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le blog de Ambreneige
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femme
11 février 2013

Ma nature profonde

hiverforet

 

Surprise, il a neigé et même gelé cette nuit, après plusieurs jours lumineux et ensoleillés. Le choc a été rude lorsque je me suis aperçue que les premières lueurs du jour, enfin plutôt les dernières lueurs de la nuit étaient obstruées par la couche de neige sur le vasistas. Car il faut bien que je vous l’avoue, malgré toutes mes belles paroles, j’en ai marre de la grisaille et du ciel de traîne !! En même temps, chaque matin quand j’ouvre un œil et que je constate que mon radio-réveil est allumé, donc que l’électricité fonctionne, je me dis : "Mon Dieu, merci. Je suis au chaud alors qu’il y a tant de gens qui ne bénéficient pas de ce minimum de confort."

Bon. Puisque le temps ne se prête pas à autre chose, je vais vous raconter une histoire.

Alors voilà, c’était il y a très longtemps (ça doit être mon côté Cancer qui fait ça, j’ai toujours aimé les choses d’il y a très longtemps.. ma mère disait toujours que je ne suis pas née à la bonne époque, que j’aurais dû naître super avant, genre à l’époque des preux chevaliers, moi j’aurais été une princesse et on se serait battus pour mes beaux zyeux, tout ça. Sauf que si c’est ma nature profonde d’aimer ce qu’il se passe avant, ben ma mère de l’époque des chevaliers elle m’aurait dit que j’aurais dû naître au temps des Cro-magnons.. et ainsi de suite).

Bref.

Or donc, c’était un temps d’il y a très longtemps. A cette époque, on ne croyait pas à la logique linéaire, binaire et dualiste. D’ailleurs, on ne croyait pas à la logique du tout. C’était avant tout un monde organique, dans lequel les événements étaient liés entre eux. La destinée humaine ne se trouvait pas dans la libération, mais dans la liberté, celle qui n'a que faire de comprendre la vie mais qui permet de s’initier à elle. En ces temps anciens, pas de certitudes philosophiques : seulement des relativités s’exprimant par le sacré et la poésie, par des correspondances secrètes entre des mondes magiques. L’éveil de la conscience ne se faisait pas par la pensée, parce que la vie et le rêve appartenaient au même monde.

Approchez-vous, je vous en prie, approchez-vous de ce monde. Vous y verrez des hommes et des femmes en train de célébrer Lug, l’époux de la déesse Brigit, ce même Dieu qui a donné son nom  à la ville de Lyon (entre autre) dont la Fête des Lumières qui perdure de nos jours trouve là son origine.

Voyez les hommes, avec leurs pantalons étroits et collants que les Romains appelleront des bracca  (braies). Des guêtres de tissu sont fixées au bas de leurs jambes et couvrent leurs sandales (gallicae). Sur le torse, ils portent un gilet serré recouvert d'une blouse. Chez certains, cette saie est rayée, sur d’autres elle est en tissu de laine unie ou bien à carreaux. Elle est ajustée à la taille par une ceinture, avec ou sans manches (les Romains appellent celles avec manches palla gallica).

Les femmes, elles, portent une tunique serrée qui s’enfile par la tête, sans ceinture si elle est longue et avec si elle est courte, parfois plissée, ce qui lui donne de l’ampleur. Ornée de franges ou de dentelures en bas, doublée de laine ou de fourrure qui dépasse sur les bords, la tunique a des manches collantes jusqu'aux poignets. Elles se portent souvent par deux, superposées, la plus longue sert alors de lingerie de corps.

Comme elles sont belles ces femmes, dont les plus jeunes en toges immaculées suivent les druides et les bardes, portant avec préciosité les plantes rituelles et sacrées que sont le blé et la bruyère.

Grande divinité celtique omniprésente en Gaule, Lug est le dieu de la synthèse : il vient du passé, du présent et du futur, il est issu du monde de l'esprit et du monde de la matière, il est le fils de la lumière et des ténèbres, du ciel et de la terre,  de la vie et de la mort. C’est pourquoi le jour où on le fête est aussi l’occasion de célébrer les mariages, qui en ces temps sensés sont une institution souple, un contrat dont la durée n'est pas forcément définitive. La femme choisit librement son époux et en se mariant, elle n’entre jamais dans la famille de ce dernier, elle appartient toujours à sa famille d'origine, le prix versé par le mari pour l'achat de sa femme n'étant qu'une compensation donnée à la famille de celle-ci. D’ailleurs, en cas de divorce, elle retourne dans sa famille d'origine (divorce qui se fait par consentement mutuel, sauf en cas de maltraitance de la femme par son époux - la séparation chez les Gaulois n'est qu'un contrat qui cesse).

D'ailleurs, pour eux, se marier n’est pas une obligation. Ils peuvent aussi vivre dans une sorte de concubinat, néanmoins réglementé par des règles strictes - par exemple, si l’homme est déjà marié il ne peut prendre une concubine qu'avec l'accord de sa légitime.

Eh oui, le mariage gaulois ne s'embarrasse pas de cérémonies rigides et compliquées. Seules les convenances d'âge, de naissance et de rang sont respectées. Les jeunes gens jouissent de la plus grande liberté et les jeunes filles, nubiles dès 14 ans, disposent elle-même de leur main. Ses parents accordent l'entrée de la maison à tous ceux qui la veulent pour femme, et lorsque son inclination est confirmée, elle leur en fait part.
Le jour de Lug, ils invitent tous les soupirants à un banquet. Avant le repas, la jeune fille présente aux convives un baquet d'eau pour se laver. Celui auquel elle le présente en premier est celui qu'elle a choisi. 

Vous voyez que contrairement à leurs consoeurs romaine et grecque, les Gauloises ont la vie belle.

De plus, elles participent activement aux actes de guerre. Armées d'épées et de haches, elles se jettent tout à la fois sur l'ennemi romain et sur le fuyard gaulois pour l'obliger à se battre. Le courage de la femme celte est également attesté par des histoires de femmes employées aux champs et qui ne s'interrompent que quelques minutes dans leur travail pour aller... accoucher.

Contrairement aux Romaines qui n’ont aucun droit de cité, les Gauloises, en plus, participent aux affaires publiques.  Les Latins s'étonnent d’ailleurs de la place occupée par les femmes, que ce soit chez les Gaulois ou dans la plupart des peuples dits "barbares". Lors de leur conquête des Gaules, les armées romaines seront surprises de rencontrer des peuplades celtiques dirigées par des femmes.

Le seul point noir de ce tableau idyllique se situe dans le cadre de la vie privée, où la femme dépend totalement de son homme (époux, père), qui a le pouvoir absolu sur elle. Une manière, on va dire, de canaliser l’angoisse masculine vis-à-vis de la puissance que la Femme incarne, notamment celle de donner la vie. Car pour les Celtes, et toutes leurs traditions le disent, la Femme est la déesse, l’initiatrice, la messagère des Dieux, celle qui introduit l’homme dans le monde des Réalités Supérieures.

C’est cette mâle terreur associée aux conséquences de la conquête de la Gaule par Rome qui va entraîner la perte de ce statut pour les femmes, la disparition du sentiment d'admiration sans limite et d'adoration qu'on avait alors pour elles. La conversion des Gallo-Romains au christianisme va les enfermer dans un rôle dont elles mettront plus de deux mille ans à ressortir ..

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24 novembre 2012

Dure au mal

champagne

 

Il y a une chose qui m’a marquée lorsque j’étais gamine, c’est ma grand-mère qui me répétait inlassablement le regret qu’elle avait de n’être pas allée à l’école. Non mais, vous imaginez, aujourd'hui, un de nos jeunes nous dire : "Ouaich, Môman m'empêche pas d'aller à l'écooooooole !!!!" ????

