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le blog de Ambreneige
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bobo
6 janvier 2013

Un mensonge

escalier

 

Quelque chose s’est passé dernièrement qui m’a complètement assommée. Ce que je ressens c’est un peu comme au moment de mon divorce, quand mon ex a enlevé ma fille aînée, qu’il a demandé sa garde et qu’il l’a obtenue. Il l’a obtenue parce que son avocate a proféré un mensonge, et que ce mensonge visiblement a été suffisant pour faire basculer non seulement ma vie, mais celle de ma fille, puisque mon ex ne faisait pas cela par amour d’elle, mais par haine de moi. Ou peut-être pour une autre raison. Mais quelle importance ?

Je ne lui en veux plus. J’ai fait, avec lui aussi, la paix dans mon cœur. Lui par contre, je le sais, m’en veut encore parfois, et continue de se pourrir la vie avec des choses qu’il ne me pardonne pas. C’est son problème. Ce que je sais, moi, c’est que je suis en paix avec cette partie de mon passé. Elle a été ce qu’elle a été, d’une violence inouïe. Mais on ne peut ni revenir en arrière ni rattraper le temps perdu, ces deux années où je n’ai pas vu ma fille se transformer en femme – seulement deux années qui, encore aujourd’hui, me semblent  une éternité - ce temps est irrémédiablement perdu. J’ai mis presque 20 ans à l’accepter, mais ça y est.

Par contre, ce qui m’assomme toujours autant, c’est le jugement des autres, des étrangers pourtant. Comment peut-on s’octroyer le droit de proférer un jugement alors qu’on ne sait rien de rien ? qu’est-ce qui permet à certains humains de prétendre savoir mieux que soi ce qui est bon pour soi et bon pour ceux que l’on aime le plus au monde ? qu’est-ce qui peut bien permettre à certains d’imposer des directives de vie qu’on n’a même pas sollicitées et de fiche des vies en l’air ? et surtout, pourquoi ?? Comment en est-on arrivés là ? La société va donc si mal que nous voilà pour tous les domaines de la vie de pauvres assistés, qu’on nous croit capables de rien, ni de prendre ses responsabilités, ni d’assumer ses choix, ni d’élever ses enfants ?

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5 décembre 2012

Blindées

 

302a09dd

 

Je suis une femme responsable qui se soucie de sa santé, aussi passe-je régulièrement une mammographie.

Me voilà au Centre de Sénologie. Ouaouh ! le monde ! qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? tous les fauteuils de la salle d’attente sont occupés, il y a aussi des femmes debout qui font la queue. Or, à peine pose-je le pied dans la pièce que la dame de l’accueil m’appelle. Chance.

Je m’assieds en face d’elle, elle trie mes anciennes mammos (j’en ai une caisse pleine) pendant que je remplis un papier avec un tas de renseignements. Pourquoi est-ce ? m’inviter à une petite fête ? j’espère que ce sera joyeux.

(elle) bon, Madame Neige je vous fais attendre quelques instants dans la salle d’attente.

Ah.

Où m’assieds-je ?

Nulle part. Je vaque.

Heureusement, elle appelle quelqu’un qui du coup libère une chaise sur laquelle je me précipite, moi et ma caisse de mammographies. Je suis bien contente que ce soit une chaise qui se soit libérée, je me voyais mal devoir m’installer dans leurs fauteuils profonds, profonds, si profonds qu’une des patientes dort en ronflant doucement .. si ça tombe elle est là depuis hier ..

Un quart d’heure s’écoule.

Une demi-heure.

Enfin, au bout d’une heure, la radiologue vient me chercher et me demande de me mettre quasi nue. Je me déshabille donc dans la petite cabine et j’attends sagement qu’on vienne me chercher en me mirant dans le miroir (pourquoi ils mettent un miroir ?? pour qu'on s'admire ???), je regarde mes seins dont je me plains tout le temps qu'ils sont trop petits. Et je me dis "si j'ai un cancer on m'enlèvera peut-être un sein".

Bon ceci dit, personne ne verra la différence.

Forte de cette pensée positive, je fais mes exercices de respiration. Ah, revoilà la manipulatrice. Ah ça pour manipuler, elle manipule ! elle me place sans douceur face à l’appareil et m’écrabouille le sein droit entre deux plaques. Purée, ça fait mal !!!!!!!!! Alors là les filles, vous que j’ai toujours enviées pour vos jolis seins ronds, va falloir que vous m'expliquiez comment vous faites pour supporter ça !!??? Vous comprenez, moi je découvre ! en temps normal ils sont tellement minus que c’est, genre, une fois qu'on l'a trouvé on tire dessus et ya plus qu’à faxer ! Mais là, purée ! j’ai grossi de partout et même des seins ! et elle, pfff, elle me colle le sein gauche dans sa machine de torture maintenant !

Faut faire des clichés supplémentaires, qu’elle m’assène. Misère. Vous le savez vous les filles hein que c’est rarement bon signe quand il faut faire des clichés supplémentaires ???

Enfin passons, elle cliche, puis me demande de retourner devant ma glace avec mes pauvres petits seins meurtris, et d’attendre que le docteur examine.

La revoilà. Elle m’annonce qu’il faut échographier. Purée, je ne la garde pas dans mes relations celle-ci, c'est clair !

Bon, je suis allongée sur la table d’échographie, et je patiente. Moi la moins patiente que la terre ait porté. Ça me fait penser, une fois la sénologue avait vu quelque chose de louche dans le sein. " Bon, ça vous ferait plaisir si je vous fais la biopsie aujourd'hui ?" qu’elle m’avait fait.

Oh bah vous pensez si ça m'fait plaisir !!  je ne suis venue que pour ça !

J’étais donc allongée, comme aujourd’hui sur la table d’échographie. Or, allongée, je suis.. comment dire. Plate (assise et debout aussi, c'est pour ça que je fais beaucoup de mouvements avec les bras : pour pas que ça se remarque). Et la voilà qui avait rappliqué avec sa grosse seringue.

Moi : " vous êtes sûre que vous avez pas le modèle en dessous ?"

Elle, super sérieuse :" faut pas bouger ! déjà que vos seins sont petits si vous bougez je vais le perdre!". Ouais, ben ça se voyait que c'était pas elle qui était sous la seringue !

D'un seul coup j’avais poussé un cri ! elle m'avait perforé une côte !

Finalement elle avait trouvé des kystes qu’elle s’était mise à exploser consciencieusement, tatatatattatatatataaaa !!!! enfin bref ! j’étais sortie de là dedans avec le sein gauche deux fois plus gros que le sein droit ! super sexy la nana ! les mecs tombaient comme des mouches ! (comme d'hab, je sais je sais). Le soir j’avais un hématome avec une jolie couleur moutarde ma foi très seyante, et les piquouzes de biopsie saignaient. Bref. Tout ça pour dire que j’étais pas dans les meilleures dispositions, allongée sur la table à attendre.

Ah. Voilà la sénologue, c’est une nouvelle, je ne la connais pas encore. Qu’est-ce qu’elle me veut à la fin ? c’est insensé, ici, on n’est jamais tranquille !

Donc elle commence. Elle bougonne entre ses lèvres, et je me demande bien ce qui l’inquiète comme ça (du coup ça m’inquiète aussi, pff). Alors je finis par lui poser la question.

