Canalblog Tous les blogs Top blogs Humour
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
le blog de Ambreneige
Publicité
croyances
27 juin 2009

aimer

Quelque chose de nouveau est né en moi lorsque je suis devenue maman,

un sentiment ingénieux, imaginatif,

comme si mon cœur,

après la naissance de chacun de mes enfants,

devenait de plus en plus éminent, voluptueux,

de plus en plus vivant,

je déborde tellement de cet amour qu’il se glisse dans chaque tâche, chaque geste quotidien, dans le linge que je lave, que je plie après y avoir mis des bisous,

le matin j’ouvre la fenêtre, je me laisse interpeller par la lumière du jour qui va caresser la vie de mes filles, de mon fils, et un dialogue muet s’établit entre mon cœur gonflé d’amour et le vaste ciel,

PICT9460

j’aime embrasser mes enfants, les serrer contre moi, (je vous dis pas ce que j’endure de mon fils qui me sèvre de ses bisous) ;(

mais tout autant j’ai envie d’aimer plus fort, plus large, plus loin, comme si la ' moi intérieure ' s’était dissoute pour laisser tout doucement une ‘moi extérieure’ se renouveller et se recharger d’amour (l’inverse est vrai aussi ;-))

..étant mère et grand-mère,

 

j’en ai tant et tant, de cet amour à donner,

et dans cette délicieuse nécessité,

je réalise que plus je donne, plus il me reste à donner :-)

 

L'amour se répand autour de moi

me façonne, me montre comment vivre,

indépendamment de moi le contenu de mon cœur devient utile à tout, m’élève et me nourrit,

d’une nourriture suffisante,

il ne saurait en être autrement, puisque ce que j’éprouve pour mes enfants et pour mes petits-fils est un amour inconditionnel

et pourtant, - pourtant, est-ce que, parfois, je ne les juge pas ?

mais qui me permet de juger ?

(comme dit Lilou : qui l’a dit ? ;-))

Ne m’arrive-t-il pas d’éprouver de la rancœur ? de la jalousie (snif...) ? est-ce que je les aime encore lorsqu’ils ne sont plus aimables ? car la seule condition d’aimer n’est-ce pas, est d’aimer sans condition !

Bon allez, une petite phrase d’Etty que je trouve infiniment juste :

"Il n’existe aucun lien de causalité entre le comportement des gens et l’amour que l’on éprouve pour eux. L’amour du prochain est comme une prière élémentaire qui vous aide à vivre"

© Etty Hillesum, (Lettres de Westerbork)

a_2_ans

Publicité
13 juin 2009

délivrance

PICT3010Il est possible de détruire quelqu’un avec des mots, avec des regards, avec des sous-entendus. Il est possible de détruire quelqu’un en lui faisant croire qu’on l’aime. Il suffit de le dénigrer de manière permanente, de l’humilier, y compris devant les proches, par des remarques incessantes et d‘autant plus perverses qu‘elles ne seront perçues que comme d‘affectueuses boutades, de tendres moqueries. Le tout dissimulé derrière des conduites affectives qui tentent à nous désorienter totalement. Comment se méfier en effet d’un homme qui vous assène des taquineries qui semblent sans importance, mais qui vous assure du matin au soir qu’il ne peut pas vivre sans vous ? PICT3017qui instaure progressivement autour de vous un isolement total, vous coupant peu à peu de vos amis, des membres de votre famille qui ne pensent pas comme lui ? Isolement subtil qui fait de vous la coupable, puisqu'il vous fait croire que c’est vous qui le contraignez à agir ainsi, que c’est "pour votre bien" . Est-il dans le déni ? est-il pervers ? comment savoir ? Toujours est-il que ce déni paralyse la victime, comme sont paralysés les enfants battus puisqu’on leur fait croire que la violence n’existe pas.

La violence, en effet, est une perception de la réalité. Or quoi de plus facile que de persuader une femme, amoureuse de surcroît - je rappelle que l’amour rend complètement stupide, en tout cas au début, et qu’on va jusqu’à aimer les petits travers de l’autre sur lesquels on s’attendrit benoîtement - PICT3035quoi de plus facile, disais je, que de faire croire que sa perception des événements est erronée ? Il suffit de nier purement et simplement que les faits aient eu lieu, de convaincre la personne qu’elle a dit et fait ce qu’elle n’a pas dit et fait, qu’elle s’invente des problèmes, qu’elle interprète les événements, qu’elle déforme tout ! Et accessoirement, de lui rappeler ses traumatismes d’enfance qui donnent du sens à tout ce qui précède, renforçant encore la culpabilité de la victime.

