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le blog de Ambreneige
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amour
11 février 2012

N'oublie pas d'aimer

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N'oublie pas d' aimer !


L'abbé Pierre avait mis cette phrase dans sa pièce à vivre, et il l'avait même mise deux fois, au cas où, disait-il, il ne l’aurait pas vue la première fois.

N’oublie pas d’aimer : pour moi, ça devrait être ça, la politique. Pas chercher à convaincre les autres qu'on est le meilleur, qu'on a raison et que les autres sont des gros nazes. Pas de se faire mousser, gonfler son ego tout en débinant les autres. Pas être hypocrite, promettre des trucs qu’on ne fera jamais, dormir au chaud et dans le luxe pendant que des gens crèvent de froid et de faim.

Pendant le fameux hiver 54, ce n’est pas un homme politique qui a lancé un appel pour les sans-abris, c’est l’abbé Pierre. Cette "insurrection de la bonté" avait d'ailleurs rapporté une somme phénoménale et tout à fait inattendue - Charlie Chaplin, en versant deux millions de francs, aurait dit : "je ne les donne pas, je les rends. Ils appartiennent au vagabond que j’ai été". C’est aussi grâce à l’Abbé Pierre que maintenant, on ne peut plus expulser les locataires pendant l’hiver.

Alors pourquoi ? pourquoi c'est un abbé qui a fait ça et pas un homme politique ? pourquoi la politique ne peut-elle se faire "par amour" ? pourtant, on dit que l’amour fait déplacer des montagnes, non ? les hommes politiques ont-ils si peu de moyens qu'il faille compter sur un abbé, sur un Coluche, pour que les choses bougent ? et après on me demande pourquoi je n’aime pas la politique ..

En 54, l'appel de l'abbé Pierre avait attiré des bénévoles dans toute la France. Mes beaux-parents en ont fait partie. En 1958, ils habitaient à Nanterre dans une cité de transit, genre de préfa car ils étaient très pauvres. Mon mari qui avait à peine 3 ans dormait dans le tiroir d'une commode. Pendant les repas qu’ils partageaient avec l’abbé Pierre, mon beau-père jouait de l’accordéon, ce que l’Abbé Pierre appréciait beaucoup, il le lui réclamait d'ailleurs systématiquement en l'appelant affectueusement par son nom de famille :  "MON B**** !!" , s'exclamait-il en le serrant contre lui.

Chaque fois que ma belle-mère me parlait de ces moments partagés avec l'abbé Pierre, elle avait des étoiles plein les yeux..

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2 février 2012

Comme une femme

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ici, la p’tite Marie évoque Gandhi. Elle conclut en disant qu’elle aime son visage bienveillant pour l’éternité des éternités (moi aussi, d’ailleurs).

C’est sûr : personne ne peut rester insensible à ce que fût Gandhi ni à l’action qu’il a menée. Car, contrairement à ce que certains pensent, la non-violence, loin d’être passivité, loin d’être une fuite, est une action. C’est une action basée sur le respect et sur l’amour indéfectible d’autrui. Cette non-violence "active" est bien difficile à comprendre pour nos petits cerveaux étriqués d’Occidentaux, car le résultat de cette action prend du temps. Il faut au non-violent une force de caractère inouïe et un amour infini.

Néanmoins, il est impossible de parler de Gandhi sans parler de Kasturba, sa femme (कस्तुर्ब en hindi).

Vous savez peut-être que dans l’Inde du XIXe siècle – et encore aujourd’hui, d’ailleurs – les femmes sont considérées "inférieures" à l’homme. C’est la réalité indienne : leur société ressemble un peu à ce que fut celle de nos parents dans les années 50-60 (et avant), c’est-à-dire que c'est l’homme qui détient toute l'autorité (morale, économique, etc). Toute petite, la fillette est formée par sa mère à son futur rôle d’épouse soumise. Elle fait des tâches serviles et s'occupe des enfants cadets. Comme l’amour physique de la chanson de Birkin et Gainsbourg, c’est "sans issue", ou plutôt si, il n'y en a qu'une : se marier, ou plus exactement être mariée, puisque les mariages sont arrangés par les parents, et cela a toujours court même si c’est interdit depuis longtemps.

Oui donc, être une fille est une calamité, et en avoir une tout autant. D’ailleurs il y a énormément d’avortements dès lors que l’on sait par l’échographie qu’on attend une petite fille – bilan, il y a de moins en moins de femmes en Inde. Et ça se comprend ! pour peu que la femme ne soit pas assez jolie, ait la peau trop sombre, ait été mal "dressée" par les siens, elle subit un véritable enfer : maltraitée, avilie, quand on ne l’arrose pas d’essence pour la brûler vive ! on entend régulièrement parler de ce genre de trucs. Mais bon, ce ne sont que des femmes .. Et même pas de chez nous !

Oui donc, il y a quand même une lueur dans cette vie de rêve : le statut de la femme change sensiblement lorsqu'elle donne un fils à son mari (ben oui, ce serait vraiment dommage qu’une telle lignée d’hommes s’éteigne !).

Donc, Kasturba, la femme de Gandhi, était maltraitée par son mari, ou plus exactement, elle était traitée comme une femme : elle lui servait de bonniche et il la frappait quand il jugeait qu'elle ne filait pas assez doux. Dans sa jeunesse, rien ne laissait prévoir que la "grande âme" en deviendrait une. Rajoutez à cela que c’était un chaud lapin, chose que Kasturba endurait sans piper mot (il allait souvent voir ailleurs si l’herbe était plus verte - on le sait, le changement d’herbage réjouit les veaux).

Certes, la sexualité de Gandhi a fait des remous, surtout avec la sortie d’un bouquin sur le sujet. Ceci dit, loin de moi la prétention de vouloir commenter l’intimité de ce grand homme. Ce que j’ai compris c’est qu’à un moment donné, Gandhi s’est imposé l’abstinence, ainsi qu’à tous ceux qui partageaient son ashram, parce qu’elle lui semblait indissociable d’un certain niveau de spiritualité. Autrement dit, ses désirs charnels lui pourrissaient l’existence et l’empêchaient de se consacrer aux choses sérieuses.

Pour en revenir à la "grande âme", selon moi, c’était elle, Kasturba, en tout cas au début. Elle possédait une force incroyable : elle se soumettait à son mari non pas parce que le contexte social l’exigeait, mais parce qu’elle acceptait son époux tel qu’il était. Avec amour, autrement dit. Les femmes ont une capacité d'amour infini. Même sous les coups, les insultes, même devant ses colères – et elles étaient nombreuses – Kasturba restait digne. Elle ne se sentait pas coupable de Dieu sait quoi, elle savait très bien qu’elle n’avait rien fait de "mal", ou que si "mal" il y avait, il venait de l’attitude de Mohandas qui pétait les plombs pour n’importe quoi. Et que ce n’est certainement pas en jouant les lavettes apeurées qu’elle lui montrerait qu’il faisait fausse route.