(moi) Heu, vous voyez quelque chose de mauvais ?

(sénologue) ya des kystes !

(moi) ah, je suis profondément navrée.. et, heu, c’est grave ?

(sénologue) ben non. C’est juste qu’il y en a plein (puis après un moment de silence pesant) Vous avez été biopsée en 2007 et en 2008 ?

(moi) heu, si vous le dites.. c’est grave ?

(sénologue) ben non. C’est juste que je vois que vous avez été biopsée.

(moi) ah..

(sénologue) (après un long silence pour ménager l'effet dramatique) Bon. Ben tout va bien !

Purée, mais pourquoi elle n’a pas commencé par là ? je respire, je le lui dis. Ça ne lui donne pas le sourire du tout. Je me demande à quoi elles pensent, ces personnes susceptibles d’annoncer de mauvaises nouvelles à des femmes toute la journée.. elles se blindent, ça doit être ça ..

24 novembre 2012

Dure au mal

champagne

 

Il y a une chose qui m’a marquée lorsque j’étais gamine, c’est ma grand-mère qui me répétait inlassablement le regret qu’elle avait de n’être pas allée à l’école. Non mais, vous imaginez, aujourd'hui, un de nos jeunes nous dire : "Ouaich, Môman m'empêche pas d'aller à l'écooooooole !!!!" ????

Mon aïeule avait eu une nombreuse fratrie, et sa mère, pour mettre un peu de beurre dans les épinards, prenait des nourrissons (elle en a eu 32 en tout !) c’est-à-dire qu’elle nourrissait au sein des nouveau-nés que leur propre maman ne pouvait allaiter. Cette plaisanterie pouvait durer deux années, voire plus, si bien que la maison ne désemplissait pas. Avec une telle marmaille l’ouvrage ne manquait pas, et c’est la raison pour laquelle mon arrière-grand-mère gardait sa fille à la maison pour aider. Ça serait aujourd’hui, clair, elle aurait été dénoncée aux services sociaux ! mais les services sociaux n’existaient pas, et c’est comme ça que devenue grand-mère la mienne lorgnait sur mes cahiers avec dans ses tendres yeux bleus toute la tristesse du monde.

De la tristesse, ma foi elle en a connu dans sa vie, même si, comme elle disait, elle était "dure au mal".

Ça avait commencé avec son premier amour, qui s’est avéré être aussi le dernier. A la période qu’on appelle aujourd’hui adolescence, elle est tombée folle amoureuse de celui qui deviendrait mon grand-père, amoureuse et accessoirement un peu enceinte. A quinze ans, c’était une pure blonde à la peau diaphane avec de grands yeux azur. Des yeux de myope. Ce sont les plus doux, m’a-t-on souvent dit.

Quinze ans, donc. Et cet air que certains ados d’aujourd’hui arborent à grand renfort d’extasy, ma Mamy l’avait naturellement : regard rêveur, transparent, pailleté d’étoiles.

Mon grand-père maintenant : le Don Juan du coin. Dix-sept ans, le cheveu noir, hérité d’une lointaine, mais noble, cousine basque, l’œil de braise, le menton fier, un je ne sais quoi d’altier dans le port de tête. Le genre de celui qui a gagné le gros lot à la loterie génétique. Tous les attributs que l’on croyait morts avec Arthur et les Chevaliers de la Table Ronde, mon futur grand-père les a. Ajoutez à cela une loyauté sans faille, gourmand de la vie, en toutes circonstances il va droit au but. Il ne s’embarrasse jamais de fioritures, et même s’amuse à surprendre, voire à choquer : maintenant vous avez une petite idée de l’homme que fut mon grand-père. Que dire encore ? qu’il était impulsif, impatient, que ses colères étaient pourtant vite oubliées, qu’il était incapable de rancune et surtout d’hypocrisie. Oui, mon grand-père était tout, sauf ennuyeux. Certes, ma grand-mère en a fait les frais, car en amour, s'il aimait pour la vie, le problème, c'est qu'il aimait souvent ..

Mais revenons à nos ados de l’ancien temps. Au cours d’un bal. Bien sûr, comme ma Mamy n’a que quinze ans, son grand frère la chaperonne... Mais bon, il faut croire que des obligations l’ont appelé ailleurs, le grand frère, parce qu’aussi sec, mes futurs grands-parents qui sont pourtant bien jeunes se connaissent (au sens biblique, veux-je dire). Et se mettent à ne plus voyager que sur une mer de phéromones. C’est ma grand-mère, surtout, qui n’arrive plus à atterrir. Genre de petite nana à avoir avalé le résumé de Roméo et Juliette. Le bout de ses doigts, de son cœur, de son esprit, la moelle de ses os semblent complètement imprégnés de lui. Il est devenu sa première et sa dernière pensée de la journée.

Et bien entendu, ce qui devait arriver arrive. Sous forme de menstruatum interruptus merdouilloum. En trois jours de temps, les valises sous les yeux de ma Mamy ressemblent aux autoroutes qui ne sont pas encore construites dans le coin.

La mère de ma mamy est du genre pragmatique : elle attrape sa blondinette par la main et va aussi sec exprimer ses revendications (matrimoniales) aux pieds d’Olympe (ma future arrière-grand-mère). J’avoue, déjà rien que son nom fait frémir.

Olympe éclate de rire, dévoilant une quantité phénoménale de dents. Comme elle parle chtimi, la traduction approximative donne ceci :

"Min garchon est trop jeune pour se marier, il doit vivre sa vie ! J’ai lâché mon coq, il fallait rentrer vos poules !"

Et elle conclut l’entretien par un sourire rectangulaire.

Ma petite Mamy s’effondre dans un torrent de larmes. Ça lui sort par les yeux, par le nez, par les oreilles (si si). Au terme des neuf mois réglementaires, et même plus précisément de huit mois, un fils vient au monde, qu’on n’appellera jamais autrement que Pépette, ce qui veut dire poupée en chtimi (déjà que tous ces événements contrariaient bien mon grand-père, en plus c'était un gars alors qu'il voulait une fille !!!)

Mais l’homme que fut mon grand-père vit dans le présent. C’est ce qui fait sa force. C’est ce qui lui permet de toujours repartir, de redémarrer avec un enthousiasme intact. Il marche à grands pas rapides, se tenant très droit, le nez au vent et la tête rejetée en arrière. Son regard est franc, sa poignée de main énergique. Un tic ? il aime se passer la main dans les cheveux, qu’il a drus. Il est toujours en mouvement.

Alors, même si aujourd’hui il n’a que dix-neuf ans et que cela va changer tout le cours de sa vie, il ne pense pas au futur : le 12 février 1927, il épouse la blondinette qui lui a donné un fils, comme l’exige son père. 

Et n’en continue pas moins de vivre sa vie "de jeune homme". Car mon grand-père a besoin de se sentir libre. Toujours.

En août 1933, ma grand-mère qui a 24 ans se retrouve enceinte. Elle veut "faire passer" le bébé, comme elle l’a fait pour tous les autres. L’amour qu’elle vit avec son bien-aimé est à l’image du couple qu’ils forment : pétri d’orages, de discussions houleuses, d’obstacles. Si c’est la paix, c’est une paix armée. Ou mieux : l’armistice entre deux combats. Ma grand-mère jeunette navigue dans le tout ou rien. Elle serait capable de manifester un dévouement aveugle à son mari, seulement voilà : cet homme-là tient à sa chère autonomie et Mamy ne se sent ni respectée, ni acceptée. Mais mon grand-père est entier. Il ne tergiverse pas : il veut des enfants, beaucoup d’enfants. Il pense comme son père que les enfants, c’est la vie. Alors, il en fait à sa femme.