PICT3060Il est difficilement concevable d’accepter que quelqu’un qui vous aime ou qui est censé vous aimer vous fasse subir une telle violence sans raison alors on apprend à intellectualiser la maltraitance en justifiant l’attitude de l’agresseur. (Ma mère par exemple, lorsque mon père était particulièrement violent, nous disait de ne pas "le provoquer" car "il avait de la tension"), c’est ainsi qu’insidieusement, nous allons chercher les motifs de la maltraitance, non pas dans le comportement du manipulateur, mais en nous ! Trop fragile, trop sensible, pas assez intéressante, pas intelligente, etc., toutes ces croyances étant renforcées par l’attitude incohérente du manipulateur qui consiste à nous embrouiller, à nous faire perdre tous nos repères, ne plus savoir ce qui est acceptable ou non, et qui détruit lentement et inexorablement notre estime de soi et oblige à vivre dans un sentiment permanent d’insécurité. Or l’angoisse est un frein puissant à la prise de conscience car elle génère des mécanismes psychologiques visant à nier la réalité pour la rendre plus supportable.

C’est pourtant de cette prise de conscience que naît la liberté.

Qu'est née ma liberté.

PICT3063

La délivrance, comme dit ma sœur.

12 juin 2009

Une question de point de vue

1195_pr_le

Les barbelés ne sont quune question de point de vue.

"nous, derrière des barbelés ?" disait un jour un vieux monsieur, avec un geste mélancolique de la main, "et eux là bas ils ne vivent pas derrière des barbelés peut être ?". Et il pointait du doigt dans la direction des hautes villas qui se dressent tels des geôliers de l'autre côté de la clôture.

Etty, Lettres de Westerbork.

7 juin 2009

le fils du bûcheron

Il était une fois le fils d’un bûcheron.

Il coupait des troncs d’arbre.

tronc_17_d_c_06DCP_4454

À la vue de l’un des fûts complètement tordu, le père, tout pas content, dit à son fils :

PICT0460_arbre

"Ô monsieur mon fils, comme vous êtes bête ! Comme vous me semblez niais ! Si votre ramage se rapporte à ce tronc d’arbre, vous n’êtes certainement pas le phénix de ces lieux !"

arbreDCP_5242

- Papou," rétorqua le fils sans se démonter, "nous en trouverons l’utilisation, car aucun arbre ne pousse en vain."

Peu après, des artisans devaient construire un charmant petit chalet, mi-suisse mi-belge, tout truffé de niches et de petits bidules tordus.

Or, une courbure particulière leur posa problème. Le bûcheron père se souvînt alors du vilain petit canard tronc, apparemment si difficile à utiliser, mais qui conviendrait parfaitement pour cet usage.

C’est ainsi que ce tronc d’arbre tordu, qui avait échappé de justesse au débitage en allumettes,

tronc_d_truit_Bailleul_2006_2770

a trouvé toute son utilité.

Si le tronc avait envié les autres canards, s’il avait tenu à être bien droit comme les autres, il n’aurait pas pu occuper cette place particulière dans le chalet. Voilà ce qui l’a néanmoins élevé au rang de fût d’honneur.

Tout comme ce tronc déformé, ne pourrait-on pas laisser à chacun le droit qu’il a à occuper sa place, unique, parfaitement adaptée à ses dons et à sa personnalité ?

27173747

4 juin 2009

l'amour

27971463_p

Mutti écrit :

Tant d’amours en absence d’Amour
Cela ne peut-il faire réfléchir ?

"cela ne peut-il faire réfléchir" ..Mutti me semble avoir tout dit en ces mots, car aimer l'autre, n'est-ce pas "réfléchir", "avoir un reflet de soi" ?

Mais l'amour, "le vrai" amour qu'est-ce ?
Celui que chante Jacques Brel, l'inaccessible amour ?
ou celui de tous les jours, maladroit et imparfait ?
celui qui donne tout sans contrepartie
ou celui qui nous permet de nous remettre en question jour après jour ?

l'amour EST-il ?

ou se construit-il jour après jour ?

Peut-on parler d’amour inconditionnel ? si c’est de l’amour, ya pas besoin du qualificatif "inconditionnel " après, n'est-ce pas ?

C’est drôle car les mots de Mutti me font un écho de la question que je me pose depuis quelques temps : pourquoi la majorité des femmes rêvent-elles de vivre avec un homme, et si possible avec un homme qui les aime, mais bon, sinon elles font avec ! Les hommes se "passent la corde au cou", "enterrent leur vie de garçon" mais ce sont les femmes qui sont prêtes à se dévouer corps et âme à leur homme, et d’ailleurs, c’est ce qu’elles font .. pourquoi ? pour ne pas se sentir seule ?