C’est en observant sa femme que Gandhi a pris conscience de sa valeur, de sa force, puis de celles de toutes les femmes. C’est en observant sa femme qu’il a su convaincre les hommes de sa génération que les femmes, toutes les femmes, sont leurs égales et qu'ils ne peuvent rien faire de valable sans elles. C’est grâce à Kasturba qu’il a incité ses congénères à ne plus considérer leurs femmes comme des objets de plaisir, pas même comme des mères ou des épouses mais comme des êtres à part entière, tout simplement. S'est imposée petit à petit à lui l’idée que ce sont les femmes, bien plus que les hommes, qui peuvent comprendre que la liberté ne peut venir que par l'amour. "C'est sur les genoux des femmes que repose l'avenir de l'Inde. Pour ne pas s'anéantir, le monde devra s'orienter vers la non-violence et les femmes doivent être les pionnières de l'ère de la non-violence." a dit Gandhi.

C’est comme ça qu'il a entrepris une véritable révolution : l'amour, le dévouement et l'esprit de sacrifice que les femmes consacraient jusqu'alors uniquement à leur époux, il leur a appris à les faire rayonner au sein de toute la communauté indienne. Pour le suivre, celles qu'il appelait "la meilleure moitié de l'humanité" se sont enrôlées dans des campagnes contre l'alcoolisme, se sont mises par millions à filer et à tisser le coton, militant au péril de leur vie contre les abus des lois britanniques. Elles sont devenues les plus vaillants soldats non-violents de l’armée de Gandhi. Rien au monde n'était plus faible et plus démunie qu'une femme indienne, et pourtant, Kasturba en tête, les femmes l’ont soutenu, humblement et aveuglément, même si elles n’ont pas toujours compris les enjeux du Mahatma dans sa marche inlassable vers la liberté.

Kasturba Gandhi 

C’est ma femme qui m’a enseigné la non-violence lorsque j’ai essayé de la plier à ma volonté. Sa résistance obstinée à ma volonté d‘une part, et sa tranquille soumission à la souffrance que lui infligeait ma stupidité d’autre part ont fait que finalement j’ai eu honte, et que j’ai été guéri de ma stupidité à croire que j’avais de naissance le droit de la dominer. Et finalement elle est devenue mon professeur de non-violence.

Mohandas Karamchand GANDHI (1869-1948)


Vous trouverez ici d'autres photos de Kasturba et de Gandhi.

26 janvier 2012

Froide

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Il y a un moment où on est obligé de se résoudre à se blinder, même si ce n’est pas dans notre nature, même si on a toujours eu du mal à comprendre les personnes qui se mettent une carapace plutôt que de se laisser atteindre, au sens propre et au sens  figuré. Leur choix : se durcir pour continuer à avancer quand même.

Juste avant, je vous disais que lorsque je jette un regard en arrière, je réalise que j’ai eu une vie très compliquée. Or, je crois que ma vie a toujours été compliquée parce que l’amour, enfin plus généralement l’affectif, y tient une place qui occulte toutes les autres. Par exemple, au nom de l’amour j’ai laissé tomber mon épanouissement professionnel et personnel. Vous allez me dire que ce n'est pas parce qu'on aime qu'il faut laisser tomber le reste ! Certes. Seulement voilà, l’amour est une chose compliquée. D’abord, il fait intervenir les trois choses les plus incontrôlables de notre statut d’humains : notre corps, avec ses désirs, nos pensées (+ celles qui nous ont été inculquées plus ou moins consciemment), et nos émotions propres, qui nous viennent de notre cerveau reptilien, le plus archaïque.

Et ce n’est pas tout : notre façon d’aimer, et j’oserais dire, d’être aimé, est le résultat d’une longue histoire, la Grande, avec tout le contexte culturel et sociétal de l'endroit où l'on vient au monde, et la Petite, c’est-à-dire la notre, celle de chacun et de chacune. On n’aime pas de la même façon si on a été adoré ou rejeté. On n’aime pas de la même façon si nos parents ont divorcé ou s’ils s'aimaient passionnément. On n’aime pas de la même façon si on a des frères et sœurs, si on est enfant unique, si on est l’aîné ou le benjamin. L’amour, c’est la somme des interactions affectives et conflictuelles qui ont présidé notre naissance, pour ne pas dire précédé, puis notre enfance, notre vie d’adulte, et qui un jour croise une autre somme d’interactions affectives et conflictuelles. C’est ça l’amour, ça n’a rien de simple.

Sans compter à quel point la notion d’amour est éminemment personnelle. J’ai pu le constater maintes fois en me penchant sur mon histoire familiale. Et sans aller si loin, par exemple entre ma sœur et moi : placées dans la même famille, avec exactement les mêmes doses d’amour (ou de non-amour), enfin en tout cas, les mêmes doses de ce qu’était "l’amour" chez nous, on a réagi complètement différemment, on s’est construites de façon diamétralement opposée. Parce qu'on a tous et toutes la capacité de choisir : on peut choisir d’être heureux, on peut aussi choisir d’être malheureux – je ne dis pas que c’est conscient. On peut courir à sa perte, se laisser bouffer en étant persuadé de faire le juste choix, on peut même être conscient qu’on est sur le mauvais chemin et y aller quand même. On peut choisir de se soumettre, on peut aussi choisir de se battre, et pour cela se blinder, revêtir une carapace qui nous permettra d'avancer.

J’aime bien ce qu’Elsa a répondu à Reynald dans un des commentaires précédents.

Reynald disait : "Ca me désole de voir le nombre de quinquas qui choisissent le vide une fois passé la porte. Entre le macho prédateur et le vide, il y a d'autres voies possibles."

Et Elsa lui a répondu :

"Ce n'est pas forcément choisir le vide que de choisir la vie sans "autre". Le vide est avant tout (ou pas) en soi, et parfois, c'est vivre avec la mauvaise personne qui crée le/s vide/s..."

C’est pour ça que pour ma part, c’est décidé :

1) j’arrête de me faire des grimaces chaque fois que je me croise devant un miroir. Je me souris – c’est ma sœur qui m’a dit de faire ça, il y a longtemps ! il est temps que je m’y mette ! je me souris parce que "je le vaux bien" !

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2) je danse. Je reprends ma danse excentrique, tant pis si mon fils me critique, qu’il a la te-hon, etc. JE DANSE, na !

3) j’attends avec impatience mon cadeau de Noël, celui que ma sœur vient de me finir. Vous voudriez bien savoir ce que c’est, hein ? nin nin nère ! eh bien je vous laisse deviner ! le premier qui trouve aura un cadeau !