La mère de ma grand-mère (la nourrice), si maternelle, essaie aussi de convaincre sa fille. "Garde le bébé, je te l’élèverai..". Mamy ne veut rien savoir. Elle saute dans les escaliers avec le secret espoir que l’enfant va se "décrocher".

A-t-il fallu qu’il ait envie de vivre, mon papa, pour naître quand même envers et contre tout ?

Pendant ce temps, en Allemagne se profilent des événements extrêmement inquiétants. En 39, mon grand-père est mobilisé. Les gens s’enfuient sur les routes, se cachent, n’importe où, la tête folle, les yeux perdus. Marcher, jusqu’où ? ne pas s’arrêter tant que l’insupportable bruit de mort subsiste, tant que les avions piquent, que les chars mitraillent. Les enfants, les femmes tués au passage des ponts. On ne connaît même pas leurs noms. Ils n’ont pas d’identité, pas de visage.
Le flot des réfugiés grossit chaque jour. Les Allemands détruisent tout sur leur passage ! il faut fuir pour échapper aux "Boches",  tout ce qui peut rouler est utilisé : automobile, chariot, brouette, bicyclette, voiture d’enfant ..

En juin 1940, mon grand-père est capturé en Alsace, où il reste près de deux mois, puis emmené dans le stalag de Dortmund en Allemagne. A son arrivée, il est fouillé, on lui confisque ses papiers, on l’envoie prendre une douche de désinfection puis il est pris en photo. On lui donne une plaque avec un numéro matricule qu’il devra toujours avoir sur lui, de jour comme de nuit. Sur la plaque est marquée le nom du stalag (VI/D) et son n° de matricule : 24143.

Il restera dans ce camp trois longues années, trois années qui vont agir sur lui, lui l’amoureux de la liberté, lui pour qui l’indépendance est toute sa vie, comme un poison subtil. Quand il reviendra auprès des siens, ce sera un autre homme, transformé à jamais. Lui si léger, lui qui aime tant la vie, le voilà violent, suspicieux, jaloux, taciturne, enfermé dans une souffrance que rien ne peut soulager.

Pour ma grand-mère, pendant ce temps, la vie est dure. Seule pour élever ses deux fils, elle passe son temps à la table à repasser (elle tient une teinturerie). Ah, le travail ne lui fait pas peur ! et c’est la leçon que retiennent ses garçons, mon père, du haut de ses 5 ans, et Pépette, qui en a 13. Eh oui, ma Mamy si chaleureuse n’est pas une tendre maman. Elle n’a pas le temps. La guerre lui a volé son mari, il faut que l’argent rentre, les temps sont durs avec toutes les restrictions imposées par les Allemands qui permettent à peine d’acheter de quoi se nourrir. On manque de tout, car une grande partie de la production française est réquisitionnée pour les soldats allemands mais aussi pour la population en Allemagne. Il y a bien le marché noir, mais ça coûte cher. Il faut donc travailler. La boucle est bouclée.

Et puis il y a la peur : la peur des bombardements, mais surtout la peur des violences commises par les Allemands. Si Pétain collabore avec l’Allemagne, le Général de Gaulle, lui, pense que la défaite de la France n’est pas définitive. Le 18 juin 1940, il lance, de Londres, un appel à la résistance des Français. Il les encourage à venir le rejoindre pour continuer le combat contre l’Allemagne nazie. Peu nombreux, ces hommes forment les Forces Françaises Libres. Ils combattent durant toute la Seconde Guerre mondiale aux côtés des Anglais. D’autres personnes décident de continuer le combat sur le sol français, comme mon oncle Pépette qui a alors quinze ans.

Ces activités sont dangereuses car les hommes de la Résistance sont impitoyablement pourchassés par les polices françaises et allemandes. Ceux qui sont capturés sont exécutés ou envoyés en Allemagne dans des prisons ou des camps de concentration.

Mon grand-père est libéré en juillet 43. Les retrouvailles sont à la hauteur des souffrances de chacun. Mon grand-père a quitté deux garçons de 5 et 13 ans, il retrouve deux jeunes étrangers qui en ont 9 et 17, et dont l’aîné le toise, lui qui a su ne pas baisser la tête devant l’ennemi. La violence surgit dans le foyer, avec son cortège de souffrances. C’est à partir de ce moment que mon père s’enferme dans la solitude et les études...

 

Vous devez vous demander pourquoi je vous raconte tout ça ? eh bien parce que je pense à ces vies d’autrefois tellement moins confortables et ô combien moins épanouissantes .. que dire en effet de la position de nos grand-mères à la merci du bon vouloir de l’homme, père ou mari ? Séduite, épousée ou non, délaissée, rejetée ..

Je ne suis pas en train de faire l’apologie de "c’était mieux avant", justement non ! Je me dis simplement qu’aujourd’hui nous bénéficions de tant de possibilités d’être heureux, ou en tout cas de ne pas être malheureux, mais cela nous semble tellement acquis et légitime que non seulement on ne les apprécie guère mais en plus on se crée bien souvent des souffrances qui n’existent que dans notre mental ..

Vous ne trouvez pas ?

20 novembre 2012

Régime forcé

Coucou les amis,

J’ai fait connaissance pour la première fois de ma vie avec une stomatologue samedi dernier. Elle a eu la bonté de me recevoir aux aurores, j’étais sa première patiente, particulièrement impatiente, je vous prie de croire !! vu qu’elle avait la lourde tâche de m’alléger d’une de mes dents et qu’ainsi je la bénisse jusqu’à la fin de mes jours.

Alors je vous dis à quoi ressemble une stomato (tout au moins la mienne) : jeune, brune et très dynamique (j’opterais pour une Gémeaux, très aérienne, voyez comme genre). A peine me convie-t-elle à la suivre qu’elle a disparu dans un tourbillon de blouse blanche.

Pour la suite purée ça a été vite. Pas de petit café, pas de papotage, rien. Elle m’invite à m’asseoir dans le fauteuil rouge qui trône au milieu de la pièce vide (il n’y a vraiment rien d’inutile dans le cabinet de cette femme, elle devrait donner des consultations de déco zen), puis me demande d’ouvrir la bouche (je ne la connais pas, moi, après tout, alors j’avais tout fermé, les yeux et la bouche). Je l’ouvre (la bouche), mais uniquement parce qu’elle me l’a demandé très gentiment.

La chose est vite et bien faite. Je n'ai rien senti (Violette, tu avais raison !!). Qu’elle soit bénie sur plusieurs générations.

Je ne suis même pas relevée du fauteuil qu’elle a déjà disparu dans le couloir qui mène à sa secrétaire. Bon en même temps elle m’a collé une compresse dans ce qui fut autrefois une dent avec interdiction d’ouvrir la bouche pendant une demi-heure, alors pour les commérages ...

Bien, alors à la demande de Clo, je vous mets une petite photo :

hamster-eating-broccoli

Eh oui, comme vous constatez, je remange !!!