Mon aïeule avait eu une nombreuse fratrie, et sa mère, pour mettre un peu de beurre dans les épinards, prenait des nourrissons (elle en a eu 32 en tout !) c’est-à-dire qu’elle nourrissait au sein des nouveau-nés que leur propre maman ne pouvait allaiter. Cette plaisanterie pouvait durer deux années, voire plus, si bien que la maison ne désemplissait pas. Avec une telle marmaille l’ouvrage ne manquait pas, et c’est la raison pour laquelle mon arrière-grand-mère gardait sa fille à la maison pour aider. Ça serait aujourd’hui, clair, elle aurait été dénoncée aux services sociaux ! mais les services sociaux n’existaient pas, et c’est comme ça que devenue grand-mère la mienne lorgnait sur mes cahiers avec dans ses tendres yeux bleus toute la tristesse du monde.

De la tristesse, ma foi elle en a connu dans sa vie, même si, comme elle disait, elle était "dure au mal".

Ça avait commencé avec son premier amour, qui s’est avéré être aussi le dernier. A la période qu’on appelle aujourd’hui adolescence, elle est tombée folle amoureuse de celui qui deviendrait mon grand-père, amoureuse et accessoirement un peu enceinte. A quinze ans, c’était une pure blonde à la peau diaphane avec de grands yeux azur. Des yeux de myope. Ce sont les plus doux, m’a-t-on souvent dit.

Quinze ans, donc. Et cet air que certains ados d’aujourd’hui arborent à grand renfort d’extasy, ma Mamy l’avait naturellement : regard rêveur, transparent, pailleté d’étoiles.

Mon grand-père maintenant : le Don Juan du coin. Dix-sept ans, le cheveu noir, hérité d’une lointaine, mais noble, cousine basque, l’œil de braise, le menton fier, un je ne sais quoi d’altier dans le port de tête. Le genre de celui qui a gagné le gros lot à la loterie génétique. Tous les attributs que l’on croyait morts avec Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde, mon futur grand-père les a. Ajoutez à cela une loyauté sans faille, gourmand de la vie, en toutes circonstances il va droit au but. Il ne s’embarrasse jamais de fioritures, et même s’amuse à surprendre, voire à choquer : maintenant vous avez une petite idée de l’homme que fut mon grand-père. Que dire encore ? qu’il était impulsif, impatient, que ses colères étaient pourtant vite oubliées, qu’il était incapable de rancune et surtout d’hypocrisie. Oui, mon grand-père était tout, sauf ennuyeux. Certes, ma grand-mère en a fait les frais, car en amour, s'il aimait pour la vie, le problème, c'est qu'il aimait souvent ..

Mais revenons à nos ados de l’ancien temps. Au cours d’un bal. Bien sûr, comme ma Mamy n’a que quinze ans, son grand frère la chaperonne... Mais bon, il faut croire que des obligations l’ont appelé ailleurs, le grand frère, parce qu’aussi sec, mes futurs grands-parents qui sont pourtant bien jeunes se connaissent (au sens biblique, veux-je dire). Et se mettent à ne plus voyager que sur une mer de phéromones. C’est ma grand-mère, surtout, qui n’arrive plus à atterrir. Genre de petite nana à avoir avalé le résumé de Roméo et Juliette. Le bout de ses doigts, de son cœur, de son esprit, la moelle de ses os semblent complètement imprégnés de lui. Il est devenu sa première et sa dernière pensée de la journée.

Et bien entendu, ce qui devait arriver arrive. Sous forme de menstruatum interruptus merdouilloum. En trois jours de temps, les valises sous les yeux de ma Mamy ressemblent aux autoroutes qui ne sont pas encore construites dans le coin.

La mère de ma mamy est du genre pragmatique : elle attrape sa blondinette par la main et va aussi sec exprimer ses revendications (matrimoniales) aux pieds d’Olympe (ma future arrière-grand-mère). J’avoue, déjà rien que son nom fait frémir.

Olympe éclate de rire, dévoilant une quantité phénoménale de dents. Comme elle parle chtimi, la traduction approximative donne ceci :

"Min garchon est trop jeune pour se marier, il doit vivre sa vie ! J’ai lâché mon coq, il fallait rentrer vos poules !"

Et elle conclut l’entretien par un sourire rectangulaire.

Ma petite Mamy s’effondre dans un torrent de larmes. Ça lui sort par les yeux, par le nez, par les oreilles (si si). Au terme des neuf mois réglementaires, et même plus précisément de huit mois, un fils vient au monde, qu’on n’appellera jamais autrement que Pépette, ce qui veut dire poupée en chtimi (déjà que tous ces événements contrariaient bien mon grand-père, en plus c'était un gars alors qu'il voulait une fille !!!)

Mais l’homme que fut mon grand-père vit dans le présent. C’est ce qui fait sa force. C’est ce qui lui permet de toujours repartir, de redémarrer avec un enthousiasme intact. Il marche à grands pas rapides, se tenant très droit, le nez au vent et la tête rejetée en arrière. Son regard est franc, sa poignée de main énergique. Un tic ? il aime se passer la main dans les cheveux, qu’il a drus. Il est toujours en mouvement.

Alors, même si aujourd’hui il n’a que dix-neuf ans et que cela va changer tout le cours de sa vie, il ne pense pas au futur : le 12 février 1927, il épouse la blondinette qui lui a donné un fils, comme l’exige son père. 

Et n’en continue pas moins de vivre sa vie "de jeune homme". Car mon grand-père a besoin de se sentir libre. Toujours.

En août 1933, ma grand-mère qui a 24 ans se retrouve enceinte. Elle veut "faire passer" le bébé, comme elle l’a fait pour tous les autres. L’amour qu’elle vit avec son bien-aimé est à l’image du couple qu’ils forment : pétri d’orages, de discussions houleuses, d’obstacles. Si c’est la paix, c’est une paix armée. Ou mieux : l’armistice entre deux combats. Ma grand-mère jeunette navigue dans le tout ou rien. Elle serait capable de manifester un dévouement aveugle à son mari, seulement voilà : cet homme-là tient à sa chère autonomie et Mamy ne se sent ni respectée, ni acceptée. Mais mon grand-père est entier. Il ne tergiverse pas : il veut des enfants, beaucoup d’enfants. Il pense comme son père que les enfants, c’est la vie. Alors, il en fait à sa femme.

La mère de ma grand-mère (la nourrice), si maternelle, essaie aussi de convaincre sa fille. "Garde le bébé, je te l’élèverai..". Mamy ne veut rien savoir. Elle saute dans les escaliers avec le secret espoir que l’enfant va se "décrocher".

A-t-il fallu qu’il ait envie de vivre, mon papa, pour naître quand même envers et contre tout ?

Pendant ce temps, en Allemagne se profilent des événements extrêmement inquiétants. En 39, mon grand-père est mobilisé. Les gens s’enfuient sur les routes, se cachent, n’importe où, la tête folle, les yeux perdus. Marcher, jusqu’où ? ne pas s’arrêter tant que l’insupportable bruit de mort subsiste, tant que les avions piquent, que les chars mitraillent. Les enfants, les femmes tués au passage des ponts. On ne connaît même pas leurs noms. Ils n’ont pas d’identité, pas de visage.
Le flot des réfugiés grossit chaque jour. Les Allemands détruisent tout sur leur passage ! il faut fuir pour échapper aux "Boches",  tout ce qui peut rouler est utilisé : automobile, chariot, brouette, bicyclette, voiture d’enfant ..

En juin 1940, mon grand-père est capturé en Alsace, où il reste près de deux mois, puis emmené dans le stalag de Dortmund en Allemagne. A son arrivée, il est fouillé, on lui confisque ses papiers, on l’envoie prendre une douche de désinfection puis il est pris en photo. On lui donne une plaque avec un numéro matricule qu’il devra toujours avoir sur lui, de jour comme de nuit. Sur la plaque est marquée le nom du stalag (VI/D) et son n° de matricule : 24143.

Il restera dans ce camp trois longues années, trois années qui vont agir sur lui, lui l’amoureux de la liberté, lui pour qui l’indépendance est toute sa vie, comme un poison subtil. Quand il reviendra auprès des siens, ce sera un autre homme, transformé à jamais. Lui si léger, lui qui aime tant la vie, le voilà violent, suspicieux, jaloux, taciturne, enfermé dans une souffrance que rien ne peut soulager.

