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le blog de Ambreneige
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brie
18 avril 2012

J'en ai deux !!!!!

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Ca y eeeeeeeeeest !!! i'sont arrivés les paquets de ma soeur,

yen a deux !!!!!!!!!

Allez, je vous laisse chercher encore un peu pendant que je déballe..

P4176908

Purée vous avez vu tout ce scotch encore ? j'invente rien hein,

c'est pathologique,

ma soeur a la scotchite aigüe !!!!!!


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Alors, pour rappel, ce que le schmiliblik n'est pas :

- des tiroirs (Isa)

- comprends pasÉdith a proposé des boîtes et juste après, alors qu'elle était si près du but, elle a enchaîné avec des paniers en journaux roulés ou en tissu. Et pourquoi pas en orties tressées pendant qu'on y est ? ;-)

- ce ne sont pas des serre-livres (Reynald),

lampepas plus qu'un dérouleur de PQ servant de papier ménage

et pas non plus la lampe de laquelle il est sorti !!!



Alors, hm ? c'est qui qui va trouver ?

ballon


PS : Vous avez envie de commencer la journée par une franche rigolade ? alors n'hésitez plus les amis, allez faire un tour ici ! (on a beau dire les filles, on est bien peu de choses comparées aux hommes !!!)

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14 avril 2012

Tous les arbres sont en fleurs

tulipes

Le printemps, c’est chouette. Les arbres sont en fleurs, les tulipes s’ouvrent, les jonquilles jaunissent de bonheur et la couche de poussière sur nos meubles se met à briller de mille feux dans la lumière du soleil .. ce qui généralement est le point de départ d’une grande frénésie de ménage et accessoirement de rangement et de tri,  bien connu sous le nom de "ménage de printemps".

En fait, le ménage de printemps est une tradition qui se perd dans la nuit des temps. Elle avait, comme la plupart des traditions, une raison pratique. En effet, autrefois les maisons n’étaient absolument pas conçues comme celles que nous connaissons aujourd’hui puisqu’elles possédaient une étable (ce qui permettait aux occupants de bénéficier de la chaleur dégagée par les animaux), étable qui donnait généralement sur la pièce principale qui servait à tout, et où tout le monde dormait ensemble pour la même raison que susdite (se tenir chaud). Il y avait aussi l’engrangement du foin dans le grenier qui là encore avait un but pratique, puisqu’il servait d’isolation.

Or donc, avec l’arrivée du printemps venait la tradition de ce grand ménage dont l’objectif était, non seulement de tout remettre au propre, de laver les draps et de les étendre sur l’herbe au soleil pour les faire sécher, mais aussi de vider les caves et les greniers pour faire de la place pour les nouvelles récoltes.

C’était aussi le moment où l’on mettait de nouveaux vêtements (je me doute que si par extraordinaire, un jeune de la génération de nos enfants tombe sur ces mots il prendra nos ancêtres pour des extra-terrestres, car on se changeait plutôt une fois par saison qu’une fois par jour). La fête de Pâques était d’ailleurs l’occasion de remplacer les couleurs ternes de l’hiver par des couleurs vives et joyeuses, et certains croyaient que porter un nouveau vêtement le jour même de Pâques leur porterait chance toute l’année. Les croyances païennes se sont toujours mêlées à la foi chrétienne ;-)

Pour en revenir au grand ménage de printemps, chez moi ce ne serait pas du luxe vu que, non seulement je garde tout ce qui est photos, papiers de famille, etc, ce qui représente un volume assez vertigineux, mais en plus, tous les membres de ma famille (SAUF ma marraine qui comme moi est Cancer) m’ont tout naturellement refilé tous les leurs. Bilan : mon ménage par le vide est sacrément vite fait puisque je ne peux me résoudre à m’en défaire.

C’est la raison pour laquelle j’ai daigné sacrifier d’autres choses, il s’agit de quelques cassettes VHS, surtout que je n’ai plus de magnétoscope !

Et c’est comme ça que, contemplant la place ainsi faite on my étagère, je me suis dit : ôôôô que je demanderais bien à ma soeurinette de me faire un truc pour combler tout ce vide !!!!!!!!

Je sens que vous sentez ce que je vais vous poser comme question :

à votre avis, qu'ai-je demandé à ma soeur qu'elle me fisse

de ses petits doigts agiles ?

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Vous remarquerez en passant que les planches que j'ai libérées ont été garnies aussi sec avec des albums-photos ;-) (ainsi qu'avec les BD que ma fille lit lorsqu'elle vient à la maison, vu que quand elle est là elle installe ses appartements dans la salle).

 

(✿◠‿◠)˙·٠•●♥❤


Question(s) subsidiaire(s) : et vous, le ménage de printemps ? est-ce que, pour une raison mystérieuse, vous l’avez comme Clo commencé dès cet hiver ?

Est-ce que ça vous pose un problème de trier, jeter, vider ?

23 mars 2012

Comme un mec

Nad avril 1975 Montsoult


Chère Ambre,

Je me décide à t’écrire ce petit mot parce que depuis que la pendule que ta sœur t’a offert s’est arrêtée, (faut changer la pile et tu ne l’as toujours pas fait), tu t’imagines que dans la foulée le temps s’est arrêté aussi et qu’il est l’heure de ce jour-là pour l’éternité. C’était un jour, il m’en souvient, très ensoleillé, et comme d'habitude tu dansais en dépit du bon sens pour oublier que tu aurais plutôt un maximum de raisons de ne pas danser.

- La première : tu as des amis, de supers chouettes amis en +. Qui t’invitent à dormir sous la yourte quand ce n'est pas à manger la râclette en plein mois de juin (m'enfin passons). Certes, ils habitent au bout du monde, ou quasiment. Et toi qu’est-ce que tu fais ? tu chipotes, tu tergiverses, tu ne veux pas quitter ta maison. Ou alors ta fille. Ou c’est ta mère ou c’est ton frère ou c’est ton chien. Ya toujours quelque chose que tu ne veux pas quitter. T’as dû naître tortue ou escargot dans ton autre vie parce que loin de ta maison tu te sens toute nue. Encore que j’opterais plus pour l’escargot, avec sa vie sensuelle tendance débridée. Oui parce qu'en plus,

- Deuxièmement : t’es collante. Autant quand tu boudes, tu fais la grève du cœur et de l’âme, autant ton corps ne se dispute jamais avec personne. C’est du grand n’importe quoi ma vieille, et ça aussi va falloir que ça change avant que ça recommence. Apprendre l’indifférence, ma fille, le détachement, la froideur et tutti quanti. Bon sang c’est quand même pas sorcier ! tu regardes autour de toi, tu prends note !

- Alors à propos de pot-de-colle, troisièmement : tes plans foireux. Tu vas me faire le plaisir d’arrêter de te jeter à la tête des hommes comme tu l’as toujours fait. D’abord ça ne se fait pas. C’est très vilain. Bouuuuuuuuuh ! et puis alors surtout, ça ne se fait pas quand tu n’intéresses pas le mec. Pourquoi t’as toujours évité ceux à qui tu plaisais (les gentils) ? pourquoi tu t’es toujours acharnée sur ceux qui allaient t’en mettre plein la tronche ? (même si t’as toujours fait semblant de croire le contraire, ce qui t’a permis, excuse-moi du peu, de passer ta vie à te plaindre !). Qu’avais-tu peur d’affronter, au juste ? toi qui nous bassines depuis ton enfance avec tes Princes Charmants, à quel moment t’en as laissé ne serait-ce qu’un seul venir vers toi sur son beau cheval blanc ?

- Quatrièmement, ça me fait penser à un truc : ta part féminine. Elle est passée où ? t’en as fait quoi les vingt dernières années ? c’est quoi ces façons d’avoir voulu toujours tout prendre sur tes épaules, "comme un mec" ? de vouloir tout gérer, tout contrôler ? parce que je voudrais pas dire, mais faire tourner la maison, comme part féminine, c’est léger. Et toutes les bonnes choses valorisantes et sexy qui sont aussi l’apanage des femmes elles sont barrées où ?

Alors tu sais quoi ? tu vas changer la pile de la pendule de Brie. Juste histoire de te rappeler que même si les aiguilles ne bougent plus, les heures, elles, continuent quand même de tourner. Et même si, comme dirait ta Marraine qui a près de 80 ans, "J’ai toute la vie devant moi", toute-la-vie, ma vieille, ça passe vite !


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9 février 2012

Trop contente !

pixiz 1339

YESSSSSSSSSSSSSSSSSSS !!!!!

 

Le cadeau de Noël de ma soeurinette est arrivé !!!!!!!! je suis trop trop contente !!!

Bon, je risque encore de passer pour une folledingue à danser avec mon tabouret(*), ben tant pis hein ! après tout, comme le chante si bien Baloo ..

