai.

Pour autant, la "virtualité" peut être importante. Je dirais même que par moments, elle est essentielle et même vitale. J'ai été dans cette situation. En effet, quand au bout de plusieurs mois j’ai cédé à l’appel sororal m’invitant à faire un blog, j’étais au fond du fond du trou, et sans en avoir conscience c’était ça le drame ! comment aurais-je imaginé que faire un blog allait me sauver la vie ? Oui, carrément !

Je me rappelle d’une phrase que m’avait dite Frédéric tout au début, il m’avait dit : "La virtualité parfois, c’est la seule chose qu’il nous reste."

Eh bien j’étais dans cette situation. La "virtualité" était devenue ma réalité.

Il est quand même bizarre, le sens qu’on donne au mot virtuel. Les relations qui se construisent à travers et au-delà du blog sont bien réelles, les personnes qui sont devant l’écran, aussi. Sans parler de tout ce qu'on peut éprouver, l’attachement, la répulsion parfois, le désir, la colère. C’est virtuel tout ça ?

Oui donc, sur mes premiers blogs je faisais de petits pas timides, d’autant plus timides que je n’étais vraiment pas douée avec les manips, ce qui entre parenthèses a été source de crises de rigolades infinies (et bien réelles, je vous prie de croire). Je me posais toutes sortes de questions, par exemple : que dire (ou ne pas dire) ? Que montrer ? Je ne savais pas encore qu’un blog ne dépend pas seulement de son auteur, qu‘il finit par avoir sa vie propre, qu'il vit grâce aux échanges, grâce aux commentaires qui apportent des témoignages parfois émouvants sur la façon de voir ou de vivre de chacun.

Au début j’avoue, mon blog était plutôt "un blog de filles" avec des crises de délire et de rigolades qui resteront longtemps, je crois, dans les annales. C’était pour moi une sorte d’exutoire, mais pas du tout comme ce que vous pouvez lire aujourd’hui. Il n’y avait rien de grave, jamais, seulement de la dérision, ou plutôt de l’auto-dérision. Et puis la vie nous rattrape avec ses mauvais tours, aucun ni aucune n’est épargné pas vrai ? et petit à petit, le ton a changé. Bien que virtuelles, les relations créées n’en étaient pas moins profondément réelles (j’ai rencontré quelques personnes, mais contrairement à ce qu’on suppose peut-être ce n’est pas parce qu’on rencontre la personne que ça apporte quelque chose de plus dans la relation. La relation est là, bien réelle, la rencontre est + de l’ordre du plaisir, c’est juste une continuité de la relation, il n’y a pas besoin de cela pour l’authentifier).

Oui, donc, petit à petit, ma manière d’écrire s’est modifiée. Contrainte et forcée on va dire : je ne pouvais plus écrire comme avant, les tirades humoristiques qui me sortaient toutes seules étaient complètement taries. En fait une fois qu’on a recouvré la vue, on ne peut pas revenir en arrière et faire comme si on n’y voyait que couic !

Il y a sur ce blog des posts mémorables, mais il y a aussi et surtout des témoignages parfois poignants, que je lis à chaque fois avec un respect infini et une grande reconnaissance pour votre confiance. C’est comme si, à chaque fois, il se passait dans ces moments-là quelque chose de grand, qui touche à l'Humain universel, dans lequel chacun peut se reconnaître. Vous n’avez pas la moindre idée du bien que cela a pu me faire, que cela me fait encore, vous ne savez pas l’enrichissement que ces échanges m’apportent, ce sont des moments où l’on grandit, où l’on vibre aux émotions, où on est en prise avec la solidarité et l'échange vrai.

Alors vraiment, ce qui se passe sur le net ... de l’abstrait ??

14 mars 2012

La vie d'une autre : le film

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Une fois n’est pas coutume, je suis allée au ciné hier. J’avais très envie de voir "La vie d’une autre", tirée d’un roman de Frédérique Deghelt que j’avais dévoré d’une seule traite en surlignant plein de trucs tellement certains passages sont beaux. En plus, c’est un livre qui est "venu à moi" alors que je me trouvais à St Brieuc pour quelques jours ! un contexte exotique et magique pour une histoire qui m’a touchée profondément le cœur, le ventre et l’âme : l’histoire de Marie, qui se réveille après une première nuit d’amour, mais .. quinze ans plus tard !! et entre les deux, un trou noir.. malgré tout le ton du roman reste fluide et plein d’énergie, Marie plus que des réponses sur les mystères de sa vie "perdue" veut vivre !