Pour ma grand-mère, pendant ce temps, la vie est dure. Seule pour élever ses deux fils, elle passe son temps à la table à repasser (elle tient une teinturerie). Ah, le travail ne lui fait pas peur ! et c’est la leçon que retiennent ses garçons, mon père, du haut de ses 5 ans, et Pépette, qui en a 13. Eh oui, ma Mamy si chaleureuse n’est pas une tendre maman. Elle n’a pas le temps. La guerre lui a volé son mari, il faut que l’argent rentre, les temps sont durs avec toutes les restrictions imposées par les Allemands qui permettent à peine d’acheter de quoi se nourrir. On manque de tout, car une grande partie de la production française est réquisitionnée pour les soldats allemands mais aussi pour la population en Allemagne. Il y a bien le marché noir, mais ça coûte cher. Il faut donc travailler. La boucle est bouclée.

Et puis il y a la peur : la peur des bombardements, mais surtout la peur des violences commises par les Allemands. Si Pétain collabore avec l’Allemagne, le Général de Gaulle, lui, pense que la défaite de la France n’est pas définitive. Le 18 juin 1940, il lance, de Londres, un appel à la résistance des Français. Il les encourage à venir le rejoindre pour continuer le combat contre l’Allemagne nazie. Peu nombreux, ces hommes forment les Forces Françaises Libres. Ils combattent durant toute la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Anglais. D’autres personnes décident de continuer le combat sur le sol français, comme mon oncle Pépette qui a alors quinze ans.

Ces activités sont dangereuses car les hommes de la Résistance sont impitoyablement pourchassés par les polices françaises et allemandes. Ceux qui sont capturés sont exécutés ou envoyés en Allemagne dans des prisons ou des camps de concentration.

Mon grand-père est libéré en juillet 43. Les retrouvailles sont à la hauteur des souffrances de chacun. Mon grand-père a quitté deux garçons de 5 et 13 ans, il retrouve deux jeunes étrangers qui en ont 9 et 17, et dont l’aîné le toise, lui qui a su ne pas baisser la tête devant l’ennemi. La violence surgit dans le foyer, avec son cortège de souffrances. C’est à partir de ce moment que mon père s’enferme dans la solitude et les études...

 

Vous devez vous demander pourquoi je vous raconte tout ça ? eh bien parce que je pense à ces vies d’autrefois tellement moins confortables et ô combien moins épanouissantes .. que dire en effet de la position de nos grand-mères à la merci du bon vouloir de l’homme, père ou mari ? Séduite, épousée ou non, délaissée, rejetée ..

Je ne suis pas en train de faire l’apologie de "c’était mieux avant", justement non ! Je me dis simplement qu’aujourd’hui nous bénéficions de tant de possibilités d’être heureux, ou en tout cas de ne pas être malheureux, mais cela nous semble tellement acquis et légitime que non seulement on ne les apprécie guère mais en plus on se crée bien souvent des souffrances qui n’existent que dans notre mental ..

Vous ne trouvez pas ?

25 septembre 2012

Du rire aux larmes

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"Arrête de pleurer comme une madeleine!"

Qu’est-ce que j’ai pu l’entendre, cette expression !

Ça a commencé lorsque j’étais toute petite. A vrai dire, on était une famille de joyeux fêtards. Mais les jours de fête seulement. Ces jours-là, éclater de rire était toléré et même recommandé, et on s’en donnait à cœur joie, croyez-moi. Le problème c’est que moi je ne peux jamais m’arrêter. Or, rire c’est bruyant. Surtout le mien. Et quand je suis avec ma sœur, n’en parlons pas. C’est peut être pour ça que je me suis mise à pleurer ? En plus j’ai drôlement de la chance parce que, à ce qu’on dit, pleurer c’est un truc de filles, c’est inscrit dans nos gênes comme la satisfaction du ménage bien fait et la recette du bœuf miroton. Faut dire qu’on est si fragiles et si faibles... Pourtant, c’est pas parce que je suis une fille que je pleure. C’est parce que je suis une fille émotive.

C’est pas pareil !!!!

Et plus je vieillis, plus je pleure. Par exemple, j’ai pleuré quand j’ai appris que j’allais être grand-mère pour la première fois. C’est vous dire si je pleure !! Oui, parce qu’en fait, on ne pleure pas forcément parce qu’on est triste ! C’est ça le truc ! On pleure aussi parfois parce qu’on est heureux !!!!

Bien que ce ne soit pas un truc de mecs (forcément, puisque c‘est un truc de filles), je connais aussi des hommes qui pleurent. Damned ! Là où les femmes ont le droit, et même le devoir, d’être sensible et de poser nue pour une marque de lessive, on refuse à l’homme la possibilité de se montrer tel qu’en lui-même : abrupt, puéril et victime de ses émotions et de ses penchants pervers pulsions. Pourtant si ça ne tenait qu’à lui, il se laisserait aller, boudi ! Il arrêterait de se raser, il se moucherait dans les rideaux et courrait draguer la petite du second (celle avec les gros seins). Mais c’est impossible. La société est là, tout autour, qui veille. Les femmes surtout. Elles épient. C’est ainsi. Il faut le savoir. Non pas que les hommes aient peur des femmes.. Ahahahhahaha n’importe quoi ! Elles sont tellement gentilles, avec leurs ongles incarnat et leurs lèvres pulpeuses prêtes à dévorer. En plus elles sont beaucoup, beaucoup, plein, beaucoup plusssss que les hommes ! ahahahahah vous êtes foutus ! (partez pas, c’est une blague ..).

En réalité, les hommes n’ont pas peur des femmes. Et ceci pour une raison fort simple : ils sont aussi des femmes. Eh oui. Vous êtes comme moi, estomaqués, hein ??? Mais on ne peut pas lutter contre la Science. Car c’est prouvé : les hommes qui malgré tout, sont des êtres humains comme nous, ont une part masculine mais aussi une part féminine !!! Dingue, non ?? Après on va s’étonner que, refoulant leurs penchants naturels, écartelés entre leurs incomparables instincts, obligés de retenir leur part de féminité, les hommes marchent à côté de leurs pompes.

Bon, pour conclure mon exposé, je vais finir sur un truc hyper triste.

Quand j’étais petite, j’étais amoureuse de mon cousin,

DRAL 1

qui au début me le rendait bien.

DRAL 2

Regardez comme il me faisait un gros câlin (si j’ai le visage un peu gris, c’est qu’il me serrait un peu trop fort le kiki.)

On s’est aimés longtemps. Las ! un jour, ses regards se sont tournés vers le lointain horizon truffé de femmes. Or, vous savez comment sont les hommes (oui, parce que mon cousin est un homme !).

Et c’est comme ça qu’il en a épousé une autre, me broyant le coeur en mille morceaux.

Snif sniiiiiiffff snif !!

2 septembre 2012

L'union furtive

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Imaginez un monde où les femmes seraient "chef de famille". Imaginez un monde où, plus précisément, ce sont les femmes les plus âgées, toutes de velours foncé vêtues, qui seraient les plus puissantes dans la communauté. Le clan se choisirait une matriarche qui s'occuperait de la maison, des champs, des animaux et de la nourriture domestique. Tout passerait par ses mains : les récoltes, les cueillettes, les produits de la pêche et de la chasse, l'argent gagné par les hommes. Oui, dans ce monde, les mères seraient les piliers de la société. Seule leur ascendance serait prise en compte, la transmission du nom et des biens seraient exclusivement féminine.

Cela commencerait à treize ans, après un rite d’initiation qui donnerait aux filles, avec leur âme réincarnée ainsi qu’un nouveau nom, la possibilité d’être considérées comme membres à part entière du clan. Elles entreraient en possession de la clef de leur chambre. Leurs amoureux les y retrouveraient discrètement le soir, les quitteraient à l'aube pour retourner chez leur mère car ce ne serait pas à eux d’élever les enfants issus de leurs amours. Les filles pratiqueraient donc l'union furtive et ne s’attacheraient pas aux hommes ! du reste, l’amant trop insistant serait chassé ! Les liaisons se noueraient et se dénoueraient sans contraintes sociales, sans mariage et naturellement sans infidélité, puisque ce système exclurait si radicalement la possession que la jalousie en deviendrait honteuse. Les femmes expliqueraient en riant que les hommes dans la journée doivent se reposer pour être plus vaillants dans leur lit la nuit durant. Elles aimeraient ce mode de vie car elles ne vivraient avec leur compagnon que des moments d'amour et de sentiments partagés sans que les questions pratiques ne s'immiscent dans la relation. Les aspects matériels, les questions de propriété, les aspects de l'éducation des enfants, tous les sujets dont débattent nécessairement les couples qui vivent ensemble, n'auraient aucune importance.