 

* le grand gagnant est Reynald, puisque c'est celui qui a trouvé la réponse la plus proche. Bon ben comme promis, tu vas recevoir un cadeau incessamment sous peu, dès que j'aurais trouvé quoi, vu que ce que je voulais offrir, tu l'as déjà ;-)

Je vous souhaite à tous

une merveilleuse journée !

(pour ma part, je vais la passer à danser avec mon nouveau tabouret !)

(lalalalère !!!!)

26 janvier 2012

Froide

mains


Il y a un moment où on est obligé de se résoudre à se blinder, même si ce n’est pas dans notre nature, même si on a toujours eu du mal à comprendre les personnes qui se mettent une carapace plutôt que de se laisser atteindre, au sens propre et au sens  figuré. Leur choix : se durcir pour continuer à avancer quand même.

Juste avant, je vous disais que lorsque je jette un regard en arrière, je réalise que j’ai eu une vie très compliquée. Or, je crois que ma vie a toujours été compliquée parce que l’amour, enfin plus généralement l’affectif, y tient une place qui occulte toutes les autres. Par exemple, au nom de l’amour j’ai laissé tomber mon épanouissement professionnel et personnel. Vous allez me dire que ce n'est pas parce qu'on aime qu'il faut laisser tomber le reste ! Certes. Seulement voilà, l’amour est une chose compliquée. D’abord, il fait intervenir les trois choses les plus incontrôlables de notre statut d’humains : notre corps, avec ses désirs, nos pensées (+ celles qui nous ont été inculquées plus ou moins consciemment), et nos émotions propres, qui nous viennent de notre cerveau reptilien, le plus archaïque.

Et ce n’est pas tout : notre façon d’aimer, et j’oserais dire, d’être aimé, est le résultat d’une longue histoire, la Grande, avec tout le contexte culturel et sociétal de l'endroit où l'on vient au monde, et la Petite, c’est-à-dire la notre, celle de chacun et de chacune. On n’aime pas de la même façon si on a été adoré ou rejeté. On n’aime pas de la même façon si nos parents ont divorcé ou s’ils s'aimaient passionnément. On n’aime pas de la même façon si on a des frères et sœurs, si on est enfant unique, si on est l’aîné ou le benjamin. L’amour, c’est la somme des interactions affectives et conflictuelles qui ont présidé notre naissance, pour ne pas dire précédé, puis notre enfance, notre vie d’adulte, et qui un jour croise une autre somme d’interactions affectives et conflictuelles. C’est ça l’amour, ça n’a rien de simple.

Sans compter à quel point la notion d’amour est éminemment personnelle. J’ai pu le constater maintes fois en me penchant sur mon histoire familiale. Et sans aller si loin, par exemple entre ma sœur et moi : placées dans la même famille, avec exactement les mêmes doses d’amour (ou de non-amour), enfin en tout cas, les mêmes doses de ce qu’était "l’amour" chez nous, on a réagi complètement différemment, on s’est construites de façon diamétralement opposée. Parce qu'on a tous et toutes la capacité de choisir : on peut choisir d’être heureux, on peut aussi choisir d’être malheureux – je ne dis pas que c’est conscient. On peut courir à sa perte, se laisser bouffer en étant persuadé de faire le juste choix, on peut même être conscient qu’on est sur le mauvais chemin et y aller quand même. On peut choisir de se soumettre, on peut aussi choisir de se battre, et pour cela se blinder, revêtir une carapace qui nous permettra d'avancer.

J’aime bien ce qu’Elsa a répondu à Reynald dans un des commentaires précédents.

Reynald disait : "Ca me désole de voir le nombre de quinquas qui choisissent le vide une fois passé la porte. Entre le macho prédateur et le vide, il y a d'autres voies possibles."

Et Elsa lui a répondu :

"Ce n'est pas forcément choisir le vide que de choisir la vie sans "autre". Le vide est avant tout (ou pas) en soi, et parfois, c'est vivre avec la mauvaise personne qui crée le/s vide/s..."

C’est pour ça que pour ma part, c’est décidé :

1) j’arrête de me faire des grimaces chaque fois que je me croise devant un miroir. Je me souris – c’est ma sœur qui m’a dit de faire ça, il y a longtemps ! il est temps que je m’y mette ! je me souris parce que "je le vaux bien" !

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2) je danse. Je reprends ma danse excentrique, tant pis si mon fils me critique, qu’il a la te-hon, etc. JE DANSE, na !

3) j’attends avec impatience mon cadeau de Noël, celui que ma sœur vient de me finir. Vous voudriez bien savoir ce que c’est, hein ? nin nin nère ! eh bien je vous laisse deviner ! le premier qui trouve aura un cadeau !

Je vous souhaite à tous une excellente journée, pleine d'amour et de paix !

 

suì suì píng ān

   岁   岁   平   安

(comme disent les Chinois)

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31 décembre 2011

2012

amies

 

Quelle chance j'ai de vous avoir !

Mes amies qui me donnez tant,

sans oublier Alain, Reynald, Marie, Pimette, Bulle, Khayaa,

mon fidèle Marc, 

Mutti et Virginie qui ont déserté le net (snif), Frédéric, Sélène,

et vous tous, mes chers anonymes,

 

que l'année 2012

vous comble de douceur et de sérénité !
.

(¯`*´¯)
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  ¸.*¨ ¸.*¨)
 (¸. .´ ¸¸.`¨
 *


17 décembre 2011

la vie en rose

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Mes chers amis,

Je vais encore une fois partager avec vous un pan entier de mon intimité, enfin plus exactement de celui de ma sœur (c’est quasi la même chose, elle est aussi blonde que je suis brune, aussi grande que je suis rabougrie svelte, aussi élancée que je suis bedonnée).

Or donc, un jour que je me languissais au coin du feu avec mon châle rapiécé sur les épaules (oui, parce que c’est bien joli que ma sœur me fabriquasse un plateau pour mon thé, une table pour poser le plateau et un tabouret pour mes petits pieds, mais croyez-vous qu’elle prendrait le temps de me tricoter quelque chose ? que nenni !), oui alors donc, je me languissais en chocolatant quand mon regard aussi innocent qu’un moinillon (le petit du moineau) se posa sur une commode qui appartenait à ma soeur.

Alors que je vous explique : c’est une commode, genre normal pour une commode, avec quatre tiroirs. Mais cette commode a une particularité : elle est rose. Pas rose d’origine, oh que non ! non, non ! elle est rose repeinte.

En effet, en des temps anciens où ma sœur était toute jeune, elle a eu, comme qui dirait, une attaque de rosite aigüe. Elle avait donc repeint en rose cette commode (qui m’échût lors d’un de ses multiples déménagements), mais aussi tout ce qui lui tombait sous la main (autant dire la quasi-totalité de son mobilier). Que s’était-il passé ? avait-elle reçu par erreur un stock de plusieurs dizaines de pots de peinture rose fluo ? avait-elle gagné à un jeu "Comment voir la vie en rose" ? enfin toujours est-il que tout était rose chez elle, y compris sa (première) voiture, une Duduche qui passait d’autant moins inaperçue que, comme Brie, elle en était aux balbutiements de la conduite automobile. Si bien qu'un soir que nous avions décidé de sortir à Paris, ma soeur et sa Duche rose bonbon avaient pris la place de la Concorde à contre-sens. Ce qui n’avait pas manqué de surprendre les automobilistes à qui Brie faisait de grands sourires joyeux en réponse à leurs petits signes qu’elle croyait amicaux (et qui en réalité, tentaient de lui faire comprendre qu’elle était bonne pour une cession de rattrapage de permis).

C'est avec une émotion certaine que je me remémore ces instants en regardant la commode rose. Depuis, ma soeur a mûri. Sa rosite lui est passée pour laisser place aux couleurs de l'arc-en-ciel dont elle agrémente la totalité de son mobilier (entièrement réalisé par ses petits doigts agiles). Je trouve ça magnifique. Alors, puisque nous sommes à quelques jours de Noël, je chipe un peu de l'arc-en-ciel à ma soeur pour vous souhaiter ..

 

a rouge


.. des moments de bonheur tout en couleur !

 

Joyeux Noël !

(¯`*´¯)
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18 novembre 2011

on n'est pas rendus

1338369_3249298Ma sœur m’a fait cadeau d’un livre, enfin de plusieurs, dont un que je trouve particulièrement intéressant. L’auteur y explique que lorsque nous sommes malades, c’est que notre corps – notre meilleur ami et le plus fidèle, selon lui – exprime à travers les différentes pathologies (que ce soit une sinusite ou un cancer) que nous avons posé des gestes faux, que nous avons fait des choix allant à l’encontre de nous-mêmes, que nous ne nous sommes pas suffisamment aimés et respectés pour nous autoriser à privilégier notre propre personne au lieu de faire passer le bien-être ou les demandes des autres avant les nôtres.