Parce qu'elle ne se souvient plus, elle est comme libérée d'un poids et profite de sa vie autant qu'elle le peut, avec un œil neuf et une fraîcheur retrouvée. C'est une intrigue sur la mémoire mais aussi une formidable histoire d'amour, et c’est ça que j’avais adoré justement, c’est que visiblement entre temps son mari la trompait, mais elle ne s’y attarde pas lorsqu’elle le comprend, ce qu’elle approfondit elle c’est la confiance qu’elle veut garder en lui, l’amour qu’elle éprouve, l’amour qui n’a pas été abîmé par quinze années de quotidien pour la bonne raison que ledit quotidien s’est envolé, pfouit !! c’est donc aussi une très belle histoire de pardon.

Ben le film : gros flop :-(

En plus les critiques parlaient  "d’humour", ce qui aurait pu être le cas, mais non.

Pourtant purée, il y avait de quoi faire : pas tant de comprendre comment Marie a pu oublier quinze années de sa vie mais comment va-t-elle reprendre le chemin de son existence ? et de se demander : si nous, on pouvait revenir en arrière, ferions-nous les choses différemment ? Bref, les questions du droit à la seconde chance ou du sens que l'on donne à sa vie ..

Au lieu de ça, alors que le livre repose sur la souffrance de Marie et sur la recherche de son journal intime qui lui permettrait de savoir ce qui a causé l’oubli de ses souvenirs, selon moi le film élimine totalement ses émotions pour se centrer sur une crise conjugale et familiale en lien avec une vie professionnelle dévorante. Juliette Binoche incarne une Marie transparente et naïve, un peu nounoune, à mille lieues d’exprimer les sensations qu’on pourrait ressentir après avoir oublié 15 ans de sa vie ! En plus les rapports entre le mari, sa maîtresse et les parents et beaux-parents de Marie sont laissés dans le flou, si bien qu’on finit par ne plus rien comprendre (alors ceux qui n’ont pas lu le livre je vous dis pas). Bref, Sylvie Testud abandonne l’essence même du personnage de Marie en la désincarnant de son ressenti et de son âme..

Donc en conclusion : lisez le livre ! c’est peut-être moins agréable que de se payer une toile mais il vaut le détour et c’est dommage que le film ne lui fasse pas honneur !


Je vous avais parlé du livre ici.

26 janvier 2012

Froide

mains


Il y a un moment où on est obligé de se résoudre à se blinder, même si ce n’est pas dans notre nature, même si on a toujours eu du mal à comprendre les personnes qui se mettent une carapace plutôt que de se laisser atteindre, au sens propre et au sens  figuré. Leur choix : se durcir pour continuer à avancer quand même.

Juste avant, je vous disais que lorsque je jette un regard en arrière, je réalise que j’ai eu une vie très compliquée. Or, je crois que ma vie a toujours été compliquée parce que l’amour, enfin plus généralement l’affectif, y tient une place qui occulte toutes les autres. Par exemple, au nom de l’amour j’ai laissé tomber mon épanouissement professionnel et personnel. Vous allez me dire que ce n'est pas parce qu'on aime qu'il faut laisser tomber le reste ! Certes. Seulement voilà, l’amour est une chose compliquée. D’abord, il fait intervenir les trois choses les plus incontrôlables de notre statut d’humains : notre corps, avec ses désirs, nos pensées (+ celles qui nous ont été inculquées plus ou moins consciemment), et nos émotions propres, qui nous viennent de notre cerveau reptilien, le plus archaïque.

Et ce n’est pas tout : notre façon d’aimer, et j’oserais dire, d’être aimé, est le résultat d’une longue histoire, la Grande, avec tout le contexte culturel et sociétal de l'endroit où l'on vient au monde, et la Petite, c’est-à-dire la notre, celle de chacun et de chacune. On n’aime pas de la même façon si on a été adoré ou rejeté. On n’aime pas de la même façon si nos parents ont divorcé ou s’ils s'aimaient passionnément. On n’aime pas de la même façon si on a des frères et sœurs, si on est enfant unique, si on est l’aîné ou le benjamin. L’amour, c’est la somme des interactions affectives et conflictuelles qui ont présidé notre naissance, pour ne pas dire précédé, puis notre enfance, notre vie d’adulte, et qui un jour croise une autre somme d’interactions affectives et conflictuelles. C’est ça l’amour, ça n’a rien de simple.