Chance !!!

Ceci dit avec ce régime forcé d'une semaine j’ai perdu quatre kilos !!!! faut toujours voir le bon côté des choses, pas vrai ?

 

Et vous les amis, come sta ???
18 novembre 2012

Pause

chutes

Ce petit mot juste pour vous dire que la pause risque de se prolonger quelques jours. Je viens de passer quatre jours et quatre nuits avec la douleur. Une douleur hallucinante.

Je vous remercie de vos gentils petits mots et de vous être inquiétés pour moi.

Prenez soin de vous mes amis, la vie est précieuse, et si courte.

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12 novembre 2012

Mon Amérique à moi

Cette nuit, je dormais tranquille pomme-chips sans embêter personne (comme je fais toujours) quand soudain, purée une de ces douleurs !!!! mes dents, c'est à se demander à qui elles prendraient la tête si j'étais pas là !!!

Il était genre, 3h et demi-4h, bon OK je suis matinale mais là quand même ça faisait tôt ! Néanmoins je me lève pour me brosser les quenottes, des fois que. Tu parles !!!

Et brossant je relève la tête, me mire in ze mirror,

rouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh !!!!!!!!!!!!

C'est quoi ça ???

hamst

Ben oui, c'est moi !!! la noix dans la joue en moins parce que chez moi, tout est naturel !!!

Bref, il a fallu que j'attende une heure décente avant d'aller squatter le cabinet de ma chère dentiste, qui en moins de trois secondes était devenue ma déesse, mon tout, mon Amérique à moi, enfin, jusqu'à ce qu'elle m'annonce que suivant la tournure qu'allaient prendre les événements, elle allait être obligée d'extraire la dent !! oui oui, l'extraire, c'est eg-zac-te-ment le mot qu'elle a dit, un mot que j'exècre, allez savoir pourquoi !!!!!!!!

Quand je pense à tous ces jours que j'ai passé sans avoir mal et sans même l'apprécier, quand je pense à toutes ces nuits où j'ai dormi du sommeil de l'innocence sans imaginer une seule seconde ce qui se tramait au sein même de mon propre moi !!

Misère de misère, dire qu'il va falloir en repasser par là ..

9 novembre 2012

Compliqué

bleu

Je me demande pourquoi les relations entre humains sont tout le temps si compliquées. Pourtant la plupart du temps dans nos contrées on dispose d’un certain confort matériel. Cela devrait nous libérer l’esprit pour pouvoir vivre sereinement.

Au lieu de ça, on se torture pour des choses qui au final, n’en valent pas la peine.

Car si on fait le bilan, que reste-t-il de toutes ces heures passées à se torturer et à torturer l’autre ?

7 juin 2012

Pléonasme

epaule


Il paraît qu’on recherche inconsciemment notre père dans l’homme avec qui l'on vit.

Mon père, si je devais choisir un seul qualificatif pour le définir, ce serait : froid. Il ne l'était pourtant pas (c'était une façade) mais malheureusement je ne m’en suis rendu compte qu’après sa mort. D’ailleurs, pour tout vous dire, quand mon père est mort j’ai ressenti une douleur incommensurable, chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout ! je fais partie des personnes qui ne retrouvent pas leurs morts devant une tombe, et pourtant quand mon père est mort j’avais sans arrêt le besoin d’y aller, mais dès que je quittais le cimetière je me sentais comme perforée, c’était horrible ce qu’il me manquait ! je le cherchais partout, vous savez un peu comme un chien qui n’a plus son maître mais qui ne comprend pas où il est passé parce que personne ne peut lui expliquer, eh bien voilà je ressentais ça, quelque chose d'intuitif, de viscéral, alors je retournais devant la tombe, je savais que c’était là qu’il était alors j’y allais, mais je ne le trouvais pas, nulle part, et je repartais en larmes avec le même gouffre intersidéral au niveau du plexus que ce que j’avais en arrivant.

Mais bref, comme d’habitude j’ai fait une digression.

Mon père, disais-je. Heureusement qu’il avait son piano pour s’exprimer, même s’il démolissait les touches quand il était en colère .. heureusement aussi qu’il savait siffler, il sifflait beaucoup, il sifflait d’ailleurs très juste. Parce que mon père parlait très peu. Et puis d’ailleurs, il ne parlait pas, il "aboyait", comme disait ma mère. Il n’ouvrait la bouche que pour gu.. râler.

Est-ce pour ça que je n’ai aimé que des râleurs ?

A moins que ..

Si je vous dis, Messieurs, que vous passez votre temps à critiquer tout ce qui bouge avec force grossièretés, les autres conducteurs, les collègues au boulot, les hommes politiques, et bien sûr votre sujet préféré, la femme qui vit à vos côtés, vous reconnaissez-vous ? si je vous dis, Mesdames, qu’ils ne sont jamais contents, vous abreuvent de mélopées incessantes là où on préfèrerait ne serait-ce qu’un compliment, qu'ils font toute une histoire parce qu’on a oublié d’éteindre la lumière avant de quitter une pièce (ou autre drame du genre), qu'ils ne voient que ce qui aurait dû être fait plutôt que ce qui l’a été, ça vous dit quelque chose ?

Si homme et râleur était un pléonasme ? 

25 avril 2012

Comme une grappe de raisin sur un rameau sec

raisin blc soleil

 

Vous le savez car je vous en ai rebattu les oreilles, j’ai été profondément marquée par certains événements de mon enfance, plus particulièrement par la violence de mon père envers ses filles, et par ce que je tenais de la part de ma mère pour de l’indifférence.

Là où ma sœur, la tête haute, s’est rebellée, j’ai suivi le chemin balisé de la soumission, ce qui n'a pas empêchée que je sois mal jugée par les miens.

Ma famille ne se résume plus aujourd’hui qu’à une seule personne (je ne parle pas de ma sœur, elle est une autre moi-même,  celle que j’aurais certainement été si je n’avais pas été celle que je suis ;-)).

C’est de cette unique personne dont je vais parler aujourd’hui.

Il y a dans quasi toutes les familles des choses qu’on sait et qu’on ne dit pas, choses qui peuvent devenir de véritables carcans qui nous étouffent et nous empêchent de nous construire en tant qu'être libre et autonome.

Lorsqu’on s’intéresse à la généalogie très jeune, on découvre forcément ces secrets de famille que génération après génération tout le monde s’est appliqué à dissimuler. Se pose alors un choix : faut-il en parler ou le garder pour soi ?

Parce que j’étais "loyale" sans le savoir – c’est un mot à la mode qui veut dire qu’on reste dans le "droit chemin" tracé pour vous par vos parents – lorsque j'étais jeune j’ai gardé toutes mes découvertes pour moi. Du reste, les membres de ma famille n’y accordaient pas d’intérêt, terrorisés qu’ils étaient à l’idée que je trouve ce que tout le monde savait et dont on ne parlait pas (on préférait se crier dessus, se vouant une haine féroce en déballant des trucs vieux de quarante ans).

Au fur et à mesure que je découvrais des choses "inavouables", que certaines de mes questions restaient sans réponse, j’avais, pour reprendre une merveilleuse expression de ma fille aînée, l’impression qu’on m’avait vidé des sacs-poubelle entiers dans la tête.

