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le blog de Ambreneige
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26 août 2011

la nausée

 

2

 

Qui l’eût cru ? moi la romantalité faite femme, moi qui ai toujours été une grande Amoureuse devant l’Eternel, une fille qui accorde une importance sans borne à ce sentiment-là, avec son sel, avec ses larmes, avec son trop de tout, toujours trop .. j’ai la nausée de l’Amour.

Pourtant, j’ai toujours fait partie des grandes adoratrices de cette secte. C’était toute ma vie, j’y puisais ma force, au besoin en redonnant un petit coup de fraîcheur aux histoires passionnelles qui me tombaient sous la main.  Celle de Julie, par exemple, ma chère Julie dont je porte le nom, cette nounoune qui a passé sa courte existence à se languir d’un homme qui se moquait pas mal de son p’tit cœur. Un p’tit cœur qui, comme le mien, fonctionnait pourtant à merveille : il battait fort, faisait des envolées, ding dong, c’était toujours la fête sur la planète.  

Ben moi c’était pareil : l’Amour venait, me donnait l’impression folle de gonfler de partout, balayait toutes mes résistances, toutes mes réticences. Je me retrouvais ondoyée, baignée d’un fleuve neuf, le fleuve de l’amour qui me faisait sentir instantanément comme ça allait être fort, comme ça allait être bon, alors on s’embrassait, on se jurait, on se reconnaissait, on n’avait plus jamais froid. On était deux. Des fois on se mariait et on avait beaucoup d’enfants, on partageait une maison bleue accrochée à la colline, on se regardait .. mais on ne se voyait plus.

J’y ai cru. Un demi-siècle, j’y ai cru. J’y ai cru sincèrement et je ne peux même pas me moquer de ma propre naïveté. Je respecte cette fille que j’ai été, cette digne descendante de Julie, je la comprends, elle était friable et tendre comme de la craie.

D’ailleurs, il m’arrive parfois, l’espace d’une seconde, de repenser à cette décharge électrique qui me comblait, qui m’emplissait jusqu’à la folie de plaisir et d‘amour, du bonheur d‘être moi, du bonheur d‘être à lui, qui me rendait pleine, indulgente et docile. Qui me rendait Vivante. Mais il n’y a plus la pureté, il n’y a plus la naïveté, juste le souvenir de la souffrance qui va avec. Peut-être que c’est triste, peut-être que c’est bien, j’en sais rien.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, j’ai la nausée.

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Commentaires
A
je ne désespère pas du tout .. et je t'avoue que je ne pense pas encore à mes 60 ans !<br /> j'ai déjà bien assez à faire avec aujourd'hui ;-)
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A
Encore une fois, je ne cherche pas de rencontre, enfin pas au sens où on l'entend généralement .. ou alors la rencontre de moi avec une autre moi, une qui ne base pas son existence sur un amour impossible et qui a du plomb dans la cervelle ;-)<br /> ça me ferait des vacances ! ;-)
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A
Oui, on dit souvent cela : c'est quand on ne cherche pas, qu'on trouve, mais JE N'ATTENDS RIEN ! <br /> Je réalise au vu des commentaires que le mot "nausée" a été perçu comme "violent", mais c'est le seul mot qui m'est venu pour exprimer ce que je voulais dire, et cependant, je ne suis pas désespérée, pas du tout ! enfin disons que si j'en suis une, c'est une désespérée de fort bonne humeur ! :-)
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A
C'est la voix de la raison qui parle par tes mots, mais aussi celle de la justesse, de la tendresse qui ne fait pas de bruit .. <br /> Dieu sait en effet comme j'ai pu être déraisonnable en Amour ! <br /> Sans doute le moment est-il venu de plus (++)de modération .. comme dit l'adage : "mieux vaut tard que jamais" ;-)
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G
Un des cousins de ma mère avait fait un mariage calamiteux, mais il est quand même resté avec sa femme qui, heureusement pour lui, est morte assez jeune de la maladie d'Alzheimer. C'est à 60 balais qu'il a rencontré l'amour de sa vie...Comme quoi, faut jamais désespérer.
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