Je vous souhaite à tous une excellente journée, pleine d'amour et de paix !

 

suì suì píng ān

   岁   岁   平   安

(comme disent les Chinois)

20 janvier 2012

Soigner par l'amour

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" De nombreuses femmes se marient alors qu'elles sont encore naïves au sujet des prédateurs et elles choisissent un homme qui va se révéler destructeur pour elles. Elles sont déterminées à le "soigner" par l'amour.

Plus tard, elles vont voir l'espoir d'une vie décente pour elles et leurs enfants s'amenuiser de plus en plus. Elles sont captives durant une période de leur existence qui devait être épanouissement. Au lieu de vivre librement, elles vivent dans l'erreur. Le prédateur leur a fait une promesse qu'il ne tiendra pas, la promesse qu'elles vont devenir une reine, alors qu'en fait leur meurtre est programmé.

Il faut espérer qu'elles finiront par ouvrir la porte de la pièce où gît tout ce qui a été détruit de leur vie. Si leur compagnon peut être responsable de ces destructions, il n'en reste pas moins que le prédateur naturel dans leur propre psyché y joue aussi un rôle. "

Clarissa Pinkola Estés

"Femmes qui courent avec les loups"

J'ai surligné exprès la dernière phrase car je la trouve presque plus importante que tout ce qui précède. Aucun changement n'est possible tant qu'une femme est forcée de croire qu'elle est impuissante parce qu'on lui a appris à ne pas prendre conscience de ce qui se passe.

Merci à toi, Khayaa, de m'avoir fait découvrir ce livre ! (clic-clic ici)

12 décembre 2011

Le plus dur

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Le plus dur, cest pas de construire des choses,
.
le plus dur, cest quelles restent debout.

 

Il a raison mon chat, non ? souvent, dans l’euphorie et l’ignorance de notre jeunesse, on bâtit sa vie suivant un cadre qui nous semble être celui qui nous mènera direct au bonheur. On se voit déjà avec une longue barbe blanche, les mains croisées sur le bidon, satisfait de notre existence bien remplie, entouré de notre descendance couronnée d’auréoles sur la tête tellement on les a bien élevés et rendus heureux (car c’est sûr que nous, on va réussir ce que nos parents ont raté). Mais au bout du compte, qui d’entre nous arrive à la fin de sa vie avec une telle satisfaction ? parce que franchement, c’est facile de se marier, d’avoir beaucoup d’enfants, et patati patata.. seulement après, quand il s’agit de se mettre à l’écoute, de ne pas lâcher devant l’adversité, devant l’ennui, la lassitude (et Dieu sait que le quotidien s’y connaît pour nous donner envie de baisser les bras), et d’aimer, d’aimer, d’aimer infiniment, inlassablement, envers et contre tout, au point d’oublier tout ce qui est moche, les petites vacheries, les mesquineries, et tout le reste ..

Vous, vous êtes satisfait de ce que vous avez fait de votre vie ?

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28 novembre 2011

d'enivrantes suées érotiques

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"Antoine attendit que son rythme cardiaque s'apaise en caressant le front de Patricia, ôtant de son visage quelques mèches plaquées par d'enivrantes suées érotiques.

- Je t'aime ! s'exclama Patricia.

- Oh non ! répondit-il.

- Ben si.

C'est bien les hommes ça ! Il faudrait coucher mais surtout ne pas tomber amoureuse !"

(extrait tiré d'un roman d'Isabelle Alexis).


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Est-ce que la dernière phrase vous choque ? je suppose que non, car il est bien connu que "c'est bien les hommes ça, coucher mais surtout ne pas tomber amoureux(-se) !!! "

Et pourtant, cherchez bien .. ça ne vous est jamais arrivé à vous, les filles, ne serait-ce qu'une fois, de coucher et que le mec s'accroche ? qu'il soit tendre, romantique, amoureux, et vous, vous lui racontez n'importe quel bobard pour ne pas le revoir, parce que ce soir-là, vous aviez juste envie d'un câlin ? et si vous cherchez mieux, vous ne trouveriez pas par hasard que c'est arrivé plus d'une fois ?

Alors purée, c'est quoi ces idées toutes faites, encore ?

16 novembre 2011

consommable

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Je suis en train de lire le récit d’un homme racontant ses rencontres sur le net. "Egrénant ses rencontres" serait plus juste, si j’en juge par la quantité phénoménale desdites et la durée (une nuit au lit ..). Pourtant, son idée du départ est de trouver ainsi la femme de sa vie. Mais bon, on sait bien que les hommes ne pensent qu’à "ça". Niark niark. L’autre truc qui est bizarre dans le récit, c’est que donc, il cherche la femme de sa vie, mais dès qu’une s’attache à lui (et il a l’air très attachant), il prend la tangente .. pas facile de construire quelque chose dans ces conditions ..

Ceci dit, j’avoue, j’ai fait pareil à l’époque où je vivais seule avec mes filles. Une trentaine de personnes en quelques mois, dont quatre filles. Non pas que je sois bi, pas du tout ! juste que, avoir des copines, ya que ça de vrai ! enfin pour moi. Je me rends compte qu’en fait, je n’ai jamais fait confiance aux hommes, et ça ne risque pas de s’améliorer vu les numéros que j’ai tirés. Mais bref, contrairement au monsieur évoqué plus haut, je n’ai pas couché avec toutes mes rencontres ! en fait, j’avais envie d’être amoureuse .. j’adore être amoureuse !! et puis d’abord,  je ne couche jamais le premier soir. Na ! Enfin je ne crois pas .. me rappelle plus. Il faudrait que je fouille dans mes souvenirs, maintenant que j’ai tout fichu au feu (c’est parti en fumée dans ma cheminée l’hiver dernier avec tout le reste de ma rage).

Oui alors donc, les rencontres seraient-elles devenues du consommable, comme le reste ? parce qu'on pourrait croire que ça se passe comme ça seulement du côté masculin, ben pas du tout ! Les filles font pareil !! elles couchent une fois, et dès que l’ombre d’un sentiment se pointe, elles jettent ! on ne veut plus s’attacher. Qu’est-ce que c’est que cette nouvelle lubie ? comment avoir des relations sans s’attacher ?????? en restant libre !! Libre de quoi ? de choper le sida ? de ne pas prendre ses responsabilités ? dans la plupart des couples "installés", c'est un peu la même optique, un capotage et courage, fuyons ! il faudrait que tout soit parfait, tout le temps, sinon on passe à autre chose .. et nos enfants, ils en pensent quoi, de ce curieux nouvel "amour" ?