23360649_p

Mais la solitude à deux n’est-elle pas plus douloureuse que la solitude choisie et consentie ? alors pourquoi ? Est-ce simplement parce que la solitude, notamment féminine, est mal vue ? Qu‘elle suggère un manque, le fait que "seul" on ne vaut rien ?!

je me rappelle qu‘à la période où je vivais seule (= sans compagnon à la maison, alors que je vivais avec mes filles et que j'avais beaucoup d’amis), je sortais beaucoup, j’allais danser en boîte ou voir des concerts le soir, bref, je me sentais libre et heureuse, mais ma famille et mes copains n’avaient de cesse de me trouver quelqu’un, persuadés que j’avais forcément un problème ! Ma propre mère s’était fait entremetteuse !!

Il y a donc bien une notion d’incomplétude que l’on projette sur l’autre, (dans le langage courant ne dit on pas "ma moitié" lorsqu’on parle du conjoint, quand ce n’est pas "mon tout" ?!)

or n'est-ce pas un paradoxe terrible que de vouloir être entier, de se sentir "soi" en "se mettant en couple" ???

foutue_routePICT0031

Publicité
27 mai 2009

la gomme

Mamy16_ansLe passé a toujours beaucoup compté pour moi. Je n’étais encore qu’une petite fille que je me languissais déjà devant les photos jaunies, essayant de leur faire livrer leurs secrets.

Je sais, ça peut paraître saugrenu de chercher des informations sur des situations qui se sont déroulées tellement d’années avant que je naisse. Mais appréhender l’histoire de l’autre permet de rentrer en contact avec lui, même (surtout ?) quand "rien n’est dit". 1DSCN5589Cela génère des émotions, et les émotions sont un langage universel qui nous relie soit de manière superficielle (par exemple, une naissance a lieu et on se réjouit) soit de façon beaucoup plus intime (on est "rentré" dans la personnalité de l’autre et l’on sent tout ce que cette naissance recouvre, comme si on était "à sa place" ).

Tout ce qui nous arrive, on a besoin de l’expliquer, de le contrôler, que ce soit de manière consciente ou inconsciente. Et parce qu'on a ce besoin, on ne peut pas concevoir un développement purement individuel. On est toujours pris dans des relations avec les autres, quelque soit le contexte dans lequel on vit.

Par exemple, la violence dont ma sœur et moi avons été l’objet n’était pas qu’une simple perception des sens. Il y a eu production d’images, d’émotions, d’expressions non verbales. En lien avec cette violence et avec le sens que nous lui avons donné s'est mise en place toute une symbolisation qui a généré des croyances (je prends l'exemple de la violence mais c’est pareil dans n’importe quelle autre situation, donc aussi dans les situations où l’on ressent du plaisir).

Par ailleurs, je suis intimement persuadée que nous venons au monde avec une "mémoire" de situations vécues à une autre époque dans les générations précédentes. D’ailleurs je pense que c’est cette conviction intime qui m’a poussée très jeune à me pencher sur mon histoire généalogique. J’en suis d’autant plus persuadée que la naissance de chacun de mes enfants a réveillé des symptômes corporels et des comportements en relation avec des situations que mes recherches généalogiques avaient révélées (malgré les non-dits et les secrets de famille) et qui pourtant s'étaient déroulées parfois trois ou quatre générations avant.

Aujourd’hui néanmoins, je m’interroge sur la place qu’a toujours occupé le passé dans ma vie.

Je me demande si pour moi ne serait pas venu le moment d’ouvrir un "cahier neuf" ?

ecrire

N.B. première photo : ma grand mère

       deuxième photo : ma fille

21 mai 2009

la face cachée de Brie

Elle est arrivée ..

1Brie_et_papa_sept_57

.. comme arriverait en plein hiver un pimpant rayon de soleil. Gaie, heureuse de vivre et douée d'une immense curiosité, elle était toujours en mouvement et crapahutait dans tous les sens.

1

Dans la ville où nous habitions, il y avait peu de circulation à lépoque, voire pas du tout, et Maman nous a raconté quà peine stable sur ses jambes potelées, elle partait vivre sa vie sans rien demander à personne. Si bien que haute comme trois pommes, elle avait déjà la vedette : quand Maman courait partout pour la retrouver, la boulangère ou lépicier disait : "ah vous cherchez votre petite ? Elle est partie par là"

2

Facétieuse, joueuse, malicieuse, elle adorait nous faire rire, être entourée de bruits divers qui sont le symbole de cette vie quelle aime tant sentir vibrer autour delle.

3

Tous les sens en alerte, ma soeur captait les messages et les décodait à toute vitesse. Son éveil et son développement étaient si rapides quon sest longtemps demandé si elle nétait pas le fruit du facteur (qui n était pas Suisse).

4Brie

En perpétuel devenir, en constante évolution, elle ne cesse de vouloir tout voir et de tout expérimenter. Ca fait belle lurette que jai renoncé à ahaner derrière elle : je nai jamais réussi à la suivre. Je ne note plus non plus sa nouvelle adresse - il maurait fallu un calepin rien que pour elle.