Sans compter à quel point la notion d’amour est éminemment personnelle. J’ai pu le constater maintes fois en me penchant sur mon histoire familiale. Et sans aller si loin, par exemple entre ma sœur et moi : placées dans la même famille, avec exactement les mêmes doses d’amour (ou de non-amour), enfin en tout cas, les mêmes doses de ce qu’était "l’amour" chez nous, on a réagi complètement différemment, on s’est construites de façon diamétralement opposée. Parce qu'on a tous et toutes la capacité de choisir : on peut choisir d’être heureux, on peut aussi choisir d’être malheureux – je ne dis pas que c’est conscient. On peut courir à sa perte, se laisser bouffer en étant persuadé de faire le juste choix, on peut même être conscient qu’on est sur le mauvais chemin et y aller quand même. On peut choisir de se soumettre, on peut aussi choisir de se battre, et pour cela se blinder, revêtir une carapace qui nous permettra d'avancer.

J’aime bien ce qu’Elsa a répondu à Reynald dans un des commentaires précédents.

Reynald disait : "Ca me désole de voir le nombre de quinquas qui choisissent le vide une fois passé la porte. Entre le macho prédateur et le vide, il y a d'autres voies possibles."

Et Elsa lui a répondu :

"Ce n'est pas forcément choisir le vide que de choisir la vie sans "autre". Le vide est avant tout (ou pas) en soi, et parfois, c'est vivre avec la mauvaise personne qui crée le/s vide/s..."

C’est pour ça que pour ma part, c’est décidé :

1) j’arrête de me faire des grimaces chaque fois que je me croise devant un miroir. Je me souris – c’est ma sœur qui m’a dit de faire ça, il y a longtemps ! il est temps que je m’y mette ! je me souris parce que "je le vaux bien" !

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2) je danse. Je reprends ma danse excentrique, tant pis si mon fils me critique, qu’il a la te-hon, etc. JE DANSE, na !

3) j’attends avec impatience mon cadeau de Noël, celui que ma sœur vient de me finir. Vous voudriez bien savoir ce que c’est, hein ? nin nin nère ! eh bien je vous laisse deviner ! le premier qui trouve aura un cadeau !

Je vous souhaite à tous une excellente journée, pleine d'amour et de paix !

 

suì suì píng ān

   岁   岁   平   安

(comme disent les Chinois)

29 mars 2011

mission impossible

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Ya un truc que j'adore positivement chez ma soeur, c'est que rien, quasi rien ne lui semble impossible ! 

Lorsqu'à la maison, le super plateau de Brie ma fille avait vu, elle s'était exclamé d'un ton poignant :"Oooooh !! qu'il est bôôôôôôô !!!!!!!!! jveux l'même !!!!!!!!!!! heu, mais avec des pieds pliants, parce que moi je déjeune au lit !"

J'en avais fait part à Brie, me disant je l'avoue que c'était genre mission impossible. Des pieds pliants ! et pourquoi pas marchants pendant qu'on y est ?

Eh ben si !!!!!!!! Brie l'a fait ! tout comme ma fille voulait ! (le plateau en question ayant fait escale chez moi, mon autre fille l'a vu dimanche et s'est exclamé : "Oooooooh !! qu'il est bôôôôôôô !!!!!!!!!!" (etc etc) (heureusement pour ma soeur, j'ai que deux filles ;-))

Bon alors donc, je vous montre le chef-d'oeuvre :

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oui parce qu'en fait, c'était pour l'anniv de ma grande (septembre). Seulement ma soeur, à peine on lui demande qq chose que c'est déjà fait (ça aussi, j'adore). Elle me l'a donc envoyé direct, et elle s'imaginait qd mm pas que j'allais regarder le paquet pendant six mois sans l'ouvrir ????????

Bon mais comme disait Brie à une de ses visiteuses, tout le monde ne connait peut-être pas le OM .. (ॐ)

Eh oui, ma soeur et moi avons une très nette tendance à la zénitude (oui, c'est un gêne familial rare, excusivement féminin et sororal) mais bon, tout le monde n'a pas cette chance ..

Nad_avril_1975_Montsoult

Ambre sur fond de ॐ  

Ça nous a pris toutes jeunettes, avec la rencontre de grands maîtres zen aux noms prédestinés, puisque le premier se faisait appeler Dôm et le second Jésus, en tout cas je crois que c'est par eux que j'ai entendu parler du OM pour la première fois, même si je suis pas sûre que j'en saisissais toute la portée. Par contre je saisissais du fil et une aiguille pour les broder au bas de mes pantalons (les OM, pas les maîtres), c'est dire si j'étais motivée, parce que depuis on ne m'y a pas reprise, ahaha bonjour le jeu de mots.

Pour ma vingt-septième année, j'me suis dit comme ça que vu mon grand âge, il était temps de dégommer les monceaux de spiritualité qui sommeillaient en moi, et je m'étais lancée (au sens propre) dans le yoga (à vrai dire, au départ, je confondais le yoga et le Kama-Sutra, et quand je m'y étais inscrite, c'était dans l'espoir d'y apprendre toutes les positions du tagada) (enfin passons).

