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le blog de Ambreneige
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amour
30 août 2010

ma belle sentinelle

C’était au cours de mon escapade briochine. Les deux plus jeunes de mes petits-fils avaient eu leur petit cadeau-souvenir, sauf l’aîné. Nous étions donc retournés à la librairie, où mon troisième petit-fils avait jeté son dévolu sur un petit livre, à défaut de quelque chose de typiquement breton (entre parenthèses ya pas grand-chose de typiquement breton à St Brieuc !).

C’est donc là que j’ai pris ce livre, comme ça.

tu_m_appell_en_arrivantJ’aime bien être choisie par un livre de cette manière. C‘est souvent une agréable découverte - si on omet les passages où l‘auteur s‘exprime de manière un peu crue (en tout cas à mon goût).

J’aimerais partager avec vous un des extraits que j’ai surlignés. Patrick Sébastien y expose une théorie qui m’a intéressée, une théorie qui peut-être, explique la force qui, curieusement, émanait de moi au moment où mon père a été emporté par un cancer : alors que Maman se reposait totalement sur moi, que ma sœur était effondrée, une force et une énergie absolument phénoménales côtoyaient mon chagrin et mon désarroi pourtant immenses (mon père était le pilier de la famille, et lui malade, le monde s‘écroulait).

Voici l’extrait en question :

" Le teint de Maman se grise et elle continue à rétrécir. Perdue dans le lit trop grand, elle est là sans y être. Donc, rien de réconfortant. Et pourtant, un état d’âme nouveau s’est installé en moi. Une robustesse, une volonté surprenante. Je me remémore mes découragements tout juste récents comme si c’était ceux d’un autre. N’ayant rien consommé qui puisse me rendre euphorique à ce point, je n’y vois qu’une explication : l’âme de Maman commence à s’enfuir, et de ce fait, vient pan après pan se poser près de moi pour me consolider. (…)

À la mort de mon fils, j’ai senti une force étonnante prendre le pas sur l’abattement. Cette force m’a conduit sur scène le soir même, m’a fait tenir étonnamment droit, pendant tout le chemin du deuil. Je suis persuadé que ce sont les morceaux d’âme de mon fils qui ont étayé ma douleur. Et ces fragments sont venus me soutenir dès que j’ai appris la nouvelle. Comme s’ils avaient été transférés dans l’instant, pour ma sauvegarde. La force que je ressens ce soir est du même ordre, moins abrupte, s’installant réellement mais montant en puissance au fil des heures. Comme si tout ce qui se vide de Maman me remplissait inexorablement.

Ma tristesse sera immense, bien sûr, mais je garderai toujours un sourire en coin. Maman est déjà là, tout près.

Ma belle sentinelle ! "

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22 août 2010

trop n'est jamais assez

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Je ne l'ai jamais caché, je suis une amoureuse exclusive (pas vous ?). Or, des ressentis comme la jalousie, la possessivité, c’est plutôt mal perçu. Le vrai amour est désintéressé (ce qui compte c‘est le bonheur de l’autre, même si c'est sans moi). Quand on aime vraiment on ne compte pas (les amants ?). La jalousie c’est pas de l’amour.

Oui mais.

Imaginez une seconde : vous êtes amoureuse (de lui). Il est amoureux (de vous).

Supposons maintenant qu’il flashe sur une autre. Ou bien vous, sur un autre. Ne vous poseriez-vous pas de question sur la réalité de votre amour ??? Imaginons maintenant que votre aimé fasse des gouzis gouzis avec l’autre femme, et que ça ne vous blesse pas; pire, vous en êtes enchantée. Ne remettriez-vous pas alors carrément en cause votre sentiment d'aimer ?

En fait, j'ai l'impression que notre manière d'appréhender l'amour est programmée dès le départ par un certain nombre de critères,

premièrement, l'inconscient collectif (aimer c'est souffrir - le poète ne chante-t-il pas : "il n'y a pas d'amour heureux"..)

deuxièmement, ce que l'on nous transmet dans notre histoire familiale.

Par exemple, Maman :

Luc_sur_Mer_1957

" Lorsque j’étais jeune, j’avais toute une bande de copains. Mais des copains-copains, hein. Je ne couchais pas ! Ton père a été le seul, l’unique".

Ma grand-mère maternelle :

Mamy_et_Achille

(clic clic sur l'image)

qui ayant hélas perdu son époux très vite, n’a aimé que lui jusqu’à la fin de ses jours (et pourtant, elle s’était remariée)..

Ma grand-mère paternelle,

Mamy

tombée à 15 ans folle amoureuse de mon grand-père (Don Juan qui a passé sa vie à culbuter toutes les filles de France et de Navarre)..

Et puis bien sûr, mon ancêtre Julie qui s’est consumée d’amour (au sens propre) pour un homme marié (avec une autre) qui lui a quand même fait trois enfants ..

(j'ai pas de photo de Julie alors je vous mets ma fille, lors du tournage de "Coco Chanel"

Adeline 

Alors voilà, possessive, exclusive, oui,

mais, en amour ...

