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le blog de Ambreneige
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papa
14 août 2011

dance in the kitchen

danse fenetre

 

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours aimé danser. C’est sans doute grâce à mon père. Le dimanche, sur son pick-up il passait des 33t de Brel, d'Aznavour, de Piaf, avec tous leurs tremolos dans la voix, il mettait le volume très fort et déjà à ce moment, haute comme trois pommes, j’avais la peau parcourue de frissons. Mon père ne chantait pas, il sifflait, il sifflait très très juste d’ailleurs. Et puis surtout il aimait danser et le faisait merveilleusement bien. C’est lui qui m’a appris toutes les « danses de vieux » (dixit mon fils) et notamment la valse. Oh lala ! La valse ! Se sentir portée, transportée en toute légitimité dans les bras d’un homme !!! D’aucuns vont dire que je me traîne un vieux complexe d’Œdipe. Tant pis. La valse, c‘est beau.

On était une grande famille et on se réunissait tous les samedis. On mangeait, on riait toute la nuit, on buvait, enfin surtout les autres, moi je ne bois pas, enfin si à un moment je buvais un peu. Mais j’ai vite compris qu’il serait déraisonnable d’aggraver l’état dans lequel je suis sans même avoir bu.

Et donc, on dansait toujours beaucoup.

J’ai appris le tango avec mon cousin germain, celui que je voulais épouser. Pour finir on s’ est pas mariés, enfin si, mais pas ensemble.

Le tango, c’est bien. On se touche les mains, on se touche les joues, on se cramponne l’un à l’autre, d’ailleurs avez-vous remarqué que de nos jours les gens ne se touchent plus ? Pour une personne aussi tactile que moi, c’est triste. J’aime toucher l’autre. Il m’arrive souvent, tout en discutant avec quelqu’un, de lui toucher le bras, la main. Et quand je fais la bise, j’embrasse vraiment (je prends dans les bras). Oh ! Ne vous méprenez pas ! Il n’y a là aucune connotation sexuelle, d’ailleurs je touche autant les hommes que les femmes. Et puis j’ai appris avec le temps à reconnaître ceux que je peux toucher tout mon saoûl, sans ambiguïté, et puis les touche-moi-pas.

Quant aux hommes, pas d’équivoque possible : vous savez bien qu’un homme qu’on touche en discutant au troquet du coin, c’est pas un homme qu’on a envie de toucher.

Celui-là, il nous laisse tétanisée, asphyxiée, retour à la case gaga. On le toucherait qu’on ne pourrait plus se décoller. La seule option pour se lâcher serait de se trouver seuls tous les deux dans un petit coin loin des regards, mais qu’est-ce que je raconte encore.

Bon, revenons à notre danse.

J’ai eu ma période discothèque (maintenant je n’y vais plus, je suis une mémé calme et posée) (posée n‘importe où mais bon) (je me contente de danser avec mes assiettes, en sautant comme une déchaînée avec le rap à fond la caisse).

Pour en revenir à la discothèque, c’est quelque chose de GÉANT. Comme les concerts. Quoique, les concerts, depuis que le festival en plein air sur l’île de Wight est dépassé, c’est plus ce que c’était pour danser, faire l’amour et toutes ces sortes de choses. Mais je m’égare encore.

Aller en boîte, disais-je, c’est hallucinant. La musique me pénètre de haut en bas, elle se répand dans tous les petits creux de mon corps, et si je ferme les yeux, c’est encore meilleur. Je dois être une des rares personnes qui ne va en boîte que pour danser. Je ne bois pas (voir plus haut), je ne parle pas (faut crier, c’est relou), je ne drague pas (ou alors sans faire exprès) (quand ya des slows par exemple) ( or, yen n’a plus beaucoup). Non, moi, je bouge mon corps dans la musique, ça m’excite et ça me détend tout à la fois, ça me réconcilie avec la vie, celle qui est laide, celle qui fait mal, ça me donne envie de hurler, comme Lavilliers lorsqu’il dit que la musique est un cri qui vient de l’intérieur,

Je danse et je ne suis plus une petite chose perdue, je danse et enfin, enfin, enfin, je me rassemble, je danse écrasée dans trois millimètres carrés entre deux cent personnes, mais je danse

et j’oublie le regard des autres, je me libère enfin ..

D’ailleurs ça me fait penser à une scène merveilleuse du film « Les enfants du silence », lorsque cette jeune femme sourde et muette se met à danser, son mouvement est langoureux, sensuel, bien sûr elle n’entend pas, mais elle ressent, elle ressent sur le sol et autour d’elle les vibrations émises par la musique,

"existe-t-il un monde où nous puissions vivre heureux, un monde entre le monde du silence et celui du bruit ?"

.. celui de la musique peut-être ..?

C’est fou quand même. Je me rends compte qu’en vieillissant, insidieusement, j’ai enfermé et retenu tout ce qui est ma raison d’être : les gestes, les mots, les éclats du cœur, les crises de larmes, les bouche-touche-cherche, les enroulades de l’autre ..

Ambre Neige, 18 janvier 2007

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10 juillet 2011

tu verras

Copines_2005_1

 

Comme tout le monde j'ai eu des moments vraiment pas marrants dans ma vie. Dans ces moments-là, mon père me disait : "Tu verras, les choses finissent toujours par s'arranger". J'en croyais pas un mot, et pourtant .. la vie m'a montré maintes fois que, d'une manière ou d'une autre, les choses finissent effectivement toujours par s'arranger. En tout cas je l'ai constaté pour moi : ceux qui m'ont fait du mal, le mal leur est revenu en pleine tronche sans que je leur fasse rien, quand je désespérais de tout, par exemple mon fils déscolarisé depuis quasi cinq ans qui n'avait plus envie de rien et qui vient de s'inscrire à une formation pour passer un Bacc pro en trois ans, ben voilà, juste pour dire qu'on ne sait jamais rien des choses et que même quand on se croit au fond du trou, eh bien faut jamais désespérer, la preuve ! les miracles existent (l'autre avantage quand on est au fond du trou c'est que la seule chose qu'on puisse faire c'est de remonter!) tout ça pour vous dire qu'aujourd'hui c'est mon anniversaire, et que ce que j'aimerais pour mon anniv, (j'ai le droit de dire ce que je veux puisque c'est MON anniv !), eh bien c'est "que les choses finissent par s'arranger" pour mes amies Clo, Isa, Sylvie, je le voudrais vraiment vraiment et je croise les doigts pour ça !! Gros bisous les filles  !

