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le blog de Ambreneige

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26 octobre 2013

Portage

Photo0607
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26 octobre 2013

On ne sait jamais rien des choses

 carte de Pa a nad verso


Mes amis, bonjour,

 

vous vous demandez sans doute ce qu'elle routrouille, la mère Ambre, celle qui vous a habitués à "poster" sur ce blog à un rythme de malade.

Eh bien voyez-vous, je suis allée rendre visite à mes parents. Mes parents qui ont quitté ce monde voilà quelques années, je suis allée les visiter par le biais des lettres qu'ils se sont échangés, jeunes amants. Papa était à l'armée, ensuite en Algérie au moment où ma mère attendait ma soeur.

C'est fou, je les retrouve complètement. Je veux dire, tels que je les ai connus comme parents. Mon père, impulsif, coléreux, et pourtant solide comme un roc, un homme sur qui l'on peut compter, sur qui j'ai pu compter. Un homme avec la tête sur les épaules. Où sont-ils passés, les hommes comme ça ?? Et ma mère avec sa bougeotte de malade (maintenant, on sait de qui tient ma soeur, avec ses 1256 déménagements) et en même temps cet immense besoin de sécurité qu'elle avait et que papa lui a totalement apporté, d'ailleurs.

Alors voilà, dans mon voyage des années 54-57, lorsqu'on était enceinte, aucun test de grossesse ne confirmait la chose. On attendait, et si au troisième mois on n'avait pas "vu", on finissait par aller chez le docteur..  Dans ce voyage on rêvait du petit garçon qui poussait dans notre ventre parce qu'aucune échographie ne venait polluer nos espoirs.. On se disait l'amour en prenant le stylo et le papier, et puis on allait poster les mots si précieux en espérant qu'ils arrivent à bon port. Et puis on attendait, et puis on espérait, et puis on tempêtait quand les petits mots tardaient, ces simples petits bouts de papier qui apportaient tant, qui apportaient tout ..

Je ne peux pas penser à cette période sans "Only you" dans la tête, que mon père écoutait en boucle en sifflant lorsque j'étais petite. Je revois son "pick-up" qui se refermait comme une petite valise, posé à même le sol. Cette chanson, cinquante ans après, me fait toujours frissonner. 

Eh bien au cours de mon voyage, j'ai appris que mon père était en Algérie lorsqu'il a entendu cette chanson pour la première fois.

 0 19juinR

C'est drôle. "Mon père a fait la guerre d'Algérie". Dit comme ça, c'est horrible. Et pourtant. Je veux dire, n'est-ce pas cette longue séparation qui, peut-être, a forgé l'amour de mes parents ? car mon père voulait tout tout de suite, tout le temps. C'était tout ou rien. Il avait même plaqué ma mère une fois (ils avaient 17 ans) parce que les choses n'allaient pas assez vite à son goût.

"On ne sait jamais rien des choses", dit Frédéric. N'a-t-il pas raison ?

 


The Platters - Only You (1955)

25 octobre 2013

Kama-Sutra de Zegla

le jardin enchanté 1954
23 octobre 2013

Trop mal

1
2

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4

 

22 octobre 2013

Comme des cadeaux précieux

blanc4

 

Il y a une chose que vous ne savez pas, la langue italienne me fait fondre comme de la crème. Ça vient d’un béguin de vacances de mes tendres années, il s’appelait Ugo, c’était un Italien, un Italien de l’Italie, ce pays plein d'odeurs, de couleurs merveilleuses, ce pays qui était la passion folle de mes parents .. L’Italie, c’était notre Eldorado, je me rappelle après avoir franchi la frontière, gamine, je me ruais sur le sol pour l’embrasser, ah que je t’aime Italie que je t’aime !  et je me relevais les doigts pleins du goudron fondu par la chaleur. A cette époque, passer la frontière c’était pas rien, une file interminable de voitures qui attendaient leur tour, Papa au volant de sa 404, la remorque aux fesses, oui parce que les premières années c’était la remorque, blindée à mort, pas les moyens d’avoir une caravane, enfin ils l’ont eue mais un peu plus tard à l’occasion d’un petit héritage. Non là, on n’en était qu’à la remorque, même qu’une fois il a fallu tout déballer, absolument tout, et comme il n’avait rien trouvé, le douanier s’en était pris à mon petit carnet, sauf qu’à cette époque je ne savais pas écrire, alors lui, il a cru que tous ces signes c’était des codes, qu’on était des espions ou quelque chose du genre, mes parents s’étaient étonnés de ce professionnel acharnement, mais rien n’a jamais pu entamer leur joie de partir et ils avaient remballé la remorque et mes carnets éparpillés en sifflotant ..