" Trop n'est jamais assez,

tous les amoureux le savent"  *

* Patrick Sébastien, "Tu m'appelles en arrivant"

21 août 2010

La vie d'une autre

la_vie_dune_autreÇa fait des semaines que j’avais envie de lire ce livre, et chaque fois que je me pointais dans la librairie de ma ville, comme par hasard le dernier exemplaire venait d’être vendu. Je ne sais trop pourquoi, malgré mon grand désir de le lire, je ne voulais pas le commander ! Comme si.. comme si quoi ? comme si je tenais absolument à le trouver sans le chercher ? comme si je voulais que ce soit lui qui me trouve ? toujours est-il que c’est pendant mon escapade briochine, alors que ma fille entrait dans une Maison de la Presse pour acheter quelque chose à ses enfants, que je l'ai vu en face de moi ! ;-)

J’ai adoré ce livre, il se lit très vite et très facilement. Il est plein d’émotions et de tendresses, et je n’en dis pas plus pour le cas où ça vous donnerait envie de le lire, mais après, je vous dirai ce qui a tant résonné en moi dans cette lecture.

quelques extraits parmi ce que j’ai surligné :

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On dit toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais on devrait ajouter que ce qui nous mine quotidiennement finit par nous tuer !

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(appartement breton)

Ma grand-mère m’a toujours dit qu’on retrouvait les choses quand on ne les cherchait pas. "Et quand on perd trop souvent les choses ce sont elles qui vous retrouvent", disait-elle en fin de vie. Bonne idée. Je vais laisser les choses me retrouver.

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(ciel parisien)

Ce qu’on ne veut pas dire passe aussi par les mots, dans le choix que l’on fait d’en coller un puis un autre, et qui entre eux glisse un soupir où se dit ce qu’on voulait taire.

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(mouette bretonne)

L’oubli a le talent de fabriquer autre chose que la mémoire ne sait pas produire. (...) L'oubli est un art qui m'autorise à ne pas respecter l'avenir étriqué que je m'étais sans doute forgé. Cultiver cet art m'a permis d'être en joie profonde, sans rancoeur d'existence.

Et ça, en guise de pense-bête pour la jalouse/exclusive que je suis ;-)

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(amoureuse et son amoureux)

Je ne sais pas s’il est toujours en relation avec la rivale. Je chasse ces pensées. Ça ne me regarde pas. Ce qu’il fait de son histoire lui appartient. La mienne, c’est d’avoir confiance.

10 août 2010

seul dans le noir

6 août 2010

simplement

Simplement dire merci à la vie

Sylvie_danse_rose

pour tout ce qu'elle m'a donné

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Simplement caresser d’une pensée douce

celles et ceux qui ont dû affronter

un problème, un souci de santé

Sylvie_danse

et tous ceux qui encore aujourd’hui

Sylv_23mai

cheminent avec la maladie

(¯`*´¯)
`*.¸.*
¸.•´¸.•*¨) ¸.•*¨)
(¸.•´ (¸.•´ .•´ ¸¸.•`¨•

Baisers d' ambre

Merci à Sylvie de m'avoir prêté son beau sourire,

qu'elle continue de nous offrir malgré tous les malgrés

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2 juillet 2010

Nadège

carte_Nadege

Je m’appelle Nadège. Mon deuxième prénom est celui de ma Marraine, Josette - celle-là même qui depuis la mort de Maman m’a rayée de sa vie, mais ceci est une autre histoire .. ;-) (tout de même, comment voulez-vous qu’on échappe aux croyances toxiques quand tout le monde s’acharne à les faire perdurer ? ;-))

Maman m‘avait dit que j’étais "une enfant de l’amour". J’ai été conçue paraît-il par une épouvantable nuit d’orage, sous une petite tente que mes deux tourtereaux de futurs parents avaient plantée près du Trou du Puits d’Enfer (Sables d‘Olonne) - déjà, pour ceux qui connaissent, vous serez d’accord avec moi que ce n’était pas banal quand on voit comment ce coin est sauvage. En même temps, c’est trop romantique !

puit_d_enfercath_blogspot

photo empruntée ici 

Bref. Si la nuit avait commencé avec de chaleureuses étreintes, elle s’est terminée à tenir les piquets de la tente pour pas qu’elle s’envole. Bilan : que ce soit au début ou à la fin, ils avaient pas fermé l’œil.

Or donc, quelques mois plus tard, Maman s’est rendue compte que j’étais dans les parages. Seulement mon père n’avait que vingt ans mais surtout, beaucoup plus grave pour les siens, il était encore étudiant, et aucun moyen de subvenir aux besoins d’une famille.

Faut dire qu’en plus, le jour où Papa a présenté Maman à ses parents, il leur a appris dans la foulée qu’ils allaient être grand-parents et qu’il allait plaquer le lycée. Ça faisait un peu beaucoup et paraît-il que celle qui allait devenir ma grand-mère a toisé Maman de bas en haut avec dans le regard un mépris sans nom, ce qui avait, comme qui dirait, jeté un froid.

Maman en me racontant ça bougonnait que de toutes façons il était hoooooors de question qu’elle avorte, qu’elle garderait SON bébé et que la grand-mère ne le verrait JAMAIS. Na ! (au final Maman a été avec sa belle-mère la plus délicieuse des brus).

Oui alors donc, ya eu d'abord cette angoisse pour ma mère de ne pas savoir si elle allait être acceptée par la famille de mon père, ce qui laissât encore une fois bien des occasions à Papa de faire valser ses touches de piano à force de taper dessus avec rage pour se défouler (sûr que le yoga lui aurait fait grand bien mais c’était pas encore à la mode).