18 mars 2011

fais comme si

cimetiere_de_Prague

Fais comme si, mon amour,

Fais comme si on s’aimait,

Fais qu’un jour, rien qu’un jour,

L’amour, c’était vrai ..

J’ai été bercée par les chansons de Piaf, que mes parents écoutaient presque autant que Brassens, Aznavour et Brel.

C’est curieux, les paroles de cette chanson me viennent régulièrement ..

Fais comme si …

Est-ce parce que les histoires d’amour dans ma famille n’ont toujours été que des mirages ? qu’il fallait quand même donner le change, ne pas dire, sauver les apparences, faire comme si .. ? Bon, c’est sûr aussi que l‘époque ne se prêtait guère aux états d‘âme ...

Je vais vous raconter une histoire.

C’était il y a très longtemps, bien avant que les Romains n’occupent la région.

À cette époque, notre Gaule, après avoir subi l’invasion des Celtes, était occupée au Nord par les Gaulois belges. Une chronique ancienne raconte qu’entre le IVe et le IIe siècle avant JC, les Ménapiens chassés du bord du Rhin se réfugièrent dans les plaines du nord de la Gaule. Les Attrébates s’opposèrent à leur installation, et une grande bataille eut lieu en place où bien après, naquit le village où toute ma lignée paternelle vit le jour. C’est ainsi que cet endroit prit le nom de : Illies (le malheur).

Puis au Ve siècle, les plaines de l’Artois furent envahies par les Francs. Les Romains, qui avaient investi la Gaule comme vous savez, mènent alors dans la région une expédition punitive. Or un jour, après avoir franchi un carrefour, traversé la rivière de la Deûle au lieu dit Vicus Helena, et s'être enfoncés sur une route au travers des marais, Aétius et ses Romains surprennent une bande de Francs occupés à célébrer un mariage sur la rive et les mettent en totale déroute. En mémoire de ce couple de barbares qui connut le malheur le jour de ses noces, le lieu a pris le nom de Marq-illies = marqué par le malheur.

C'est ce nom que je porte, le nom de mes pères depuis le XIIe siècle.

C'est drôle, je me faisais la réflexion récemment que je serai la dernière à le porter !

Fini le malheur !

heureuz

Bonjour, la vie !!!!!!!!

21 février 2011

La vraie vie

P2030050

Ma p’tite bedoume. Ça m’est revenue d’un seul coup : ma Marraine m’appelait "ma p’tite bedoume" . Surprenant que dans ce blog élevé à la gloire de toutes les nounounes de Frince et de Québec ce terme n’avait encore jamais été mentionné (une bedoume, c’est une nounoune à la mode suisse).

À ma décharge, ayant été nourrie au lait chti-franco-suisse, je n’ai réalisé que j’utilisais des mots "pas français" que lorsqu’on a commencé à me dire des trucs comme : "rapercher ? routrouiller ??? bateuiller ?? kézako ? "

Ben la p’tite bedoume, elle commence à s’ennuyer de vous. Ben voui.

Oh bien sûr, on entend souvent : internet addiction, internet poison. Internet c’est de l’illusion, du vent, c’est pas la réalité. La vraie vie est ailleurs.

Taratata.

La vraie vie n’est pas ailleurs. En tout cas pas pour moi : c’est peut-être paradoxal, mais ma vraie vie, c’est ici qu’elle commence.

En fait, il y a cinq ans, quand ma sœur a commencé à m’en parler (puisque c’est elle qui m’a entraînée dans cette débauche, comme elle a toujours fait toute sa vie)(vous le savez, moi je suis super chaste et pure, mais mon drame c‘est d‘être trop influençable) - donc, quand ma sœur a commencé à me harceler pour que je fasse un blog, j‘étais en train de m’étioler dans une vie super cadrée, super rigide... une vie dont par exemple, la danse était exclue !!! Ô Papa, toi qui aimais tant danser, toi qui me portais dans ton univers aérien, léger, en sifflant de tout ton cœur, comme tu sifflais bien Papa au rythme de n’importe quelle musique ! Quand on aime danser on danse sur tout. Mon père était comme ça. Bah moi aussi. C’est pour ça que tout le monde se moquait quand je dansais sur du rap dans ma cuisine, ben tant pis !

Mais bon, le problème c’est que je m‘enfermais pas seulement pour danser ..

Et puis il y a eu l’écriture. Mon Dieu, l’écriture. On peut dire que ça, je vous le dois vraiment.

En fait, sur mes premiers blogs, je faisais de petits pas timides.. (et trébuchants. Vu comment j’étais pas douée pour les manips).

Je me demandais : hm ? Qu’écrire ? Que ne pas écrire ?..

Je ne savais pas encore qu’un blog ne dépend pas seulement de son auteur, qu‘il finit par avoir sa vie propre.. Pour peu qu’on lui permette de vivre, évidemment.

Or, pour lui permettre de vivre, ça vous l’avez fait vivre ! C’est vous qui m’avez encouragée, donné confiance en moi, et grâce à vous mon écriture a gonflé, toute fièrote !!! parfaitement : j'ai une écriture gonflante !

Oui donc, internet m’a permis de rencontrer des gens formidables : vous ! Certains d’entre vous m’avez fait l’immense privilège de venir jusqu’à Paris pour me voir (et vous avez bien fait, car je mérite le détour ;-))), et je vous en remercie encore, car c’est rien que du plaisir et du bonheur ces moments partagés avec vous, et surtout des moments de rigolade, et j‘espère bien qu‘il y en aura d‘autres !

Bon, je vais arrêter là ma séquence émotion, parce que ça va cinq minutes !

..pis comme dirait l'autre,

pour aller de l’avant,

faut savoir s’arrêter !