Ma mère, un vrai sirop de la rue, à 16 ans le sac à dos avec sa petite tente, après elle a contaminé mon père, lui qui ne connaissait que ses Sables, elle ne vivait que pour les vacances purée qu’est-ce qu’on s’en est donné ! On partait les deux mois direct, juillet avec ma mère seulement, on n’allait pas loin pour que papa puisse nous rejoindre le week-end, août c’était les congés du père et c’est là qu’on partait pour l’Italie, toujours quelque chose qu’on n’y connaissait pas, et même si on connaissait on y retournait parce que c’était tellement beau, l’Adriatique et le ciel bleus à l’infini ! Et les cloques de malade qu’on se tapait au soleil, la peau du dos en lambeaux, impossible d’y poser le drap de couchage ! Trois jours plus tard on était cuits comme des pains d’épices, et à peine in piedi on courait trois, dix fois jusqu’à il Mar Adriatico, ce qui fait que tout le temps on avait du sel sur les bras à lécher avec délice ..

Alors le Ugo, était-ce Fano, Rimini, Serigalia je ne sais plus, je me rappelle juste du petit bal, de la nuit tiède et parfumée, de mes 13 ans, de ses 18, de ses cheveux dorés qui chatouillaient mon front, et de ses mots purée ses mots ! Je n’y comprenais rien mais qu’est-ce que j’aimais ça ! Toutes ces choses qu’il m’a dites comme des cadeaux précieux, du miel sur ma peau des caresses de plume, il me déshabillait de mots pour me vêtir des siens, et ça éclipsait tout, ça bruissait, je faisais un pas, ça ondulait, un peu d’élan et je me serais envolée …

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20 octobre 2013

Amici

1amis

Persone che rendono

Des personnes qui rendent

2 amis

 la tua risata un po’ più forte

ton rire un peu plus fort

3 amis

 il tuo sorriso un po’ più lucente

ton sourire un peu plus éclatant

4 amis

 e la tua vita un po’ migliore ..

et ta vie un peu meilleure ..

 9-Luminy SugitonJPG

Non importa se siano distanti,

Peu importe la distance

 9-Le pharo MarseilleJPG

 noi saremo sempre legati da una cosa meravigliosa :

nous sommes liés pour toujours par une chose merveilleuse :

l'amicizia !

l'amitié !

 

*·.¸¸.·´¯`·.¸¸.☆

 
 L'amicizia è un fiore (l'amitié est une fleur)
Cui pétali in sorrisi (aux pétales en sourires)
Suo profume si estende (son parfum s'étend)
Appena si respira (sitôt qu'on la respire)

Lise

18 octobre 2013

Majeur et vacciné !

 voilee R

 

Pas d'inspipi mes chéris en ce moment alors je vous ressors des vieilleries !

Le truc c'est que les vieilleries, c'est rien que pour les vieux !

Majeurs et vaccinés ! Logique !

 

clic clic

 

:*·.¸¸.·´ Bonne lecture ! sourire `·.¸¸.

 

17 octobre 2013

Combien de temps

15 octobre 2013

Un plaisir à déguster

P1040802R

La plupart du temps c'est la vérité vraie. La plupart du temps c'est la vérité vraie, sauf qu'on ne s'en rend compte que rétrospectivement, dès que le plaisir simple d'être en vie, en bonne santé, sans souci hallucinant ou particulier nous est retiré pour laisser place à un dévaste.

En même temps, c'est humain de ne pas se rendre compte de ce qu'on a et même de vouloir autre chose tout le temps. Sacré paradoxe, ce besoin de sécurité tout en rêvant sans relâche à autre chose qui serait tellement mieux puisque ce serait différent !

"Chaque jour est un plaisir à déguster".... Faudrait poser la question à tous ceux qui sont seuls, qui rêvent de trouver un mec, une nana, du boulot et de quoi payer le loyer !