Par là-dessus, Papa avait dû partir pour l’Algérie. Finalement, le mariage a eu lieu, même s'il s’est fait un peu dans l’urgence on va dire, (pendant une perme) un peu bâclé et sans robe blanche, le 12 février 1955 (pour la petite histoire les parents de mon père se sont mariés aussi un 12 février, ainsi que les parents de mon grand-père et aussi ceux de mon arrière-grand-père ;-))

Est-ce parce que mon père était en Algérie, et ce prénom était-il porteur de sens pour lui ? toujours est-il qu'il voulait m’appeler Aïcha. Enfin, lui, parce que pour ce qui est de Maman, c’était absolument hors de question ! (elle en a d’ailleurs nourri ensuite une aversion pour tous les prénoms se terminant en -a).

Pour ceux qui ont des enfants, vous savez bien comment ça se passe généralement en ce qui concerne le choix des prénoms.. ;-) au final c’est souvent la femme qui décide au moment où son petit sort de son ventre ..

Nad_et_maman_ao_t_1955

C’est en tout cas ce qu'il s’est passé lorsque je suis née, d’autant plus que Papa était toujours en Algérie (il n’est rentré en France que pour défiler le 14 juillet sur les Champs- Élysées) et c’est comme ça que Maman a choisi mon prénom, qu’elle voulait rare *: Nadège, porteur sûrement de tout ce qu’elle ne disait pas mais qu’elle attendait quand même puisque Nadège, cela vient du russe nadejda qui veut dire espérance.

carte_texte

 

* Maman ne supportait pas l’idée qu’il y ait d’autres "Nadège" contemporaines de sa fille ;-)

Raté ! La mère de mon ami d’enfance Jean-Paul, qui est Polonaise, a appelé une de ses filles comme moi ("Nadiezkha" en polonais) .. Maman était furieuse !

1956_Sables_dOlonne

moi, les Sables 1956

Papa_14_ans_Sables_d_Olonne_sept_48

mon père, les Sables, 1948

 

Et vous,

quelle est l’histoire du choix de votre prénom ?

28 juin 2010

kesskecèèèèèèè ?

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.(mon fils) tu sais ce que j'aime le plus chez toi ?

(moi, toute rose de plaisir) noooon ? kesskecèèèèèè ?

(mon fils) tes filles !

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PS. je sais, ya aucun rapport avec l'illustration du haut. C'est ce qui fait le charme de ce merveilleux blog inter-actif.

Mais au fait, à votre avis .. cette photo, où l'ai-je prise ?

9 juin 2010

aime et sois aimée

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31 mai 2010

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Je croyais que ma fille aînée n’arrivait pas à lire mes écrits .. heu, romantiques, du fait que je suis sa mère.

Et tout à l’heure, elle m’a dit : "mais non, pas du tout Maman. Ce qui me met mal à l'aise dans tes histoires d‘amour, c’est la souffrance que je sens derrière.."

27 mai 2010

Les yeux plein d'extase

jeunes

 

Je me suis intéressée toute petite à la seule chose qui vaille la peine en ce bas monde, en tout cas à mon sens : l’amour. Et plus précisément, l’amour entre un garçon et une fille, parce que j‘avais cru comprendre qu’on pouvait faire ensemble des trucs super chouettes qui nous assuraient le bonheur pour toute la vie, comme se marier et avoir beaucoup d’enfants (enfin .. surtout, les faire).

Tout naturellement, je me suis d’abord tournée vers ma maman pour avoir de plus amples précisions.

C’est comme ça que j’ai appris que l’amour, c’est beau et pur. Tellement pur que quand Papa voulait lui prouver le sien, Maman esquivait (en tout cas au début. Je ne savais pas encore que c‘est une stratégie féminine, ah ! ah !) oui donc chaque fois que Maman le repoussait, Papa rentrait chez ses parents super contrarié et jouait du piano avec de grands gestes désordonnés si bien que toutes les touches volaient en éclat. Ce qui, il faut bien le reconnaître, ne mettait pas ma grand-mère dans les meilleures dispositions possibles au sujet de celle qui deviendrait un jour sa bru : qui pouvait bien mettre son fils habituellement si calme et si docile dans un état pareil ?? Sans compter que les rendez-vous de mes parents finissaient par lui coûter cher en touches de piano.

Or, donc, disait Maman, l’amour c’est bôôôô et pûûûûr.

"J’avais plein de copains", disait encore Maman, "j’étais un vrai garçon manqué, je me suis jamais entendue avec les filles - les filles beurk !! c’est faux-jeton et compagnie !! - mes copains, je partais camper avec !" (Ah chouette, me disais-je, on va rentrer dans le vif du sujet !) "Ton père ça le rendait fou !", continuait Maman, "Mais bon, on cam-pait, hein. Je couchais pas !! " (Oh non !! flûte !!)

- Ton père, ça a été le seul ! (aaah, tout de même !!!! et alors ?????)

- Et alors quoi ? Ben j'me suis retrouvée avec toi !

Quatre lettres. Pas mieux : BIDE.

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Bon, me suis-je dit la mort dans l’âme. Va falloir chercher ailleurs.

Il s’appelait Jean-Paul. En plus j'me disais que c’était forcément un bon filon parce que ses parents avaient cinq enfants. C‘est dire s’ils devaient connaître le mode d’emploi !!!!

Las !! Jean-Paul était super timide. Pourtant, il y avait eu des exercices d’investigation très prometteurs dans les caves de l’immeuble où nous habitions, mais ils n’ont jamais abouti à ce qu’il était censé m’enseigner pour la bonne raison qu’il devait chercher lui-même ce que j’espérais qu’il m’apprenne.. Comme quoi, hein ! Faut jamais se fier à un garçon à qui on est obligée d'apprendre à faire du patin à roulettes ! (Jean-Paul, pitié si par extraordinaire tu tombes sur ce blog : JE PLAISANTE !!!!)