4 septembre 2010

les Sables

Pourquoi les Sables d'Olonne ?

remblai

D'abord parce que, comme je vous l'ai raconté ici,

j'y ai été conçue.

puits_enfer

Ensuite parce que c'est le premier endroit

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où je suis partie en vacances..

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.. et où j'ai découvert ..

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.. la mer !

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.

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.

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(à côté de mon père, sa cousine Martine)

En fait,

mon père y passait l'été avec sa tante..

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.. lorsqu'il était jeune.

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Papa (15 ans) avec son cousin Jean-Pierre

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Papa (16 ans), toujours avec Jean-Pierre

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17 ans ..

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18 ans

L'endroit assurément lui plaisait beaucoup, parce que lorsqu'il a rencontré Maman qui adorait camper (dans le Sud de la France), il s'est empressé de l'y emmener.

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Et c'est donc là que les atteignants ..

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s'atteignirent

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et ce ne fut pas pour me déplaire

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de voir enfin de mes yeux vus

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l'endroit où je leur vins au monde.

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30 août 2010

ma belle sentinelle

C’était au cours de mon escapade briochine. Les deux plus jeunes de mes petits-fils avaient eu leur petit cadeau-souvenir, sauf l’aîné. Nous étions donc retournés à la librairie, où mon troisième petit-fils avait jeté son dévolu sur un petit livre, à défaut de quelque chose de typiquement breton (entre parenthèses ya pas grand-chose de typiquement breton à St Brieuc !).

C’est donc là que j’ai pris ce livre, comme ça.

tu_m_appell_en_arrivantJ’aime bien être choisie par un livre de cette manière. C‘est souvent une agréable découverte - si on omet les passages où l‘auteur s‘exprime de manière un peu crue (en tout cas à mon goût).

J’aimerais partager avec vous un des extraits que j’ai surlignés. Patrick Sébastien y expose une théorie qui m’a intéressée, une théorie qui peut-être, explique la force qui, curieusement, émanait de moi au moment où mon père a été emporté par un cancer : alors que Maman se reposait totalement sur moi, que ma sœur était effondrée, une force et une énergie absolument phénoménales côtoyaient mon chagrin et mon désarroi pourtant immenses (mon père était le pilier de la famille, et lui malade, le monde s‘écroulait).

Voici l’extrait en question :

" Le teint de Maman se grise et elle continue à rétrécir. Perdue dans le lit trop grand, elle est là sans y être. Donc, rien de réconfortant. Et pourtant, un état d’âme nouveau s’est installé en moi. Une robustesse, une volonté surprenante. Je me remémore mes découragements tout juste récents comme si c’était ceux d’un autre. N’ayant rien consommé qui puisse me rendre euphorique à ce point, je n’y vois qu’une explication : l’âme de Maman commence à s’enfuir, et de ce fait, vient pan après pan se poser près de moi pour me consolider. (…)

À la mort de mon fils, j’ai senti une force étonnante prendre le pas sur l’abattement. Cette force m’a conduit sur scène le soir même, m’a fait tenir étonnamment droit, pendant tout le chemin du deuil. Je suis persuadé que ce sont les morceaux d’âme de mon fils qui ont étayé ma douleur. Et ces fragments sont venus me soutenir dès que j’ai appris la nouvelle. Comme s’ils avaient été transférés dans l’instant, pour ma sauvegarde. La force que je ressens ce soir est du même ordre, moins abrupte, s’installant réellement mais montant en puissance au fil des heures. Comme si tout ce qui se vide de Maman me remplissait inexorablement.

Ma tristesse sera immense, bien sûr, mais je garderai toujours un sourire en coin. Maman est déjà là, tout près.

Ma belle sentinelle ! "

25 août 2010

back to the past

A défaut de pouvoir aller aux Sables d'Olonne (une crise de nostalgie peut-être ?) (à moins que ce soit simplement une envie) (après tout pourquoi faudrait-il toujours une raison, hmmm ?), je suis retournée dans la ville où j'ai vécu jusqu'à mes 14 ans..

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(après, j'étais en internat à l'EN de St Germain-en-Laye).

Ci dessous,

PICT9256

"mon" école maternelle

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(qui n'a pas changé).

Un seul souvenir : je tambourine comme une malade sur la porte derrière laquelle Maman vient de disparaître, je hurle et je pleure toutes les larmes de mon corps, et rien, absolument rien ni personne ne peut me faire arrêter de pleurer ! Maman vient de m'abandonner, jamais je ne la reverrai !!!!

Dans la même rue que cette école,

PICT9142

l'endroit où on a habité, de mes 4 ans - la crise du logement sévissait déjà sérieux, et avant ça mes parents ont dû loger chez les leurs ... :-( - oui, donc, de mes 4 ans jusqu'à mes 14 ans puisqu'en fait, assez curieusement c'est aussi l'année où j'ai été reçue au Concours de l'EN que mes parents ont déménagé (pour un super pavillon avec 4 chambres, alors que l'apparte qu'on occupait n'en avait qu'une, bref c'était le bonheur total).

Bon où j'en étais ? ah oui, la cité :

PICT9137

Bon là, encore une bonne surprise

rien n'a changé.

PICT9136

On habitait au 4e, et à l'étage inférieur la famille de mon ami Jean-Paul (eux aussi ont déménagé la mm année - amusant comme coïncidence)

PICT9138

.

PICT9141

oui donc,

mai_59

.. comme je disais..

PICT9135

.. rien n'a changé.

A quelques mètres de cette cité, la rue dans laquelle habitaient mes grands-parents paternels. Ma grand-mère y tenait une teinturerie, et comme elle ne comptait pas ses heures à la table à repasser, dès toute petite, j'allais acheter le pain, ou chez l'épicier, et dans mon souvenir la rue ressemblait sensiblement à ça :

rue_de_Sannois

.

Papa_11_nov_1944

mon père à 10 ans, dans la rue en question

Or, lorsqu'on y est arrivés (j'étais avec ma fille et les enfants), on a découvert ça :

PICT9104

ze supra choc !

m'enfin bon ! c'est la vie ..

Ensuite, direction l'école primaire. Une grande place avec un Monument aux Morts qui trône au milieu,

Monumt_Morts_carte_papa_1948

avec, en juin, la fête foraine et les flonflons ..