Aucune attache, aucun lien pesant, aucune lourde tutelle ne lui ont jamais convenus. Elle a toujours eu besoin dair, au propre et au figuré.

PICT5559Bri_juin_1975

Pendant plusieurs années, elle a travaillé dans une entreprise où lurgence était devenue un art de vivre. Il lui fallait se cloner en trois exemplaires pour ne pas céder à l'hystérie.

PICT4985bri_grimace

Après sa journée de travail, sa délicieuse petite famille navait quune idée : se reposer sur elle pour se détendre de sa rude journée.

Un jour, elle a commencé à manifester une tendance inquiétante à se poser des questions métaphysiques du genre :

en quoi la mauvaise herbe est-elle une mauvaise herbe et qui a décidé ça ? Du coup, elle a décidé d’aller planter elle-même ses légumes dans lair vivifiant du Gard.

Cétait il y a dix sept ans.

HPIM1282

Depuis, elle est aussi heureuse qu'un escargot qui ne serait né quavec des cornes et qui découvrirait lusage de la coquille. Elle vit sa vision de la vie, hors habitudes et hors horaires, jalonnée dune succession de bulles de bonheur. Et même si daucuns, perplexes, appellent cette façon de vivre du "nimporte quoi",

BRIE_mas_de_Bouzigues_12_07_07

ça lui est bien égal !

20 mai 2009

Le pouvoir des maux

Je vous racontais ici que je devais baisser les yeux quand mon père me parlait.

Mais mon père ne m’a pas appris que ça. Lorsqu’il demandait quelque chose, il n’y avait pas d’autre alternative que d’obéir sans délai, sinon la sanction tombait immédiatement. Ce qui fait que la demande de l’autre, et notamment, de l’homme s’est imprimée très tôt dans mon esprit comme étant une commande.

J’ai donc appris très tôt à monopoliser l’énergie qui n’était pas bouffée par la peur au service de ce qui était autorisé et reconnu par mon père, et qui tient en quelques mots : "tu n’as qu’un droit, celui de te taire"

J’ai toujours vécu en fonction des autres, de leurs réactions, de leurs exigences, de leurs sentiments, de leurs valeurs. Je me suis soumise pour survivre, j’ai subi la domination et l’humiliation sans rien dire, rencontrant à l’âge adulte le délicieux paradoxe que ma mère sape le peu d’estime de moi que j’arrivais à glaner en me croyant utile à ceux dont je "m‘occupais".

Je suis d’un naturel plutôt optimiste, quoique pas toujours réaliste il est vrai. Faut dire à ma décharge que la réalité n’a pas toujours été sympa avec moi ;-)

Je vous raconte cela sans amertume. Je ne me torture pas avec mon passé, c’est quelque chose qui a eu lieu, c’est mon histoire, c’est tout.

Mon souci aujourd’hui, c’est de savoir si je me déferai un jour des croyances désastreuses qui m’entraînent inlassablement dans des relations mortifères.

Car ce qu’il y a de terrible avec les croyances, c’est qu’on y croit.

Pff.

Décidément, c’est pas mon jour.

Nad_et_Maman_juil_57

ma moman et moi

j'avais deux ans (c'est à cet âge là que mon père m'a appris à lire et à écrire)

Maman_et_ns_3_Mt_St_Michel_1961

Maman, mon petit frère, ma pitite soeur Brie

et le petit soldat au garde-à-vous, c'est moi

sur fond de Mont Saint Michel :-)

11 mai 2009

mon MADF

Depuis que Fazou l’y a posé s’élève des profondeurs de mon blog une plainte lancinante et sourde : qu’est-ce qu’un MAP ? (et subsidiairement, qui est mon MAP ?)

Oui, Fazou s’interroge, et elle a raison ! Que se passe-t-il ici ? Où vous entraîne-je ? Comment tout cela finira-t-il ?

C’est sur ces cruciales questions que j’ai décidé de lever enfin le voile pour vous, chers amis nonos et nounounes de Frince et de Québec.

Alors voilà, un MAP peut être un Maître à Peindre. C‘est le cas de Fazou.

Il peut être aussi un Monet à Photographier. C‘est le Carré Ciproque.

Enfin, pour le Kaki Nouzintéresse, c’est un Maître à Penser, et je vais même vous dévoiler l’identité du mien : c‘est G de B.

Bien.

Je vois que personne ne suit, c’est parfait.

Je reprends donc.

