Quelque chose de nouveau est né en moi lorsque je suis devenue maman,
un sentiment ingénieux, imaginatif,
comme si mon cœur,
après la naissance de chacun de mes enfants,
devenait de plus en plus éminent, voluptueux,
de plus en plus vivant,
je déborde tellement de cet amour qu’il se glisse dans chaque tâche, chaque geste quotidien, dans le linge que je lave, que je plie après y avoir mis des bisous,
le matin j’ouvre la fenêtre, je me laisse interpeller par la lumière du jour qui va caresser la vie de mes filles, de mon fils, et un dialogue muet s’établit entre mon cœur gonflé d’amour et le vaste ciel,

j’aime embrasser mes enfants, les serrer contre moi, (je vous dis pas ce que j’endure de mon fils qui me sèvre de ses bisous) ;(
mais tout autant j’ai envie d’aimer plus fort, plus large, plus loin, comme si la ' moi intérieure ' s’était dissoute pour laisser tout doucement une ‘moi extérieure’ se renouveller et se recharger d’amour (l’inverse est vrai aussi ;-))
..étant mère et grand-mère,
j’en ai tant et tant, de cet amour à donner,
et dans cette délicieuse nécessité,
je réalise que plus je donne, plus il me reste à donner :-)
L'amour se répand autour de moi
me façonne, me montre comment vivre,
indépendamment de moi le contenu de mon cœur devient utile à tout, m’élève et me nourrit,
d’une nourriture suffisante,
il ne saurait en être autrement, puisque ce que j’éprouve pour mes enfants et pour mes petits-fils est un amour inconditionnel
et pourtant, - pourtant, est-ce que, parfois, je ne les juge pas ?
mais qui me permet de juger ?
(comme dit Lilou : qui l’a dit ? ;-))
Ne m’arrive-t-il pas d’éprouver de la rancœur ? de la jalousie (snif...) ? est-ce que je les aime encore lorsqu’ils ne sont plus aimables ? car la seule condition d’aimer n’est-ce pas, est d’aimer sans condition !
Bon allez, une petite phrase d’Etty que je trouve infiniment juste :
"Il n’existe aucun lien de causalité entre le comportement des gens et l’amour que l’on éprouve pour eux. L’amour du prochain est comme une prière élémentaire qui vous aide à vivre"
© Etty Hillesum, (Lettres de Westerbork)