D'un côté de la place, l'École des Garçons,

ecole_J_Ferry_Ermt

et de l'autre, celle des Filles,

celle-là même où ma grand-mère était allée

classe_Mamy

(bonjour le nombre d'élèves !!! vous avez vu ???)

.. oh, Mamy n'est pas allée beaucoup à l'école, certes, c'était plus important qu'elle donne un coup de main à sa mère pour élever la huitaine d'enfants !

cette école, disais-je, que l'on aperçoit

aout_59_Place_J_Ferry_1

derrière nous,

aout_59_pl_J

sur ces photos

J'ai donc cherché, cherché cette fameuse place qui ne pouvait pas avoir disparu tout de même !

Des jeunes filles qui passaient par là me demandent ce que je cherche, je narre, et elles me disent..

c'est là.

PICT9148

Comment ça, c'est là ?

c'est quoi ça ?

22 août 2010

trop n'est jamais assez

picture_couple_orangeacid_5448175b25

Je ne l'ai jamais caché, je suis une amoureuse exclusive (pas vous ?). Or, des ressentis comme la jalousie, la possessivité, c’est plutôt mal perçu. Le vrai amour est désintéressé (ce qui compte c‘est le bonheur de l’autre, même si c'est sans moi). Quand on aime vraiment on ne compte pas (les amants ?). La jalousie c’est pas de l’amour.

Oui mais.

Imaginez une seconde : vous êtes amoureuse (de lui). Il est amoureux (de vous).

Supposons maintenant qu’il flashe sur une autre. Ou bien vous, sur un autre. Ne vous poseriez-vous pas de question sur la réalité de votre amour ??? Imaginons maintenant que votre aimé fasse des gouzis gouzis avec l’autre femme, et que ça ne vous blesse pas; pire, vous en êtes enchantée. Ne remettriez-vous pas alors carrément en cause votre sentiment d'aimer ?

En fait, j'ai l'impression que notre manière d'appréhender l'amour est programmée dès le départ par un certain nombre de critères,

premièrement, l'inconscient collectif (aimer c'est souffrir - le poète ne chante-t-il pas : "il n'y a pas d'amour heureux"..)

deuxièmement, ce que l'on nous transmet dans notre histoire familiale.

Par exemple, Maman :

Luc_sur_Mer_1957

" Lorsque j’étais jeune, j’avais toute une bande de copains. Mais des copains-copains, hein. Je ne couchais pas ! Ton père a été le seul, l’unique".

Ma grand-mère maternelle :

Mamy_et_Achille

(clic clic sur l'image)

qui ayant hélas perdu son époux très vite, n’a aimé que lui jusqu’à la fin de ses jours (et pourtant, elle s’était remariée)..

Ma grand-mère paternelle,

Mamy

tombée à 15 ans folle amoureuse de mon grand-père (Don Juan qui a passé sa vie à culbuter toutes les filles de France et de Navarre)..

Et puis bien sûr, mon ancêtre Julie qui s’est consumée d’amour (au sens propre) pour un homme marié (avec une autre) qui lui a quand même fait trois enfants ..

(j'ai pas de photo de Julie alors je vous mets ma fille, lors du tournage de "Coco Chanel"

Adeline 

Alors voilà, possessive, exclusive, oui,

mais, en amour ...

" Trop n'est jamais assez,

tous les amoureux le savent"  *

* Patrick Sébastien, "Tu m'appelles en arrivant"

2 juillet 2010

Nadège

carte_Nadege

Je m’appelle Nadège. Mon deuxième prénom est celui de ma Marraine, Josette - celle-là même qui depuis la mort de Maman m’a rayée de sa vie, mais ceci est une autre histoire .. ;-) (tout de même, comment voulez-vous qu’on échappe aux croyances toxiques quand tout le monde s’acharne à les faire perdurer ? ;-))

Maman m‘avait dit que j’étais "une enfant de l’amour". J’ai été conçue paraît-il par une épouvantable nuit d’orage, sous une petite tente que mes deux tourtereaux de futurs parents avaient plantée près du Trou du Puits d’Enfer (Sables d‘Olonne) - déjà, pour ceux qui connaissent, vous serez d’accord avec moi que ce n’était pas banal quand on voit comment ce coin est sauvage. En même temps, c’est trop romantique !

puit_d_enfercath_blogspot

photo empruntée ici 

Bref. Si la nuit avait commencé avec de chaleureuses étreintes, elle s’est terminée à tenir les piquets de la tente pour pas qu’elle s’envole. Bilan : que ce soit au début ou à la fin, ils avaient pas fermé l’œil.

Or donc, quelques mois plus tard, Maman s’est rendue compte que j’étais dans les parages. Seulement mon père n’avait que vingt ans mais surtout, beaucoup plus grave pour les siens, il était encore étudiant, et aucun moyen de subvenir aux besoins d’une famille.

Faut dire qu’en plus, le jour où Papa a présenté Maman à ses parents, il leur a appris dans la foulée qu’ils allaient être grand-parents et qu’il allait plaquer le lycée. Ça faisait un peu beaucoup et paraît-il que celle qui allait devenir ma grand-mère a toisé Maman de bas en haut avec dans le regard un mépris sans nom, ce qui avait, comme qui dirait, jeté un froid.

Maman en me racontant ça bougonnait que de toutes façons il était hoooooors de question qu’elle avorte, qu’elle garderait SON bébé et que la grand-mère ne le verrait JAMAIS. Na ! (au final Maman a été avec sa belle-mère la plus délicieuse des brus).

Oui alors donc, ya eu d'abord cette angoisse pour ma mère de ne pas savoir si elle allait être acceptée par la famille de mon père, ce qui laissât encore une fois bien des occasions à Papa de faire valser ses touches de piano à force de taper dessus avec rage pour se défouler (sûr que le yoga lui aurait fait grand bien mais c’était pas encore à la mode).