Alors pour commencer, il faut que vous sachiez que je suis anti maître, anti gourous et anti tout ça. Quand j’ai ouvert ce blog, succursale de LungTaZen, c’était uniquement par compassion pour nous tous et surtout pour moi devant la stratégie diabolique que Lung Ta déploie à nous emmêler les pinceaux avec sa vacuité pas vide et son présent qui passe. Bon ceci dit, chacun a le droit de s’exprimer. L’expression est formidable. Si si c’est formidable. Et cela, bien que Lung Ta soit un homme ! C’est même encore plus formidable ! Car les mots d’un homme sont par définition les mots d’un homme. Ils veulent donc dire ce qu’un homme veut dire, qui n’est absolument pas ce qu’une femme veut dire. D’où quelques menues difficultés de communication.

Prenons par exemple un mot tout simple : " NON".

Un homme qui dit " non", est-ce qu’il veut dire " non" ? Eh bien oui, il veut dire non ! contrairement à nous les femmes, qui sommes normales et voulons dire "oui" en disant "non" ! Alors si déjà, ya un léger malentendu au sujet d’un mot aussi petit et simple que "non", faut pas s’étonner d’avoir le sentiment que quelque chose de lourd nous est tombé sur le crâne quand on découvre que plus on cherche à être zen, moins on y arrive !!! et que de toutes façons, si par le plus grand des hasards on y arrive, c’est même pas le but recherché !!!

Et après ça faut rester zen.

Alors imaginez ma joie, mon euphorie, lorsqu’un beau jour de janvier (c’était le 3, il m’en souvient, les cieux se sont mis à chanter et les oiseaux rayonnaient) Clo que je connaissais à peine de sa voix douce me dit " il faut arrêter les pensées en se concentrant sur sa respiration" 

Cela m’avait laissée perplexe.

Et je pèse mes mots.

Arrêter de respirer, je veux bien.

Me concentrer sur mes pensées, passe encore.

Mais arrêter de penser ???

Comment cela se peut-ce ??

Quid ??

Veni vedi vici ?

Bon.

Ceci dit, comme le souligne Diane, je n‘hésite pas à m'garocher dins l'vide avec ferveur (en français nous dirions : me jeter de manière très légèrement inconsciente du haut d‘un building de trente étages sans avoir auparavant vérifié qu'il y avait un filet en bas pour me réceptionner).

Donc, depuis vingt huit mois mois, (soit vingt mille cent soixante heures trois minutes dix sept secondes), je m’entraîne au petit exercice proposé par mon MAP.

C’est trèèèèèèèèèèèèèèèèèèèèès douloureux.

Oui, douloureux.

Parce que maintenant, je sais.

Je sais que je suis l’otage de mes pensées, et plus particulièrement de ce que j’appelle mes pensées toxiques. J’ai réalisé, (avec effroi je l’avoue) la place démesurée qu’occupent toutes les croyances qui me permett(ai)ent de filtrer la réalité, m’apportant ainsi une illusion d’équilibre et de sécurité.

Vous doutez de la puissance des croyances dans notre vie ?

Voyez ce qu’on peut lire dans le Nouveau Testament :

Deux aveugles se mirent à suivre Jésus en criant : "Fils de David, aie pitié de nous ! "

Jésus leur dit :

- Croyez vous que j’ai le pouvoir de faire ce que vous me demandez ?

- oui, Seigneur," répondirent-ils.

Alors Jésus leur toucha les yeux en disant:

- qu’il soit fait selon ce que vous avez cru ! "

Et aussitôt, leurs yeux s’ouvrirent.

Voilà. A aucun moment Jésus ne dit qu’il a le pouvoir de guérir. Mais bon, Jésus était capable de méditer trente jours de suite !!

alors les pensées toxiques, pour lui pffff c’est d'la gnognote !

Oui alors donc, comment en suis-je arrivée là ? pourquoi ai-je perdu le goût des choses simples ? Où en étais je ?

Ah oui, mon maître à penser.

Qui dit maître à penser dit " expert en la transmission de pensée".

Il s’agirait donc bien pour le MAP d’apprendre à quelqu’un à penser.

Or, le principe de la pensée, c’est de penser.

Alors là, je m’interroge.

La pensée transmise est-elle toujours pensée pensée?

Ne deviendrait-elle pas plutôt pensée dépensée ?

Si je reprends la pensée d’une autre, quand bien même ce serait une nounoune comme elle et moi, pense-je toujours ?

La conscience de la pensée dépensée est-elle réellement l ‘abandon de la pensée ? Une telle pensée, qui se rapporte à elle-même, ne peut elle avoir été pensée que par mon MAP ? Si je me détache de cette pensée, ce détachement est-il pensé ? Ne serait-ce pas plutôt une fuite de la pensée ?

Mais si je fuis ma pensée, même si elle est dépensée, ne risque-je pas de tomber dans le désespoir ? Or si je désespère, puis-je encore penser ? Ne voudrais-je pas plutôt me débarrasser de moi, quoique dépensée ??

Arg.