 

13 octobre 2013

Bon dimanche !

P1030873

Mes amis,

je vous souhaite un dimanche aussi coloré que cette jolie maison,

et plein de dans le coeur le !

Et pour vous faire sourire je vous invite à cliquer ici

 

smouiiiiiiiiiiiiiiiich !

 

*

 

11 octobre 2013

Mots d'avant-hier

herbe4

 

clic clic *

 

* Jeunesse, passez votre chemin !

 

8 octobre 2013

Mots d'hier

blanc

 

CLIC CLIC

 

Si tu as moins de 18 ans t'as sûrement des devoirs à faire,

allez ZOU !!!

 

¸.•°*”˜❤♥˜”*°•✫

 

6 octobre 2013

Présent d'autrefois

Man Nice 52rrRc

C'est l'état d'esprit que l'on a en visitant le passé,

son passé,

qui fait la différence.

 

Je ne savais pas encore, en éditant cette photo ce matin, et Reynald non plus sûrement, que les mots qu’il a écrit ici allaient si bien épouser cette image.

Maman, maman !  Comme tu es belle dans ton présent d’alors ! Marchant d'un pas vif et alerte, vers ton bonheur qui n’attend pas ! Comme tu es belle et décidée ! Car décidée, entêtée, ah ça tu l’étais ! et avec papa impulsif et entier, après on va s’étonner ..

mais ne nous égarons pas….sourire

 

Alors on peut vivre au présent, sous une autre forme,

les belles émotions qu'alors on ne soupçonnait même pas.

 
 

:*·.¸¸.·´¯`·.¸¸.

 

3 octobre 2013

Le pain de la vie

banc

 

"Vivre dans le passé", c’est une réflexion négative que l’on me fait souvent, toujours de manière blessante, comme si c’était une tare. Or, premièrement, je ne vis pas dans mon passé, c’est mon passé qui vit en moi, ce qui n’est pas du tout pareil.

Deuxièmement, nous ne sommes pas tous égaux face aux choses de la vie. Quelque chose de fragilisant pour l’un sera un moteur pour un autre, et inversement. Nous ne développons pas tous les mêmes possibilités parce que nous sommes tous différents.

Or pour moi, le passé est une force, une source vive à laquelle je puise. C’est lui qui me rappelle où j’en suis, le chemin que j’ai parcouru, et celui qu’il me reste à faire. C’est lui qui m’indique si je suis en train de me planter ou si je suis sur la bonne route. Lui aussi qui continue de m'apporter de merveilleuses surprises ..

Comme un sculpteur, je prends la glaise de mon passé, je le pétris et je lui redonne vie. Je le déroule comme un ruban, traversant les siècles, faisant renaître sous les yeux de mes filles émerveillées les gens qui se sont aimés il y a tellement longtemps mais sans qui ni elles ni moi ne serions là. Je m’y plonge, je m’y offre, je m’y noie avec passion. Je recherche la musique, leur musique, pour décrire avec leurs mots à eux, les images de leur temps, ce temps où il n’y avait rien mais qu’on faisait avec.

J’entre dans la musique des temps anciens ou plutôt c’est eux qui m’emmènent, avec leurs bruits, leurs odeurs, leurs émotions et leurs chagrins. Et avec eux nos parents, nos frères et nos sœurs, les voisins et les amis, les hivers lorsque les vieux se brûlaient les doigts à l’âtre des veillées, le vert du printemps qui renaissait avec les tendres dragues de ces temps anciens où les gars et les filles s’essayaient avant de s’unir pour une vie entière .. il y a tant à dire ! tant à dire de ces gens qui travaillaient la terre pour y faire pousser le pain, le pain de la vie, le pain de notre vie.

A la recherche du temps passé, rien n'est jamais fini...

 

2 octobre 2013

Il est l'heure d'être heureux

panier

 

Quelques années qu'ils se connaissent,

elle est jalouse et possessive,

"la plus impatiente qu’il connaisse",

lui, son cœur grand comme une maison,

il le partage comme du pain.

La première rencontre fut si douce

leurs deux âmes qui se caressent.

Et puis.. et puis c’est arrivé :

une chose qui le rend heureux !

Et la voilà qui s’étonne,

qui cherche sa jalousie, ses chagrins

et qui ne trouve qu’un cœur léger.