Eh bien voyez-vous, ce monde existe : non loin du Tibet, la tribu des Mossos perpétue, depuis 1500 ans, cette tradition singulière.. pas de relations amoureuses "cadrées", pas de mariages arrangés ou forcés (en fait, pas de mariage du tout !), pas d’attente particulière, comme celle typiquement occidentale que l'autre doit tout combler en nous. Un homme se languit d’une femme ? il va la voir et puis voilà. Il est même recommandé qu’il ait plusieurs compagnes (toujours dans le but de ne pas s’attacher), et les femmes elles aussi choisissent leurs amoureux, les filles les plus belles peuvent en avoir jusqu’à trois cent ! ça fait rêver !!

D’où la réflexion que je me fais : nos désirs, nos attentes par rapport à l’autre, les sentiments que nous éprouvons (jalousie, possessivité) ne seraient-ils pas entièrement conditionnés par notre environnement ??

24 juin 2012

Dans les normes

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Pour dire la vérité, je vois les choses comme ça maintenant : un amoureux occasionnel, mais surtout ne pas vivre avec. Ou alors pas d’amoureux du tout. Pourquoi ? parce que j’ai passé mon existence à me faire phagocyter et que je ne suis pas sûre d’être en capacité de ne plus me laisser avaler toute crue et aussi parce que ça fait, genre, 2 ou 3 ans seulement que je vis pour moi, enfin à peu près, enfin que "je vis", quoi. Ce n’est pas que je n’écoute plus l'avis des autres, si si, je les écoute, je les entends, mais avant je vivais en fonction de ce qu’ils me disaient, de ce qu’ils voulaient et de la manière dont ils me voyaient. J'étais engluée là-dedans. Mais je me demande si ce n’est pas le lot de beaucoup de femmes ..

Ma sœur, elle, a perdu moins de temps. Ce qui ne me surprend guère car elle a toujours eu un train d’avance sur moi ;-).

Pour elle, ça s’est passé il y a vingt ans. Elle travaillait alors dans une entreprise où l’urgence était devenue un art de vivre. Il lui fallait se cloner en trois exemplaires pour ne pas céder à l'hystérie. Un jour, elle a commencé à manifester une tendance inquiétante à se poser des questions métaphysiques du genre : en quoi la mauvaise herbe est-elle une mauvaise herbe et qui a décidé ça ?

C’est comme ça qu’elle a décidé d’aller planter elle-même ses légumes dans l’air vivifiant du Gard. Ça n’a l’air de rien, mais il fallait le faire : abandonner une place où elle avait un (très bon) salaire, pour partir vivre, tenez-vous bien, à plus de 500 kms de nos parents, et dans la plus grande simplicité. L’horreur intégrale. En matière de représailles, elle est tombée aussi sec du piédestal où ils l’avaient placée. Ils estimaient que vivre ainsi était du grand "n‘importe quoi".

Oui, il fallait le faire. Brie a osé.

Moi je n’ai jamais pu, même maintenant que mes parents ne sont plus je me sens tenue par quelque chose que je n’arrive pas à bien définir. Mais bon, il paraît que le plus grand besoin de l’humain est le besoin de sécurité (et par voie de conséquence sa plus grande peur est celle du changement). Je suis donc dans les normes ! et pourtant, je voudrais bien tout changer ! j’ai d’ailleurs essayé pas plus tard qu’il y a .. quatre ans. Bon, ce n’était peut-être pas pour des bonnes raisons. Toujours est-il que je suis retombée aussi sec dans ma manière habituelle de fonctionner, et aussi sec je trépigne et je pleure, je voudrais être une autre dans une autre histoire ! alors forcément ça ne marche pas.

J’ai tellement de choses à rattraper ! pas des choses faramineuses, non, des choses toutes simples, un peu comme Brie quand elle s’occupe de son jardin, de ses petits légumes et de ses macérats de fleurs. Des choses simples qu’on ne s’autorise pas à vivre. Pourquoi ?

Alors un amoureux dans tout ça .. Reynald (le plus grand optimiste du monde) dirait sans doute que l’un n’empêche pas l’autre.

Ben pour moi, si.

Pour l’instant.

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1 juin 2012

L'un des deux

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Pour qu'un couple dure,
 
l'un des deux doit être un saint.
 
 
Alix Girod de l'Ain
 

ou les deux...

Posté par brie, 01 juin 2012 à 09:36

27 mai 2012

Petite femme

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J’aime beaucoup les questions soulevées par Virginie dans son commentaire (vous pouvez le lire ici).

Pour ma part, même si ça ne se dirait pas parce que je suis censée être devenue un modèle de sagesse et de tempérance, ben je vais avoir 57 ans les amis ! Eh oui ! tant que ça ! J’ai même été obligée de poser la soustraction pour vérifier que j’avais vraiment dépassé la cinquantaine. Ça vous fait pas ça à vous ? vous n’avez pas l’impression d’avoir toujours 30, 40, 50 ans (rayez la mention inutile) tant que vous n’avez pas passé la décennie suivante ???

Enfin, bref, c’est pas de ça dont je voulais vous entretenir, mais de comment je me sens dans ma "féminité dépouillée" comme dirait Virginie, enfin plus pragmatiquement dans mon corps rond de vieille femme. Oui parce que "vieille femme", c’est la dernière trouvaille de mon fils. Je préférais le mois dernier quand on en était encore à "petite femme", vu que maintenant je grandis dans le sens de la largeur et que quand il me prend dans ses bras (c’est devenu rare, m’enfin !!) il est bien obligé de constater que plus ça va, plus il est obligé de se baisser.

Vue comme ça, je dois vous paraître terrifiante non ? et pourtant, qu’est-ce que je me sens bien !!! Je dirais même que jamais je ne me suis sentie aussi bien dans mon corps de femme rond et vieux. Certes, j’ai pris pas mal de kilos. Mais après tout, où que je me pose, je suis bien lestée ! comme dirait mon fils, faut toujours voir le bon côté des choses ! et puis en plus maintenant j’ai des seins ! purée, il a fallu que j’attende un demi-siècle, mais ça y est !!! j’ai des seins, des vrais seins féminins de fille ! yeeeeeeessssssss !!! vu que j’ai pleuré toute ma vie pour en avoir, je vais quand même pas râler sous prétexte que j’ai aussi des bourrelets bien moelleux un peu partout ailleurs !! de toutes façons quoi de plus féminin que des courbes ? hein ?? on n'a pas précisé la taille des courbes après tout !!! et pis si yen a un à qui ça plaît pas, qu'il regarde ailleurs !!!

26 mai 2012

Trois fois rien

Entre-filles


D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours aimé être une fille. Pourtant, ma mère ne les aimait pas, elles les trouvaient fourbes et hypocrites. Ma sœur était un vrai garçon manqué. Pas moi. J’enfilais les jupes de ma mère, vous savez ces jupes des années 60 à la forme sublime qui font la taille fine et les hanches rondes .. je les faisais virevolter en corolle autour de moi. J’adorais sentir sous mes doigts la luisance de soie de mes cheveux longs lorsque je les dénattais le soir. J’adorais me mettre le rouge à lèvres de ma grand-mère ou bien sa poudre de riz à l’odeur qui chatouillait le nez, et lui chiper ses escarpins noirs à talon haut.

C’est tellement chouette d’être une fille, on peut se bichonner pendant des heures, on peut se raconter des secrets entre copines, avoir des fous rires pour trois fois rien. Est-ce que vous avez jamais vu des mecs se marrer pour des broutilles ?? et puis d’ailleurs, est-ce que les mecs se réunissent pour jacasser, comparer leurs fringues, échanger les derniers commérages ? s’il y en a, ils ne sont pas nombreux !