Par là-dessus, Papa avait dû partir pour l’Algérie. Finalement, le mariage a eu lieu, même s'il s’est fait un peu dans l’urgence on va dire, (pendant une perme) un peu bâclé et sans robe blanche, le 12 février 1955 (pour la petite histoire les parents de mon père se sont mariés aussi un 12 février, ainsi que les parents de mon grand-père et aussi ceux de mon arrière-grand-père ;-))

Est-ce parce que mon père était en Algérie, et ce prénom était-il porteur de sens pour lui ? toujours est-il qu'il voulait m’appeler Aïcha. Enfin, lui, parce que pour ce qui est de Maman, c’était absolument hors de question ! (elle en a d’ailleurs nourri ensuite une aversion pour tous les prénoms se terminant en -a).

Pour ceux qui ont des enfants, vous savez bien comment ça se passe généralement en ce qui concerne le choix des prénoms.. ;-) au final c’est souvent la femme qui décide au moment où son petit sort de son ventre ..

Nad_et_maman_ao_t_1955

C’est en tout cas ce qu'il s’est passé lorsque je suis née, d’autant plus que Papa était toujours en Algérie (il n’est rentré en France que pour défiler le 14 juillet sur les Champs- Élysées) et c’est comme ça que Maman a choisi mon prénom, qu’elle voulait rare *: Nadège, porteur sûrement de tout ce qu’elle ne disait pas mais qu’elle attendait quand même puisque Nadège, cela vient du russe nadejda qui veut dire espérance.

carte_texte

 

* Maman ne supportait pas l’idée qu’il y ait d’autres "Nadège" contemporaines de sa fille ;-)

Raté ! La mère de mon ami d’enfance Jean-Paul, qui est Polonaise, a appelé une de ses filles comme moi ("Nadiezkha" en polonais) .. Maman était furieuse !

1956_Sables_dOlonne

moi, les Sables 1956

Papa_14_ans_Sables_d_Olonne_sept_48

mon père, les Sables, 1948

 

Et vous,

quelle est l’histoire du choix de votre prénom ?

21 juin 2010

mariage pluvieux ..

C’était le 21 juin. La maman de mon futur (ex) m’avait confectionné un bouquet de mariée avec les fleurs de son jardin.

C’était le 21 juin et il pleuvait. "Mariage pluvieux, mariage heureux".

J’y croyais, je me leurrais je sais, mais bon .. j‘y croyais.

Même s’il m’épousait seulement pour me garder.

Même si mon père m’avait reniée.

Même si ma sœur n’était pas là (elle a cru que c'était un gag).

Même si..

Qu’est-ce que ça peut faire, tout ça .. c’est du passé ! ;-)

PS 34 ans de mariage ça s’appelle les noces d’ambre ;-)

.

Je vous souhaite à tous un bel été !

3873998

coeurs

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ben oui quoi, j'étais une nana supra sérieuse !

75

heu .. enfin presque ;-))

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là c'est un peu plus tard, - j'étais enceinte de ma fille aînée

juste pour vous montrer la robe que je portais quand je me suis mariée

27 mai 2010

Les yeux plein d'extase

jeunes

 

Je me suis intéressée toute petite à la seule chose qui vaille la peine en ce bas monde, en tout cas à mon sens : l’amour. Et plus précisément, l’amour entre un garçon et une fille, parce que j‘avais cru comprendre qu’on pouvait faire ensemble des trucs super chouettes qui nous assuraient le bonheur pour toute la vie, comme se marier et avoir beaucoup d’enfants (enfin .. surtout, les faire).

Tout naturellement, je me suis d’abord tournée vers ma maman pour avoir de plus amples précisions.

C’est comme ça que j’ai appris que l’amour, c’est beau et pur. Tellement pur que quand Papa voulait lui prouver le sien, Maman esquivait (en tout cas au début. Je ne savais pas encore que c‘est une stratégie féminine, ah ! ah !) oui donc chaque fois que Maman le repoussait, Papa rentrait chez ses parents super contrarié et jouait du piano avec de grands gestes désordonnés si bien que toutes les touches volaient en éclat. Ce qui, il faut bien le reconnaître, ne mettait pas ma grand-mère dans les meilleures dispositions possibles au sujet de celle qui deviendrait un jour sa bru : qui pouvait bien mettre son fils habituellement si calme et si docile dans un état pareil ?? Sans compter que les rendez-vous de mes parents finissaient par lui coûter cher en touches de piano.

Or, donc, disait Maman, l’amour c’est bôôôô et pûûûûr.

"J’avais plein de copains", disait encore Maman, "j’étais un vrai garçon manqué, je me suis jamais entendue avec les filles - les filles beurk !! c’est faux-jeton et compagnie !! - mes copains, je partais camper avec !" (Ah chouette, me disais-je, on va rentrer dans le vif du sujet !) "Ton père ça le rendait fou !", continuait Maman, "Mais bon, on cam-pait, hein. Je couchais pas !! " (Oh non !! flûte !!)

- Ton père, ça a été le seul ! (aaah, tout de même !!!! et alors ?????)

- Et alors quoi ? Ben j'me suis retrouvée avec toi !

Quatre lettres. Pas mieux : BIDE.

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Bon, me suis-je dit la mort dans l’âme. Va falloir chercher ailleurs.

Il s’appelait Jean-Paul. En plus j'me disais que c’était forcément un bon filon parce que ses parents avaient cinq enfants. C‘est dire s’ils devaient connaître le mode d’emploi !!!!

Las !! Jean-Paul était super timide. Pourtant, il y avait eu des exercices d’investigation très prometteurs dans les caves de l’immeuble où nous habitions, mais ils n’ont jamais abouti à ce qu’il était censé m’enseigner pour la bonne raison qu’il devait chercher lui-même ce que j’espérais qu’il m’apprenne.. Comme quoi, hein ! Faut jamais se fier à un garçon à qui on est obligée d'apprendre à faire du patin à roulettes ! (Jean-Paul, pitié si par extraordinaire tu tombes sur ce blog : JE PLAISANTE !!!!)

Alors sinon, il y a eu Dominique. Le problème c’est qu’il était très grand (ou alors c’est moi qui étais très p'tite, c‘est selon)(enfin, en âge, je veux dire). En plus, Dominique ne jurait que par le cochon. Le jeu du "cochon qui rit", vous connaissez ? Il devait se dire que c’était bien le seul truc potable qu’il pouvait faire avec une minote comme moi.