Il se trouve que quelques jours avant d’ouvrir le bouquin, je me suis mise à souffrir d’une "douleur de paroi" (dixit mon médecin) (en fait, c’est une déchirure intercostale, si j’ai bien compris). C’est marrant cette expression, non, "douleur de paroi" ? C’est marrant mais c’est pas drôle du tout. Ça fait mal chaque fois que je respire (or, je n'arrête pas de respirer), que je tousse (je traîne une vieille bronchite, ce qui fait que pour avoir moins mal je tousse très timidement, si bien que mon fils me sort des trucs aussi sympas que "alors là, on dirait plus une petite vieille, on dirait carrément un fossile !") mais alors le pire de tout, c’est quand je me marre. Qui y cru qu’un jour, je supplierai que l’on ne me fasse surtout pas rigoler ?

Enfin bref. Cette "douleur de paroi" est survenue comme par hasard lors d’un épisode (contexte familial) mettant en scène ce que je me sens obligée de faire par loyauté envers mes parents, et ce que je ressens profondément en moi. D’où un tiraillement douloureux.. une déchirure !

Bon, ceci dit, j’ai compris le comment du pourquoi, je suis drôlement fortiche !! alors pourquoi la douleur ne disparaît pas ?

Eh bien parce que, comme me l’avait expliqué ma psy une fois, il y a tout un monde entre la compréhension intellectuelle et la prise de conscience. Le corps, lui, il en a rien à fiche de ce que lui raconte la tête, vu le nombre d’âneries qu’elle passe son temps à lui sortir depuis toujours et que c’est même à cause de ça qu’il est dans un tel état.

Prenons l’exemple de la violence, puisqu’il se trouve que c’est un contexte que j’ai connu vécu. Eh bien j’en ai toujours eu une compréhension intellectuelle. Je me rappelle de tout, j’ai bien intégré que enfant, j’ai été agressée physiquement par mon père, et d’une certaine façon, par ma mère (qui n’intervenait pas). Comme je vous l’ai déjà dit, j’ai cherché au travers de mon histoire familiale des explications à cette attitude parentale, et ô joie, j’en ai trouvé (puisque j’en cherchais). Tout ça m’a satisfait intellectuellement et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Alors pourquoi ces crises d’angoisse lorsque mes enfants (et petits-enfants) étaient petits (à partir de leurs deux ans, c’est-à-dire quand mon père a commencé à "s’occuper" de moi) ?? Pourquoi ces pathologies pulmonaires et cardiaque à répétition (ah mais oui c'est vrai, dans notre famille on est tous fragiles des poumons !!) ?? Et ma mère à chaque fois qui me disait " T'as toujours des maladies bizarres, comme c’est bizarre !" ..

Eh oui, mon intellect était satisfait, mais pas moi. Je n'ai jamais compris ce qu’essayait de me dire ma psy quant elle me bassinait avec sa "prise de conscience".

9782761920674Or, qu'est-ce que c'est que la prise de conscience ? eh bien c’est le fait de se reconnecter avec la violence subie (aglagla moi peur) au lieu de la regarder de loin comme je l’ai toujours fait (la petite Nad battue par son papa), ceci afin d’admettre que cette dernière a bel et bien été vécue et qu’elle n’appartient pas à qui que ce soit d’autre que soi-même.

J’ai aussi découvert grâce à ces livres, que moi qui me croyais la plus grande des coléreuses devant l’Éternel, eh bien c'est tout le contraire !!! je ne suis pas fichue d’exprimer mes colères !! La preuve, les crises de rage que je piquais il y a seulement encore quatre ans (chez nous toutes les portes sont dégondées), qui sont, non pas la marque saine d’une colère exprimée, mais la souffrance de toutes mes colères rentrées !! (bon, faut pas que je m’énerve, sinon je vais encore avoir bobo !)

Alors vous voyez les amis, comme on dit en Suisse : on n’est pas rendus !!

14 novembre 2011

caca prout

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Vous rappelez-vous vos Noël d’enfant ? chez nous, le mystère restait entier jusqu’à la dernière seconde. Oh bien sûr, on le "préparait", on en parlait, il fallait être particulièrement sages sinon il est évident que le Père Noël ne passerait pas. On confectionnait des décorations. Je me rappelle avoir fait et peint de petites étoiles, ça doit être un des rares trucs manuels que j’ai réussis, sans doute parce qu’il s’agissait de les dessiner d’abord ;-)

La veille du jour J, c’était un réveillon de tous les diables, on le faisait souvent chez ma marraine où il y avait un garage attenant à la maison qui permettait de recevoir plus de monde, mais il est arrivé aussi qu’on le fasse chez mes parents, qui étroitesse du logement ou pas n’auraient pour rien au monde prétexté le manque de place pour ne pas réveillonner avec toute la famille. Comme je l’ai déjà dit, mes parents avaient le goût de la fête, qui entre nous soit dit, génère le goût de la vie.

D’ailleurs, enfant, à un âge où on n’arrive pas à bien formuler ce qu’on ressent avec des mots, j’éprouvais des émotions pour le moins paradoxales : un sentiment d’angoisse extrêmement invalidant, du fait de la violence de mon père à notre endroit (à ma sœur et moi), et en même temps un sentiment de bonheur, de "chaleur", à cause de ces réunions familiales régulières où l’amour et la joie dégoûlinaient.

Or donc, nous réveillonnions, et croyez-moi, ce n’était pas un vain mot ! la famille de mon père, qui "n’avait pas l’esprit de famille", comme on dit, a été vite mise au pas, vu que ma marraine les invitait (pourtant ils n’étaient pas de "sa" famille). Ce qui fait que ça a réveillé en eux des joies simples qu’ils croyaient avoir oubliées pour toujours, comme celle de danser.

Bon, comme d’hab, je vous ai fait une introduction qui part dans tous les sens. Je voulais juste dire que donc, chaque matin du 25 décembre, on découvrait au pied du sapin de Noël un décor de conte de fée, un étalage de cadeaux qui occupait la moitié de la salle à manger – bon, OK, elle était petite, mais quand même ! on recevait des choses qu’on avait attendues et espérées toute l’année, voire plusieurs années de suite – mon premier électrophone, le livret de Roméo et Juliette de Shakespeare (ben quoi, j’ai toujours été fleur bleue !), le 45 tours de Peter Holm ("Monia"). Je me rappelle aussi de nos poupées Bella, pour lesquelles Maman, le Noël suivant, avait tricoté elle-même toute une garde-robe. Enfin quand je dis Maman, je parle du Père Noël, bien sûr !!!

Noël était vraiment LA fête de l’année, la plus belle. Du reste, pour Pâques je me rappelle aussi des œufs durs qu’on peignait mais par contre pas du tout de nos anniversaires. Nos parents les fêtaient-ils, en tout cas quand on était petits ?

Mais bon. Tout ça c’était avant.

Aujourd’hui, nous sommes en novembre 2011. Vous pénétrez dans un grand magasin dans le but innocent de faire trois-quatre emplettes, que déjà le mois dernier, vous avez eu bien du mal à localiser au milieu des citrouilles et autres masques d’horreur d’Halloween. Or donc, vous entrez sans vous méfier. Et là, que découvrent vos yeux ébahis ? (on n’est même pas encore en décembre, je vous rappelle) : une orgie de peluches géantes, une avalanche de jouets, un Himalaya de petites voitures qu’immédiatement, chacun de vos trois petits-fils fourrent dans leurs poches dans le but bien précis de repartir avec. Vous négociez qu’ils les reposent, moyennant un passage rapide aux rayons jouets. Là, vous découvrez que vous n’êtes pas les seules à vous être faits avoir (ouf !). D’autres enfants, bloc-notes en main, sont en train de lister tout ce qu’ils veulent pour Noël, avec les prix. Leurs parents les suivent avec sur le visage un air blasé de martyres.