Et puis alors il y a un truc que j’adore plus que tout, c’est d’avoir pu porter la vie. Merci mon Dieu, merci de ne pas m’avoir faite homme !!!!! merci de m’avoir donné cette chance inouïe d’avoir entre mes hanches un berceau soyeux pour accueillir la vie. Merci de m’avoir permis de ressentir ces curieuses vaguelettes, le ventre sculpté par de petits coups de pieds malicieux. Oui, si je ne devais retenir qu’une chose du fait d’être une femme, ce serait celle-là, ce bouleversement minuscule qui vous chavire pour l’éternité.

Et puis j’adore la compagnie des femmes. Je les trouve drôles, intelligentes, tendres, compatissantes, j’aime leur énergie et leur douceur, leur acharnement à vouloir toujours plus, toujours mieux, j’aime leur humilité, leur lucidité et leur créativité. Je suis tellement heureuse d’avoir une sœur et d’avoir des amies !

Et vous, votre féminité, vous la vivez comment ?

18 mai 2012

Perplexe

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J'ai écouté hier des témoignages de femmes dont la vie a été bousillée par le comportement de leur compagnon manipulateur. "Pervers narcissique", on appelle ça. La psychologue présente disait que le pervers narcissique a la particularité d’être insensible, de n’éprouver aucune empathie pour l’autre.

Je me suis fait différentes réflexions. La première est que j’ai toujours entendu parler de pervers narcissiques hommes, jamais de femmes (par voie de conséquence leur victime en est une, et généralement c’est la leur, puisque tout le charme de ce personnage est d’avoir entière emprise sur ladite).

Est-ce que cela a une signification particulière ? est-ce que ça peut vouloir dire, par exemple, que l’homme (en général) a besoin d’écrabouiller quelqu’un pour se sentir exister, alors que la femme c’est tout le contraire (elle se réalise en s’occupant des autres) ? est-ce que la victime a des prédispositions pour se retrouver dans une telle situation ?

Je me demande aussi ce que ça peut faire d’être insensible. Comment est-ce possible ? dès l’instant où on est humain, comment ça se fait qu’on puisse ne rien ressentir du tout ??? je croyais que c’était réservé aux robots ..

De plus, le manipulateur est un champion pour ce qui est d’exprimer un vaste panel d’émotions, comme la tristesse, la colère, la violence.. Comment fait-il puisqu’il ne ressent rien ?

Je suis perplexe.

17 mai 2012

La féminisation de la grammaire

1 mai 2012

Beltaine

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Comme je vous l’ai raconté l’année dernière, c’est depuis Charles IX qu'on offre du muguet le 1er mai à ceux qu’on aime.

Mais le muguet n'est pas seulement un porte-bonheur, il symbolise aussi les rencontres amoureuses. D’ailleurs, autrefois, les jeunes filles toutes de blanc vêtues et les jeunes gens, brin de muguet à la boutonnière, se rendaient à ce qu’on appelait "les bals du muguet", où ils avaient exceptionnellement la "permission de minuit" car ils espéraient bien ne pas rentrer "le coeur vide" ..

Mais en quoi cette petite fleur blanche peut-elle bien symboliser les rencontres amoureuses ? eh bien pour le savoir, je vous emmène une fois de plus chez nos ancêtres les .. Celtes, où je vais vous parler d’une de leurs fêtes : Beltaine.

Beltaine est en quelque sorte le pendant de Samaïn, puisqu'elle se célèbre à la date opposée (chez les Celtes il n'y avait que deux saisons). C'est la célébration du passage de l’hiver à l’été, le moment où les fées sortent de leur long sommeil hivernal pour repeindre les fleurs de couleurs vives et raviver leur parfum. Tout comme à Samaïn, pendant Beltaine la frontière entre le monde des Morts et celui des Vivants n’existe plus, sauf que ce ne sont pas les morts qui sont célébrés ici, mais bel et bien les vivants et surtout, oserais-je dire, l'art et la manière de donner la vie ;-)

Beltaine est donc une célébration extrêmement joyeuse : on fête le renouveau de la nature, le retour de la chaleur et la magie amoureuse et sexuelle. C’est pour ça que les Chrétiens y ont vu tout de suite la griffe de Satan, tu m’étonnes ! joie débridée, ivresse et enlacements sensuels dans la nuit complice dédiés au Dieu Bélénos qui, comme l’on sait, s’est accouplé avec la grande déesse Walpurgis la nuit du 30 avril au premier mai (ce qui ne lui a pas porté chance puisqu’il en est mort, non sans lui avoir auparavant donné un fils dans lequel il s’est empressé de se réincarner).

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Or donc, pour fêter Beltaine, les Druides allumaient des feux au sommet des collines en prononçant des incantations magiques dans le but d’attirer le Soleil et d'éloigner définitivement le froid de l'hiver. Le bois que l'on brûlait pour les bûchers de Beltaine provenait de huit arbres différents, considérés comme sacrés : le sorbier, le chêne, le noisetier, le bouleau, l'aubépine, le sureau, l'if et le genévrier.

Deux brasiers étaient allumés l'un en face de l'autre afin de pouvoir faire passer le bétail au milieu et d’ainsi, par la puissance du feu, bénir les bêtes, les protéger des maladies, grâce à quoi elles donneraient un lait abondant et de la bonne viande. De la même façon, garçons et filles de tous âges y passaient aussi pour se purifier.

Les maisons étaient décorées de fleurs en abondance, principalement de muguet puisqu’il s’agit de la fleur de mai, on en tressait des couronnes dont les filles se coiffaient. On allumait de l’encens que l’on perchait haut sur les branches des arbres pour symboliser l'ascension de la lumière. On dispersait des plumes, symbole de l’Air, et des pétales de fleurs un peu partout.

Tous, jeunes et vieux, dansaient autour des feux pour encourager la fertilité de la nature, protéger leur santé et leur prospérité. Ceux qui voulaient s'unir se prenaient la main et sautaient ensemble par dessus les braises du grand bûcher, geste qui équivalait à des fiançailles.

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Comme je vous l’ai dit plus haut, cette fête de la Joie et de la Lumière était la consécration du partage et de la communion entre hommes et femmes. Celles qui avaient un partenaire s'éloignaient à la fin de la fête pour faire l'amour dans le but noble et désintéressé de renforcer la Fertilité de la Nature, et si elles n’en avaient pas, elles en trouvaient un sur place. Un genre d'offrande, en quelque sorte.

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Oui, parce que les femmes celtes pouvaient librement fixer leur choix sur un homme. Elles détenaient un pouvoir qui semblerait colossal même aux plus féministes d’aujourd’hui. C’était un monde où les femmes étaient toujours respectées, protégées, vénérées, un monde dans lequel les hommes révéraient tout particulièrement le pouvoir qu’elles avaient, que nous avons, de non seulement nous reproduire à l’identique, mais de reproduire aussi du différent : des petits mâles.

De nombreuses druidesses jouaient un grand rôle grâce à leurs facultés de clairvoyance et de magie, notamment en politique. Les femmes celtes pouvaient posséder des biens personnels, choisir leur homme, elles pouvaient divorcer si leur mari outrepassait ses droits, et, en cas d'abandon de l'homme suborneur, elles avaient la possibilité de réclamer une forte indemnité. Elles pouvaient même régner. Les femmes celtes étaient reines de ce monde, que d’ailleurs on appelait "Terre des Femmes".

Je vous vois froncer les sourcils.. ce n’est pas que la Femme était considérée "supérieure" à l’Homme, non-non pas du tout !!

Tout simplement, les Celtes se considéraient comme des êtres spirituels avant tout, et le monde dans lequel ils vivaient, notre Terre, était pour eux un monde régi par un principe féminin omniprésent : Dana, la déesse-mère.

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Seulement voilà, un jour les Romains ont investi les territoires que peuplaient les Celtes. Et là, ils se sont retrouvés non seulement face à des guerriers farouches et intrépides, mais aussi face à des femmes libres et courageuses qui se battaient pour leurs familles, leurs terres, leur peuple. Et ils se sont mis à avoir peur, très très peur, eux pour qui les femmes n’étaient que des biens mobiliers - c’est bien simple, les Romaines n'avaient même pas de nom...