Or donc, imaginez ze scène :

La moi petite, assise par terre, en face d’un Dominique super concentré sur son (-« (« ç_è_èàçç-(-ç( de purée de jeu de cochon.

Je l’observais du coin de l’œil, mon Dominique au corps de braise, - oui, je sais, j’étais précoce - en train de taper ses viriles cuisses chaque fois qu’il jetait un 6 aux dés. On peut pas m’enlever que j’ai toujours su très jeune ce que je voulais (même quand j‘arrive pas à l‘avoir, mais c‘est une autre histoire). Et puis comme disait ma grand-mère, "Si tu décides pas qu’un homme est un homme, espère pas t'en servir un jour".

Or donc, j'observais mon Dominique dans un but totalely désintéressé, seulement voilà, j’avais beau mettre et remettre le contact à coups d’œillades appuyées qui ont largement fait leurs preuves depuis, tout ce que j’ai réussi à allumer c’est mes nerfs chaque fois qu’il s’esclaffait en vissant une queue à son cochon.

Finalement, c’est mon cousin.. Pas celui que je rêvais d’épouser, mais son frère, l’aîné de la cousinade. Un espèce de grand ténébreux tout timide, taciturne et solitaire, .. toujours seul dans son coin. C’était le seul de mes cousins avec qui je n’avais pas tellement de relations rapport aux traits de caractère que je viens de mentionner ci-dessus.

Or, à l’époque où il a fait son service militaire, on s’est mis à s’écrire assidûment, moi parce que j’ai toujours aimé ça, lui parce qu’il s’ennuyait ferme. Du coup, quand il avait des perms, il venait me chercher - normalement j'avais pas le droit de sortir, mais là, c'était pas pareil, mon père avait toute confiance, puisque c'était avec mon cousin ..

C’est comme ça qu’un jour, il m’a emmenée aux Vingt-Quatre Heures du Mans. On avait dormi chez un pote à lui, avec tout un tas d‘autres potes à lui, tous plus vieux que moi, évidemment, puisqu’ils avaient l’âge de mon cousin.

Le soir, ils discutaient sans accorder la moindre attention à l’insignifiante gamine que j’étais pour eux. Et bien sûr ils parlaient des filles.. et de tout ce qu’on peut leur faire avec un brin d’imagination ..

Et voilà comment j'ai su.

Bon, le truc, c’est qu’à les entendre j’ai cru longtemps que le .. enfin, le .. le "machin" des garçons était comme qui dirait, téléguidé, qu’il trouvait le chemin tout seul, et qu’en plus, ça faisait direct crier et se tordre les filles de plaisir, qu‘elles en mouraient de volupté avec les yeux plein d’extase, si bien que j’ai été un peu surprise lorsque pour moi la chose fut venue..

Mais ceci est une autre histoire ..

24 mai 2010

Tout mais pas l'indifférence

 Sylvie 23mai

Aujourd’hui, je vais vous parler de la jalousie. Enfin plus exactement, de ma jalousie. Parce qu’utiliser le déterminant "la" laisse supposer que "la jalousie" est déterminée, qu’elle permet aux interlocuteurs de l’identifier parfaitement. En réalité, si "la jalousie"  désigne bien la jalousie, il n’en reste pas moins que le "la" qui est censé déterminer "jalousie" ne détermine rien du tout puisqu’en l’occurrence ma jalousie est complètement indéterminée, n’étant pas "la jalousie".

Ma jalousie en effet, comme la votre sans doute, a une histoire, un rôle, un référent. Elle participe de ma façon de communiquer, d’aimer, de m’aimer, moi. Elle ne se réveille que dans certains contextes et avec certaines personnes.

Et puis elle a une petite sœur. Et cette sœur, elle s’appelle la peur.

J’ai grandi avec la peur. Je l’avais presque oubliée, et même totalement oubliée, tant sont belles et significatives les dernières rencontres que la vie s’est chargée de m’offrir et qui m’ont permis de "réajuster" ma vie.

Mais cette nuit, j’ai fait un rêve qui m’a mise de nouveau en contact avec cette émotion.

J’étais dans un train avec d‘autres personnes, et des soldats allemands nous demandaient de nous mettre nus, ils se déshabillaient eux aussi pour faire croire qu’il n’y avait pas d’entourloupe (même si personne n’était dupe).

La séquence onirique suivante, c’est une file ininterrompue de femmes et d’enfants qui s’en vont vers la mort. Le bruit des fours, je les entends, c’est assourdissant, absolument insupportable, ce bruit est continu, les fours fonctionnent sans s’arrêter.

C‘est le bruit assourdissant des fours et la peur que je ressens qui me réveillent.

Sylvie danse rose

Vous allez me trouver drôlement gonflée de faire un parallèle entre l’Histoire et mon histoire.

Mais c’est juste pour essayer de vous expliquer.

Mon père a commencé à me taper dessus lorsque j’avais deux ans. Il donnait surtout des gifles. Imaginez l’impact de gifles balancées à toute volée sur les joues d’une toute petite fille.

D’abord, ça fait mal. Ensuite, ça fait peur.

Je vivais dans la terreur et la terreur vivait en moi.

Pourtant, j‘aimais mon père - je sais, ça peut paraître super bizarre. Et non seulement je l’aimais, mais je l’admirais.

En fait, de mes deux parents, c’était le seul qui me "voyait", qui s’intéressait à moi. Qui m’aimait, quoi.

En tout cas, c'est ce que je me disais. 

Or, que se passe-t-il quand je suis jalouse ?

D’abord j’ai mal. C’est le premier indicateur de ma jalousie : un putain de mal de chien.

Tout de suite après, j’ai peur. Si l’être aimé "s’intéresse à une autre", alors moi je suis vouée à disparaître.

Je voudrais bien ne plus être jalouse. Je ne sais pas s’il y a des trucs qui marchent vraiment, je ne sais pas si ça se fait progressivement ou si un beau jour on se réveille et paf, on n‘est plus jaloux (ça doit être le pied intégral), mais ce qui est sûr, c’est que je veux que ça s’arrête.

