Les yeux pour pleurer
Quand quelque chose ne nous convient plus ou se passe mal dans notre vie, on se dit parfois "Si seulement je n’avais pas fait ci ou ça !". C’est complètement idiot de penser ça. Ben oui : si on peut se dire ça, c’est justement parce qu’on a vu ce qu’il s’est passé après (que d’ailleurs on ne pouvait absolument pas prévoir), car il est évident, à moins d’être idiot ou maso, que sinon on n’aurait pas pris ladite décision !
Le problème, c’est qu’on ne peut jamais savoir si on fait le bon choix. Surtout quand on est très légèrement impulsive.
Bien sûr, il y a parfois des petits signes intérieurs, "écouter son corps" comme on dit maintenant, mais c’est tellement infime et subtil que la plupart du temps on passe à côté.
Je me rappelle par exemple la séparation d’avec le père de mes filles. On en avait parlé avant et on était d’accord. C’est déjà beaucoup, je dirais même que c’est énorme. Jusqu’au bout de notre histoire on a été sur la même longueur d’onde (même si l’ironie du sort veut qu’une des choses que je lui reprochais tant (parler sans discontinuer et sans m'écouter) est une des choses qui me manque le plus aujourd’hui (que quelqu’un me parle..)). Mais bon.
Oui donc, nous avions pris la décision en commun. Ça ne m’a pas empêché de douter jusqu’à la dernière seconde. Faisais-je le bon choix ? une séparation n’est jamais anodine, même quand "ça se passe bien" (ce qui entre parenthèses n’a plus été le cas trois secondes après que je lui ai demandé de me rendre les clés de l’appartement, qu’il considérait toujours comme sien après son départ, si bien qu’un jour en rentrant du boulot, je l’ai retrouvé tranquille pomme chips chez moi avec ses potes !), les filles étaient petites, bref, je tremblais de m’être trompée, déjà que lui le faisait déjà (me tromper) et que laisser le champ libre n’était sûrement pas la meilleure chose à faire si je réalisais mon erreur.
Et pourtant, au moment même où il a franchi le seuil de la porte direction la sortie, avec son petit baluchon composé de son unique trésor (ses 33 Tours) (faut dire que de toutes façons on n’avait rien, juste des cartons en guise de meubles), j’ai ressenti un profond, un immense sentiment de paix : oui, j’avais pris la bonne décision. Et à aucun moment par la suite je n’ai regretté de l’avoir prise.
Un coup de bol, parce que comme je le disais plus haut, impossible de savoir si on va ou non se planter. Donc c’est complètement crétin de se flageller en se disant que si on avait su on n’aurait pas.
Génial. Maintenant je suis sûre d’une chose : je suis crétine.
Etape suivante ? les yeux pour pleurer ?