14 novembre 2011

caca prout

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Vous rappelez-vous vos Noël d’enfant ? chez nous, le mystère restait entier jusqu’à la dernière seconde. Oh bien sûr, on le "préparait", on en parlait, il fallait être particulièrement sages sinon il est évident que le Père Noël ne passerait pas. On confectionnait des décorations. Je me rappelle avoir fait et peint de petites étoiles, ça doit être un des rares trucs manuels que j’ai réussis, sans doute parce qu’il s’agissait de les dessiner d’abord ;-)

La veille du jour J, c’était un réveillon de tous les diables, on le faisait souvent chez ma marraine où il y avait un garage attenant à la maison qui permettait de recevoir plus de monde, mais il est arrivé aussi qu’on le fasse chez mes parents, qui étroitesse du logement ou pas n’auraient pour rien au monde prétexté le manque de place pour ne pas réveillonner avec toute la famille. Comme je l’ai déjà dit, mes parents avaient le goût de la fête, qui entre nous soit dit, génère le goût de la vie.

D’ailleurs, enfant, à un âge où on n’arrive pas à bien formuler ce qu’on ressent avec des mots, j’éprouvais des émotions pour le moins paradoxales : un sentiment d’angoisse extrêmement invalidant, du fait de la violence de mon père à notre endroit (à ma sœur et moi), et en même temps un sentiment de bonheur, de "chaleur", à cause de ces réunions familiales régulières où l’amour et la joie dégoûlinaient.

Or donc, nous réveillonnions, et croyez-moi, ce n’était pas un vain mot ! la famille de mon père, qui "n’avait pas l’esprit de famille", comme on dit, a été vite mise au pas, vu que ma marraine les invitait (pourtant ils n’étaient pas de "sa" famille). Ce qui fait que ça a réveillé en eux des joies simples qu’ils croyaient avoir oubliées pour toujours, comme celle de danser.

Bon, comme d’hab, je vous ai fait une introduction qui part dans tous les sens. Je voulais juste dire que donc, chaque matin du 25 décembre, on découvrait au pied du sapin de Noël un décor de conte de fée, un étalage de cadeaux qui occupait la moitié de la salle à manger – bon, OK, elle était petite, mais quand même ! on recevait des choses qu’on avait attendues et espérées toute l’année, voire plusieurs années de suite – mon premier électrophone, le livret de Roméo et Juliette de Shakespeare (ben quoi, j’ai toujours été fleur bleue !), le 45 tours de Peter Holm ("Monia"). Je me rappelle aussi de nos poupées Bella, pour lesquelles Maman, le Noël suivant, avait tricoté elle-même toute une garde-robe. Enfin quand je dis Maman, je parle du Père Noël, bien sûr !!!

Noël était vraiment LA fête de l’année, la plus belle. Du reste, pour Pâques je me rappelle aussi des œufs durs qu’on peignait mais par contre pas du tout de nos anniversaires. Nos parents les fêtaient-ils, en tout cas quand on était petits ?

Mais bon. Tout ça c’était avant.

Aujourd’hui, nous sommes en novembre 2011. Vous pénétrez dans un grand magasin dans le but innocent de faire trois-quatre emplettes, que déjà le mois dernier, vous avez eu bien du mal à localiser au milieu des citrouilles et autres masques d’horreur d’Halloween. Or donc, vous entrez sans vous méfier. Et là, que découvrent vos yeux ébahis ? (on n’est même pas encore en décembre, je vous rappelle) : une orgie de peluches géantes, une avalanche de jouets, un Himalaya de petites voitures qu’immédiatement, chacun de vos trois petits-fils fourrent dans leurs poches dans le but bien précis de repartir avec. Vous négociez qu’ils les reposent, moyennant un passage rapide aux rayons jouets. Là, vous découvrez que vous n’êtes pas les seules à vous être faits avoir (ouf !). D’autres enfants, bloc-notes en main, sont en train de lister tout ce qu’ils veulent pour Noël, avec les prix. Leurs parents les suivent avec sur le visage un air blasé de martyres.

PB123903rSoudain, le plus jeune de vos petits-fils tombe en arrêt devant une "Cars" deux fois plus grande que lui. Le souffle lui manque devant tant de beauté. Il entreprend de la déloger de son étagère, mais vu la taille du carton géant, il y a lutte acharnée. Enfin, la voiture convoitée est entre ses bras ; enfin, façon de parler : elle le dépasse d’une taille. C’est pas ça qui l’arrête : puisqu’il ne peut pas porter le carton, il se met à le pousser en clamant "caca prout" (ses frères lui ont assuré que lorsqu’on veut quelque chose, ça se dit "caca prout"). Votre fille cadette se penche vers son petit dernier, et avec une patience admirable, lui explique que nous sommes venus acheter à manger, que pour ce qui concerne les jouets elle comprend combien cela est frustrant, elle compatit, mais que néanmoins ça ne la concerne pas, c’est au Père Noël qu’il faut s’adresser et qu’on ne peut pas le joindre avant un bon mois. Le petit semble se calmer. Mais dès que sa mère a le dos tourné, il se saisit d’une Cars moins volumineuse et la colle dans sa poussette, s’asseyant dessus pour la dissimuler. Las ! comme il fallait s’y attendre, ça sonne au passage en caisse. Alors là, je ne sais pas si je vais réussir à décrire correctement ce qui s’ensuit, tant l’événement fend le cœur. Je vais quand même essayer. La caissière se saisit de l’objet du délit ; l’enfant mû par une souffrance sans nom, jaillit de sa poussette comme un ressort et disparaît en courant, immédiatement suivi de ma fille et moi-même, complètement affolées. Rapidement, nous localisons le petit garçon agenouillé devant sa Cars et hurlant à la mort Cacaaaaaaaacaa prout Caaaaars ! pendant que ses grands frères, qui manquent cruellement de compassion, se bidonnent comme des fous. Le spectacle est d’autant plus insolite saisissant que ce petit garçon de 4 ans, agenouillé, a une superbe tonsure sur le dessus de la tête, façon "Chaussée aux Moines" depuis que ses frères lui ont joyeusement coupé les cheveux sous le prétexte que c’est lui le chouchou.

Eh oui mes chers amis, voici la triste réalité : la plus belle fête de l'année est devenue un moyen sûr de martyriser à l'infini de pauvres enfants qui ne nous ont rien fait..

5 novembre 2011

depuis la nuit des temps

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Ma maman, qui était du 2 novembre, disait toujours qu’elle était née "le jour des morts".