Je veux devenir la femme la plus paisible du monde, fondante, ronronnante, sereine.. Je veux danser ma vie, en paix,

comme sur les photos de ma sublime Sylvie ..

Sylv 23mai

22 mai 2010

la boîte magique

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J’ai trois ans. Je "réclame" à ma mamy (la mère de mon père) un des fruits magiques que Papa a ramenés d’Algérie.

Mamy soulève le couvercle d’une jolie boîte ornée. De plaisir anticipé les battements de mon cœur s’accélèrent légèrement. Elle saisit délicatement un des petits fruits bruns, (elle ne m'en donnait toujours qu'un seul à la fois), elle l’ouvre en deux pour en extraire avec précaution le noyau. Elle me le glisse entre les lèvres : c’est une explosion en bouche, sucrée, fondante, d’une suavité inouïe..

Jamais, jamais depuis, je n’ai retrouvé ce goût exquis qu’avaient les dattes de ma petite enfance..

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22 mai 2010

Inch'Allah

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mon père (au milieu, avec sa pipe)

Comme tant d'autres avec lui, quand il a été obligé de partir en Algérie il n'a même pas eu le droit d'aller dire au revoir aux siens. Il avait une vingtaine d'années, quasiment l'âge qu'a mon fils .. Mon Dieu ! Maman disait qu'il pleurait au téléphone quant il lui avait annoncé son départ .. (j'ai jamais vu mon père pleurer !)

ça veut dire aussi qu'il ne m'a vue que quand j'avais 4 jours (et encore, parce que j'ai eu la bonne idée de naître le 10 juillet et que le 14, il défilait sur les Champs Élysées) mais pour voir ma soeur, il avait dû attendre deux semaines pour avoir sa perm'..

1

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.

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mon père, au milieu

et que tient-il dans ses mains ? sa pipe ..

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mon père à gauche

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une carte postale qu'il a envoyée à Maman

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(Maman était enceinte de ma soeur, et mes parents s'attendaient tous les deux à avoir un fils après moi - on se demande bien pourquoi d'ailleurs vu qu'ils m'avaient déjà et qu'ils étaient comblés ahahahahah)

guerre

"Quand je pense que la guerre n'épargne même pas les enfants !

Enfin on n'y peut rien. Mais je chercherai une solution pour préserver les nôtres. Et peut-être la trouverais-je.

Inch'Allah !"

6 mai 2010

cherchez l'erreur

anecurieux

L’éducation diffère suivant les époques et les sociétés.

Quand j’étais gamine par exemple, les sanctions physiques et l’humiliation étaient considérées comme éducatives. J’me rappelle notamment de mon institutrice de CM2 qui distribuait allègrement des fessées cul nu ou encore punissait certaines de ses élèves en les obligeant à traverser toutes les classes avec une pancarte au cou mentionnant "Je suis un âne" au cas où le bonnet dudit équidé qu’elle portait sur la tête n’aurait pas été suffisamment explicite. Eh bien cette maîtresse était très appréciée, en premier par moi (surtout que ses sanctions, c’était de la gnognote à côté de celles de mon père). Aucun parent n‘aurait eu l‘idée de remettre en cause lesdites punitions et ça n’aurait effleuré l’esprit d’aucun enfant qu’il puisse être soutenu par ses parents lorsqu’il était puni pour avoir transgressé une loi (notamment celle qui dit qu’on doit respecter autrui).

Maintenant, les châtiments physiques ont été disqualifiés, ce qui est une bonne chose. Pour autant, je ne suis pas sûre que "les claques qui partent toutes seules" n'existent plus. Le seul truc c’est qu’on a honte de n’avoir pas su trouver une autre façon de se faire entendre, surtout qu’on nous dit que c’est vilain et qu’il faut maîtriser son impulsivité. Ceci dit, ça prouve bien que les adultes sont aussi des êtres humains, comme le soulignait fort judicieusement ma fille aînée.

En attendant, on se retrouve de plus en plus souvent avec des situations comme celle-ci : un élève répandu sur son siège face à son professeur qu’il est en train de qualifier de mots plus créatifs les uns que les autres (quant il ne lui tape pas dessus) sous prétexte que ce dernier a eu l’affront de lui demander de rendre sa copie (ou de ranger sa table).

Et si ledit prof n’est pas capable de garder son calme (j’ai encore un ado à la maison je sais de quoi je parle), c‘est lui - et pas l’élève - qui est sanctionné.

Alors là je pose la question : où est l’erreur ?

26 janvier 2010

ce que disent les photos

Deauville_aout_61rec

J’ai toujours aimé les photos. Elles peuvent restituer des instants de joie pure que la vie, parfois, est gourmande de nous faire oublier.

On est heureux. On est tellement heureux tous les quatre sur ce cliché !

Deauville_aout_61nad

Je porte au cou le joli collier de coquillages que je me suis empressée de confectionner, parce que je suis une petite fille, ben oui, une fille ! j’aime tellement être une fille.. et même si je n’ose pas mettre mon haut de maillot pour te plaire Maman ben voilà, tu vois, je me suis parée d'un collier.

Deauville_aout_61BRIE

Toi ma soeurette, avec tes cheveux si blonds qu’ils en sont presque blancs, ton bel éclat de rire est un cadeau éblouissant !

Deauville_aout_61GAETE

Notre petit frère,

le tant attendu, tant aimé.

Et toi Papa ..

Deauville_aout_61PAPA

si fier de tout ton petit monde !

car tes enfants..

Er

c’était "toute ta vie", n'est-ce pas ?

Oui, j'aime les photos !

13 décembre 2009

pas bonne

RegardCoquelicot_Lo2

© photo Regard Coquelicot

J’allais vous parler d’Olentzero, où je suis allée avec ma fille et ses fils hier, quand j’ai lu cela :

"Trop souvent, ici et là, regardant le monde tel qu’il nous apparaît, nous refusons de croire qu’en tout être réside, fondamentalement, LA BONTE."

Ah..

Jme rappelle d’un soir où mon fils m’a demandé de bien vouloir relire les réponses au devoir qu’il venait de faire, qui portait sur les tortures pratiquées sur des enfants pendant la dernière guerre mondiale.