Au moment de la mort de ma mère, ma famille n’était plus réduite qu’à une seule personne. Les quelques autres parents que nous avons ont dû juger que ce que nous avons fait de notre vie n’était pas assez bien, enfin j’en sais rien, peu importe.

Cette personne, assez curieusement, nous est tombée dessus, sur ma sœur et sur moi, avec ses jugements et sa colère. En fait, elle nous a balancé toute la colère qu’elle ne pouvait plus adresser à notre mère. Enfin pour être honnête, c’est contre moi précisément qu’elle l’a retournée. Cela avait été extrêmement violent, d’autant plus violent que j’étais en deuil et que je ne comprenais absolument pas comment je me retrouvais être le sujet d’une colère aussi virulente.

A la suite de ça j’ai "coupé les ponts", et ceux qui me connaissent peuvent mesurer par là-même la gravité de la chose pour que j’en sois rendue à une telle extrêmité (ça devait être la première fois que je coupais les ponts avec quelqu’un, c’est dire !).

Puis le temps a passé, faisant son œuvre bienfaitrice. Mon affection pour cette dame, âgée maintenant, a repris ses droits. Oui sans doute, elle s’est "mal" comportée à cette période, et alors ? puis-je jurer que moi-même, je ne l’ai jamais blessée ?

De toutes façons, j’ai besoin d’elle. J’ai besoin de savoir comment elle va. Elle fait partie de ma vie, et si les premières reprises de contact ont été difficiles (elle me balançait pas mal de piques à chaque fois, des reproches, etc ..), petit à petit l’échange est redevenu serein.

Et puis hier, je cherchais quelque chose dans ma boîte à courrier, quand je tombe sur une lettre qu’elle m’avait adressée il y a quelques années (avant la mort de ma mère) suite à un petit "différends" entre ma mère et moi (c’est le moment où je commençais tout juste à essayer de dire ce que je ressentais).

Et je me suis mise à lire ..

"J’ai toujours parlé d’amour, je suis intarissable sur ce sujet, et je ne peux vivre sans l’amour des miens, et mes enfants savent bien qu’ils nourrissent mon envie de vivre par leur amour, sinon je dépérirai comme une grappe de raisin sur un rameau sec. L’amour, c’est donner, comprendre, relativiser, pardonner, et c’est aussi, surtout, échanger.

Ma chérie, j’ai été très surprise de ton attitude hier, et je t’écris ce matin car je n’ai pas bien dormi cette nuit. En effet, tu nous as dit à ta mère et à moi qu’on ne te comprenait pas, c’est vrai, et je ne vais pas développer ce sujet qui, pour moi, est de peu d’importance par rapport aux graves soucis qui alourdissent ta vie en ce moment.

J’ai constamment été considérée comme une personne forte moralement, mais ma force, je l’ai toujours puisée dans la confiance, l’aide et la foi que j’avais dans mon mari, mes parents, mes enfants et ma famille.

Maintenant il me reste mes enfants, mes sœurs et mes nièces. J’ai toujours et plus que jamais besoin de l’amour de ceux qui me restent, et c’est vital pour moi.

Alors fais comme moi, ma chérie, aime, réfléchis positivement, relativise, donne à ta maman l’amour dont elle a besoin et essaie d’être brave pour affronter les problèmes de ta vie sans t’arrêter aux peccadilles."

22 mars 2012

Au fait ..

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Ca m'arrive tout le temps qu'on me fasse des réflexions injustifiées (et blessantes) qui, sur le moment, me laissent bouche bée. A chaque fois, je pense seulement après coup à ce que j'aurais pu répondre (genre, je me réveille en pleine nuit avec une répartie trop géniale ! seulement voilà, c'est trop tard ! et je me vois pas aller réveiller la personne pour lui dire : " Au fait ! pour ce que tu m'as dit ya six mois ...")

C'est pour ça que ma psy m'avait dit : "il faut que vous appreniez à vous défendre". Elle est marrante elle. Comment on apprend à "se défendre" quand on ne s'attend jamais à ce qu'on vous dise une vacherie ?

24 février 2012

Serrez-vous un peu là-dedans !!!

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Seth demande à corps et à cris ce qu'est l'amour ;-)

Eh bien selon moi, pour commencer l’amour est un sentiment durable. Je me rappellerai toujours d’une réponse que m’avait fait François (encore lui !). Il était marié mais avait avec son épouse une relation qui lui permettait de sortir seul avec une amie sans que cela posât de problème dans leur couple. En fait je crois bien qu’il a été sans le savoir un précurseur  du poly-amour (voir Françoise Simpère) puisqu’il avait aussi une amante. Bref ! tout cela pour dire qu’à l’époque où je le fréquentais j’étais bien plus névrosée qu’aujourd’hui et je ne comprenais pas comment on pouvait avoir une épouse, une amante, et une amie. Logiquement pour moi les deux premières excluaient la troisième et il ne restait aucune place pour cette dernière. Or, la dernière c’était moi, bouuuuuuuuuuh ! et comme j’avais un besoin encore plus maladif qu’aujourd’hui qu’on m’exprime de "l’amour" je lui en avais fait part. Il m’avait éclaté de rire au nez en me disant quelque chose comme : "Serrez-vous un peu là-dedans (dans mon cœur), il y a assez de place pour tout le monde !"

(Seth, je te préviens qu’on risque de n’être pas rendus car j’ai une sérieuse tendance à faire des digressions sans arrêt)

Oui donc, l’amour pour moi est un sentiment durable. D’ailleurs, à ma connaissance, le non-amour n’existe pas. Il y a la haine, mais la haine ce n’est pas du non-amour, c’est un genre de colère. Donc voilà, selon moi, quand on éprouve de l’amour c’est pour la vie. Par exemple, généralement, on aime ses enfants et ses parents. Cet amour disparaît-il un jour, quand bien même ces derniers font (je parle des premiers) ou ont fait (je parle des seconds) n’importe quoi ? que nenni. Pareil pour les ami-e-s. Souvent même, plus on aime, plus on aime (tiens, Khayaa m’a contaminée..)

Enfin, pour essayer de dire mieux, pour moi l’amour, c’est la seule chose que plus tu en donnes, plus tu en as.

Donc déjà, selon moi, si le sentiment qui te lie à telle personne se délite un jour, c’est que ce n’était pas de l’amour. C’était un attachement qu’on a pris pour de l’amour (dans le meilleur des cas) ou c’était une rencontre de névroses, c’est-à-dire d’inconscients (dans mon cas).

Ce qui m’amène à la deuxième chose qui fait qu’on reconnaît l’amour : lorsque c’est de l’amour, il n’y a pas de souffrance. Aimer, c’est tout le contraire. Aimer, c’est faire ensemble des choses qui font plaisir, c’est se faire plaisir mutuellement, c’est vouloir le bonheur de l’autre, aimer c’est, comme dit mon ami Reynald, "ti voglio bene", "je te veux du bien". En plus comment ça chante à l’oreille, "Te voglio bene" !! rien que les mots, déjà, nous font du bien !

Si donc dans ma relation d’amour, je souffre ou/et je fais souffrir, il y a de forts risques pour que ce ne soit pas de l’amour mais le règlement de comptes de deux inconscients qui ne nous ont pas demandé notre avis. Et d’ailleurs, avez-vous déjà remarqué que l’on tombe souvent sur le même genre de personnes ? qu’on les "attire" ?