Cette notion du Jour des Morts est très ancienne puisqu’elle remonte à plusieurs siècles avant la naissance de Jésus. Tout commence il y a très longtemps, lorsque des hommes arrivent du Danube par vagues successives, passent le Rhin, et se fixent sur  une terre fertile abondamment arrosée de cours d’eau, dotée d’un climat tempéré, ensoleillé et pluvieux, une sorte de jardin d’Eden qui, des centaines d’années plus tard, s’appellerait la France. Ces hommes, qui s'appellent eux-mêmes les Celtes, les Grecs et les Romains les appellent des Gaulois.

Peu à peu, ces "Gaulois celtes" répandent sur l'accueillant territoire sur lequel ils se sont installés leurs lois, leurs coutumes et leurs rites. Car ces ancêtres venus d’ailleurs aiment notre terre, ils l’ensemencent, la cultivent, la font fructifier, ils se battent jusqu’à la mort pour la préserver. Ils nous ont légué leur joie de vivre, leurs grandes gueules, leur imagination débordante, leur attirance pour le fantastique, leur goût pour la belle ouvrage, leur faculté d’adaptation et leur farouche amour de la liberté. Seulement voilà, un jour le besoin de jouir de tout ce qui fait du bien au corps remplace la certitude de la Survie de l’Esprit qui rendait négligeable aux premiers Gaulois la perte de la vie, et c’est comme ça que les rites se sont perdus dans la nuit des temps. Enfin passons, et revenons à nos Celtes.

Nous sommes au premier siècle avant notre ère, la quinzième nuit avant atenoux de Cutios (le premier novembre d’aujourd’hui). Oui, parce que nos ancêtres les Gaulois ne comptent pas les jours comme nous. D’abord pour commencer, ils ne comptent pas en jours : ils comptent en nuits. Pour eux, c’est la nuit qui précède le jour, et pas l’inverse (même si au bout d’un moment, on peut imaginer que la nuit ne va pas tarder à le suivre, enfin passons). Les noms des mois gaulois, n’en déplaise à Goscinny, se terminent par –os et pas par –ix. L’année gauloise commence en juin, par le mois de Samonios. Elle se termine donc en mai (logique) par le mois de Cantlos. Chaque mois est divisé en deux quinzaines, avant et après atenoux (la nuit du milieu).

Donc, pour en revenir à nos moutons, nous sommes la 15e nuit avant atenoux de Cutios, et nous fêtons Samonios, ou Samain, c’est-à-dire la célébration du début de la saison sombre – puisqu’il n’existe que deux saisons, la sombre et la claire.

Samain n’appartient ni à la saison claire (qui s’achève), ni à la saison sombre (qui va commencer). C’est une période autonome, hors du temps, "un intervalle de non-temps" qui permet aux vivants de rencontrer les défunts. Elle marque une rupture dans la vie quotidienne : la fin des conquêtes et des rafles pour les guerriers et la fin des travaux agraires pour les agriculteurs-éleveurs. Elle permet aussi aux défunts, non réincarnés, de passer dans le monde des vivants pour y retrouver les lieux et les personnes qui leur sont chers. C’est pour cela qu’elle est propice aux événements magiques et mythiques.

Comme toutes nos grandes fêtes, Samain compte trois jours de solennités : le premier est consacré à la mémoire de nos héros, le deuxième à celle de tous les défunts, et le troisième aux réjouissances populaires et familiales marquées par des réunions, des banquets, des festins de toutes sortes qui peuvent se prolonger une semaine durant.

La veille a eu lieu la cérémonie de la renaissance du feu. Les propriétaires des maisons ont éteint les feux de l’âtre avant de se rassembler à la nuit tombante sur la place où les druides ont procédé à l’allumage d’un nouveau feu sacré en frottant quelques bois secs du chêne sacré. Ils ont ensuite allumé de grands feux de joie sur les collines environnantes pour éloigner les esprits malfaisants. Puis chaque maître de maison est reparti avec quelques braises tirées du nouveau feu sacré pour rallumer un nouveau feu dans l’âtre de sa maison, feu qui doit durer jusqu’à la prochaine fête de Samain et protéger ainsi le foyer tout au long de l’année.

Dans cette dernière nuit d’Ogronios (31 octobre), le monde des morts, des fées et des sorcières entre en contact avec celui des vivants. Les âmes des défunts reviennent errer autour des maisons des vivants, c'est pourquoi on laisse la porte entrouverte et une place à table, et on place des lanternes sur les chemins pour les guider .. Nos enfants n’en sont pas effrayés. Ils savent toutes ces choses, puisque dès l’âge de sept ans, ils viennent recevoir l’enseignement oral dispensé par les druides instituteurs. Ils y apprennent par cœur la vie de nos héros - chantée par les bardes -, le calcul, le rythme des saisons, la composition de l’univers, le nom des étoiles, le courage, l’honneur, les droits et les devoirs envers notre peuple et envers leur famille. Nos enfants ne craignent pas la mort, ils savent qu’elle n’est qu’un passage, que notre esprit ne peut pas mourir, qu’un jour, il se sépare du corps qu’il a animé pendant la vie et quitte le troisième cercle pour se fondre dans le deuxième, celui qui entoure le cercle central, celui de l’Incréé que Nul n’Ose Nommer. Oui, cette entité primordiale, nul ne s’adresse directement à Elle. Ce sont des intermédiaires qui se chargent de transmettre nos prières et de recevoir en Son nom des sacrifices, que dans la pauvreté de notre langage, nous appelons des dieux : Toutatis, le protecteur de la tribu ; Lug, le compagnon des voyageurs ; Tarranis, le dieu du tonnerre ; Cernunnos, le barbu aux cornes toujours renaissantes ; Sucellus, le frappeur au marteau, qui, le moment du passage venu, séparera le corps de l’esprit.

Mais les montagnes, les sources, les arbres, oeuvres directes de l’Incréé sans le secours de la main de l’homme, sont la preuve évidente de son existence.

Donc, cette quinzième nuit avant atenoux de Cutios, on ne se couche pas. On chante dans les rues, on boit et on ripaille. La joie est sur tous les visages, on danse sur la place, les manteaux bariolés des hommes se mêlent aux chitons des filles qu'on aperçoit sous leur cape. Les épouses se blottissent dans les bras de leur mari et les jeunes gens échangent des sourires. Un garçon essaie d’attirer l’attention d’une jeunette, elle peut avoir quinze ou seize ans, elle est fine, jolie, rêveuse, et comme toutes les femmes ne se mêle pas de la conversation des hommes. Elle fixe les flammes du feu. Il semble qu’elle a senti le regard sur elle car ses joues rosissent. Elle disparaît derrière une tenture, revient avec un pichet de cervoise, prend des timbales sur une étagère et sert à boire. Lorsque le jeune homme saisit la timbale qu’elle lui tend, leurs doigts s’effleurent.

N’est-ce pas comme ça que les amours se font depuis la nuit des temps ?