Alors sinon, il y a eu Dominique. Le problème c’est qu’il était très grand (ou alors c’est moi qui étais très p'tite, c‘est selon)(enfin, en âge, je veux dire). En plus, Dominique ne jurait que par le cochon. Le jeu du "cochon qui rit", vous connaissez ? Il devait se dire que c’était bien le seul truc potable qu’il pouvait faire avec une minote comme moi.

Or donc, imaginez ze scène :

La moi petite, assise par terre, en face d’un Dominique super concentré sur son (-« (« ç_è_èàçç-(-ç( de purée de jeu de cochon.

Je l’observais du coin de l’œil, mon Dominique au corps de braise, - oui, je sais, j’étais précoce - en train de taper ses viriles cuisses chaque fois qu’il jetait un 6 aux dés. On peut pas m’enlever que j’ai toujours su très jeune ce que je voulais (même quand j‘arrive pas à l‘avoir, mais c‘est une autre histoire). Et puis comme disait ma grand-mère, "Si tu décides pas qu’un homme est un homme, espère pas t'en servir un jour".

Or donc, j'observais mon Dominique dans un but totalely désintéressé, seulement voilà, j’avais beau mettre et remettre le contact à coups d’œillades appuyées qui ont largement fait leurs preuves depuis, tout ce que j’ai réussi à allumer c’est mes nerfs chaque fois qu’il s’esclaffait en vissant une queue à son cochon.

Finalement, c’est mon cousin.. Pas celui que je rêvais d’épouser, mais son frère, l’aîné de la cousinade. Un espèce de grand ténébreux tout timide, taciturne et solitaire, .. toujours seul dans son coin. C’était le seul de mes cousins avec qui je n’avais pas tellement de relations rapport aux traits de caractère que je viens de mentionner ci-dessus.

Or, à l’époque où il a fait son service militaire, on s’est mis à s’écrire assidûment, moi parce que j’ai toujours aimé ça, lui parce qu’il s’ennuyait ferme. Du coup, quand il avait des perms, il venait me chercher - normalement j'avais pas le droit de sortir, mais là, c'était pas pareil, mon père avait toute confiance, puisque c'était avec mon cousin ..

C’est comme ça qu’un jour, il m’a emmenée aux Vingt-Quatre Heures du Mans. On avait dormi chez un pote à lui, avec tout un tas d‘autres potes à lui, tous plus vieux que moi, évidemment, puisqu’ils avaient l’âge de mon cousin.

Le soir, ils discutaient sans accorder la moindre attention à l’insignifiante gamine que j’étais pour eux. Et bien sûr ils parlaient des filles.. et de tout ce qu’on peut leur faire avec un brin d’imagination ..

Et voilà comment j'ai su.

Bon, le truc, c’est qu’à les entendre j’ai cru longtemps que le .. enfin, le .. le "machin" des garçons était comme qui dirait, téléguidé, qu’il trouvait le chemin tout seul, et qu’en plus, ça faisait direct crier et se tordre les filles de plaisir, qu‘elles en mouraient de volupté avec les yeux plein d’extase, si bien que j’ai été un peu surprise lorsque pour moi la chose fut venue..

Mais ceci est une autre histoire ..

26 mai 2010

aimer, ce n'est pas une fatalité

17 mai 2010

les amoureux

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Ya que ceux qui connaissent déjà qui pourront reconnaître où je suis allée hier ;-)

Au retour, à Gare du Nord j’ai manqué le train d’une minute.. Le suivant était une demi-heure après, j‘étais folle de joie !

Heureusement il était à quai, ce qui fait que j’ai pu aller m’asseoir au chaud (j’avais décrété ce jour-là que je sortirai en robe et sandalettes, c’était une très mauvaise idée, j’ai eu super froid !)

Il y avait peu de monde dans le waggon, et le peu qui était là était pendu à son portable. Autant j’adore observer les gens autour de moi, autant cette manie qu’ont certaines personnes de téléphoner en public comme si elles étaient seules me laisse perplexe. Pour passer le temps, j’ai tenté de faire l’exercice préconisé par Jon Kabat-Zinn qui consiste à laisser venir à soi tous les sons et de rester focalisé sur celui qui domine. Je me suis retrouvée avec un brouhaha épouvantable dans les oreilles lorsque mon regard a été attiré par un couple qui, sur le quai, s’était placé négligemment et bien involontairement dans ma ligne de vue.

Ils étaient jeunes. Lui, pas très grand, la même coupe que mon fils (crâne rasé). Elle, Sophie Marceau à l’époque de la boum.

Ils sont heureux, ils éclatent de rire. Malgré les passants qui passent et les dépassent, ils sont seuls au monde.

Ils se parlent - naturellement je ne peux pas entendre ce qu’ils se disent mais je vois leurs lèvres s’ouvrir sur des déclarations muettes.. Il lui glisse quelque chose à l’oreille et elle rit. Ils se serrent l’un contre l’autre, elle rejette la tête en arrière. À d’autres moments, c’est lui. Ils n’arrêtent pas de danser, de virevolter, tantôt c’est elle que je vois de dos, tantôt c’est lui.

Brusquement, leur joie se dissout.