Dépensée, je réaliserai que je dépends de mes pensées, donc que j’y suis attachée. Sans compter que je me demande ce que je dois penser d’un Maître à Penser qui enseignerait à ne pas penser ?

Bon.

Il semblerait que je vienne de vous faire une contre-démonstration.

Clo n’est pas mon maître à penser : je plaisantais !!

A partir de maintenant, je vais l’appeler mon MADF (Maître à Devenir Folle).

4 mai 2009

Baisser les yeux

lesreves350

Lorsque j’étais enfant, mon père exigeait qu’on garde les yeux baissés lorsqu’on s’adressait à lui. Ma sœur, qui a toujours été rebelle, le tançait parfois du regard, ce qui générait des représailles immédiates car ça le rendait fou de colère. Malgré ça, et bien qu’elle était très jeune, autant qu’il m’en souvienne elle ne "cédait" pas.

Je me suis toujours dit que notre père se servait de cela dans un but plus ou moins conscient de nous "dominer", de nous "humilier", d‘autant que le contexte "éducatif" dont nous étions l’objet entérine tout à fait cette hypothèse. (je mets sciemment entre guillemets les mots domination, humiliation, éducation)

Il n’y avait qu’un seul cas où mon père exigeait qu’on le regarde droit dans les yeux : quand on avait fait quelque chose de mal et qu’on allait être punies ("regarde moi quand je te parle !").

Or, le regard est un outil de communication très subtil.

Que se serait il passé si, n’exigeant pas que je baisse les yeux, il avait lu dans mon regard toute la terreur qu’il inspirait à la petite fille que j’étais ?

Et si, plutôt que "tu ne vaux rien", cet ordre disait "je ne veux pas que tu saches ce que je ressens" ? ou encore : " j’ai peur de ce que ton regard va me dire sur moi " ?

Qui, alors, de la fille ou du père, détenait le plus de pouvoir ?

Sables_d_Olonne_1956_Nad_et_Papa

avec mon père aux Sables d'Olonne,

quand j'avais encore le droit de garder ouverts mes yeux de ptite chinoise ;-)

27 avril 2009

La solitude, ça n'existe pas

C’est l’histoire d’une meuf qui se sent seule. Pas seule-seule, mais seule à plusieurs, une seule très entourée, en somme. La solitude n’attend pas le nombre des années, et il peut arriver qu’on se la prenne dans la tronche à un âge très avancé. On s’y attend pas, on avance guilleret sur la corde de la vie, et vlaf ! La solitude déboule sans prévenir. Faut dire que c’est pas le genre de truc qui fait des grands signaux, en général.

Donc, la meuf, elle se sent seule. Faut dire qu‘elle a pas de mec. Déjà, c’est pas marrant. Un mec, c’est top comme compagnon de jeu. On peut dire ce qu’on veut, mais faut bien reconnaître qu’on a encore rien inventé de mieux pour remplacer les outils divers dont Dame Nature a doté les mâles pour nous distraire la nuit (et accessoirement le jour).

En plus, ils peuvent nous réchauffer les pieds.

Mais bon.

Quand c’est comme ça, faut faire avec.

Non, le pire, dans ce genre de situation, c’est que c’est vrai. Enfin je veux dire, c’est vrai qu’on est seul. Seul quand on naît, seul quand on souffre, seul quand on meurt. Le tout, c’est qu’on s’en rend pas compte, on ne veut pas le savoir, on fait comme si.

Ça commence tout petit, avec les jeux "on dirait que tu serais mon Prince Charmant et qu’on s’aimerait toute la vie". Ado, des fois, ça s’aggrave. On se met à parler dans notre tête à des gens imaginaires, comme Anne Frank qui écrivait dans son Journal à son amie Kitty qui n’existait pas.

Perso ça fait un bail que j‘ai des discussions dans ma tête avec des gens, - d’ailleurs mon fils me le dit souvent que chui pas toute seule sous mon scalp, j’en conclus que chez moi la notion de solitude a dû naître relativement tôt.

Oui car en fait, la solitude, c’est comme le bonheur : un concept, une idée, ça s’en va et ça revient c’est fait de tout petits riens, comme dans la chanson. On se sent seul mais il suffit qu’on croise quelqu’un dans la rue qui répond à notre sourire et ça y est, on n’est plus seul.

Je suis tentée aussi de rapprocher la solitude de l’amitié et de l’amour.

Des fois quand on est en couple, la solitude est quasi insupportable :

genre :

- je me sens seule.

- ben chui là

- justement.

Quant aux amis .. ahla. Je me demande si dans les moments où notre sensation de solitude est exacerbée, on n'attend pas encore plus de nos amis. Je pourrais même dire : trop.

Du coup, on n’ose pas, on a peur de gêner, d’empiéter sur la solitude de l’autre.