Alors ils n’ont plus eu qu’une idée fixe : détruire la culture celte et la remplacer par le mode de vie romain.

Mais revenons à Beltaine. Pendant que hommes et femmes de tous âges se font mutuellement offrande d'amour et de chaleur, les Druides cueillent et consacrent les plantes dont ils auront besoin pour le reste de l’année. Certains, qu'ils soient bardes ou vates, se réunissent dans la forêt des Carnutes pour partager leurs découvertes avec les autres, réunis autour du fameux chaudron rendu célèbre par Obélix et dans lequel mijote un bon breuvage de saison.

Le 1er mai au petit matin, les femmes sortent très tôt pour recueillir la rosée, considérée comme thaumaturge. Elles la conserveront dans de petites fioles et s’en serviront pour purifier et soigner.

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Pour la même raison elles recueillent une partie de la cendre des bûchers et l’utiliseront comme médicament, tandis que le reste est répandu dans les champs pour favoriser la croissance des récoltes.

Elles cueillent ensuite des branches d'aubépine, car le matin de Beltaine est le seul moment où on peut le faire sans mettre en colère les fées. Elles en feront sécher les fleurs pour les utiliser dans un but thérapeutique, et tresseront le reste en une guirlande qu’elles accrocheront au-dessus de la porte pour protéger la maison des esprits malveillants. Avec le bois de l’aubépine elles font de l’encens qu'on brûlera à la fête de Beltaine suivante.

Puis elles attachent aux arbres plein de petits morceaux d’étoffe de toutes les couleurs. A chaque ruban correspond un voeu ou une résolution. En cours d'année, au fur et à mesure que les souhaits se réalisent ou qu'elles atteignent leurs objectifs, elles détacheront le ruban correspondant puis l’enseveliront..

 

Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez lire aussi :

 

 Charles IX et le muguet

Samaïn

23 avril 2012

Pensée du lundi

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C'est impossible de rendre son homme heureux
tout le temps.
 
C'est bien plus facile avec celui d'une autre !

 

heu .. si on remplace "homme" par "femme", ça marche aussi ..

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10 avril 2012

Le grain de sable

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J’ai toujours pensé que l’Homme et la Femme étaient complémentaires. Or, il n’y a pas longtemps, Edith a dit quelque chose au sujet de son amour de la solitude. Et d’un seul coup, les cieux se sont ouverts et j’ai eu une sorte de révélation : ben oui, quand je dis que l’Homme et la Femme sont complémentaires, je suis dans l’illusion ! la phrase juste serait plutôt "Ma solitude et moi sommes complémentaires". En effet, la complémentarité de l’homme et de la femme rappelle la complétude illusoire, donc la dépendance, donc le manque. Ce qui n’arrive jamais avec ma solitude : elle est toujours là !

Suivez mon raisonnement : la complémentarité de l’homme et de la femme, ce serait, comme qui dirait, deux morceaux de puzzle qui s’emboîtent parfaitement pour ne faire qu’un. Grossière erreur ! car rien que là, la nature s’empresse d’apporter moults exemples qu’il ne suffit pas d’être un homme et une femme pour s’emboîter harmonieusement. Alors bien sûr, vous allez me rétorquer aussi sec que "S’unir avec les hommes épanouit les femmes et qu’elles s’en rassasient de luxure et de plaisir". Je vous l’accorde.

Néanmoins, j’attire votre attention sur le fait que si les dimensions du linga de l’homme sont supérieures à celles du yoni de sa partenaire, il y a forcément une partie du puzzle qui déborde. Par conséquent, en guise d’emboîtement harmonieux nous obtenons un forçage qui, s’il peut être jouissif, n’en reste pas moins sacrément bestial brutal. Bon, vous me direz (enfin, surtout les filles) qu’il vaut mieux ça que l’inverse, car un yoni accueillant ne s’est jamais satisfait d’un linga minuscule.

Mais ce n’est pas tout. Si l’homme et la femme étaient un puzzle parfait, ils engendreraient des trucs parfaits. Ce qui ne s’est jamais vu. En effet, que se passe-t-il dans la réalité ? il n’y a qu’une partie du puzzle qui se tape tout le boulot. Qui ? les femmes ! Elles se reproduisent, non seulement à l’identique (en façonnant des filles) mais aussi en fabriquant des mâles. Seulement voilà, ça ne leur vient pas d’une capacité propre qu’elles possèderaient, non non. Ce serait, dit-on, les hommes qui y mettent leur grain (ce qui, entre nous, leur a permis pendant des millénaires de s’approprier les femmes sous le prétexte fallacieux d’être sûr que les fils qu’ils avaient généreusement distribués étaient bien les leurs)(croyance qu’on fait d’ailleurs perdurer, puisqu’on dit à nos enfants : "C’est papa qui met la graine dans le ventre de maman")(comme si c'était papa qui faisait tout !!! tsss, c'est vraiment du grand n’importe quoi !!!!)

Autrement dit mes amis, contrairement à une idée majoritairement répandue chez les hommes qui prétendent l'inverseon peut affirmer que l'homme est le grain de sable de la femme ! 

6 avril 2012

De la potiche au vase

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Non mais écoutez-les, les garçons !! "je partage sans problème, mais Dédé tu ne rafles pas toutes ces dames" (Reynald) ; "pareil pour moi, je partage, je choisis sans éliminer" (Seth).. Ne dirait-on pas qu'ils parlent de leur butin de guerre ? on se croirait revenus à l'époque des Francs qui se distribuaient tout entre eux sans distinction de rang !!

Mes sœurs, allons-nous nous laisser traiter comme des vases

sans réagir ?

Certes, les hommes argueront avec leurs yeux de cocker qu’ils sont devenus des grands brûlés du Couple ! que dis-je des brûlés, des rescapés !!! Abasourdis par tout ce qu'on leur fait endurer depuis peu (sortir les poubelles, changer les enfants), les pauvres se cherchent, doutent, hésitent, tâtonnent et tournent en rond. Ils ne savent plus comment ils doivent se comporter avec nous, ni ce qu’on veut, et encore moins ce qu’on attend d’eux. Ils sursautent au moindre claquement de porte, terrorisés à l’idée qu’on prononce le fatidique "Faut qu’on parle", ils courent se cacher sous les meubles en couinant comme des chiots ! Aaaaaaaah, mes sœurs !!! il est loin le temps de ces mâles de légende aux gestes larges, à l’assurance tranquille, à l’air serein, les mains pleines des poignées des cheveux de leur femme qu’ils traînaient derrière eux comme un sac de pommes de terre !!!

Pour autant, mes amies, lorsque Dieu créa, à travers nous, la Femme Moderne, saine libre de corps et d’esprit,

était-ce pour que notre statut évolue de la Potiche

au Vase ?

23 mars 2012

Comme un mec

Nad avril 1975 Montsoult


Chère Ambre,

Je me décide à t’écrire ce petit mot parce que depuis que la pendule que ta sœur t’a offert s’est arrêtée, (faut changer la pile et tu ne l’as toujours pas fait), tu t’imagines que dans la foulée le temps s’est arrêté aussi et qu’il est l’heure de ce jour-là pour l’éternité. C’était un jour, il m’en souvient, très ensoleillé, et comme d'habitude tu dansais en dépit du bon sens pour oublier que tu aurais plutôt un maximum de raisons de ne pas danser.