PB123903rSoudain, le plus jeune de vos petits-fils tombe en arrêt devant une "Cars" deux fois plus grande que lui. Le souffle lui manque devant tant de beauté. Il entreprend de la déloger de son étagère, mais vu la taille du carton géant, il y a lutte acharnée. Enfin, la voiture convoitée est entre ses bras ; enfin, façon de parler : elle le dépasse d’une taille. C’est pas ça qui l’arrête : puisqu’il ne peut pas porter le carton, il se met à le pousser en clamant "caca prout" (ses frères lui ont assuré que lorsqu’on veut quelque chose, ça se dit "caca prout"). Votre fille cadette se penche vers son petit dernier, et avec une patience admirable, lui explique que nous sommes venus acheter à manger, que pour ce qui concerne les jouets elle comprend combien cela est frustrant, elle compatit, mais que néanmoins ça ne la concerne pas, c’est au Père Noël qu’il faut s’adresser et qu’on ne peut pas le joindre avant un bon mois. Le petit semble se calmer. Mais dès que sa mère a le dos tourné, il se saisit d’une Cars moins volumineuse et la colle dans sa poussette, s’asseyant dessus pour la dissimuler. Las ! comme il fallait s’y attendre, ça sonne au passage en caisse. Alors là, je ne sais pas si je vais réussir à décrire correctement ce qui s’ensuit, tant l’événement fend le cœur. Je vais quand même essayer. La caissière se saisit de l’objet du délit ; l’enfant mû par une souffrance sans nom, jaillit de sa poussette comme un ressort et disparaît en courant, immédiatement suivi de ma fille et moi-même, complètement affolées. Rapidement, nous localisons le petit garçon agenouillé devant sa Cars et hurlant à la mort Cacaaaaaaaacaa prout Caaaaars ! pendant que ses grands frères, qui manquent cruellement de compassion, se bidonnent comme des fous. Le spectacle est d’autant plus insolite saisissant que ce petit garçon de 4 ans, agenouillé, a une superbe tonsure sur le dessus de la tête, façon "Chaussée aux Moines" depuis que ses frères lui ont joyeusement coupé les cheveux sous le prétexte que c’est lui le chouchou.

Eh oui mes chers amis, voici la triste réalité : la plus belle fête de l'année est devenue un moyen sûr de martyriser à l'infini de pauvres enfants qui ne nous ont rien fait..

19 octobre 2011

éléphante de mer

bon alors, vous avez le petit-fils compatissant

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et vous avez celui qui voit le bon côté des choses

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Pour ma part, après une période d'euphorie bien compréhensible lorsque j'ai commencé à prendre un anti-dépresseur, chose pour laquelle mon médecin me harcelait depuis des mois et des mois - bon, il n'avait pas tort, j'étais vraiment dans le 36e dessous, je n'avais même plus envie d'aller à la piscine, c'est dire ! Bref, ce foutu médoc marche très bien puisque mon "moral" est remonté en flèche. Seulement voilà, mon poids aussi. Et ce n'est pas de la "coquetterie" mal placée, j'ai grossi de 10 kgs en 8 mois, autant dire un scoop. J'ai un ventre de femme enceinte, des jambes (et les jambes) une tête (alouette !)..

Bilan mon moral redescend aussi vite qu'il était remonté.

Et puis il y a un autre truc : je ne ressens plus rien. Bon évidemment, les trucs qui me font plaisir, me font encore plaisir, c'est quasi inné. Mais les trucs qui me bouleversaient ya pas si longtemps me contrarient tout juste. Je suis devenue FROIDE, complètement insensible.

Pour vous dire le changement radical, je vous narre une scène d'avant. Un jour, j'attendais un paquet de ma soeur qui tardait à venir (je parle du paquet of course) (ma soeur, elle ne veut plus venir, elle prétend qu'on ne peut pas respirer en région parisienne tellement l'air est pollué). Comme j'étais trop impatiente, je guettais donc le facteur qui ne passe jamais à la même heure, d'où un certain énervement bien compréhensible. Jusqu'à ce qu'enfin, je le vois arriver en flânant (eh oui, Monsieur FLÂNAIT !). Je me jette sur lui pour fouiller dans son sac, dans l'espoir d'y trouver le papillon merveilleux qui m'annoncerait qu'un paquet m'attendait à la poste. Le pauvre homme a un mouvement de recul (je ne suis pas loin de penser qu'il a cru avoir affaire à une évadée de l'asile). En plus, c'était le moment où j'avais décidé de refaire mes fenêtres, je portais un jogging infâme constellé de peinture blanche écaillée, et mes cheveux comme à leur habitude vivaient leur vie en tiges raides indépendantes les unes des autres.

Quand mon facteur réussit à m'expliquer que ce n'était pas lui qui distribuait les paquets, je l'aidai à ramasser les lettres que j'avais fait voler sur le chemin. Tandis que j'essayais de le convaincre qu'en temps normal j'étais quelqu'un d'extrêmement rationnel (oui, bon, OK, les avis sont très partagés sur la question), il se contenta d'hocher la tête et de s'éloigner de moi à reculons..

Tout cela pour dire que je suis la première surprise de ne plus rien ressentir avec acuité (là encore, je me doute que les avis seront partagés sur la question), mais du coup, je me re-déprime. Avant, c'est parce que je ressentais trop (au point de me saoûler toute seule), maintenant c'est parce que je ne ressens plus.

Bref, je suis en train de me demander si cet anti-dépresseur n'est pas une arnaque. Personne ne m'avait dit que je ne ressentirai plus rien. En même temps, je reconnais qu'au moment où je me suis enfin décidée à le prendre - et comme je vous l'ai dit plus haut, après un combat acharné de mon généraliste qui ne voyait pas d'autre solution, je reconnais, disais-je, qu'il n'y avait sans doute pas d'autre choix, tant je me sentais malmal ôôô si mal.

Voilà, donc je pense de plus en plus à m'en sevrer. Mon toubib va pas être content, selon lui faut le prendre au moins un an. Le temps pour moi de devenir une éléphante de mer quoi ..


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8 octobre 2011

le cadeau de ma soeurette pour mon anniv

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kesskecèèè ??? kesskecèèèè ???

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glips, un tic tac ..

c'est pas une bombe au moins ?

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oh joie, du polystyrène !! je vais le garder pour mes petits-fils !!

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bon alors, voyons les instructions de déballage :

soulever le polystyrène pour voir ce qui est caché dessous..

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j'ai encore fait mumuse avec le site de montage photos que je viens de découvrir..

c'est légèrement raté, m'enfin bref !

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damned ! diantre ! bigre !

que vois-je ? que découvre-je ??

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une montre pour myope !

quelle bonne idée !!!!

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bon alors là le montage c'est du grand n'importe nawak !

i'disent qu'ils font les recadrages automatiquement,

alors on peut savoir où est passée ma tête ??

(au fait Brie t'as vu mes cheveux marron glacé?)

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et voilà le travail !

Merci soeurette !!!!

4 octobre 2011

Androgynoïde

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L’autre jour je suis tombée tout à fait par hasard sur une émission parlant des femmes dites "en surpoids".  Déjà, je n’aime pas le mot "surpoids". S’il existe des gens en surpoids, ça veut dire qu’il y a des gens en poids. Avouez que ça ne veut rien dire. Surtout quand on se rappelle qu’au XIXe et XXe siècle, les femmes dites "en surpoids" étaient très appréciées et celles qui sont en poids aujourd’hui auraient été en "sous-poids".

Enfin passons.

De cette émission que je n’ai regardée que quelques instants, je garde le souvenir d’une femme d’une centaine de kilos qui disait qu’elle adorait son corps. Elle adorait ses seins, elle adorait ses fesses, et ses jambes, tout cela bien ronds il va de soi, et j’avoue que du fait, je l’ai trouvée belle. Elle se sentait bien dans son corps, elle l’écoutait (elle disait : si mon corps a faim je lui donne à manger – et elle se ruait sur toutes les glaces et pâtisseries qu'elle trouvait sur son passage).

Seulement voilà, ya des femmes comme vous et moi qui ne pesons pas 100 kgs, qui avons ou avons eu la taille super fine et pas de bedon. Vous voyez où je veux en venir. Est-on censées adorer ces bourrelets nouveaux et leur donner à manger quand ils ont faim ? car en plus, non contents d’être indésirables, ils sont exigeants. Je ne sais pas pour vous, mais moi, c’est nouveau, ça vient de sortir, j’ai tout le temps faim. Une horreur. Ceci expliquant sans doute cela.

Seulement voilà, chaque fois que j’en ai parlé à mon docteur qui me connaît pourtant depuis ma plus tendre jeunesse, je me heurte à un mur d’incompréhension. "Vous êtes parfaite", me dit-il, "c’est dans votre tête !" (tu parles, si les kilos qu’on prend étaient dans la tête ça se saurait) "Il va falloir que vous arrêtiez de faire une fixation sur votre poids ! Détendez-vous, que diable ! ".

Me détendre ! personne ne lui a appris à la fac de médecine ce que ça peut faire à une pauvre vieille grosse patiente tendue qu’elle doit "se détendre"????

- Le problème, voyez-vous docteur, c’est que je ne peux pas me détendre. C’est simple, je ne pense plus qu’à ça. Ne me dites pas que ça va passer à condition que je n’y pense plus parce que je suis incapable de ne plus y penser.

- Allons Madame Neige, une femme comme vous, si intelligente, ne peut pas se ronger les sangs pour trois kilos de rien du tout !