Un grand bonheur. Apaisée.

C’est juste qu’elle a enfin compris,

au bout de toutes ces années,

pourquoi au lieu de dire aimer

il dit Ti voglio bene ..

 

 

30 septembre 2013

Comme des dieux las

foretvert

 

Le paysage silencieux, presque mélancolique, d’un petit bois à l’orée du village où, pendant les vacances scolaires, je loge chez ma correspondante allemande .. je marche dans la nuit, ivre d‘exaltation parce que jamais au grand jamais, mes parents ne me laissent sortir ainsi le soir, et encore moins au milieu d’une bande joyeuse où les garçons comme des dieux las avancent à grandes enjambées tranquilles, offrant aux filles un bras théâtralement désabusé. Sauf à moi. Parce que moi, je me serre contre Gabi. Ou plus exactement, Gabi se serre contre moi, son bras glissé sur mes reins qui me tient par la taille. Ô Gabi, Gabi ma sœur, mon Amérique à moi, j’aurais tellement aimé que le hasard des échanges épistolaires me dirigeât vers toi plutôt que vers Jutta dont je suis si différente ! Mais c‘est ainsi, et nous avançons dans un désordre solennel, conquis par une saine joie de vivre. Ça chahute un peu, je cherche en vain à comprendre ce qui se dit - c‘est mon premier séjour et je n’ai encore que quelques bribes d’allemand, insuffisantes en tout cas pour tenir une conversation. Dans mon cou, la bouche de mon amie déroule des rubans de confidences, elle chante, elle bavarde, je finis par comprendre qu’elle veut un bébé, elle veut que Bruno lui fasse un bébé, elle l’appellera Uwe.. Et la voilà qui renverse à ma rencontre son merveilleux regard clair que le plaisir allume de paillettes dorées. Elle rit, son souffle halète un peu. Nous nous posons sur un banc, des couples se forment, Bruno n’est pas loin. Il se sait sollicité par Gabi, il rit lui aussi, s’approche, s’assied de l’autre côté. Entre nos deux corps, celui de Gabi irradie une chaleur enchanteresse. Qu‘elle est belle, toute en crinière d’or, hallucinante de gaieté !

Quelle tendresse j’éprouvais pour Gabi ! Gabi qui voulait avoir un-bébé-toute-seule. Comme moi.

Jamais, avant de faire remonter pour vous ces souvenirs, jamais je n’avais fait le rapprochement entre cette affinité qui nous unissait et ce désir commun que nous avions, un désir qui nous aurait probablement soignées si seulement ..

Mais revenons à cette soirée, à ce banc où je suis assise, timide.. La cloche du village sonne au loin. Je regarde le ciel, suis avidement des yeux la gracieuse nuée d’oiseaux qui virevolte dans la nuit, petites taches brunes qui dansent aux cieux avec une grâce surnaturelle.. Et là, Bruno se penche, il se penche vers moi. Je me rappelle encore de ma surprise lorsque soudain j‘ai vu surgir son visage devant le mien, je me rappelle de ses yeux d’un bleu si tendre, de la porcelaine pure, plus claire encore que la chicorée sauvage.. Bruno est là, il m’offre sa main douce et chaude. Je me tourne vers Gabi, incrédule, mais mon amie s’éloigne en riant après avoir eu, d’un geste large des bras, un mouvement comme pour nous rassembler.

Bruno m’entraîne à l’écart du petit groupe. Nous franchissons un ponton en bois qui évite de s’enliser dans la tourbe.. Il se place en face de moi et je sens que quelque chose d’important va se passer.. .. par-dessus son épaule, je repère des myrtilles et une petite araignée dolomède cachée entre deux herbes, les sphaignes imprégnées d’eau que jamais plus je n‘oublierai..