- La première : tu as des amis, de supers chouettes amis en +. Qui t’invitent à dormir sous la yourte quand ce n'est pas à manger la râclette en plein mois de juin (m'enfin passons). Certes, ils habitent au bout du monde, ou quasiment. Et toi qu’est-ce que tu fais ? tu chipotes, tu tergiverses, tu ne veux pas quitter ta maison. Ou alors ta fille. Ou c’est ta mère ou c’est ton frère ou c’est ton chien. Ya toujours quelque chose que tu ne veux pas quitter. T’as dû naître tortue ou escargot dans ton autre vie parce que loin de ta maison tu te sens toute nue. Encore que j’opterais plus pour l’escargot, avec sa vie sensuelle tendance débridée. Oui parce qu'en plus,

- Deuxièmement : t’es collante. Autant quand tu boudes, tu fais la grève du cœur et de l’âme, autant ton corps ne se dispute jamais avec personne. C’est du grand n’importe quoi ma vieille, et ça aussi va falloir que ça change avant que ça recommence. Apprendre l’indifférence, ma fille, le détachement, la froideur et tutti quanti. Bon sang c’est quand même pas sorcier ! tu regardes autour de toi, tu prends note !

- Alors à propos de pot-de-colle, troisièmement : tes plans foireux. Tu vas me faire le plaisir d’arrêter de te jeter à la tête des hommes comme tu l’as toujours fait. D’abord ça ne se fait pas. C’est très vilain. Bouuuuuuuuuh ! et puis alors surtout, ça ne se fait pas quand tu n’intéresses pas le mec. Pourquoi t’as toujours évité ceux à qui tu plaisais (les gentils) ? pourquoi tu t’es toujours acharnée sur ceux qui allaient t’en mettre plein la tronche ? (même si t’as toujours fait semblant de croire le contraire, ce qui t’a permis, excuse-moi du peu, de passer ta vie à te plaindre !). Qu’avais-tu peur d’affronter, au juste ? toi qui nous bassines depuis ton enfance avec tes Princes Charmants, à quel moment t’en as laissé ne serait-ce qu’un seul venir vers toi sur son beau cheval blanc ?

- Quatrièmement, ça me fait penser à un truc : ta part féminine. Elle est passée où ? t’en as fait quoi les vingt dernières années ? c’est quoi ces façons d’avoir voulu toujours tout prendre sur tes épaules, "comme un mec" ? de vouloir tout gérer, tout contrôler ? parce que je voudrais pas dire, mais faire tourner la maison, comme part féminine, c’est léger. Et toutes les bonnes choses valorisantes et sexy qui sont aussi l’apanage des femmes elles sont barrées où ?

Alors tu sais quoi ? tu vas changer la pile de la pendule de Brie. Juste histoire de te rappeler que même si les aiguilles ne bougent plus, les heures, elles, continuent quand même de tourner. Et même si, comme dirait ta Marraine qui a près de 80 ans, "J’ai toute la vie devant moi", toute-la-vie, ma vieille, ça passe vite !


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21 mars 2012

La voie de l'égarage

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Seth se demande si l’humain est fait pour vivre en couple.

Ma réponse, au risque d’en heurter plus d’un, est oui. Et je dirais même plus : c’est Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!

L’homme, autant que la femme, ont tellement de choses à donner, à recevoir, à partager !!!!! et vous voudriez que toutes ces merveilles soient gaspillées ?? je ne parle pas, bien sûr, uniquement de sensualité (encore que je ne pense qu’à ça qu’il me semble que cette part de la relation ait une importance essentielle. Que dis-je essentielle : ca-pi-ta-le !!).

Donc oui, je crois foncièrement que l’homme et la femme sont faits pour vivre ensemble, je dirais même que selon moi, s’ils ont été faits, ce n’est que pour cela. Mais peut-être pas pour vivre ensemble TOUT LE TEMPS. C’est-à-dire que souvent, lorsqu’on vit en couple, on vit sous le même toit, pour des raisons pratiques et économiques bien compréhensibles. C’est même une des premières envies pressantes que l’on a lorsqu’on tombe amoureux : vivre ensemble ! grossière erreur ..

Ben oui. Parce qu’aussitôt, on vit aussi avec tous les petits (et grands) défauts de l’aimé(e) (enfin, en tout cas ce que nous on voit comme des défauts). Et non seulement on vit avec, mais on entreprend de vouloir les faire disparaître d’un coup de baguette magique. Ce qui généralement provoque quelques réticences de la part de l'autre qui ne comprend plus rien et ne se rend pas compte qu’il/elle est pourtant en train de faire exactement pareil avec nous.

En effet,

l’être qu’on a rencontré

n’est pas le même que celui avec qui on vit.

C’est d’ailleurs là une énigme de l’amour toujours inexpliquée à ce jour.

Or donc, à partir du moment où l’on vit avec une personne, c’est comme si on se donnait des droits sur elle, en l’occurrence celui de (vouloir) la changer pour qu’elle ressemble le plus possible à ce dont on rêve. Car dès l'instant où on vit ensemble,

ce dont on rêve n’est plus ce que l’on a

(c'est une deuxième énigme énigmatique de l'amour).

Je vous rassure tout de suite, il y a un remède : continuer de respecter l'autre pour ce qu'il est. Continuer à l’aimer. Le quotidien est usant, c’est vrai, mais bon, faut savoir ce qu’on veut dans la vie ! s’attacher à garder intact le "premier" regard, le "premier" désir. C’est possible, je l’ai fait et ça a duré dix ans à chaque fois, alors je sais de quoi je parle ! bon certes j’ai des prédispositions (nounounisme, esprit lent, et l’épouvantable défaut de ne jamais me rappeler le mal qu’on me fait) mais passons.

Et je pense aussi, et toujours, que la fidélité est indissociable de l’amour. Non pas comme une condition, une prison, non non pas du tout ! mais franchement quand vous êtes amoureux d'une personne vous avez envie d’une autre ? sincèrement ?

Quand on commence à "regarder ailleurs", c’est que l’amour a faibli. C’est tout.

Je ne dis pas qu’il s’agit de ne plus regarder ce qui est regardable, et même tentant. Surtout que quand on vit avec quelqu’un depuis dix ans, il y a forcément des moments où l'esprit s’égare, enfin les yeux, pour commencer. Ben oui, parce que c’est ce sens-là qui nous fiche tout par terre ! Ah lala, si seulement on devenait miro ! ben non. Et quand on croise un BMBM (dixit Khayaa), pas facile de résister. C’est là qu’il faut bien peser le pour et le contre, car beaucoup de choses sont remises en jeu dès qu’on choisit la voie de l’égarage. Sans compter que souvent, comme je le disais sur le blog de Seth, on joue les victimes, genre prétendre qu’on va ailleurs parce que notre conjoint gningningnin. Alors que, dans tout ce qui nous arrive, on pourrait faire, je sais pas moi .. des "réponses-habilité" ?


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18 mars 2012

Comment tu t'appelles ?

Aimer rend complètement idiote..

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*

*

La preuve !

:-)

 

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29 février 2012

En contact avec le coeur

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Quelle que soit sa forme, un sein est fait pour nourrir et ressentir. Quant aux hanches, il y a une raison pour qu’elles soient larges : elles renferment un berceau soyeux pour une nouvelle vie. Elles sont un portail, des poignées d’amour, un coussin moelleux. Les jambes sont faites pour nous porter, nous propulser. Elles sont les poulies qui nous aident à nous soulever, l’anneau, l’anillo dans lequel nous encerclons notre amant.

On ne peut dire du corps qu’il est censé être comme ci ou comme ça. Ce qui compte c’est de savoir si ce corps éprouve de la joie, du plaisir, s’il est bien en contact direct avec le cœur, avec l’âme, avec le sauvage. S’il bouge et danse à sa façon. C’est cela et rien d’autre.

Clarissa Pinkola Estès

Femmes qui courent avec les loups

17 février 2012

Se plier

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Et si vous, cygne, étiez obligé de prétendre être une souris ? Ne seriez-vous pas l'animal le plus malheureux du monde ?

Pourquoi alors les femmes tentent-elles de se plier pour prendre une forme qui n'est pas la leur ?

Clarissa Pinkola Estès,

Femmes qui courent avec les loups

4 octobre 2011

Androgynoïde

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L’autre jour je suis tombée tout à fait par hasard sur une émission parlant des femmes dites "en surpoids".  Déjà, je n’aime pas le mot "surpoids". S’il existe des gens en surpoids, ça veut dire qu’il y a des gens en poids. Avouez que ça ne veut rien dire. Surtout quand on se rappelle qu’au XIXe et XXe siècle, les femmes dites "en surpoids" étaient très appréciées et celles qui sont en poids aujourd’hui auraient été en "sous-poids".