Oui alors donc, je vous narre la chose.

J'ai commencé mes cours de yoga avec un prof qu'était le plus bel homme du monde, un truc à peine tu le regardes tu décides de te fiancer, même que t'en oublie que t'es déjà mariée. C'est vous dire si j'ai débuté la chose dans des bonnes conditions de concentration. Je le gobais des yeux et des oreilles, et quand il venait vers moi en faisant son Om du bout de ses lèvres sensuelles, je le trouvais tellement canon que c'était à se demander s'il n'allait pas tirer. Enfin, c'est une image, bien sûr ..

Oui or donc, c'est de cette bouche torride que j'appris que le OM venait de rien mais que tout venait du OM. Une version himalayenne du E=MC2, en quelque sorte, puisque M, la matière, càd tous les êtres matériels, vivants, tous les textes (sacrés ou non), toute chose, tout atome, tout at-Om,  provient de E, l'énergie, la vibration primordiale symbolisée par OM. C'est comme le son du gong qui graduellement se fond dans le silence, disait mon prof en fermant ses magnifiques yeux de braise. Il commence par A, profond dans la gorge. Ensuite vient une gamme complète de tous les sons qui peuvent être émis par chacun de nous et qui symboliquement est représenté par la lettre U. Finalement la bouche se ferme et Om est complété par le son nasal M. Le moyen le plus puissant de prononcer ce mot sacré est de le faire d’une façon inaudible dans sa tête, ajoutait-il encore. Or ça, je le faisais particulièrement bien tellement ça me mettait en transe d'écouter sa chaude et virile voix.

Et c'est comme ça que chui devenue la super pro en zénitude que vous connaissez aujourd'hui ..

couple_OM

17 octobre 2010

la vraie sagesse

PICT0138

Tout à coup, je m’aperçus que je ne pleurais plus. J’étais enveloppée de ce que je ne peux décrire que comme une petite poche de silence - un silence si rare que je répugnais à respirer, de peur de l’effrayer.

Puis j’ai entendu une voix.

La voix disait : Va te recoucher, Liz.

Immédiatement, il m’apparût évident que c’était la seule chose à faire. Je n’aurais accordé aucun crédit à une voix puissante qui aurait tonné : Tu dois divorcer ! ou : Tu ne dois pas divorcer ! Parce que ce n’est pas la vraie sagesse. La vraie sagesse donne la seule réponse possible à un moment donné.

Liz Gilbert, "Mange, Prie, Aime"

8 avril 2010

amoureuses

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Je la connais depuis .. misère, le nombre d’années me donne le tournis ;-)

À l’époque, on était encore jeunes et belles, enfin .. p't'être aussi "belles et c..", comme dans la chanson de Brel ;-)

Des fois, l’amitié démarre sur les chapeaux de roue, et s’éteint comme un feu de paille. D’autres fois, elle se bonifie avec le temps, comme le vin - notre amitié est de celles-là.

Naturellement, je lui ai offert mon livre, mon bébé. Notre amitié est contemporaine de la quasi-totalité des récits. Certaines scènes dont elle n’a pas dû manquer de reconnaître les protagonistes ont dû la faire bien sourire..

Alors elle a pris son stylo. Car comme moi elle aime, malgré internet, continuer à envoyer des vraies lettres, écrites sur du vrai papier de toutes les couleurs (et tant pis si "ça fait adolescente", n’est-ce pas Clo ? ;-)))

Et voici ce qu’elle m’écrit :

« j’ai lu ton livre d’une traite, j’en avais les yeux tout bouffis, je savais plus où j‘étais... j’ai laissé passer quelques jours pour essayer de totalement l’oublier puis je l’ai relu. Je me suis délectée de tes aventures amoureuses, te revoyant devant G. ou t’imaginant complètement face à ces hommes, amoureuse, paumée, larguée, sens dessus dessous, au paradis et en enfer, mais tout à fait dans l’amour. Ton écriture m’a fait sourire, réfléchir, mais surtout comprendre que dans le fond, les femmes se ressemblent lorsqu’elles aiment.. Elles se ressemblent dans leurs rêves.. si elles en ont ! et toi, t’en as toujours eu à revendre.. En tous les cas un grand bravo pour ton audace, j’ai senti comme tu t’es libérée et tu ne peux pas savoir combien je suis fière de toi (excuses, ça fait gnangnan mais je sais qu’il t’a fallu du courage pour mener ce projet de livre jusqu’au bout) »

"Les femmes se ressemblent lorsqu’elles aiment, elles se ressemblent dans leurs rêves.."

.. non ?

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