Je regarde la pendule : plus que dix minutes d’attente.. Ils le savent. Dans dix minutes, l’un des deux va monter dans le train, l’autre repartira..

Il la serre contre lui, lui caresse le dos. Elle enfouit sa tête contre son cou. Ils ne rient plus. Elle l’enlace comme une folle. Leurs corps s’abandonnent l’un à l’autre, on peut presque sentir la chaleur enchanteresse qu’irradie leur chair à travers les vêtements, on les sent vivre ces corps, palpiter ! et son haleine à elle qui soulève sa poitrine, gonfle son ventre, pour finalement envelopper le cou de son compagnon d’une écharpe tiède et parfumée, endormant toute velléité - si toutefois il en avait encore - de lui résister .. elle noue ses bras autour de lui, câline, désarmante, on a l’impression de sentir tous les minuscules changements intervenant au cours de cette étreinte, insupportables presque d’intensité et pourtant tangibles, ces petites choses qui vont se cristalliser dans un message plus primitif encore que les mots pour le dire : "comme tu vas me manquer .."

H moins neuf minutes. Il l’attire contre lui, ils s’embrassent longtemps, appuyés contre un pilier.

H moins une seconde. L’annonce du départ sonne. Ils s’embrassent une dernière fois, rapidement. C’est elle qui monte dans le train.

Il part à grandes enjambées sans se retourner.

11 mai 2010

les vrais hommes

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C’est la mission historique de la femme pour le temps à venir : de montrer à l’homme la voie de son âme à lui, en passant par son âme à elle. La tension érotique n’est pas condamnée à disparaître pour autant mais il s’agit de donner à toutes choses la place qui leur revient, de les ordonner.

Je crois aussi que les hommes qui joueront le rôle le plus important et le plus novateur sont ceux qui - tout en restant authentiquement hommes - ont en eux une part si forte de féminité qu’ils, oui qu’ils .. et ici ma capacité de formulation me fait faux bond - qu’ils montrent la voie vers les régions de l’âme. Et non pas les "mâles", les Führer et autres héros en uniforme.

© Etty Hillesum

11 mai 2010

c'est ça, aimer

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"Je m'installe à côté de lui

et je me laisse admirer de ses gros yeux globuleux.

C'est ainsi qu'il m'a révélé la face cachée

de mes rêves d'adolescente et de jeune femme enamourée :

un prétendant qui ne prétend rien.

Et je me mets à lui rendre son regard.

Et là, côte à côte, en silence, on se regarde,

on se regarde tellement qu'on plonge l'un dans l'autre.

Pour moi, c'est ça, aimer.

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Alors pourquoi faudrait-il que mon crapaud qui ne réclame rien

se transforme en prince qui réclame tout ? "

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© Sylvie

23 avril 2010

elle avait de tout petits petons

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(photo du net)

Ce qui m’avait le plus frappée lorsque j‘étais enfant, c’est la dichotomie de caractère entre ma grand-mère Fernande et sa propre mère, Valentine.

Mamy Fernande était une femme très belle et très douce, mais d’une grande pudeur et extrêmement réservée. J‘ai envie de dire qu‘elle semblait rester à l‘orée de sa vie, comme si elle n‘osait pas l‘investir. D’ailleurs, l’image que j’en ai est ma Mamy assise devant la fenêtre de sa salle à manger, dans son chalet, elle regarde ses roses tout en me parlant de son enfance ou de son amour (Achille, son mari décédé), mais à aucun moment elle ne me regarde, en fait je n’existe pas, personne n’existe plus depuis qu’Achille l’a quittée.

Il m’est donc impossible de vous dire le genre de jeune femme que fut ma grand-mère, puisque cette jeune femme s’est éteinte un jour de septembre 1935.

La Mamy que j’ai connue n’était donc ni chaleureuse ni câline, elle se laissait embrasser sans embrasser elle même, elle ne prenait jamais dans les bras.. elle n’était pas actrice de sa vie.

D’ailleurs, lorsque ma Marraine, plus jeune, demandait à sa mère "pourquoi nous arrive-t-il tant de malheurs ??" Mamy lui répondait "que veux tu ma fille .. quand on est née sous une mauvaise étoile.."

Savoir que cette Mamy n’a jamais pu faire le deuil de son premier époux permet de mieux comprendre comment ma Maman, ensuite, n’a pas su choyer ni défendre ses propres enfants (notamment ses filles) des adversités de la vie, pour la simple raison que carencée de père, Maman n‘avait pas non plus eu de mère.

Mon arrière-grand-mère Valentine, elle, était totalement différente.

Physiquement, elle était aussi très belle, mais au contraire de sa fille elle était brune aux yeux noirs. Je n’ai vu qu’une seule photo d’elle jeune femme, photo qui a hélas disparu je ne sais où.. Elle était vraiment magnifique, elle avait un corps svelte, une taille très fine, soulignée par les robes que l‘on portait en 1900 (elle était née le 12 juin 1879)

Alors, pour ces deux femmes qui ont subi le même type d’épreuves, perdre leur mari jeune après avoir grandi sans père, qu’est-ce qui a fait la différence ? Pourquoi l’une est-elle restée à terre là où l’autre a pu puiser de la force en elle et se relever ?

Eh bien pour le comprendre il nous faut retourner à Auvers, la ville natale de mon arrière grand-mère.