Enfin passons.

De cette émission que je n’ai regardée que quelques instants, je garde le souvenir d’une femme d’une centaine de kilos qui disait qu’elle adorait son corps. Elle adorait ses seins, elle adorait ses fesses, et ses jambes, tout cela bien ronds il va de soi, et j’avoue que du fait, je l’ai trouvée belle. Elle se sentait bien dans son corps, elle l’écoutait (elle disait : si mon corps a faim je lui donne à manger – et elle se ruait sur toutes les glaces et pâtisseries qu'elle trouvait sur son passage).

Seulement voilà, ya des femmes comme vous et moi qui ne pesons pas 100 kgs, qui avons ou avons eu la taille super fine et pas de bedon. Vous voyez où je veux en venir. Est-on censées adorer ces bourrelets nouveaux et leur donner à manger quand ils ont faim ? car en plus, non contents d’être indésirables, ils sont exigeants. Je ne sais pas pour vous, mais moi, c’est nouveau, ça vient de sortir, j’ai tout le temps faim. Une horreur. Ceci expliquant sans doute cela.

Seulement voilà, chaque fois que j’en ai parlé à mon docteur qui me connaît pourtant depuis ma plus tendre jeunesse, je me heurte à un mur d’incompréhension. "Vous êtes parfaite", me dit-il, "c’est dans votre tête !" (tu parles, si les kilos qu’on prend étaient dans la tête ça se saurait) "Il va falloir que vous arrêtiez de faire une fixation sur votre poids ! Détendez-vous, que diable ! ".

Me détendre ! personne ne lui a appris à la fac de médecine ce que ça peut faire à une pauvre vieille grosse patiente tendue qu’elle doit "se détendre"????

- Le problème, voyez-vous docteur, c’est que je ne peux pas me détendre. C’est simple, je ne pense plus qu’à ça. Ne me dites pas que ça va passer à condition que je n’y pense plus parce que je suis incapable de ne plus y penser.

- Allons Madame Neige, une femme comme vous, si intelligente, ne peut pas se ronger les sangs pour trois kilos de rien du tout !

- Trois kilos ??? si c’était que trois kilos je ne serais pas là ! j’en ai pris dix !!!!!!

- Oui, bon, trois, dix, on va pas en faire un fromage, ça saute pas aux yeux quand on vous regarde ! sortez, allez nager, et faites-moi le plaisir d’arrêter de faire une fixation là-dessus !

Arrêter de faire une fixation là-dessus ? qu’est-ce qu’il raconte ? il écoute rien de ce que je dis ou quoi ?

- Vous permettez que je me pèse tout de même ?

- mais oui mais oui mon petit.. me fait-il comme s'il s'adressait à une demeurée.

Je monte sur la balance les yeux fermés. Lorsque je les rouvre le docteur est devant son écran d’ordi et me dit :

- vous voyez ? hein ? qu’est-ce que je vous disais ?

- je ne vois rien du tout ! qu’est-ce que vous voulez que je vois à cette distance ? je suis myope je vous rappelle !

- eh bien c’est écrit en gros : NORMAL. IMC : 22. NORMAL !

- Les 22 sont tous en dessous de la ceinture oui !

- Ah vous me faites rire vous les femmes !

- Parce qu’en plus ça vous fait rire ?

- Mais oui ! asseyez-vous, je vais vous expliquer  (puis, s’enfonçant dans son fauteuil, d'un ton docte) la Nature, voyez-vous, est faite pour que les femmes stockent plus de graisses que les hommes, car ce sont elles qui perpétuent l’espèce. Autrement dit, la Nature leur donne la capacité de constituer suffisamment de réserves en cas de grossesse et d’allaitement. Notre mode de vie a changé, mais il n’en reste pas moins que les cellules sont programmées dans ce sens depuis des milliers d'années. C’est ça qui explique que les femmes grossissent surtout des hanches et des cuisses, ce qu’on appelle une silhouette de type gynoïde. Les hommes, eux, prennent du ventre, ce qu’on appelle une silhouette de type androïde.

- Et quand on est à la fois gynoïde et androïde ça s’appelle comment ??

- Mais vous voulez quoi ? que je vous dise de vous faire lipposucer ? vous savez le nombre de fois où c’est pire après ?? Ecoutez, pratiquement toutes les femmes ménopausées prennent du poids ! c’est comme ça !

- Ah super. Je vous remercie de me rappeler que je suis vieille en plus d’être grosse ..

- vous n’êtes pas vieille, vous êtes ménopausée. Il faut accepter votre âge, bon sang !

- Quoi mon âge ? qu’est-ce qu’il a mon âge ?

- Bon, continuez d’aller nager et marchez deux fois plus. Vous verrez que tout va s’arranger..

- Ah ça j’en doute pas, vous m’avez tellement remonté le moral que je vais aller me noyer direct.

En rentrant à la maison j’étais dans un tel état que ma colère contre le docteur s’était muée en rancoeur contre la gent masculine en général. Décidément, ces êtres abjects ne comprennent rien aux drames féminins !

Du coup, quand j’entends samedi matin à ma porte d’entrée le toctoc que je suppute être celui de mon livreur habituel, j'ouvre de fort mauvaise grâce, tant mon médecin m’a contrariée. Je me retrouve face à face avec un gros carton d’où émerge par le dessus une casquette de la poste.

Le livreur penche la tête sur le côté, et voyant ma bobine renfrognée me dit d’une petite voix timide: "Madame Neige, pardon mille fois de toquer à votre porte, j'espère que je ne vous dérange pas, acceptez mes plus plates excuses, mais .. heu, voilà, heu, voilà, .. j’ai un paquet pour vous."

En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire ma furie se transforme en une joie éclatante. Même si je connais le contenu, vu que je l’ai moi-même commandé  à ma p’tite sœur pour un de mes petits-fils, j’estime que je mérite bien un cadeau de réconfort vu ce que j’endure depuis des mois !! Je me mets à danser à travers toute la salle telle une gazelle décoiffée, en chantant "il était un petit cado-o-O il était un petit cado-o-O qui n'était pas encore déballé qui n'était pas encore déballé O-É O-ÉÉÉ !!!".

Alors voyons.

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dépeçons, dépeçons

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han ! han !

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(je vous rappelle que ma soeur est une pro du scotchage. S'il y avait une explosion nucléaire, il ne resterait rien, sauf les paquets scotchés par ma soeur).

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oh my God ! de la menthe fraîche !

c'est ça qui sent si bon !!!!

(j'en profite pour vous donner des détails de ce que vous voyez sur la photo : alors à gauche, le matelas sur lequel dorment mes petits-fils, que je coince (je parle du matelas) d'un côté de mon lit. A droite je mets l'autre matelas (celui que vous apercevez dans le fond, derrière l'ordi) pour le plus jeune. Une fois que tout ça est fait, on ne peut plus bouger dans ma chambre.

Derrière moi, ma superbe porte-fenêtre dépeinturée. J'ai décidé de lui laisser vivre sa vie depuis que je me suis chopé un lumbago.)

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prêts les amis ????

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attention .. tadadaaaaaaaaaaaam !!!!!!!!!

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et voilà le travail !!!

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un magnifique petit tabouret

(unique au monde puisqu'il sent la menthe)

qui va avec un bureau qui ne devrait pas tarder à arriver !

Elle est pas belle la vie ??

PS alors, faut que je vous explique que ça tombait trop bien, vu que justement, mes enfants sont venus dimanche. Le petit-fils destinataire du cadeau était fou de joie. Bon, le seul problème, c'est qu'il n'avait pas compris que le tabouret restait chez moi (faute de place chez ses parents). Il l'avait posé soigneusement à une distance raisonnable de la porte d'entrée (ou en l'occurence de la porte de sortie), de façon à être prêt à l'emmener à l'heure des adieux. Adieux qui furent déchirants, et passablement bruyants, lorsqu'il s'est agi de l'arracher au tabouret, qu'il ne voulait pas lâcher. Il a fallu le lui enlever de force et aller l'enfermer à clé (je parle du tabouret).

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