J’ai d’abord lu l’article sur lequel devait travailler mon fils, et je n’ai pas réussi à la première lecture à lire jusqu’au bout tellement je pleurais.

Je m’y suis repris le lendemain, ou le surlendemain peut être je ne sais plus, pour lire que ces enfants étaient utilisés pour des expériences, et ensuite on les accrochait à des crochets de boucher où ils finissaient de mourir.

Alors moi je veux bien qu’en tout être réside de la bonté.

Mais cette bonté n’est peut être pas celle à laquelle je pense.

Et je ne parlerai pas plus de tous les autres points qui me font douter de la bonté humaine.

À commencer par mon attitude, bien entendu - je peux être un havre de tendresse autant que violente, intolérante et jugeante (la preuve).

Moi ce que je me pose plutôt comme question, c’est POURQUOI il faudrait absolument trouver de la bonté là où il n’y en a pas ?

Où c’est bon de violer un enfant par exemple ?

Où c’est bon de découper quelqu’un (ou des animaux) en rondelles pour faire des expériences sadiques ?

À quel titre faudrait il y trouver des circonstances atténuantes ?

C’est comme quand jme disais "mon père me tapait dessus, mais c’est pas de sa faute, (alors là, je listais intérieurement tous ses malheurs) et puis, il pensait bien faire ..c’était pour mon bien" (enfin, en supposant que c’est pour le bien d’une petite fille de vivre dans la terreur de se prendre des volées de baffes sur la figure pour des raisons totalement incohérentes).

Ah non décidément, je ne suis pas bonne..

Frederic_Pavot_fillette

© photo Frédéric Pavot

17 octobre 2009

Comme un nid douillet

 Ya qu’une personne qui m’a jamais vraiment aimée

c’est elle

1Mamyet__Nad_1955

ma grand-mère

(ben oui, sur cette photo j'fais la tête ..

jedevais me douter de ce qui m'attendait après rire)

Ma grand mère,

même quand elle ne cautionnait pas mes choix

elle ne me jugeait pas

toujours à mes côtés, comme un nid douillet

elle continuait à m’aimer ..

 

C’était pas une "mamy gâteau" oh non-non ! pas du tout ! D’ailleurs elle n’était pas très tendre.. c’était pas le genre de grand-mère à faire des câlins ni des gâteaux sucrés..

Juste le genre à aimer,

à aimer comme on aime

quand on aime vraiment ..

C‘est drôle d‘ailleurs, car c‘était pas gagné .. je suis quand même celle par qui son fils lui a été ravi... Papa était si jeune alors, c’était l’année où il aurait dû passer son bacc. C’est dire si la nouvelle de ma probable naissance avait fait du ramdam.

Mais bref.

Faut croire que je suis quand même arrivée.. ;-)

Fallait la voir alors, fière comme une jeune maman, me promener dans ces gros landaus tels qu’on les faisait autrefois..(là avec mon cousin)(celui que j’ai pas épousé)

..et me bercer la nuit pendant des heures en fredonnant une chanson en chti (mes parents ont habité chez elle les quatre premières années de leur mariage, ben oui, c’était déjà la crise du logement !)

Et cet amour mon Dieu, tout cet amour qu’elle m’a donné !! 

Si quelque chose existe encore après sa mort, c’est bien l’amour qu’elle m’a laissé ..

 

Ma grand-mère (au milieu)et deux de ses sœurs - mon Dieu que ma fille aînée lui ressemble !

Ma fille aînée :lors de son premier ptit rôle de figuration (dans ce film là)

et ma grand-mèreà 16 ans

l’âge qu’elle avait à ce moment là 

3 septembre 2009

un mur

Élever un mur autour de notre cœur

Papa_14_ans_Sabl_d_Olonne

ne nous protège pas des autres,

ça les empêche

Papa_18_ans

de nous entourer.

14 août 2009

le choix

L’autre fois, la mère de mes petits-fils me disait : "tu sais Maman, malgré tous les gens qui te critiquent en te traitant de "laxiste", moi je trouve que tu nous as bien élevés. Bon c’est vrai que tu es vraiment cool mais je t’avoue que ça m’arrangeait bien que tu m’obliges pas à faire mon lit .. (d’ailleurs c’est bizarre que je ne réagis pas du tout pareil avec mes enfants ?) mais même sans autorité comme tu dis, tu nous as appris tout ce qu‘il fallait, et surtout le respect".

Et là, ben oui là, je lui ai dit, à ma fille.Je lui ai dit qu’à l’âge qu’a le dernier de ses fils (deux ans) mon père s‘était mis en tête de m‘apprendre à lire et à écrire. Bon, il a réussi, je savais lire et écrire en entrant à la maternelle (j’en garde une mauvaise latéralisation, ce qui arrive parfois, paraît il (ce n’est pas systématique) lorsqu’on apprend à lire avant trois ans). Mais comme il manquait passablement de pédagogie (il rêvait de faire carrière dans l’armée, c’est vous dire !) cela m’a laissé.. comment dire.

Des traces.Surtout qu’en fait il s’était mis en tête un certain nombre de choses à mon sujet, et mon père était pas le genre d’homme qu’on pouvait se permettre de contrarier, surtout quand on n‘est pas très haute, ce qui est souvent le cas quand on est une petite fille.

Bon cela n’est pas grave en soi. Je veux dire, c’est passé maintenant.Par contre bien que ce soit passé, c’est toujours pas passé. Pourtant, depuis, j’ai "intellectualisé" le truc. J’ai malaxé tout ça, exploré, mis en mots. Recherché les motons sur plusieurs générations, comme le savent ceux qui me suivent depuis que je fais du blog (comme jdis à ma sœur).

L’intellect est dompté. Une bonne chose de faite.

Mais l’affect, lui, pas du tout. Il me fait n’importe quoi, mais alors vraiment n’importe quoi. Et le corps suit bien sûr, puisque le corps sait (corset .. oui j’avoue, celle là elle était tentante ;-)).

Alors moi je pose la question :

nad_s_en_va

dans quelle mesure a-t-on vraiment toujours le choix ??

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