- Trois kilos ??? si c’était que trois kilos je ne serais pas là ! j’en ai pris dix !!!!!!

- Oui, bon, trois, dix, on va pas en faire un fromage, ça saute pas aux yeux quand on vous regarde ! sortez, allez nager, et faites-moi le plaisir d’arrêter de faire une fixation là-dessus !

Arrêter de faire une fixation là-dessus ? qu’est-ce qu’il raconte ? il écoute rien de ce que je dis ou quoi ?

- Vous permettez que je me pèse tout de même ?

- mais oui mais oui mon petit.. me fait-il comme s'il s'adressait à une demeurée.

Je monte sur la balance les yeux fermés. Lorsque je les rouvre le docteur est devant son écran d’ordi et me dit :

- vous voyez ? hein ? qu’est-ce que je vous disais ?

- je ne vois rien du tout ! qu’est-ce que vous voulez que je vois à cette distance ? je suis myope je vous rappelle !

- eh bien c’est écrit en gros : NORMAL. IMC : 22. NORMAL !

- Les 22 sont tous en dessous de la ceinture oui !

- Ah vous me faites rire vous les femmes !

- Parce qu’en plus ça vous fait rire ?

- Mais oui ! asseyez-vous, je vais vous expliquer  (puis, s’enfonçant dans son fauteuil, d'un ton docte) la Nature, voyez-vous, est faite pour que les femmes stockent plus de graisses que les hommes, car ce sont elles qui perpétuent l’espèce. Autrement dit, la Nature leur donne la capacité de constituer suffisamment de réserves en cas de grossesse et d’allaitement. Notre mode de vie a changé, mais il n’en reste pas moins que les cellules sont programmées dans ce sens depuis des milliers d'années. C’est ça qui explique que les femmes grossissent surtout des hanches et des cuisses, ce qu’on appelle une silhouette de type gynoïde. Les hommes, eux, prennent du ventre, ce qu’on appelle une silhouette de type androïde.

- Et quand on est à la fois gynoïde et androïde ça s’appelle comment ??

- Mais vous voulez quoi ? que je vous dise de vous faire lipposucer ? vous savez le nombre de fois où c’est pire après ?? Ecoutez, pratiquement toutes les femmes ménopausées prennent du poids ! c’est comme ça !

- Ah super. Je vous remercie de me rappeler que je suis vieille en plus d’être grosse ..

- vous n’êtes pas vieille, vous êtes ménopausée. Il faut accepter votre âge, bon sang !

- Quoi mon âge ? qu’est-ce qu’il a mon âge ?

- Bon, continuez d’aller nager et marchez deux fois plus. Vous verrez que tout va s’arranger..

- Ah ça j’en doute pas, vous m’avez tellement remonté le moral que je vais aller me noyer direct.

En rentrant à la maison j’étais dans un tel état que ma colère contre le docteur s’était muée en rancoeur contre la gent masculine en général. Décidément, ces êtres abjects ne comprennent rien aux drames féminins !

Du coup, quand j’entends samedi matin à ma porte d’entrée le toctoc que je suppute être celui de mon livreur habituel, j'ouvre de fort mauvaise grâce, tant mon médecin m’a contrariée. Je me retrouve face à face avec un gros carton d’où émerge par le dessus une casquette de la poste.

Le livreur penche la tête sur le côté, et voyant ma bobine renfrognée me dit d’une petite voix timide: "Madame Neige, pardon mille fois de toquer à votre porte, j'espère que je ne vous dérange pas, acceptez mes plus plates excuses, mais .. heu, voilà, heu, voilà, .. j’ai un paquet pour vous."

En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire ma furie se transforme en une joie éclatante. Même si je connais le contenu, vu que je l’ai moi-même commandé  à ma p’tite sœur pour un de mes petits-fils, j’estime que je mérite bien un cadeau de réconfort vu ce que j’endure depuis des mois !! Je me mets à danser à travers toute la salle telle une gazelle décoiffée, en chantant "il était un petit cado-o-O il était un petit cado-o-O qui n'était pas encore déballé qui n'était pas encore déballé O-É O-ÉÉÉ !!!".

Alors voyons.

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dépeçons, dépeçons

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han ! han !

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(je vous rappelle que ma soeur est une pro du scotchage. S'il y avait une explosion nucléaire, il ne resterait rien, sauf les paquets scotchés par ma soeur).

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oh my God ! de la menthe fraîche !

c'est ça qui sent si bon !!!!

(j'en profite pour vous donner des détails de ce que vous voyez sur la photo : alors à gauche, le matelas sur lequel dorment mes petits-fils, que je coince (je parle du matelas) d'un côté de mon lit. A droite je mets l'autre matelas (celui que vous apercevez dans le fond, derrière l'ordi) pour le plus jeune. Une fois que tout ça est fait, on ne peut plus bouger dans ma chambre.

Derrière moi, ma superbe porte-fenêtre dépeinturée. J'ai décidé de lui laisser vivre sa vie depuis que je me suis chopé un lumbago.)

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prêts les amis ????

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attention .. tadadaaaaaaaaaaaam !!!!!!!!!

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et voilà le travail !!!

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un magnifique petit tabouret

(unique au monde puisqu'il sent la menthe)

qui va avec un bureau qui ne devrait pas tarder à arriver !

Elle est pas belle la vie ??

PS alors, faut que je vous explique que ça tombait trop bien, vu que justement, mes enfants sont venus dimanche. Le petit-fils destinataire du cadeau était fou de joie. Bon, le seul problème, c'est qu'il n'avait pas compris que le tabouret restait chez moi (faute de place chez ses parents). Il l'avait posé soigneusement à une distance raisonnable de la porte d'entrée (ou en l'occurence de la porte de sortie), de façon à être prêt à l'emmener à l'heure des adieux. Adieux qui furent déchirants, et passablement bruyants, lorsqu'il s'est agi de l'arracher au tabouret, qu'il ne voulait pas lâcher. Il a fallu le lui enlever de force et aller l'enfermer à clé (je parle du tabouret).

13 septembre 2011

Garde d'Or

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Un jour, des villageois francs aperçurent sur la mer un drakkar qui filait sur eux à toute allure. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, ceux qu’on appelait encore les Vikings accostèrent sur la rive, non pas armés de haches, comme on a voulu le faire croire (celles-ci n’étant utilisées que par les pauvres, et pour couper le bois), mais de longues épées à double tranchant à qui ils donnaient un petit nom mignon comme "Mord-la-jambe" ou "Garde d’or". Ces épées tout comme leurs autres armes (lance, javelot) étaient pour eux des armes d’Odin : elles touchaient toujours leur cible.

Ceci dit, leurs armes c’était pour le décorum on va dire, parce qu’avec leur 1m72 (au bas mot) grâce à un régime hyper-protéiné, contre 1,60 chez leurs adversaires, ils excellaient au corps à corps, et n’avaient pas franchement besoin de leurs épées.

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Ainsi, pour la première fois, l’ennemi ne venait pas à pied mais de la terrifiante mer. Pour la première fois, les envahisseurs n’étaient pas des hommes avançant lentement vers leur destinée avec leur bétail, leurs enfants, leurs femmes et leurs lourds chariots, mais des bêtes féroces tapies dans les zones marécageuses attendant le meilleur moment pour semer le désespoir dans des attaques terrifiantes visant Dieu, ses serviteurs et ses maisons. Car les Vikings cultivaient l’art de se rendre positivement effrayants : non seulement ils étaient immenses, leur épaisse chevelure volant au vent, mais ils surgissaient par surprise, dans un silence absolu, et seulement alors, s’abattaient sur leurs proies avec des bruits terrifiants, agitant leur carquois, poussant des cris de bête, dont ils portaient d’ailleurs la peau sur leur beau corps nu (des peaux d’ours), atteignant ainsi un stade de folie furieuse à rouler des yeux et à mordre les boucliers de leurs adversaires, l’écume au bord des lèvres.

Les Francs, qui comme l’on sait était un peuple extrêmement civilisé, furent donc immédiatement complètement terrifiés. Faut dire qu’avec un souverain aussi profondément religieux que Charlemagne, comment auraient-ils pu être préparés à ce genre de truc de ouf ?

Charlemagne en effet, convaincu qu’il était que Dieu lui avait confié la tâche d’évangéliser tous les barbares de France et de Pétaouchnok, avait, avec ses Francs, décapité en 782 quatre mille cinq cent gens du nord qui ont dans les yeux le bleu qui manque à leur décor, et déporté 12000 de leurs femmes et enfants qui refusaient le baptême.

Comme nous le rapporte un témoin de l’époque : "Missoum par échangeoum culturoum, paroloum et époum" ("La Mission par échanges culturels, puis par la parole, puis par l’épée").