Alors des fois, quand on se sent très seul, ben on reste dans son coin. Même si on sait que le pire de tout, c'est la fermeture des ouvertures.

Et on se retrouve encore plus seul.

10 mars 2008

Cendrillon version JB

mon fils raconte l'histoire de Cendrillon à ses petits neveux)

(JB) C’est l’histoire d’une meuf qui vivait dans un château fort au Moyen Âge ..

(Killian, 4 ans) un château fort ?

(JB) oui un château très fort, elle vivait au troisième étage. Sa darone lui dit "t’as intérêt à faire le ménage sinon t’auras pas de Big Mac "

(Killian) C’est quoi un Big Mac ?

(Nollan, 3ans) ic-ac ??

(JB) Tu sais c’est ce qu’on mange au Mac Do

( Killian) Eh bah moi eh bah moi eh bah moi

j’ai pas le groooa d’aller au Mac Do parque Maman elle dit parque Maman elle dit que c’est des cochoOnneries !

(Nollan) co-OOOonneries !

(Killian) Eh bah moi eh bah moi eh bah moi eh bah moi

j’ai pas lgroooa d’manger des bonbons sinon Maman va me les confikssser!

(JB) Oui bah si vous m’interrompez tout le temps vous connaitrez jamais la fin ! alors donc la pauv’fille elle faisait du ménage du ménage et elle a eu plein plein de Big Mac et c’est comme ça qu’elle a grossi grossi grossi, et elle s’est dit si je continue de grossir comme ça jamais mon Prince Charmant va me kiffer alors faut qu’j’arrête de faire le nage-mé alors elle fait la grève et elle s’enfuit de chez elle et c’est là qu’elle rencontre sa marraine qui lui donne une citrouille magique, seulement Cendrillon elle en voulait pas de la citrouille magique alors elle l’a jetée..

(Killian) elle la jeta ?

(Nollan) eta ?

(JB) elle l’a lancée et la citrouille a explosé en morceaux, vlaaaaf, genre comme les assiettes quand Mamy fait la vaisselle, parce que Mamy elle danse en faisant la vaisselle, c’est pour ça qu’il y a tant d’assiettes cassées !!

(Killian) cassé ?

(moi) arrête de leur raconter n‘importe quoi !

(JB) parce que c’est pas vrai peut être ? Un jour j’vais te filmer quand tu danses, avec comme commentaire les extra terrestres sont de retour ! Tu vas gagner le concours c’est sûr ! ouaich, donc les morceaux dla citrouille ça s’est transformé en CV !

(Killian) cévé?

(moi) CV?

(JB, à moi) c’est bizarre, à ton âge t’es toujours en train d’apprendre à parler ! CV= Carosses Volants !

(moi) t’as fini de leur raconter n’importe quoi ?

(JB) ouaich ben eux au moins i’suivent !

(moi) parce que moi je suis pas peut être ??

(JB) ça c’est clair ! jme rappelle un matin, j’t’ai raconté une histoire et puis après le soir jvoyais que tu rigolais toute seule, et jt’ai demandé pourquoi, tu m’as dit "elle est drôle ton histoire! " alors j’t’ai dit "mais j’t’ai pas raconté d’histoire !" et tu m’as dit " ben si !!!! celle de ce matin !" remarque heureusement que tu ris souvent ! ça démontre que t’as une intelligence -  en fait elle est concentrée au fond de ton cerveau et quand tu ris tu la secoues et elle remonte à la surface !!!

2 mars 2008

my new MAP's pensée

si vous allez lire ceci , vous verrez que je vous avais déjà parlé de mon Maître à Penser..

je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ses mots que j'ai glané deci delà(sa modestie naturelle va encore en prendre un coup, alors svp, restez discrets)(merci pour elle)

Le plus difficile, c'est de ne pas se mentir à soi-même ...Prendre comme étant la réalité ce que les autres disent de nous, c'est pourtant bien comme ça que nous commençons tous notre vie. Nous sommes jugés par nos parents, nos frères, nos soeurs, nos institutrices, nos professeurs, etc.

L'image que nous avons de nous-mêmes est souvent celles que les autres ont de nous.

C'est très difficile ensuite de se dépatouiller avec tout ça. Il y en a qui en deviennent fous...

d'où l'importance du silence intérieur...

Posté par G. de B., dimanche 2 mars 2008 à 15:52

2_mars

© photo de Clo

14 janvier 2008

les clous

Cher Papa,

Je t’ai pleuré longtemps lorsque tu nous as quittés.

Tu as su m’apprendre l’obéissance inconditionnelle, l’amour sans réserve, et quand je m’égarai du droit chemin, le tien, Maman était là pour m’y ramener.

Je me rappelle encore de tes formidables leçons de vie,

comme "ce qui arrive aux autres est toujours de TA faute", "tu n’as qu’un droit, celui de te taire" ou encore "il n’y a pas de demande, il n’y a que des commandes".

