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le blog de Ambreneige
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13 juillet 2012

Allegro appassionato

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Ce qu'Edith a mis sur son blog hier m’a permis de retrouver des sensations oubliées, celles que j’éprouvais chaque fois que je recevais des actes anciens, comme celui ci-dessus : un acte de mariage datant de "l’an de grâce mil sept cent trente neuf".

Quand j’ai commencé ma généalogie, l’engouement n’était pas tel qu’aujourd’hui, et j’avais accès aux vieux registres. Odeur si particulière, silence religieux, je tournais les pages avec des mouvements infiniment tendres, et, sublime plaisir, je repartais avec les photocopies des actes qui m’intéressaient, chose qui est maintenant interdite.

Je possède donc des documents super anciens (par exemple, l’acte de naissance en 1679 d’un de mes ancêtres belges. Eh oui, je suis d’ascendance suisse et belge, ça ne s’invente pas !).

Mais pourquoi vous saoule-je avec ça ? allez-vous soliloquer. Eh bien je vous répondrai sur le même ton que lorsqu’on se penche sur sa généalogie, il peut arriver qu’on s’attache.

Eh oui.

Je me suis attachée à une de mes ancêtres sans l’avoir jamais connue. C’est fou non ?

On l’avait baptisée Elizabeth mais elle était connue sous le nom de Julie. Autant j’avais pu remonter toute son ascendance jusqu’en 1550 sans aucun problème, autant une chape de mystère entourait Julie. Dans ma famille en effet, tout le monde faisait comme si elle n’avait jamais existé. Carrément.

Pour approcher Julie il m’a donc fallu réellement voyager à travers le temps, emportée certes par ma curiosité infinie et ma frustration de ne pas savoir comme pour les autres les petits détails de son état-civil. L’enquête a été longue, enchaînement crescendo alimenté par ma curiosité de plus en plus grande, cheminement sans rupture, d’une rare intensité, moi qui suis pourtant si peu patiente. Allegro appassionato.

La mission semblait pourtant perdue d’avance : les secrets de famille sont bien gardés. Pourtant, le secret de Julie, je l’ai percé. Secret si banal aujourd’hui qu’il en perd toute sa saveur si on ne se replace pas dans le contexte d’alors. J’ai réhabilité Julie. Julie la rejetée de la famille, Julie la fille honnie, Julie dont on a voulu détruire jusqu’au souvenir de sa courte existence.

 

Elle s’appelait Julie, elle était née en 1831. C’est son nom que je porte, et celui de son père.

Julie, c’était le corps qui attendait cet autre corps pour se coller à lui. Romantique, les sens retournés, l’âme en forme de cœur, elle murmurait des "je t’aime" garantis à vie. Pour son amant dont elle ne se lasserait jamais, Julie devenait un pur chef-d‘œuvre, un joyau multipliant à l‘infini les facettes de la sensualité. Elle lui donnait son amour à petites goulées.. Il le savourait avec l’appétit que la chose mérite. Julie avait cette magie hors du temps qui fait que, tant d’années plus tard, elle m’émerveille encore. Parce qu’avec elle, le cœur parlait tellement plus fort que la raison.

En somme, Julie était un peu comme moi.

A moins que ce ne soit l’inverse ?

femm sexy

"Les souffrances familiales se répètent de génération en génération, jusqu’à ce qu’un jour, un descendant en prenne conscience et transforme la malédiction en bénédiction." Alejandro Jodorowsky

 

Pour info, le prochain de la catégorie "Prénoms" sera Catherine.

C'était celui de la mère de Julie.

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Commentaires
E
Chacun trouve dans la généalogie ce qu'il veut.<br /> <br /> Pour moi c'est comme une enquête, je cherche, je piste....<br /> <br /> Il est vrai que cela m'a permis de rétablir certaines croyances familiales.<br /> <br /> Je pense aussi que tout généalogiste est à la recherche d'une identité et de sa place dans une famille.<br /> <br /> Il cherche à travers la généalogie ce que les siens n'ont pas pu ou su leur donner.
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A
Pour réhabiliter Julie, ça c'est sûr.<br /> <br /> En faire une force, parfois je me le demande. J'ai en ce moment l'impression de tourner en rond dans une cage et que "je ne m'en sortirai jamais". Mais comme tu le sais, cela m'arrive régulièrement :-(<br /> <br /> <br /> <br /> Et pour toi mon ami,come stai ?<br /> <br /> <br /> <br /> Bisous et à bientôt !
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A
Merci Marie de ce que tu me dis. Créatrice, libérée, hm je ne sais pas, en tout cas moi aussi je préfère quand les mots me viennent plutôt que lorsqu'ils me restent coincés dans la gorge ;-(<br /> <br /> J’ai le livre que tu cites ! mais tu sais sûrement comme moi qu’un livre "parle", il t’appelle.. ou non. Peut-être n’est-ce pas encore le moment pour moi de le lire, car je l’ai commencé mais pas poursuivi à ce jour. <br /> <br /> Du reste, de cette auteure, j’ai eu le même "problème" avec son livre "Les jolis garçons". J'avais acheté ces deux derniers titres à cause du seul que j’ai lu d’elle et que j’avais dévoré : "No et moi".<br /> <br /> http://zenpourlesnull.canalblog.com/archives/2010/11/14/19601470.html<br /> <br /> <br /> <br /> Gros bisous Marie, une bonne semaine à toi !
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A
Je crois que certaines personnes éprouvent le besoin de chercher d’où elles viennent, presque malgré elles je dirais, alors que d’autres, pas. Il me semble que tout dépend de la personnalité et des "armes" dont on dispose dans notre vie. <br /> <br /> Bien sûr pour se sentir bien, il faut connaître un minimum de l’histoire de nos parents, de notre famille, c’est indispensable pour l’élaboration de la personnalité, la confiance et l’estime de soi – on sait la souffrance de ceux qui ignorent tout ou partie de leurs origines, et combien cela peut être perturbant, douloureux et frustrant. Pour le reste, il me semble qu’il ne s’agit pas tant de porter un jugement que d’intégrer ce qui a été pour ce qu’il fut : notre passé. <br /> <br /> Merci Catherine et bonne semaine à toi :-)
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R
Tel que le dit Jodorowsky, tu as retrouvé Julie pour la réhabiliter et faire de son exemple une force.<br /> <br /> Bises<br /> <br /> Reynald
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