31 octobre 2011

tout finit toujours par s'arranger

Tous et toutes, nous connaissons parfois des périodes de tourmente, des moments où on a l’impression que la vie s’écroule, qu’il n’y a plus d’issue, et qu’est-ce qu’on va bien pouvoir faire des morceaux de notre vie brisée ? Le tsunami est de plus ou moins grande intensité, suivant la façon dont il ébranle le cocon qu’on a mis tant de soin à confectionner. Ça dépend de notre résistance aussi, et de la manière dont on a appris à nager .. et puis enfin, il y a les autres. Nos autres.

Assez curieusement, dans mes périodes de détresse, c’est mon père qui était là. Mon père : celui-là même qui a bouzillé ma vie en ne sachant pas m’aimer ou en m’aimant si mal. Oh bien sûr, il ne me tenait pas la main ni ne me prenais dans ses bras, c’était pas franchement le genre. Il était juste là, présent, rassurant, souriant. Oui, parce qu’avec tout ce que j’ai écrit à son sujet, vous l’imaginez peut-être comme une espèce d’ogre.

Bah pas du tout. Mon père souriait beaucoup, il était ce qu’on appelle chez nous un "bon vivant", et croyez-moi qu’il n’a pas mis long feu à adopter les usages de ma famille maternelle (suisse), usages particulièrement contraignants puisqu’ils consistaient à faire la fête en famille toutes les fins de semaine : on se réunissait, on dansait, on chantait et on riait.

Ceci dit, mon père était une personne sur qui l’on pouvait compter. C’était un homme fiable, et Dieu sait si j’en ai manqué tout au long de ma vie ! et c’est là tout le paradoxe : il m’a toujours inspiré une telle peur, pour ne pas dire terreur, que j’ai fui systématiquement tout ce qui pouvait me rappeler le genre d’homme qu’il était : quelqu’un sur lequel on pouvait s’appuyer, mais aussi qu’il ne fallait surtout pas contrarier ;-)

Bref. Comme d’hab, je me suis éloignée de mon sujet. Après on va s’étonner que j’avais toujours des notes nulles en rédac !

Oui alors donc, c’était un jour comme ça, ma vie s’était positivement effondrée. J’avais appelé mon père au secours, de toutes façons ya que lui qui venait. Sans se départir de ce curieux sourire qu’il arborait systématiquement sur la fin de sa vie (la soixantaine), un sourire qui faisait comme une petite lumière, mon père, disais-je, a prononcé ces mots : "Ne t’inquiète pas. Tu vas voir, tout finit toujours par s’arranger".

Je ne le savais pas encore, mais avec cette petite phrase, c'est un merveilleux cadeau qu’il m’a fait ce jour-là, même si, et c'est le moins qu’on puisse dire, je ne l’ai pas, mais alors pas cru du tout !!

Pourtant, ça fait plus de dix ans et j’ai eu l’occasion de le vérifier maintes fois : croyez-moi, il avait raison : Tout finit toujours par s’arranger..

 

Pa Man 17 nov90

28 août 2011

logique familiale

 

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(vendredi soir, ma fille) Allo Môman ? tu sais pas ce qui m’arrive ?? chui amoureuuuuuzzzzz alors que j’m’étais jurée de pas m’attacher, pffff !!! j’ai des papillons dans le ventre !!!!! c'est hallucinant, j’souris bêtement toute la journée ! en plus, j’ai envie de rien ! j’ai pas envie de travailler !! j’ai pas envie de sortir avec mes copines, en + ce soir on doit aller draguer, bouuuuuuuuuuuh !!! j’ai pas enviiiiiie !!

(moi) ben sors pas ma chérie ! tu vas quand même pas aller draguer alors que t’es amoureuse !!

(ma fille) bah ouais mais c’est pas cool ! j’vais pas les laisser tomber kô même, ça s’fait pas !! mais pfffff qu’est-ce que ça m’dit rien ! chui à ramasser à la p’tite cuillère, c’est vraiment pas marrant ! le mec qu’a inventé l’amour, franchement il aurait pu s’abstenir hein !!.. pffff ! bon Môman, j’te rappelle lundi ! p’têtre que ch’rai plus amoureuse !!

(moi) ma chérie j'voudrais pas te démoraliser mais ça m’étonnerait que tu sois plus amoureuse lundi alors que votre relation vient de commencer !

(ma fille) ben ça veut rien dire ! ça te tombe dessus d’un seul coup ce truc-là, alors je vois pas pourquoi ça s’en irait pas aussi d’un seul coup !!!

Logique.

26 août 2011

la nausée

 

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Qui l’eût cru ? moi la romantalité faite femme, moi qui ai toujours été une grande Amoureuse devant l’Eternel, une fille qui accorde une importance sans borne à ce sentiment-là, avec son sel, avec ses larmes, avec son trop de tout, toujours trop .. j’ai la nausée de l’Amour.

Pourtant, j’ai toujours fait partie des grandes adoratrices de cette secte. C’était toute ma vie, j’y puisais ma force, au besoin en redonnant un petit coup de fraîcheur aux histoires passionnelles qui me tombaient sous la main.  Celle de Julie, par exemple, ma chère Julie dont je porte le nom, cette nounoune qui a passé sa courte existence à se languir d’un homme qui se moquait pas mal de son p’tit cœur. Un p’tit cœur qui, comme le mien, fonctionnait pourtant à merveille : il battait fort, faisait des envolées, ding dong, c’était toujours la fête sur la planète.  

Ben moi c’était pareil : l’Amour venait, me donnait l’impression folle de gonfler de partout, balayait toutes mes résistances, toutes mes réticences. Je me retrouvais ondoyée, baignée d’un fleuve neuf, le fleuve de l’amour qui me faisait sentir instantanément comme ça allait être fort, comme ça allait être bon, alors on s’embrassait, on se jurait, on se reconnaissait, on n’avait plus jamais froid. On était deux. Des fois on se mariait et on avait beaucoup d’enfants, on partageait une maison bleue accrochée à la colline, on se regardait .. mais on ne se voyait plus.

J’y ai cru. Un demi-siècle, j’y ai cru. J’y ai cru sincèrement et je ne peux même pas me moquer de ma propre naïveté. Je respecte cette fille que j’ai été, cette digne descendante de Julie, je la comprends, elle était friable et tendre comme de la craie.

D’ailleurs, il m’arrive parfois, l’espace d’une seconde, de repenser à cette décharge électrique qui me comblait, qui m’emplissait jusqu’à la folie de plaisir et d‘amour, du bonheur d‘être moi, du bonheur d‘être à lui, qui me rendait pleine, indulgente et docile. Qui me rendait Vivante. Mais il n’y a plus la pureté, il n’y a plus la naïveté, juste le souvenir de la souffrance qui va avec. Peut-être que c’est triste, peut-être que c’est bien, j’en sais rien.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, j’ai la nausée.