Cela avait super contrarié Godfred, le roi viking, et c’est comme ça que lui et sa horde avaient un jour décidé d’aller revoir ma Normandie.

Pendant que ces événements fâcheux avaient lieu dans cette partie de Gaule franque qu’on appelait encore la Basse-Neustrie, les femmes vikings, comme d’hab, se tapaient tout le boulot, enfin les concubines, parce que pour ce qui était de la femme en chef, elle avait une place privilégiée.

Que je vous narre la chose par le menu : en fait, pour nos ancêtres les Vikings, il n’y avait que deux saisons : l’été et l’hiver. L’été, on allait guerroyer et jouer à la bataille navale, mais quand l’hiver arrivait, que les récoltes étaient rentrées, le foin coupé, le poisson séché et la bière brassée, les hommes commençaient à se languir et c’est comme ça qu’ils eurent l’idée de se fiancer pour occuper leurs longues soirées d’hiver.

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Le mariage avait lieu l’année suivante, enfin l’hiver suivant, pour les mêmes raisons qu’expliquées ci-dessus. Il y avait la cérémonie du bain de la mariée, avec les demoiselles d’honneur, après que les cheveux de la future eussent été relevés et attachés avec un ruban ou un bijou.

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Ensuite, toute parée elle attachait à sa ceinture les clés de la maison et du coffre car c’est cette première épouse qui devenait la Húsfreyja : la Maîtresse de Maison.

Muni du marteau de Thor, le chef de clan présidait la cérémonie en appelant sur les époux le bonheur et la paix par une offrande à Freya, la déesse de l’Amour et de la Sensualité, et à son frère jumeau Freyr, le dieu de la Vie, du Plaisir et de la Fertilité. 

S’ensuivait un joyeux banquet, convivial en diable, pendant lequel on se jurait de ne pas tenir compte des obscén propos qui seraient échangés une fois que l’on serait bien ivre. Des toasts étaient portés aux dieux et aux grands Ancêtres, et ces ripailles se reproduisaient hiver après hiver, puisque les Vikings avaient la bonne idée d’être polygames.

C’est pour ça que, comme les hommes s’en allaient tout l’été, la húsfreyja, contrairement à ses sœurs franques et romaines, jouissait d’un prestige évident, puisque c’était elle la chef dès que son époux avait le dos tourné. Elle faisait par exemple broder par les concubines les belles aubes blanches que les Francs refilaient aux Vikings qui acceptaient de se faire baptiser (yen a même qui se faisaient baptiser plusieurs fois pour en avoir plein et comme ça elles en faisaient des belles tenues de fête). Faut dire que yavait déjà tellement de dieux dans leur Panthéon, alors un de plus, un de moins .. bon ceci dit, ça a commencé à être vraiment intéressant pour eux lorsque, en échange du baptême, ils ont reçu non pas une vulgaire robe pour les femmes de leur harem mais le territoire qui allait devenir la Normandie, étymologiquement le pays (-ie) des gens du nord (Normand-). 

Et c’est comme ça, mes chers amis,

que même de pure souche franque, on se retrouve

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avec une soeur

Brie

grande et blonde..

 

NB : en réalité, le terme drakkar dont on désigne les navires vikings depuis le XIXe siècle viendrait du suédois drakar, lui-même de l’ancien nordique dreki qui signifie "dragon", donc en fait les figures sculptées à la proue et non pas les navires eux-mêmes. (S’il y a un ou une Suédois(e) dans la salle, je veux bien des précisions.)

Or donc, les termes appropriés pour désigner les bateaux normands seraient langship pour un navire de guerre, et kaupship pour un navire de commerce.

31 août 2011

concentration

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Il m’arrive parfois de nager en osmose parfaite avec l’élément eau. Cela n’a rien à voir avec rien : même s’il y a plein de jeunes dans la piscine, et par conséquent plein de bruit, même s’il fait froid, je nage, dans un état de quiétude et de sérénité quasi irréel. Je suis dans l’eau, je suis dans les mouvements qui me portent, je ne sens plus mon corps, je suis bien, je suis là.

Mais la plupart du temps, ça ne se passe pas du tout comme ça. Parce que la plupart du temps, je pense.

Je pense à ce que j’ai fait avant, à ce que je vais faire après. Je pense à mes amis, à ceux qui me font du bien, à ceux qui ont des soucis. Je pense à ma vie, je pense à mon fils. Bref ! Je pense, donc je ne suis pas. Je nage sans nager. Je ne suis plus dans l’élément eau, je suis dans mes pensées.

Pour l’instant, le seul truc que j’ai trouvé pour essayer d’arrêter de penser, c’est de répéter quelques mots aux syllabes courtes, les répéter inlassablement comme un mantra. Si je me fixe suffisamment sur ces mots, j’arrive à revenir à ce que je fais (nager).

Mais le bien-être n’est pas le même.

Evidemment, je pourrais aussi comme ma sœur me l’a suggéré tenter une petite séance de rigolothérapie. J’imagine bien l’effet de mes éclats de rire qui résonneraient dans toute la piscine .. ça serait d’un chic ! bon ceci dit c’est arrivé une fois. Enfin, pas des éclats de rire, mais un anniversaire. Je nageais tranquillement, avec concentration (comme tout ce que je fais n’est-ce pas) quand j’entends soudain : "joyeux anni-ver-sèèèèèèèèèèèèèèère !" 

Dans une piscine ça surprend ! l’air a été repris par tous et a résonné dans toute la piscine ! c’était bôôôo ! c’était chouette !

Mais bon, ya pas toujours des anniversaires pour vous distraire de vos pensées ..

Vous, vous faites comment pour penser à rien ?

PS J’ai bien conscience que je mets ma vie en péril à dévoiler ainsi cette part intime de ma cervelle. Quand Clo va lire ça, sûr qu’elle va me fusiller, avec le mal qu'elle s'est donné pour m’apprendre à penser à rien ..

29 juillet 2011

la cabane de ma soeur

 

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Cette semaine, je suis allée voir ma fille à son nouveau travail. Oui, parce que finalement, elle a décidé de mettre fin à son année sabbatique de Grande Comédienne Mondialement Connue.

Nous déjeunions en devisant gaiement (et fort discrètement) (au grand dam de mon fils qui faisait celui qu’était pas avec nous, se cachant le visage contre l’épaule du cadet de mes petits-fils qui était là aussi), lorsque ma grande, dans une envolée lyrique digne de Shakespeare, d’un seul coup s’exclame en faisant des moulinets avec ses bras :

"tu sais quoi, Môman ?? mon Doudou (c’est son chat) ben i’me faisait la tête !!! et je savais pas pourquoi !! il était pas comme d'habitude (genre je me suis levé de la patte gauche, tu vois), quand je m'approchais de lui pour lui faire un câlin, ben il se barrait ! quand il était sur son arbre à chat il me tournait le dos !!! et en fait j’ai fini par comprendre ! j'avais oublié depuis quinze jours de lui rendre sa couverture qu'il tête quotidiennement ! du coup je lui ai rendue, t’aurais vu comment il s’est jeté dessus ! et que je te la tète pendant une heure, et que je ronronne, et que les poils volent partout !! enfin bref j'ai retrouvé mon Doudou !!"

Eh oui mes chers amis, un animal de compagnie finit toujours par s’enticher de n’importe quoi, comme le Doudou de Didine et son doudou.

Et encore ! faut pas qu'on se plaigne ! vous imaginez, si nos Doudous étaient doués de la parole ?

Tenez, un exemple tout bête. Au lieu d'avoir un chat, vous avez une petite-fille, comme ma soeur.

Ben à votre avis, qu'est-ce qu'elle vous réclame, votre petite-fille ? hein ?? vous croyez qu'elle va vous demander un doudou, comme Doudou ??

Bah pas du tout !!

Votre petite-fille, elle vous regarde droit dans les yeux,

 

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et elle vous fait :

 

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mèèèèèèèèè-zon ..

mèèèèèèèè-zon..

 

 

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(cabane entièrement réalisée par ma soeur pour sa petite-fille)

12 mai 2011

la rééquilibration des vertus

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J’ai envie de dire : si vous êtes friand de créations manuelles en tout genre, je vous déconseillerai direct de vous adresser à moi. Par contre, à mon humble avis, Dieu existe, sinon comment expliquer que par mesure de rééquilibration des vertus il ait mis dans la même famille une nana aux doigts d’or (ma sœur) et aux cheveux itou (encore que les cheveux soient d’une utilité toute relative dans la confection de mobilier d’intérieur) ?