Nous sommes en 1857 et il y a là Armand, un petit garçon de neuf ans et demi dont toute la vie va changer : en effet, sa mère Angélique se marie avec Jean-Baptiste-Bernard, un militaire originaire de Seine-et-Marne. Par ce mariage, Jean-Baptiste fait à Armand, qui est un enfant de la honte, un fils sans père, un "bâtard", il lui fait le plus somptueux des cadeaux : il lui donne son nom.

Il faut dire que Jean-Baptiste, il ne la connait que trop, cette souffrance de croître au sein d’une femme qui se meurt d’aimer un homme qu’elle n’aura jamais, la souffrance de venir au monde dans la clandestinité ..

Alors oui, quand il rencontre Angélique, une femme perdue, il lui semble revoir sa propre mère, il lui semble surtout revoir en Armand le petit garçon brisé qu‘il a été, ayant grandi sous les méchancetés et les railleries de ceux qui n’ont pas connu ces affres. Et il veut introduire enfin de la douceur et de la générosité dans la vie de ce petit garçon qui n‘en a jamais connu.

Voilà ce qu’il fait, Jean-Baptiste, "le père Bernard" comme on l’appelait, Celui par qui la bonté arrive.

Dans cette histoire, il y a Jean-Baptiste et Armand qui sont des enfants naturels, plus précisément des fils naturels.

Est-ce pour cela que Valentin, le fils aîné d’Armand, lui est arraché ? comme si la vie était frileuse, n’osait pas prendre le risque que Valentin vive, en tant que fils, avec ce patrimoine inconscient si lourd de souffrances ?

Mon arrière grand-mère Valentine, née exactement 5 ans après (son frère était aussi du mois de juin) grandira dans l’ombre de ce frère disparu, dont on ne parlera jamais, mais qui laissera une empreinte indélébile dans la trame familiale : l’urgence terrible d’avoir un fils à tout prix. Et il faudra attendre trois générations, il faudra attendre notre Maman, ma Maman, qui décidément avait un lourd tribut à payer, pour qu’enfin soit réparée la souffrance de la disparition de ce(s) fils.

Valentine a une enfance et une jeunesse heureuses. Ses parents l’aiment tendrement, autant que leur fille Alice qu’ils auront dix ans après, en 1889 (c’est cette Tante Alice qui épousera Henri, le demi-frère de Mémère Nini).

Ensuite, comme je l’ai déjà raconté, le 24 juin 1900 Valentine a le coup de foudre pour un jeune Suisse qui travaille comme jardinier au Château de Montebello. Ils vivent un amour si passionnel et si fou que neuf mois très précisément après, le 5 avril 1901, naît ma grand-mère Fernande, une belle petite blonde aux yeux bleus comme son papa.

Joseph est toujours brouillé avec sa mère et ne manifeste pas le désir de retourner en Suisse.. D’ailleurs, ils achètent un petit appartement ici, et y auraient sans doute coulé des jours heureux si seulement le destin n’avait pas rappelé Joseph dans son pays natal ..

Mais c’est comme ça. Un jour de 1906, il regagne la Suisse, avec sa femme que les parents de Joseph ne connaissent même pas, et leur petite fille qui a déjà 5 ans..

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(photo du net)

genre de robe que portait mon arrière grand-mère Valentine, sur la photo dont je me rappelle..

(mais elle n'avait pas cette posture figée) (on aurait plutôt dit qu'elle dansait)

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(photo du net)

... et le jupon qu'elle devait porter dessous

(et encore en dessous, un corset ..)

22 avril 2010

tous les garçons et les filles

Mamy_Fernande

Ils s’aimèrent comme tous les garçons et les filles de cet âge s’aiment depuis la nuit des temps. Sauf que c’était en 1874 et que la pilule n’existait pas .. Elle, Adèle, a vingt ans lorsqu’elle se retrouve enceinte de François qui n’en a que dix-neuf..

Le 21 décembre 1874, une petite fille naît : Eugénie. Son jeune père daigne la reconnaître puis disparaît dans la nature .. c’est cette petite fille qui deviendra mon arrière grand-mère mais je ne l‘ai pas connue car elle est morte en 1950 (bon ceci dit ça ne me contrariait pas car j’ai toujours entendu dire par ma mère que Mémère Nini - puisque c’est d’elle dont il s’agit - était méchante). Elle a fini sa vie avec une congestion cérébrale, cela veut dire qu’elle est devenue totalement paralysée, sauf des yeux dont Maman voyait des larmes sourdre à longueur de journée ..

Mais revenons en 1874 : François disparu dans la nature, que va faire Adèle de l’indésirable petite Eugénie ? Elle la met à l’Assistance Publique .. (on est au XIXe siècle !)

C’est là que je vois apparaître pour la première fois cette émotion d'"abandon", mais ce sentiment, cette souffrance, je vais vite me rendre compte qu’il se retrouve comme un petit poison subtil dans les diverses ramifications de l’histoire familiale ..

Deux ans après, Adèle épouse Louis dont elle aura un fils (Henri).

Mémère Nini grandit tant bien que mal, puisque ma foi, la vie passe même quant on n’est pas très heureuse, et quant elle se marie à son tour, à 26 ans, elle se dit qu’elle a bien le droit au bonheur maintenant, après avoir passé une bien triste jeunesse avec une mère indifférente et un demi-frère qui, LUI, avait la chance d’avoir son père avec lui..

Le 7 juillet 1900, Eugénie épouse mon arrière grand-père que l’on appelait Pépère Bibi. D’ailleurs la mère d’Eugénie, Adèle, ne reconnaîtra sa fille qu’à cette occasion (pour les formalités de mariage), ce qui prouve s’il en était encore besoin le peu de cas qu’elle en faisait ..