18 août 2011

macho des chaumières

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En réalité, ya pas tant que ça d'hommes qui osent. Qui expriment ce qu'ils ressentent, qui se lâchent, quoi. En fait, j'en ai connu qu'un, ya longtemps. J'étais folle de lui : ben il avait même pas peur !! (ceci dit, ça l'a pas empêché de sauter sur tout ce qui bouge)(et de me le narrer par le menu).

Alors je sais pas, ça vient peut-être de moi. Peut-être que je vis trop "dans la Lune", comme on disait lorsque j'étais petite .. Peut-être que je suis trop ? à me dire que ça soit bien être possible, de se parler vraiment .. Si je peux même pas dire trois mots sans que le mec prenne la tangente, autant faire du tricot !

Ou alors c'est les femmes en général ? on sait pas ce qu'on veut ? vous savez comment on est, on rêve d'un type sensible, tout friable tout doux, et on voudrait le même capable de nous épingler contre un mur avec une telle violence qu'à peine il a pris possession des lieux on se met à hurler "oh-mon-Dieu-oh-mon-Dieu" (j'imagine que Dieu a eu le temps de s'habituer à être invoqué dans ce genre de situation).

Un bon vieux macho des chaumières tout pétri d'émotions, quoi ..

13 août 2011

joie ménagère

(mon fils, qui vient de faire la vaisselle)

c'est qui qu'a re-sali la table que j'avais essuyé avec amour ???

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31 juillet 2011

au quart de tour

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Sa première intervention ne présageait absolument pas de la tournure que prendrait notre relation. Elle s’était manifestée d'une façon qui m'avait parue extrêmement virulente, sur un post que j’avais écrit où je parlais de vaincre les méchants à la force de notre petit cœur rempli d’amour et de nos bras remplis de fleurs. Elle avait démonté ma baraque à coups de tournures bien senties où il était question des vilaines multinationales (je connaissais même pas le mot), des produits empoisonnés qu’on nous fait ingurgiter et de toutes les horreurs qu’on ne nous dit pas.

Ça a été sa première leçon sur le fait qu’on vit pas au pays des Bisounours. Le choc a été rude.

Deux mois après Maman est tombée malade ; en fait Maman a cumulé le diagnostic et, dans la foulée, la conclusion. C’est le moment que j’ai choisi pour tomber amoureuse du Prince Charmant version Prince de Lu.

Ben elle était là. Elle m’a pas lâchée. Matin, midi et soir elle épongeait mes torrents de larmes avec une patience infinie. C’était pourtant du grand n’importe quoi mon histoire ! Comme si j'avais besoin de me fourrer dans un plan aussi foireux en plus de tout le reste. Faut dire qu’à force que les mecs m’arrachent le cœur de l’aorte et sautent dessus à pieds joints comme des malades, il finit par plus y voir très clair, ce pauvre cœur. Mais bref, elle était là, donc. Elle m'a écoutée, réconfortée. Elle m’a prise au sérieux !!

Oh sans doute, elle a pas que des qualités non plus (même si elle en a beaucoup).

Par exemple, elle démarre au quart de tour. Ya certains sujets qu’il ne faut surtout pas aborder avec elle, sinon on ne peut plus l’arrêter.

Et puis aussi, elle est sensible (susceptible). Elle fait comme si que quoi, mais en fait non. Elle y est vraiment. Faut faire attention avec ça.

Mais à part ça, c’est vraiment une personne rare. Authentique. Moi, je l’aime.

Et comme c’est son anniv aujourd’hui, ben je trouve que c'était une bonne occasion de dire tout cela.

Clo, je te souhaite de tout mon cœur un merveilleux anniversaire !

2 juillet 2011

la cabane du bonheur

 

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C’était un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Ma marraine, alors toute jeunette, était d’une beauté à couper le souffle, blondeur de rêve et taille de guêpe. Seulement voilà : elle était si chaste et si pure (tout sa nièce), que lorsque celui qui deviendrait son roc et le seul amour de sa vie s’approcha d’elle dans le but évident de lui démontrer ses bonnes intentions, elle se retrouva enceinte sans comprendre comment la chose lui était advenue. Pour commencer, elle se demanda par où le fruit de ses amours allait sortir, et quand elle le sut, elle jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

La crise du logement sévissait déjà et elle se vit contrainte de vivre chez ses beaux-parents avec son bébé (comme ma mère d’ailleurs dut le faire elle aussi). Seulement voilà : la belle-mère ne voyait pas d’un œil chaleureux le fait d’être supplantée dans le cœur de son fils par cette blondinette, avec qui elle n’était vraiment pas tendre.

Un jour, n’y tenant plus, ma Marraine dit à sa moitié :

- Non vraiment, je n’en peux plus, allons vivre sur notre petit terrain !

- Mais je viens seulement de finir de creuser les fondations de la maison ! où veux-tu que nous dormions ?

- Aménage-moi une petite cabane dans un coin, tout plutôt que rester là ! Môôôôôrice s’il te plèèèèèèèèè !!! ce sera la cabane du bonheur !

Et c’est comme ça que ma Marraine débarqua sur le terrain où elle et sa famille allaient habiter avec, dans une brouette, le premier de mes cousins et les quelques affaires qu’elle possédait alors.

Les mois passaient, mon oncle en rentrant du boulot continuait la construction de leur maison.

Un jour, la maison fut enfin digne de ce nom. Ma Marraine n’attendit pas une seconde supplémentaire.

"Ce soir même", se dit-elle, "nous dormirons chez nous ! je vais faire la surprise à Maurice pour quand il va rentrer".

Elle souleva leur matelas et entreprit de le traîner tant bien que mal de la cabane jusqu’à la maison. Seulement voilà, arrivée à la porte, cet imbécile de matelas reste coincé dans l'embrasure. Han ! han ! Marraine pousse de toutes ses forces. Enfin, le matelas finit par bouger .. en se refermant sur elle !

- Au secours ! au secours !" se met à crier Marraine, avec un début d’accablement (léger, mais néanmoins notable).

Rien. Aucun écho.

"Adieu monde cruel !", se dit Marraine en relevant le nez pour avoir un peu d’air.

Par chance, le facteur passait par là.

Alors, le facteur de Marraine, que je vous explique.

Pour commencer, comme je vous l’ai dit plus haut, il avait donc vu débouler sur un terrain orné en tout et pour tout d'une large fosse en son milieu, une petite bonne femme poussant dans une brouette un garçonnet et trois casseroles.