Or donc, à l’heure où le soleil rosit, mon livreur chou toctoque at my door (par la force des choses on est devenus super intimes, vu qu’il se pointe toujours au cours de mes ablutions matinales) pour m’apporter, je vous le donne en mille : le plateau-à-pieds-pliants-motifs-personnalisés réclamé par ma cadette lorsqu’elle était tombée par le plus grand des hasards sur le plateau destiné à sa grande soeur.

Vous allez me dire, bon, ya vraiment de l’injustice !!! yen a qu’ont tous les dons alors que les autres, que couic. Je vous arrête derechef.

Que je vous narre les circonstances qui ont fait naître chez ma soeur le gène du bricolage.

Ya un certain nombre d’années, Brie tenait avec son cher et tendre un café-restau qui ne l’occupait que quinze heures par jour. C’est vous dire si l’ennui la tenaillait. En plus de ça, ça faisait quand même bien .. oh oui, je dirais bien DEUX ANS qu’elle avait pas déménagé (la déménagite est déconseillée quand on tient un commerce) si bien que pour contrer sa nature profonde, à défaut de se bouger elle bougeait régulièrement tous ses meubles. C’est comme ça qu’un de ses jours de congé, profitant que sa moitié était parti(e) à la pêche, elle se met à tout chambouler : et que je te réorganise le bar du restau, et que je te déménage la machine à glace et tant qu’à faire le p’tit frigo qu’est au cellier.. sa frénésie de bougement de meubles est telle qu'elle se dit qu’elle va en profiter pour faire du grand ménage, et se saisissant du robinet du bar avec une douceur qu’elle tient de famille et qui a largement fait ses preuves depuis, vlà que le robi lui reste dans la main !!! ma frangine, paniquée, essaie de remettre ce p.. de robinet en place, impossible !!!!!!! et l’eau coulait, coulait, coulait .. faut vous dire qu’à l’époque, elle bricolait pas ma sœur (je vous rappelle qu’elle est secrétaire de direction, à la base), et elle ne savait pas quoi faire (à part s’arracher ses magnifiques cheveux blonds fortifiés au jaune d’oeuf). Elle se précipite donc sur le téléphone et appelle le Maire, la grande (et seule) sommité du petit village cévennol où elle habitait. Seulement voilà, c’est pas tous les jours qu’on appelle un maire de village cévenol pour résoudre un problème de plomberie. A vrai dire, de tout son mandat, c’était bien la première fois qu’il était confronté à ce genre de situation, si bien que la sommité assommée s’en réfère à son adjoint, lequel après avoir bien étudié le pour et le contre explique à ma frangine qu’il faut qu’elle coupe l’eau. Franchement, c’est là qu’on voit comme le cerveau de nana est un pur fêtu de paille comparé à celui de l’Homme. Bref. Ma sœur s’arme du seul outillage dont elle dispose à l’époque (un marteau et une lime à bois) et s’essaie aussitôt à soulever la dalle super lourde qui abrite le robinet d’arrivée d’eau.. elle y arrive pas (tu m’étonnes !) mais heureusement, l’adjoint a la super idée de monter son blanc destrier pour venir voir où en sont les choses.

Mouillées. Et même très mouillées, puisque tout est inondé. En plus, les plombs ont sauté. Devant l’état délabré des éléments et de ma frangine, l’adjoint se jette aux pieds de Brie dans le but on ne peut plus louable de soulever la dalle pour qu’elle puisse fermer son robinet. Ah, on a beau dire, les hommes !!! qu’est-ce qu’on deviendrait sans eux ??!!

Encore que.

Là-dessus, mon beauf se pointe (il revenait de sa pêche).

"Ben t'es drôlement échevelée !!" geint-il à sa moitié en voyant les cheveux de Brie dressés tout autour de sa tête comme des rayons de soleil, " en plus tu pisses le sang !! t'en mets partout !!!! et c’est quoi ce souk ? ya eu un tsunami ici ?"

"Ben figure-toi.." commence la chair de ma mère en lui narrant ce qui précède tout en tenant un torchon contre sa main blessée pour éponger le sang.

Alors Fred, de conclure : 

c'est dingue ça !!!!!!!!! je peux pas te laisser cinq minutes toute seule sans que tu mettes tout à feu et à sang !!!!!!!!!!

29 mars 2011

mission impossible

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Ya un truc que j'adore positivement chez ma soeur, c'est que rien, quasi rien ne lui semble impossible ! 

Lorsqu'à la maison, le super plateau de Brie ma fille avait vu, elle s'était exclamé d'un ton poignant :"Oooooh !! qu'il est bôôôôôôô !!!!!!!!! jveux l'même !!!!!!!!!!! heu, mais avec des pieds pliants, parce que moi je déjeune au lit !"

J'en avais fait part à Brie, me disant je l'avoue que c'était genre mission impossible. Des pieds pliants ! et pourquoi pas marchants pendant qu'on y est ?

Eh ben si !!!!!!!! Brie l'a fait ! tout comme ma fille voulait ! (le plateau en question ayant fait escale chez moi, mon autre fille l'a vu dimanche et s'est exclamé : "Oooooooh !! qu'il est bôôôôôôô !!!!!!!!!!" (etc etc) (heureusement pour ma soeur, j'ai que deux filles ;-))

Bon alors donc, je vous montre le chef-d'oeuvre :

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oui parce qu'en fait, c'était pour l'anniv de ma grande (septembre). Seulement ma soeur, à peine on lui demande qq chose que c'est déjà fait (ça aussi, j'adore). Elle me l'a donc envoyé direct, et elle s'imaginait qd mm pas que j'allais regarder le paquet pendant six mois sans l'ouvrir ????????

Bon mais comme disait Brie à une de ses visiteuses, tout le monde ne connait peut-être pas le OM .. (ॐ)

Eh oui, ma soeur et moi avons une très nette tendance à la zénitude (oui, c'est un gêne familial rare, excusivement féminin et sororal) mais bon, tout le monde n'a pas cette chance ..

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Ambre sur fond de ॐ  

Ça nous a pris toutes jeunettes, avec la rencontre de grands maîtres zen aux noms prédestinés, puisque le premier se faisait appeler Dôm et le second Jésus, en tout cas je crois que c'est par eux que j'ai entendu parler du OM pour la première fois, même si je suis pas sûre que j'en saisissais toute la portée. Par contre je saisissais du fil et une aiguille pour les broder au bas de mes pantalons (les OM, pas les maîtres), c'est dire si j'étais motivée, parce que depuis on ne m'y a pas reprise, ahaha bonjour le jeu de mots.

Pour ma vingt-septième année, j'me suis dit comme ça que vu mon grand âge, il était temps de dégommer les monceaux de spiritualité qui sommeillaient en moi, et je m'étais lancée (au sens propre) dans le yoga (à vrai dire, au départ, je confondais le yoga et le Kama-Sutra, et quand je m'y étais inscrite, c'était dans l'espoir d'y apprendre toutes les positions du tagada) (enfin passons).

Oui alors donc, je vous narre la chose.

J'ai commencé mes cours de yoga avec un prof qu'était le plus bel homme du monde, un truc à peine tu le regardes tu décides de te fiancer, même que t'en oublie que t'es déjà mariée. C'est vous dire si j'ai débuté la chose dans des bonnes conditions de concentration. Je le gobais des yeux et des oreilles, et quand il venait vers moi en faisant son Om du bout de ses lèvres sensuelles, je le trouvais tellement canon que c'était à se demander s'il n'allait pas tirer. Enfin, c'est une image, bien sûr ..

Oui or donc, c'est de cette bouche torride que j'appris que le OM venait de rien mais que tout venait du OM. Une version himalayenne du E=MC2, en quelque sorte, puisque M, la matière, càd tous les êtres matériels, vivants, tous les textes (sacrés ou non), toute chose, tout atome, tout at-Om,  provient de E, l'énergie, la vibration primordiale symbolisée par OM. C'est comme le son du gong qui graduellement se fond dans le silence, disait mon prof en fermant ses magnifiques yeux de braise. Il commence par A, profond dans la gorge. Ensuite vient une gamme complète de tous les sons qui peuvent être émis par chacun de nous et qui symboliquement est représenté par la lettre U. Finalement la bouche se ferme et Om est complété par le son nasal M. Le moyen le plus puissant de prononcer ce mot sacré est de le faire d’une façon inaudible dans sa tête, ajoutait-il encore. Or ça, je le faisais particulièrement bien tellement ça me mettait en transe d'écouter sa chaude et virile voix.

Et c'est comme ça que chui devenue la super pro en zénitude que vous connaissez aujourd'hui ..

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21 février 2011

La vraie vie

P2030050

Ma p’tite bedoume. Ça m’est revenue d’un seul coup : ma Marraine m’appelait "ma p’tite bedoume" . Surprenant que dans ce blog élevé à la gloire de toutes les nounounes de Frince et de Québec ce terme n’avait encore jamais été mentionné (une bedoume, c’est une nounoune à la mode suisse).

