Ishindenshin
On critique souvent internet et les rencontres dites virtuelles mais je trouve qu’on ne dit pas assez à quel point internet est un outil fabuleux. Il permet, non seulement de faire des rencontres qu’on n’aurait jamais pu faire autrement (comme c’est le cas pour une de mes premières amies du net, qui est Québécoise) mais aussi, et surtout, de communiquer ishindenshin : d’esprit à esprit, sans être influencé par l’apparence physique, qui, quoiqu’on en dise, donne toujours dans la réalité une couleur particulière dès le début d’une relation. On n’y peut rien : notre premier sens sollicité, c’est la vue, et c’est elle qui influe, consciemment ou non, sur le fait qu’on ait envie ou non de construire une relation et sur la manière dont on va le faire.
Pour en revenir à ma Québécoise, nous nous sommes rencontrées il y a six ans, c’est-à-dire tout juste lorsque j’ai commencé à blogguer. Enfin plus exactement, j’ai rencontré simultanément Diane et une autre personne, homme de son état.
L’être humain me fascine depuis longtemps, et si je suis capable de rire (aux éclats) ou de pleurer (à gros bouillons) devant des gens que je ne connais pas, il n’en reste pas moins que mon étalage spontané d’émotions (je parle notamment de mes interminables délires entretiens téléphoniques avec Diane) leur était réservé spécialement à eux : Diane, mon amie québécoise et l’autre personne que par commodité je vais appeler B.
Des dons comme ça à corps (é)perdu, aussi fous, aussi confiants, aussi spontanés et ouverts que l’avait été ma rencontre avec eux, je peux les compter sur les doigts d’une seule main. Alors c’est vrai, aidée par ma nature quelque peu emportée je me suis jetée dans ces deux relations à vitesse grand V. Je leur ai livré avec beaucoup d’audace ce qui me faisait sourire, souffrir, rougir, plaisir. Je me suis abandonnée. Avez-vous déjà remarqué que dans "abandonner" il y a "donner" ?
Je voudrais vous parler de ma "rencontre magique" avec eux. J'étais arrivée complètement par hasard sur le blog de Diane au moment où elle le commençait tout juste, j'étais donc sa première visiteuse. Elle y avait mis l’image d’un soleil sur l’eau, celle-ci :
Cette image m’hypnotisait, je venais souvent la regarder en attendant que Diane vienne écrire de nouveau, comme si quelque chose au profond de moi, (ce que Diane appelle "notre rencontre dans une vie antérieure") savait déjà, (la) connaissait déjà.
C’était pareil pour B., car la première fois que je suis venue sur son blog, il l’avait mis en pause avec l'image d'une bougie, et je venais regarder la petite flamme de la bougie avec beaucoup de patience en attendant son "retour" (déjà, rien que le fait que je fasse preuve de patience était un signe :D).
Il y avait plein de signes entre nous trois, plein de petits hasards. Peut-être était-ce plus palpable du fait que sur internet on est dans l’irrationnel, je ne sais pas..
Toujours est-il que le 7 avril 2007, le jour où ma maman est morte, celle de Diane est morte aussi.
Et c’est comme ça que Diane m’a dit au téléphone ce que vous pouvez lire ensuite.

