Puis d’un seul coup, c’est là. Il pose ses lèvres sur les miennes. Elles sont moelleuses et tièdes. Le souffle court, je ferme les yeux, avec l’impression d’avoir le tournis. Il va se passer quelque chose, c’est sûr, quelque chose que je ne connais pas, quelque chose qu’aucun garçon ne m’a jamais fait. Sur ma taille, ses mains s’occupent à une besogne mystérieuse lorsque soudain je sens, au creux de ma bouche, une pointe serpentine qui se faufile, m‘emprisonne, remonte tout doucement, repart en tournant .. Tout mon corps, réceptif à hurler, se met à frissonner. Jamais on ne m’a fait un truc aussi bon, jamais. Et le voilà qui disparaît de nouveau tout au fond, le voilà qui s’éloigne, à peine, pour me réinvestir encore plus profond, encore plus gourmet .. J’ose à peine bouger tellement j’ai peur, si je fais le moindre mouvement, que la magie s’arrête. Bruno déguste mes lèvres à petits lapements fébriles, descend légèrement sur mon cou pour le saccager de suçons désordonnés et revient à ma bouche pour l’investir de sa langue impudique et experte. Je suis terrassée de volupté.. je veux que ça ne s’arrête jamais-jamais-jamais ! je ronronne, je gémis, je plie, je ploie, je tombe, je suis ivre .. la houle du plaisir me fait danser comme un bateau perdu.. Tu le sens, n’est-ce pas Bruno que tu le sens ?? Sinon, comment expliquer que ton baiser, mon premier baiser, fut le plus long de tous ceux que j’ai reçus ?

 

28 septembre 2013

Happy week-end to you !

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Ma fille et moi vous souhaitons

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un super week-end les amis !!!

 

:*·.¸¸.·´¯`·.¸¸.

 

26 septembre 2013

Girly

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❤♥●•٠·˙. ˙·٠•●♥❤

 

P1040384

22 septembre 2013

Tous mes gâteaux

clafouti_cerises_pistaches

 

Je me rappelle, ya longtemps, je faisais des gâteaux. Je faisais des gâteaux avec les fruits du jardin, des clafoutis juteux des cerises dont le jus me coulait sur les doigts et au coin des lèvres pendant qu’assise sur une branche je les cueillais au soleil. Des clafoutis aux fraises, aux framboises, et même aux groseilles à maquereaux. Avec les abricots, c’était des confitures. Mes filles n’attendaient jamais que la pâte passe au four, leurs cousins qui étaient plus vieux encore moins. Oui, parce que je m’étais "fabriquée" la vie que je n’avais pas eue. J’avais pris sous mon aile mes neveux abandonnés. Mon rêve c’était des enfants, beaucoup d’enfants, alors je les ai pris où je les ai trouvés. D’abord quatre, puis six, mes filles et leurs cousins. Et je me pavanais, fière, avec mon lot d’enfants qui n’étaient pas de moi.

Je me rappelle, ils étaient ma chaleur, mes rires et mes chansons. J’étais toujours là pour eux, pour réparer les cœurs avec tous mes gâteaux. Je faisais le pain aussi, et des bisous, et des câlins. Des batailles d’oreillers et des jeux de ballons. Des roudoudous avec du jus de fraises. Parce que je voulais qu’ils sachent, mes enfants, qu’il y avait une nana parmi les "grands" qui serait toujours là pour eux. Une qui ne les jugerait pas, ne les disputerait pas, une nana qu’ils pourraient toujours venir voir et à qui ils pourraient tout raconter. De toutes façons, j’ai jamais su crier ..  ça les faisait bien rire ! Quand je pense à ce que j’ai passé avec mon fils.. avec ma fille aînée .. mais aujourd’hui, qu’est-ce que ça fait ? Pourquoi y repenser ?

Et puis un jour, on s’est séparés. Lui et moi, on s’est séparés. On était d’accord, on avait parlé, on l’avait dit aux filles.

Et puis il est parti.

C’est après que ça s’est corsé, quand il a agité les vagues. Ça le regarde, sans doute, ça le regarde. Mais les vagues qu’il a secouées, elles ont dressé un mur. Il m’interdisait de voir sa famille, il m’interdisait de voir "mes" garçons. Le plus vieux venait en cachette.

Il a "pris" ma grande. Après c’était fini. Entre elle et moi, c’était fini. C’est pas qu’il n’y a plus d’amour, non, c’est pas ça.

C’est juste qu’on sait qu’un jour, moi j’ai été sa mère, elle, elle était ma fille.

18 septembre 2013

Pas de chance ! *

 

* dixit mon fils :

"Pas de chance ! entre ma mère et mes soeurs,

yen a pas une moins déjantée que l'autre !"

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