Ensuite, quand il avait pu s’approcher de cette curieuse personne, ç’avait été pour lui faire signer le reçu du versement des allocations familiales, chose qu’elle avait faite le plus gentiment du monde avec les mains mouillées et des lunettes de motard sur le nez, qu’elle portait pour éviter le retour de fumée du poêle dans ses yeux lorsqu’elle lavait son linge ..

Mais comment s’étonner qu’une personne qui emménage à l'aide d'une brouette sur un terrain vide porte des lunettes de motard pour faire sa lessive ?

C’est donc sans perplexité particulière que ledit facteur s’enquit de l’endroit où Marraine se trouvait.

- Ben vous êtes où ?

- Dans le matelas, où voulez-vous que je sois !

Dans le matelas. Mais c’est bien sûr. Où ai-je la tête ?

- Dépêchez-vous bon sang!", dit Marraine qui commence à s’énerver, "j’étouffe !"

Et c'est comme ça que l'inauguration du matelas dans la chambre de ma Marraine fut faite par son facteur..

 

un portrait de mon oncle Maurice, ici

21 juin 2011

des mots insensés

 

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Ya des moments où je régresse comme une toute petite fille. Je me roule en boule et j’attends. J’attends, comme Brel, qu’on me dise des mots insensés, qu’on me raconte l’histoire de ce roi mort de n’avoir pas pu me rencontrer ..

Ya des moments où je vais plus pleurer, je vais plus parler, je me cacherai là, à te regarder, danser et sourire, et à t’écouter, chanter, rire, où je deviendrai l’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main, l’ombre de ton chien ..

Je vous rappelle que je suis une vieille grand-mère, alors ya pas de quoi rire !

La vieille grand-mère, elle voudrait tant qu’on l’aime ..

J'veux qu'on m'aime !


PS pour Lise, par rapport à son commentaire :

le conditionnel dans ma demande était une tournure de politesse, de la même manière que j'aurais dit " S'il vous plèèèèè, pourrais-je avoir un p'tit peu d'amour ?" ;-))

15 juin 2011

comme un boomerang

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J’ai un vrai souci avec les sentiments. D’abord, je leur accorde trop d'importance. Faut reconnaître que rien que le mot est magnifique ! et puis les sentiments, c’est la seule véritable spontanéité incontrôlable : la souffrance ou la jalousie qui poignarde le plexus, la joie, le désir qui fait battre le cœur et vous coupe le souffle. On ne décide pas de ressentir des sentiments, c'est pas quelque chose qui s'atténue, s'annule, s'évite, se rejette. Les sentiments s’imposent et on doit vivre avec. Même si certaines personnes croient avoir du pouvoir sur ce qu’elles éprouvent, même si elles s’empêchent de se laisser submerger, moi je crois qu’au final, ça leur revient comme un boomerang.

En tout cas pour ma part j’ai décidé de me laisser faire, comme une poupée de chiffon. Quand je les sens m’envahir, je ne me défends pas. Faut dire qu’en plus, je suis une ressenteuse née. Maman disait toujours que ce que je ressens se lit sur mon visage. Eh oui, je suis une nana lisible. C'est bizarre d'ailleurs l’image que je peux donner : fofolle, mais aussi forte et posée. Ce n’est pas tout à fait faux, notez. Mais tellement pas vrai, notez aussi. On m’a tellement souvent dit que je suis solide.. Solide ! J’en déménagerais sur une autre planète. Ce n’est pas parce qu’on ne peut s’appuyer sur personne qu’on a besoin de personne, croyez-moi.

Lorsque j’étais petite, je réclamais inlassablement : des câlins, des bisous, des câlins et des bisous. Maman, les bras ballants, se laissait enlacer en disant : "arrête de faire la meule !!"

En grandissant, on aurait pu espérer que la chose s’arrange. Que nenni. Ça s’est même aggravé. Je continue de faire la meule. Là où on vous "NON", vous faites quoi, vous ? vous laissez tomber et vous changez sans doute de crèmerie ?

Ben moi j’insiste. Encore. Encore. S’teuplèèèèèèèèèèèè !!!!

Est-ce du masochisme ? de la stupidité ?

Je sais pas.

Toujours est-il que je reste persuadée qu’on a tous besoin d’être aimé. C’est pas la solitude le problème, l’humain est tout à fait apte à vivre seul. C’est le besoin d’amour.

Du reste, pourquoi chercherait-on à se détacher si c’était pas pour ne plus souffrir du besoin qu'on a d’être attaché ???

28 mai 2011

Conte de fée pour Clo

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Il était une fois une belle jeune fille très jeune et très belle.

Elle croisa un garçon trop d'la balle, avec des yeux miel d’or tout en miroitements sensationnels et une peau tannée par des heures de glandage au soleil.

Dès lors, la belle jeune fille très jeune et très belle eut une grande révélation : elle allait lui mettre le grap l’épouser.

Las !!!!!!!!! La belle jeune fille ne savait pas que les hommes sont des petits êtres fragiles qui ont besoin de délicatesse pour déployer toute la force qui est en eux. Sinon, ils perdent tous leurs moyens, et ça, c’est vraiment bête.

Si bien que lorsque la belle jeune fille tenta de glisser ses doigts alléchés vers les genoux virils du garçon aux yeux d’or, ce rabat-oij, en guise d’extase écrite sur le corps de la belle à l’encre de son stylo miraculeux, prit ses jambes à son cou.

C’est comme ça que la belle jeune fille très jeune et très belle se retrouva toute seule et resta célibataire.

Dès lors, elle  vécut très heureuse, sans laver ni cuisiner ni repasser pour personne, faisant la fête avec ses copines jusqu’à pas d’heure et l’amour avec qui elle voulait.

Moralité :

Mieux vaut dix 'tiens'

qu’un seul 'tu l’auras'.

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18 mai 2011

les hommes préfèrent les emmerdeuses

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« Salut, c’est Mathilde, j’avais envie de prendre de tes nouvelles ».

Et aussi de le voir, ce que je garderais pour moi. Mon style, c’est la connivence, l’entente, une certaine forme de fraternité même ou de copinage, quelque chose qui se voulait agréable et confortable, loin des ultimatums et des chantages. Je n’aime pas les rapports de force.

Juliette, elle, ne s’encombrerait pas de tant de scrupules, elle débarquerait chez lui, quitte à provoquer une crise, quitte à foutre en l’air sa vie. Et c’est avec elle qu’il s’apprêtait à se marier. J’étais amère, je méritais mieux que ce que je recevais, ces miettes de pas grand-chose. J’avais la même soif d’amour qu’elle mais elle l’emportait haut la main, et moi, avec ma patience et ma compréhension, je pouvais rentrer au vestiaire, c’était la fin de la compétition : les hommes préfèrent les emmerdeuses.

"OUI", Murielle Renault

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