À ma décharge, ayant été nourrie au lait chti-franco-suisse, je n’ai réalisé que j’utilisais des mots "pas français" que lorsqu’on a commencé à me dire des trucs comme : "rapercher ? routrouiller ??? bateuiller ?? kézako ? "

Ben la p’tite bedoume, elle commence à s’ennuyer de vous. Ben voui.

Oh bien sûr, on entend souvent : internet addiction, internet poison. Internet c’est de l’illusion, du vent, c’est pas la réalité. La vraie vie est ailleurs.

Taratata.

La vraie vie n’est pas ailleurs. En tout cas pas pour moi : c’est peut-être paradoxal, mais ma vraie vie, c’est ici qu’elle commence.

En fait, il y a cinq ans, quand ma sœur a commencé à m’en parler (puisque c’est elle qui m’a entraînée dans cette débauche, comme elle a toujours fait toute sa vie)(vous le savez, moi je suis super chaste et pure, mais mon drame c‘est d‘être trop influençable) - donc, quand ma sœur a commencé à me harceler pour que je fasse un blog, j‘étais en train de m’étioler dans une vie super cadrée, super rigide... une vie dont par exemple, la danse était exclue !!! Ô Papa, toi qui aimais tant danser, toi qui me portais dans ton univers aérien, léger, en sifflant de tout ton cœur, comme tu sifflais bien Papa au rythme de n’importe quelle musique ! Quand on aime danser on danse sur tout. Mon père était comme ça. Bah moi aussi. C’est pour ça que tout le monde se moquait quand je dansais sur du rap dans ma cuisine, ben tant pis !

Mais bon, le problème c’est que je m‘enfermais pas seulement pour danser ..

Et puis il y a eu l’écriture. Mon Dieu, l’écriture. On peut dire que ça, je vous le dois vraiment.

En fait, sur mes premiers blogs, je faisais de petits pas timides.. (et trébuchants. Vu comment j’étais pas douée pour les manips).

Je me demandais : hm ? Qu’écrire ? Que ne pas écrire ?..

Je ne savais pas encore qu’un blog ne dépend pas seulement de son auteur, qu‘il finit par avoir sa vie propre.. Pour peu qu’on lui permette de vivre, évidemment.

Or, pour lui permettre de vivre, ça vous l’avez fait vivre ! C’est vous qui m’avez encouragée, donné confiance en moi, et grâce à vous mon écriture a gonflé, toute fièrote !!! parfaitement : j'ai une écriture gonflante !

Oui donc, internet m’a permis de rencontrer des gens formidables : vous ! Certains d’entre vous m’avez fait l’immense privilège de venir jusqu’à Paris pour me voir (et vous avez bien fait, car je mérite le détour ;-))), et je vous en remercie encore, car c’est rien que du plaisir et du bonheur ces moments partagés avec vous, et surtout des moments de rigolade, et j‘espère bien qu‘il y en aura d‘autres !

Bon, je vais arrêter là ma séquence émotion, parce que ça va cinq minutes !

..pis comme dirait l'autre,

pour aller de l’avant,

faut savoir s’arrêter !

15 janvier 2011

L'esprit de famille

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Je viens de me faire taguer par ma sœur. C’est dans ces moments-là qu’on se dit : mon Dieu, merci. Que serais-je devenue si j’avais jamais eu de sœur ? Errerais-je toujours dans les abîmes du désespoir de ceux qui vivent sans connaître les vertus de la camomille au chocolat ? Eh bien, je sais que je vais vous faire mal, mais la réponse est oui.

Alors aujourd’hui, je dis : M E R C I.

Merci, Brie, d’avoir pensé à moi pour ce tag. Même si la vraie raison, c’est que t’as rien d’autre à faire que d’empoisonn taguer les copines (et accessoirement, ta frangine) parce que tu t'ennuies l'hiver.

Merci, merci, merci. Même si moi, je prends jamais de résolutions en début d’année, si ce n’est celle de ne jamais prendre de résolutions. Que veux-tu, j’ai déjà tout : je suis belle, intelligente, adulée et modeste. Et en plus, je t'ai comme sœur !!!!!!!!!!

Par contre, je fais des vœux. Le Vendredi Saint. C’est une de mes tantes (pas croyante, pourtant) qui m’avait parlé de ça quand j’étais petite.

Alors, je vous explique comment ça marche : ça se passe le vendredi avant Pâques. On fait trois vœux qu’on garde super secrets dans sa tête. C'est la condition pour que les vœux se réalisent d’ici la Pâques suivante.

Quand j'étais petite (enfin, moyenne), mon premier voeu c’était d’épouser mon superqualifragilicousin. Seulement, mon autre vœu était que mon père ne soit plus mon père mais mon oncle*(ou plutôt que mon oncle soit mon père), ce qui aurait fait de mon cousin mon frère. Je pense que c’est pour ça que finalement, le Gérant des Vœux du Vendredi Saint a empêché ce mariage. De toutes façons, je suis pas sûre que Papa aurait été d’accord pour céder sa place à son beau-frère et encore moins que ma Marraine aurait accepté de refiler son mari et son fils. Même à sa sœur. Ya des limites à l'esprit de famille.

Donc, l’un dans l’autre, on peut considérer que les choses ont été ce qu'elles ont été.

Ceci dit, je continue. À faire des vœux, veux-je dire.

Après tout, c’est comme un genre de bonnes résolutions, mais en vach'tement mieux : ya rien d'autre à faire qu'à attendre que ça se réalise !!!!

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(comme demandé dans le tag, j'illustre :

Ambre attendant que les bonnes résolutions lui tombent du ciel)

 

* mon oncle : cestui-ci.

Le plus marrant dans les tags, c'est de refiler le bébé .. alors.. je désigne les coupines suivantes (pour les consignes, voir ici)...

* Sylvie !

* Marie !

* Mifa ! (j't'ai vue, sors de ta cachette)

* Mamalilou !

Vous m'aimez hein ?? hein que vous m'aimez ???????

29 décembre 2010

la relève

Lorsque le cadeau de Noël de ma soeurette est arrivé, mes petits-fils occupaient les lieux depuis une semaine déjà. C’était un matin, il m’en souvient : les garçons et l‘auteure de leurs jours étaient attablés devant un bol ruisselant de céréales, et tandis que je m’étais mise en demeure de déballer mon paquet, tout ce petit monde jetait vers moi des regards éplorés en se demandant pourquoi je mettais autant de temps à l’ouvrir. En effet, ma sœur, lorsqu’elle fait un paquet, elle y met le paquet (comme pour tout ce qu’elle fait d’ailleurs). C’est donc au bout de vingt minutes d’une lutte super acharnée contre deux mille kilomètres de gros scotch et de papier kraft renforcé que j’ai enfin sorti devant dix yeux émerveillés ..

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ceci

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et cela.

(pensés, poncés, peints et vernis entièrement par ma petite soeur)

.. Enfin, quand je dis "dix yeux" .. pour être tout à fait honnête, les deux aînés des garçons, délaissant avec un dédain sans nom les magnifiques plateaux qui allaient me servir le thé jusqu’à la fin de mes jours, se sont rués sur les petits morceaux de polystyrène qui garnissaient l'emballage en poussant des petits cris de joie, les faisant bruisser entre leurs doigts avec des mots tendres comme si c’était les dixièmes merveilles du monde. Quant à ma fille, elle s'était mise à hurler après le plus jeune qui venait juste de vider dans son estomac la totalité de son dentifrice à la fraise, et s'attaquait à présent à la redécoration intégrale de la salle en faisant des bulles roses chaque fois qu'il ouvrait la bouche, sans parler du rangement de mes placards, dont il avait troqué les nappes, serviettes et autres torchons (jetés à travers toute la pièce) contre ses motos et son gros camion rouge, tout cela dans une tenue qui dénotait un goût très sûr puisqu’il avait enfilé son maillot de bain Spiderman par-dessus son pyjama.

Pas de quoi en fouetter un chat, me direz-vous. Certes.

Néanmoins, je suis bien obligée de reconnaître qu’un soir où ce petit monde courait comme ce matin-là en tous sens et braillait à tout va, moi, oui moi-le-modèle-de-patience-le-plus-exceptionnel-qu'il-vous-est-été-donné-de-connaître-en-ce-bas-monde, je me suis vue crier (au risque de les traumatiser gravement) :

" Vous trois !!!!!!!!!!

Assis tout de suite et sans un mot ! " 

L'aîné alors s’était aussitôt jeté à mes pieds en bourdonnant un surprenant mais non moins majestueux 

" Oooooooommmmmmmm ..!!"

AH !!!!

c'est pas la preuve éclatante

que la relève zenne est assurée, ça ??

 

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