Ben ne cherchez plus : ça dure tant qu’on n’a pas compris ce qu’il y a à comprendre.

Bien alors. Au vu de ce qui précède, d’aucuns vont dire, ça y est, Ambre est encore barrée dans son monde de Bisounours avec son amour idéal !!

Ben pas du tout. Je ne suis pas du tout dans un monde irréel. L’amour existe (merci mon Dieu !) et il n’y a pas que des couples de névrosés sur Terre. Il y a des gens qui, plus ou moins tardivement, plus ou moins facilement, règlent leurs comptes avec leur passé, avec leurs souffrances, et ne les feront plus porter à leur amoureux-se.

Donc ce que je veux dire, c’est que lorsqu’on a une relation d’amour, on reste qui l’on est avec son passé et ses souffrances, mais aussi avec sa personnalité propre (par exemple on est jaloux ou pas, on a tendance à materner ou à paterner ou pas, etc) mais ces particularités ne sont plus des outils pour (se) faire souffrir mais sont mis au service de l’amour.

Par exemple quelqu’un qui aime un jaloux sait que le jaloux n’est pas comme ça pour l’embêter mais parce qu’il a une souffrance en lui, alors au lieu de l’asticoter pour le rendre encore plus jaloux il le rassure, puisqu’il l’aime. Quand on aime on n’a pas envie de faire du mal à l’autre, on n’a seulement envie de lui faire du bien.

C’est pour cela que ce que disait Reynald dans un de ses commentaires est si important : "Mais pourquoi les relations humaines sont-elles si difficiles dans un monde où la communication est pourtant si généralisée ?"

Eh bien parce que notamment au début d’une relation amoureuse, au lieu d’être soi-même on rentre dans un rôle (je ne dis pas que c’est conscient, je n’en sais rien) pour se présenter sous ce qu’on croit être notre meilleur jour. Et après quelques mois, années, de vie commune, on est tout étonnés de découvrir quelqu’un de complètement différent !!! alors évidemment on se sent leurré. On oublie juste qu’on a fait pareil ! ;-)

Car c’est autant valable pour les hommes que pour les femmes, et je ne parle pas des moments intimes où nous, les filles, on simule pour gonfler l’ego du mec, et après ça on lui reprochera de pas assurer alors qu’on n’a jamais osé lui dire ce qu’on aime qu’il nous fasse !!

Oui parce que l’amour, c’est aussi bien sûr les câlins. Je ne vois pas comment on peut (dé)montrer son amour à une personne si on ne la touche pas, déjà que généralement on se dit n’importe quoi par peur de se dire la vérité ! avec le corps on peut tout se dire, encore faut-il pouvoir se lâcher ! et on ne peut se lâcher que lorsqu’on a posé, au moins en partie, nos "valises psychologiques" (chose que pour ma part je viens de faire seulement maintenant ! alors voyez faut pas désespérer, tout arrive ;-))

Bon je vais m’arrêter là parce que je crois que je me suis perdue en route ! ;-)

Mes amis, c'est à vous !!

 

(¯`*´¯)
`*.¸.*
  ¸.*¨ ¸.*¨)
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 *

4 février 2012

Une miette de pain

1130155064_femme hiver

 

Mon ami Obalui – qui hait le froid – m’a envoyé des photos de sa campagne enneigée.. je compatis, vraiment, je compatis d’autant plus que maintenant, je sais ce que c’est que d’avoir froid.

Que je vous explique.

Il y a un certain temps, enfin toute ma vie d’avant en fait, j’avais tout le temps chaud. Mais quand je dis "chaud", c’est vraiment chaud ! au lit, c’est moi qui réchauffais les pieds, c’est vous dire ! j’avais en permanence la sensation d’être un moteur en surchauffe. Comme par ailleurs j’ai toujours été particulièrement patiente, pulsive, calme et modérée, vous avez juste à imaginer ce qu’était ma vie (et celle des autres) ! Ceci dit, quand on a quelque chose qui est casse-bonbon dans la vie on a forcément autre chose qui compense. Et ma compensation, c’est sur ma facture d’EDF que je l’avais, surtout l’hiver. Ben oui, pas besoin de chauffer vu que j'avais toujours trop chaud !! pas besoin non plus de gros pulls, d’emmitouflage et autres mitaines !

Or, un jour qu’il est possible (je dis bien possible. Chacun voit midi à sa porte) que j’aie très très légèrement pété les plombs, ainsi qu’un certain nombre d’assiettes qui de toutes façons étaient toutes dépareillées, mon conjoint secouant la tête d’un air las m’enjoignit très fortement d’aller consulter. J’adhérai à son enjoignement avec d’autant plus de grâce que 1) la grâce est innée chez moi et que 2) je commençais à ne carrément plus me supporter. Ce qui, vous en conviendrez, est drôlement embêtant.

C’est comme ça que j’appris qu’un nodule chaud s’était logé dans ma glande thyroïde. Ni une ni deux le médecin me débita toute une panoplie d’arguments censés me convaincre de me faire opérer.

- Vous ne serez plus maigre !

- Comment ça je suis maigre ? mon poids me convient très bien !

- Vous n’aurez plus les yeux exorbités !

- C’est avec des arguments comme ça que vous réussissez à envoyer vos patientes sur le billard ?

- Écoutez de toutes façons, vous n’avez pas le choix, parce qu’il n’y a pas d’autre solution que l’ablation. Mais ne soyez pas inquiète, nous maîtrisons parfaitement la thyroïdectomie à présent. Après vous avoir endormie, bien entendu (huhuhuhu), on va vous ouvrir le cou en deux..

- Glps..

- .. ensuite, un petit coup de bistouri et hop ! plus de nodule ! on vous laisse comme ça le temps de l’analyser ..

- Ah bon ? parce que si c’est bénin vous me le remettez ?

- Mais non mais bon, on va pas refermer si deux secondes après faut rouvrir pour enlever tout le reste ! on n’a pas que ça à faire non plus !

- Ben justement, si vous n’avez pas que ça à faire je vais plutôt rester chez moi..

- Non-non ! je viens de vous dire que vous n’avez pas le choix ! Allons mon petit qu’est-ce que c’est qu’un nodule de rien du tout ? hein ? une goutte d’eau, une miette de pain dans la boulangerie de votre vie !

- Oui ben moi j’y tiens à ma miette !

- Tsss tssss.. bon, allez chercher vos petites affaires, qu’on ne perde pas une minute. Le temps c’est de l’argent !

Et voilà. C’est comme ça que je me suis retrouvée sans radiateur intégré. C’est comme ça que, pour la première fois de ma vie, je découvre ce que c’est que d’avoir froid. Ben c’est drôlement désagréable !!! vous croyez peut-être que la thyrochose m’a rendue chochote ? vous voulez savoir combien j'ai chez moi ? 10° dans ma chambre et 7° in ze kitcheune. Alors hein !

Quand je pense à la pauvre p’tite Marie qu'a explosé .. enfin je parle de ses canalisations ! Et chez toi ma Sylvie sous ta yourte ? il ne doit pas faire chaud-chaud dis moi ???

Et vous, mes amis, vous avez chaud chez vous ?