Le 18 avril 1904, joie dans le cœur de Mémère Nini : son premier enfant naît et c’est une petite fille ! Une petite fille à choyer comme elle-même ne l’a jamais été !! Elle l’appelle Andrée. Et elle se met à aimer inconditionnellement cette petite fille.. au détriment du fils qui vient ensuite le 25 septembre 1905 : Achille (mon grand-père) parce que lui c’est un garçon.. or Mémère Nini a dans son âme un sérieux contentieux à régler par procuration avec son demi-frère qui a eu toute la place dans le cœur de leur mère ..

Achille, mon grand-père, est un homme pas très grand (1m64), blond aux yeux bleus. Il est super doux et gentil mais très réservé, timide, manquant de confiance en lui, sentiment qui a peut être été majoré par le fait qu’il a été élevé sans que sa mère fasse cas de lui, avec cette préférence très marquée pour sa sœur..

Alors comment vont-ils se rencontrer, mon grand père Achille qui vit en région parisienne et ma grand-mère Fernande qui est en Suisse ??

Eh bien comme ceci (attention, c’est un petit peu compliqué à suivre, mais le destin a des chemins sinueux parfois !) :

Henri, le demi-frère de Mémère Nini, a épousé une certaine Alice qui n’est autre que la sœur de mon arrière grand-mère (enfin elle n’est pas encore mon arrière grand-mère mais va le devenir !) et donc, lorsque ma grand-mère Fernande, alors jeune fille, vient rendre visite à sa famille de France, elle va avec sa tante Alice voir la belle-sœur de Tante Alice c’est-à-dire mémère Nini (ça va ? Pas trop confus ..?)

C’est donc ainsi que ma grand-mère Fernande et mon grand père Achille font connaissance .. Mon grand-père fait sa cour pendant plusieurs années, très respectueux (en plus, ma grand-mère était très prude) (heu, oui, je sais, je ne tiens pas d’elle ;-)) ..

Enfin toujours est-il que ces deux là se marient le 11 octobre 1930. Mamy a 29 ans et Achille 25. Ils s’aiment très profondément.

Ils ont rapidement deux petites filles, ma Marraine, puis ma Maman.

Ils achètent une petite maison en région parisienne, ma grand-mère qui travaillait depuis l’âge de 16 ans avait une belle dote.

Achille travaille aux Chemins de Fer.

C’est en 1935 que survient l‘accident (Mamy Fernande est enceinte de sa troisième fille) : Achille reçoit un coup de poutre sur la tête. Il ne s’en ressent pas immédiatement, mais finit par être hospitalisé à l'hôpital Thonon à Paris où il meurt subitement le 9 septembre 1935 à l’âge de 30 ans. Ma Marraine a 3 ans, ma maman 22 mois, et ma plus jeune tante 7 mois.

La mère de Mamy Fernande vient de Suisse pour soutenir sa fille, elle va d’abord aux Chemins de Fer pour voir quelle aide on peut leur apporter. On lui répond que les trois filles peuvent être placées à l’orphelinat...

Alors mon arrière-grand-mère, qui avait un caractère très trempé, répond qu'il n'en est pas question et finit par obtenir pour sa fille (qui n'avait donc plus aucune ressource pour vivre) un poste de garde-barrière.

Puis elle repart en Suisse avec Maman sous le bras..

J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai commencé à questionner ma grand-mère Fernande sur son enfance, sa vie, son amour, et régulièrement, Mamy pleurait..

Jusqu’à la fin de ses jours, elle a pleuré son aimé..

Son immense chagrin l‘occupait toute entière, occultant tout, même la place que ses filles auraient dû avoir dans sa vie ..

Bon, maintenant je vous emmène en Suisse, à Murist où nous faisons la connaissance d’un beau jeune homme blond aux yeux bleus. Il s’appelle Joseph, et nous sommes en 1897.

Joseph est né à Aumont en 1877, le 10 mai, (c’est-à-dire le même jour que le mari de chacune de mes tantes - sans compter que mon père était du mois de mai aussi : autres petits clins d’œil !)

Le père de Joseph était d’Aumont aussi, y né le 5 juin 1845. Il avait une sœur prénommée Rose et un frère prénommé Joseph, c’est donc le prénom de ce frère qu’il a donné à son fils.

Mais c’est pas avec son père que Joseph en a à découdre mais avec sa mère, Joséphine (on l’appelait la Finette) : un caractère terrible !

Elle n’hésite pas, par exemple, à briser le cœur de sa propre fille (Bertha) en l’empêchant d’épouser un homme dont elle la savait fort éprise (et un petit peu enceinte) parce qu’elle ne le trouve pas assez bien pour elle …

Finalement Bertha a vécu avec un autre homme (on ne s’opposait pas à la Finette !) qui lui a fait une ribambelle d’enfants .. sur le dos desquels le père passait ses nerfs à coups de bâton..

Mais revenons à mon arrière-grand-père Joseph.

Sa mère et lui ont le même type de caractère très fort, ça fait des étincelles ! et un jour, la coupe déborde. Suite à une brouille violente (après on va se demander pourquoi je suis très légèrement emportée), Joseph s’expatrie. Et pas la porte à côté : il part pour la France !!