Pardonne-moi si je n’ai pas toujours été docile.

Mais je n’étais qu’une petite fille.

Je ne comprenais pas tes règles de vie simples et cohérentes, comme te regarder en baissant les yeux et obéir dès la première injonction.

Heureusement, Maman était là pour me dire que c’est pour mon bien. Et que je te faisais tellement de mal quand je désobéissais !

Toute ma vie j’ai essayé d’appliquer tes principes.

Oh, je l’avoue, çà n’a pas été facile. J’avais énormément de désirs !

Heureusement, tu m’as expliqué que çà ne compte pas.

Au début, c’était très difficile.

Alors quand j'avais envie de quelque chose, j’allais planter un clou dans un volet de ma maison.

Rageusement, il est vrai.

Mais je voulais tellement que tu sois content !

Alors j’ai vite progressé.

Si bien qu’ensuite j’ai pu enlever un clou chaque fois que je réussissais ce que tu m'as appris.

Tu peux être fier de moi, Papa.

Il n’y a plus aucun clou dans mon volet.

Et c’est pas grave, n’est-ce pas, si les clous ont laissé des trous dans le volet et qu’il ne sera plus jamais comme avant ?

nad_s_en_va

9 janvier 2008

on ne peut pas empêcher un petit coeur d'aimer

Sur la traditionnelle carte de vœux de janvier que je viens de recevoir d’une amie figure cette citation de St Ex :

" on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible avec les yeux "

Ahahahahah.

Çà se voit que St Ex n’était pas une nounoune avec un cœur aussi stupide que le mien.

Sûrement que son cœur à lui réfléchissait.

Un cœur qui ne se laissait pas mener par le bout de son nez stupide.

Seulement voilà. St Ex ne l’entend pas de cette oreille. Il est venu me visiter cette nuit en rêve, et nous avons eu lui et moi une conversation d’homme à homme.

" Regarde mes mains ", m’a-t-il dit, en ouvrant ses paumes devant mes yeux estomaqués.

J’ai regardé ses mains.

Dans l’une, il y avait un petit cœur tout calme.

Dans l’autre, il y avait mon cœur à moi. Ahahahahaha. De la folie le machin. A trépigner, à gauche, à droite, à s’agiter, battre en cadence désordonnée. Et à pleurer. Misère de misère. A pleurer toutes les larmes de son corps.

Jamais vu un truc qui pleurait autant.

St Ex déambulait comme çà, le long de la route.

Évidemment, le petit cœur bien sage était tout fier de rester bien au creux sans bouger.

Mais mon pauvre petit cœur à moi était honteux de son imperfection. Il se sentait tellement misérable de faire son fou comme çà, à s’emballer, faire des pirouettes.

Un cœur fêlé, faut bien le dire.

" j’ai tellement honte " a dit mon cœur à St Ex. " regarde ces fêlures en moi, je suis tellement stupide ! Toujours à m’agiter et à bondir en tout sens, battre de joie ou me tordre de larmes plus souvent qu’il ne faut "

St Ex me répondit "  regarde la route. As-tu remarqué qu’il y a de jolies fleurs seulement du côté où je te portais, et non pas du côté de l’autre cœur ? Jour après jour, tes larmes les ont arrosées, et grâce à toi, je vais pouvoir cueillir ces jolies fleurs pour en décorer ma maison. Si tous les petits cœurs étaient sans faille, jamais il n’y aurait autant de beauté pour égayer notre route. "

Moralité :

Je suis une cruche fêlée.

Va bien falloir l’accepter.

PS. J’ai essayé de rajouter dans mes liens le blog photo d’Isa, qui a gentiment accepté de me céder une de ses photos, toutes plus belles les unes que les autres. Misère : elle a passé le réveillon sur un bateau à Marseille, la petite chipie. Yen a qui s’en font pas.

Bon, j’ai pas réusssi (à faire mon lien).

C’est pas grave, j’ai toute la vie pour çà.

ceci dit, je vous laisse quand même sur une note colorée : quelques photos d’Isa, oui je sais, je suis boulimique en tout, on me donne le droit de prendre une photo j’en prends quinze.

1

Bon ben voilà.

J’ai un cœur fêlé et boulimique.

2

Mais comme dirait Diane :

" maintenant c’est comme ça.

Demain on verra ".

3

érable du Japon

4

5

6

7

celle là est pas mal représentative de ce qui se passe dans ma tête (un joyeux chambardement)

8

bon allez Nad, interdit de voir la mer !!

(mais çà durera pas toujours)

toutes les photos sont de Isa!!!

Publicité
<< < 1 2 3 4
le blog de Ambreneige
Publicité
Newsletter
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Visiteurs
Depuis la création 118 359
Publicité