8 décembre 2011

Jouissance

cheval

 

Un beau matin, et même pour tout dire le dernier d’une série de beaux matins (en fait, un matin ne peut être qualifié de beau que rétrospectivement, vu qu'on ne se rend compte qu'il l'est, ou plutôt qu'il l'était, que quand il ne l'est plus) oui alors donc, un beau matin, je me réveille avec l’impression d’avoir reçu un coup dans les côtes.

Je cours aussitôt chez mon médecin bien-aimé :

- Docteur, j’ai mal ! là !!

- Là ???? qu'il fait en appuyant comme un malade à l’endroit que je lui indique.

- Ouaaaaaaaaaaaah !!!!!!! mais ça va pas ! ça fait mal !

- Ah bah oui, ça fait très mal. Bon, ben vous allez commencer par arrêter la piscine. Vous avez dû vous déchirer un muscle en nageant.

(moi, montant sur mes grands chevaux :)

- Me déchirer un muscle ? c’est à moi, la championne toutes catégories de nage en piscine, que vous supputez que j’ai pu me déchirer un muscle ????? comme si c’était mon genre de faire des mouvements aquatiques inconsidérés !! dites que je suis pas souple !

- Je dis juste qu’il va falloir vous calmer ! déjà, pour commencer, arrêtez de gesticuler dès qu’on vous dit quelque chose ! donc la seule chose que je vous prescris c’est : rien ! vous ne faites plus rien !!!!!!!

(De retour à la maison, à mon fils :)

- Le docteur dit que j’ai mal dans les côtes parce que je vais trop à la piscine !!!!!!!! vraiment n’importe quoi !!!!!

- A mon avis il a plus d’expérience que toi en médecine !" rétorque la chair de ma chair sans la moindre compassion.

Gnin gnin gnin ! c’est bien les mecs ça, à se soutenir même quand ils ont tort ! hein, franchement, est-ce qu’on peut se faire du mal en nageant ???????? pffft.

Bref. Donc, j’ai mal. Ca fait trois semaines que je me traîne comme une petite vieille en me tenant les côtes. Je vous avoue que je commence à déprimer sérieux ! ceci dit ne croyez pas que je vous dis ça pour me plaindre ! je suis pas Clo ! Oui, parce que Clo, figurez-vous qu’elle est balade. C’est en tout cas ce qu’elle m’a annoncé hier en se mouchant bruyamment dans mes oreilles, alors que je m’enquerrai de ses nouvelles. Elle en éprouve, dit-elle, une sorte de satisfaction jubilatoire, presque une jouissance.

Une jouissance de tousser et de se moucher bruyamment dans l’oreille des copines ??? Clo, dis-moi vite ce que c'est, tes remèdes naturels ! ça a l'air drôlement efficace !!

18 novembre 2011

on n'est pas rendus

1338369_3249298Ma sœur m’a fait cadeau d’un livre, enfin de plusieurs, dont un que je trouve particulièrement intéressant. L’auteur y explique que lorsque nous sommes malades, c’est que notre corps – notre meilleur ami et le plus fidèle, selon lui – exprime à travers les différentes pathologies (que ce soit une sinusite ou un cancer) que nous avons posé des gestes faux, que nous avons fait des choix allant à l’encontre de nous-mêmes, que nous ne nous sommes pas suffisamment aimés et respectés pour nous autoriser à privilégier notre propre personne au lieu de faire passer le bien-être ou les demandes des autres avant les nôtres.

Il se trouve que quelques jours avant d’ouvrir le bouquin, je me suis mise à souffrir d’une "douleur de paroi" (dixit mon médecin) (en fait, c’est une déchirure intercostale, si j’ai bien compris). C’est marrant cette expression, non, "douleur de paroi" ? C’est marrant mais c’est pas drôle du tout. Ça fait mal chaque fois que je respire (or, je n'arrête pas de respirer), que je tousse (je traîne une vieille bronchite, ce qui fait que pour avoir moins mal je tousse très timidement, si bien que mon fils me sort des trucs aussi sympas que "alors là, on dirait plus une petite vieille, on dirait carrément un fossile !") mais alors le pire de tout, c’est quand je me marre. Qui y cru qu’un jour, je supplierai que l’on ne me fasse surtout pas rigoler ?

Enfin bref. Cette "douleur de paroi" est survenue comme par hasard lors d’un épisode (contexte familial) mettant en scène ce que je me sens obligée de faire par loyauté envers mes parents, et ce que je ressens profondément en moi. D’où un tiraillement douloureux.. une déchirure !

Bon, ceci dit, j’ai compris le comment du pourquoi, je suis drôlement fortiche !! alors pourquoi la douleur ne disparaît pas ?

Eh bien parce que, comme me l’avait expliqué ma psy une fois, il y a tout un monde entre la compréhension intellectuelle et la prise de conscience. Le corps, lui, il en a rien à fiche de ce que lui raconte la tête, vu le nombre d’âneries qu’elle passe son temps à lui sortir depuis toujours et que c’est même à cause de ça qu’il est dans un tel état.

Prenons l’exemple de la violence, puisqu’il se trouve que c’est un contexte que j’ai connu vécu. Eh bien j’en ai toujours eu une compréhension intellectuelle. Je me rappelle de tout, j’ai bien intégré que enfant, j’ai été agressée physiquement par mon père, et d’une certaine façon, par ma mère (qui n’intervenait pas). Comme je vous l’ai déjà dit, j’ai cherché au travers de mon histoire familiale des explications à cette attitude parentale, et ô joie, j’en ai trouvé (puisque j’en cherchais). Tout ça m’a satisfait intellectuellement et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Alors pourquoi ces crises d’angoisse lorsque mes enfants (et petits-enfants) étaient petits (à partir de leurs deux ans, c’est-à-dire quand mon père a commencé à "s’occuper" de moi) ?? Pourquoi ces pathologies pulmonaires et cardiaque à répétition (ah mais oui c'est vrai, dans notre famille on est tous fragiles des poumons !!) ?? Et ma mère à chaque fois qui me disait " T'as toujours des maladies bizarres, comme c’est bizarre !" ..

Eh oui, mon intellect était satisfait, mais pas moi. Je n'ai jamais compris ce qu’essayait de me dire ma psy quant elle me bassinait avec sa "prise de conscience".

9782761920674Or, qu'est-ce que c'est que la prise de conscience ? eh bien c’est le fait de se reconnecter avec la violence subie (aglagla moi peur) au lieu de la regarder de loin comme je l’ai toujours fait (la petite Nad battue par son papa), ceci afin d’admettre que cette dernière a bel et bien été vécue et qu’elle n’appartient pas à qui que ce soit d’autre que soi-même.

J’ai aussi découvert grâce à ces livres, que moi qui me croyais la plus grande des coléreuses devant l’Éternel, eh bien c'est tout le contraire !!! je ne suis pas fichue d’exprimer mes colères !! La preuve, les crises de rage que je piquais il y a seulement encore quatre ans (chez nous toutes les portes sont dégondées), qui sont, non pas la marque saine d’une colère exprimée, mais la souffrance de toutes mes colères rentrées !! (bon, faut pas que je m’énerve, sinon je vais encore avoir bobo !)

Alors vous voyez les amis, comme on dit en Suisse : on n’est pas rendus !!

28 juin 2011

le vrai bonheur

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dimanche soir,

Le Bout du Bois (Oise)


En bon stoïcien moderne, papa croit - comme tout le monde probablement aujourd'hui - que le vrai bonheur, c'est l'instant que l'on vit. Ne rien attendre d'espoirs sur l'avenir. Ne pas se cramponner au passé, vivre purement le présent, le bonheur est là.