Le voilà à Paris…seul, seul, ô si seul .. Heureusement, un concours de circonstances heureux lui permet de trouver rapidement du travail comme jardinier chez la Comtesse de Montebello, au château d’Auvers (château qui existe toujours, mais qui s’appelle Château de Stors maintenant)

C’est comme ça que le destin malicieux a rapproché mon arrière grand-père, qui était Suisse de mon arrière grand-mère, qui habitait près de Paris .. D’autant plus malicieux qu’ils se sont rencontrés à un feu de la saint Jean, autrement dit le 24 juin 1900 (jour anniversaire de la Finette ! Si ça, c’est pas un beau pied de nez du destin !) ...

Marraine_Taty_Maman

ma mère (à droite) et ses deux soeurs

13 avril 2010

soi, soi, ô mon soi

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Lorsque j’étais petite, j’avais besoin, comme n’importe quelle petite fille je suppose, d’être nourrie "d’amour". Comme ça le faisait pas de la part de Maman, elle me qualifiait de pot dcolle, de sangsue, de miclette.

v_suve_1964

Si ma maman n’avait pas eu ce contentieux familial à régler avec ses (les) filles, elle m’aurait donné les marques de tendresse que j’attendais sans me culpabiliser et je n’aurais peut-être jamais été un pot dcolle pour qui que ce soit.

vevey_suisse_1962

Ce qui a joué aussi certainement, c’est le contexte de pudeur émotionnelle et affective à laquelle on se contraignait plus fortement à cette époque, pudeur qui obligeait à (se) taire et à faire taire - même si on a l’impression que cela s’assouplit un peu sociologiquement et psychologiquement parlant, dans la réalité on se rend compte que ces règles et ces contraintes de vie, reprises consciemment ou non, voire renforcées par la famille, font que l’on finit par s’éloigner sans s’en rendre compte de "soi" et de ses besoins.

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Ce qui est paradoxal c’est que justement, si on se conforme à ces règles, c’est pour être reconnu et accepté par les autres !

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Quoi d’étonnant alors qu’il semble si compliqué de faire une chose aussi simple que d’être soi puisqu’on passe notre vie à ne pas l’être ?

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8 avril 2010

amoureuses

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Je la connais depuis .. misère, le nombre d’années me donne le tournis ;-)

À l’époque, on était encore jeunes et belles, enfin .. p't'être aussi "belles et c..", comme dans la chanson de Brel ;-)

Des fois, l’amitié démarre sur les chapeaux de roue, et s’éteint comme un feu de paille. D’autres fois, elle se bonifie avec le temps, comme le vin - notre amitié est de celles-là.

Naturellement, je lui ai offert mon livre, mon bébé. Notre amitié est contemporaine de la quasi-totalité des récits. Certaines scènes dont elle n’a pas dû manquer de reconnaître les protagonistes ont dû la faire bien sourire..

Alors elle a pris son stylo. Car comme moi elle aime, malgré internet, continuer à envoyer des vraies lettres, écrites sur du vrai papier de toutes les couleurs (et tant pis si "ça fait adolescente", n’est-ce pas Clo ? ;-)))

Et voici ce qu’elle m’écrit :

« j’ai lu ton livre d’une traite, j’en avais les yeux tout bouffis, je savais plus où j‘étais... j’ai laissé passer quelques jours pour essayer de totalement l’oublier puis je l’ai relu. Je me suis délectée de tes aventures amoureuses, te revoyant devant G. ou t’imaginant complètement face à ces hommes, amoureuse, paumée, larguée, sens dessus dessous, au paradis et en enfer, mais tout à fait dans l’amour. Ton écriture m’a fait sourire, réfléchir, mais surtout comprendre que dans le fond, les femmes se ressemblent lorsqu’elles aiment.. Elles se ressemblent dans leurs rêves.. si elles en ont ! et toi, t’en as toujours eu à revendre.. En tous les cas un grand bravo pour ton audace, j’ai senti comme tu t’es libérée et tu ne peux pas savoir combien je suis fière de toi (excuses, ça fait gnangnan mais je sais qu’il t’a fallu du courage pour mener ce projet de livre jusqu’au bout) »

"Les femmes se ressemblent lorsqu’elles aiment, elles se ressemblent dans leurs rêves.."

.. non ?

7 avril 2010

aimer trop

chat

On me dit tout le temps : tu aimes trop.

Comment peut-on aimer trop ?

7 mars 2010

instrument

sable2

L’amour est attachement, mais aussi manifestations réciproques librement consenties (en théorie en tout cas).

L’amour, c’est désirer le bonheur de l’autre, même si cela ne passe pas par soi. C’est être conscient que l‘autre n’est pas un "instrument pour couvrir le son de notre voix intérieure" (comme disait Etty) puisqu’on est seul responsable de notre vie et de la satisfaction de nos besoins.

Or on en est rarement conscient, même si on a comme moi le grand privilège d‘être une émotion avec des pattes et qu’on arrive à identifier nos manques. Parce que des fois, les émotions et les sentiments qui semblent toxiques vus de l‘extérieur sont en fait ce qui nous fait exister et si on essaie de s‘en défaire on peut alors ressentir une impression de .. vide.

Mais bon, supposons : on réalise qu’on est en manque d’un Autre qui n’existe que dans un rêve impossible. Cette prise de conscience suffit-elle à ouvrir suffisamment les yeux pour nous permettre d’entrer en contact réel avec une autre personne, dans une relation à échelle humaine où l’autre existe vraiment, pleinement ? Une relation dans laquelle l' indispensable attachement à l’autre s'équilibre parfaitement avec un nécessaire détachement de l‘autre ?

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