Équation : maintenant que je suis mort, ton vrai bonheur ce serait donc ta douleur de l'instant présent ?

 Michel Rostain (Le fils)

11 mai 2011

pourquoi

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tout à coup

il a senti ses mains se glacer

et il s'est demandé pourquoi

lui qui voulait

vivre

 

et parce qu'il ne pouvait pas courir

une étoile lui a montré comment

v o l e r


25 octobre 2010

allo maman bobo

Voilà.

On est lundi et d’habitude le lundi je suis super contente parce que c’est le début de la semaine. En fait d’hab, à peine j’ai ouvert un œil sur le monde, je suis contente, même si on est mardi, mercredi ou n’importe quel autre jour de la semaine. Sauf que le lundi c’est mieux, parce qu’il va y avoir tous les autres jours de la semaine à la suite.

En fait, d’habitude, tellement je trouve que c’est trop le fun de démarrer une nouvelle journée, quand je me lève je fais Doooïïïïnggggg !!!!!!

Au lieu de ça ce matin à peine j’avais ouvert un œil que j’ai eu envie de le refermer. D’ailleurs c’est ce que j’ai fait. Et moi qui aime rien tant que voir le soleil se lever, ben ce matin je m’en fichais pas mal. Sauf que de rester au lit toute seule ça m’a filé un coup de déprime intersidérale. Alors je me suis dit qu'il valait mieux que je me lève. J’ai posé un pied par terre. Et même deux. C’est là que j’ai croisé mon reflet dans le miroir. Je crois que c' est sur le site de géobiologie de Reynald que j’ai lu qu’il fallait pas de miroir dans les chambres. Ben maintenant je comprends pourquoi : ma tronche laissait croire que je sortais d’un exercice d’entraînement dans une centrifugeuse de la NASA. Déjà que j‘avais pas le moral, alors là ça m’a donné une super envie de pleurer. C’est ce que j’ai fait. Je me suis mise à verser toutes les larmes de mon corps. Le pire c’est que je sais même pas ce que j’ai. Pourquoi pleure-je ? Pourquoi ne fais-je plus Doooïïïïnggggg !!!!!! au saut du lit ? Pourquoi, ôôôôôô pourquooooooaaaaaaaaaa

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ne danse-je plus dans ma cuisiiiiiiine ??

13 octobre 2010

maquillage du dimanche

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le ciel est d'un bleu magnifique ..

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l'après-midi s'annonce radieuse,

alors, en bonne mère-grand ..

PICT0469

vous sortez avec vos petits-enfants

à la grande joie de votre fille

qui suppute que ses fils parfois

PICT0473

sont quelque peu dissipés ..

PICT0466

Le Parc Floral est superbe, tout y est conçu pour le plaisir des enfants, si bien que quand vient l'heure de partir, les deux aînés ne l'entendent pas de cette oreille..

Néanmoins, vous le savez, on ne contrarie pas un enfant qui s'exprime, car ce serait le traumatiser gravement, l'amputer dans son être, dans sa sensibilité, sa spontanéité ! Aussi, quand vos petits-fils, vous tirant sur un bras chacun de leur côté, se mettent à hulluler :

Nooooooon, on s'en vaaaaaa paaaaaas déjàààà !!!

vous savez que vous vous devez de contrôler leur Moi (sans briser leur Sur-Moi ni leur Ça)( tout en les amenant à accepter, en les sublimant, les pulsions qui les poussent à vous prendre pour une toupie, croyant sans doute qu'ils ont affaire à leur oncle) (qui pèse deux fois plus lourd que vous)

Las ! l'oncle, n'êtes pas !

Mais au contraire

une pauvre petite chose fragile !

C'est en tout cas ce que vous déduisez

au moment où vous vous retrouvez

robe par dessus tête

et face sur le pavé ..

Bilan : trois points de suture

et un oeil peinturluré !

PICT0484

Comme dit votre pharmacien :

Z' êtes déjà maquillée pour Halloween ??!

6 août 2010

simplement

Simplement dire merci à la vie

Sylvie_danse_rose

pour tout ce qu'elle m'a donné

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Simplement caresser d’une pensée douce

celles et ceux qui ont dû affronter

un problème, un souci de santé

Sylvie_danse

et tous ceux qui encore aujourd’hui

Sylv_23mai

cheminent avec la maladie

(¯`*´¯)
`*.¸.*
¸.•´¸.•*¨) ¸.•*¨)
(¸.•´ (¸.•´ .•´ ¸¸.•`¨•

Baisers d' ambre

Merci à Sylvie de m'avoir prêté son beau sourire,

qu'elle continue de nous offrir malgré tous les malgrés

21 juin 2010

un petit pois dans la tête

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Dans une situation où j’ai mal, j’ai souvent tendance à fuir. Je fuis en écrivant, je fuis en faisant semblant ("même pas mal"), je fuis en tournant ma souffrance en dérision. Tout cela m’a plutôt bien réussi jusqu’à aujourd’hui.

Or, ya quelques jours, je me suis aperçue d’un truc vraiment bizarre. J’avais le moton (je dis moton depuis que mon amie québécoise m’a fait connaître ce mot mais en fait je parle du chagrin, une sorte de boule enkystée entre les seins que je trimballe depuis toujours). Bon ceci dit je sais que je ne suis pas la seule. La souffrance hélas fait partie de la condition humaine, même si on fait comme si, parce que qu’est-ce qu’on découvrirait, hein, si on tendait vraiment l’oreille à ce que nous dit notre corps souffrant ? serait-on en mesure d’accepter ce qu’on apprendrait ? Guérir de sa souffrance, ça demande du courage.

Oui alors donc, un matin comme tous les matins je me réveille avec mon moton. Et que sens-je, qu’ouïs-je, que constate-je ? J’ai rien à y associer, pas de contexte particulier qui aurait pu me permettre d‘accuser quelqu’un ou quelque chose. C’est comme si ce matin-là, mes incessants pourquoi pourquoi pourquoi s’étaient épuisés par leur propre futilité. Comme si je m’étais aperçue de l’insignifiance de mon ego bataillant comme un fou pour retrouver sa suprématie, à échafauder des histoires porteuses de sens pour essayer de parvenir à l’acceptation. Ce qui paradoxalement m’en tenait toujours éloignée !

Alors ça !

Si ça tombe, ça fait des années que j’accuse mes parents alors qu’ils n’y sont pour rien !

Le pire de tout, c’est que cette prise de conscience (comme tous les éclairs de génie qui ont jalonné mon existence) s'est évaporée comme un rien ! Trois secondes trente cinq plus tard, j’étais repartie dans mon chant de lamentations.

En tout cas, maintenant je vais me méfier de mon "cerveau affectif" : intuitif, impulsif, illogique*, à démarrer au quart de tour sans me demander mon avis, m’étonnerait pas que ce soit lui qui m’ait pourri l’existence !

Comme dirait Daniel Goleman :

"L’intelligence est inutile quand nous sommes sous l’emprise de nos émotions".

* ma mère disait que j’avais un petit pois dans la tête.

Mais au fait .. parlait-elle d’un pois ou d'un .. poids ? ;-)

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