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le blog de Ambreneige
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violence
6 mai 2010

cherchez l'erreur

anecurieux

L’éducation diffère suivant les époques et les sociétés.

Quand j’étais gamine par exemple, les sanctions physiques et l’humiliation étaient considérées comme éducatives. J’me rappelle notamment de mon institutrice de CM2 qui distribuait allègrement des fessées cul nu ou encore punissait certaines de ses élèves en les obligeant à traverser toutes les classes avec une pancarte au cou mentionnant "Je suis un âne" au cas où le bonnet dudit équidé qu’elle portait sur la tête n’aurait pas été suffisamment explicite. Eh bien cette maîtresse était très appréciée, en premier par moi (surtout que ses sanctions, c’était de la gnognote à côté de celles de mon père). Aucun parent n‘aurait eu l‘idée de remettre en cause lesdites punitions et ça n’aurait effleuré l’esprit d’aucun enfant qu’il puisse être soutenu par ses parents lorsqu’il était puni pour avoir transgressé une loi (notamment celle qui dit qu’on doit respecter autrui).

Maintenant, les châtiments physiques ont été disqualifiés, ce qui est une bonne chose. Pour autant, je ne suis pas sûre que "les claques qui partent toutes seules" n'existent plus. Le seul truc c’est qu’on a honte de n’avoir pas su trouver une autre façon de se faire entendre, surtout qu’on nous dit que c’est vilain et qu’il faut maîtriser son impulsivité. Ceci dit, ça prouve bien que les adultes sont aussi des êtres humains, comme le soulignait fort judicieusement ma fille aînée.

En attendant, on se retrouve de plus en plus souvent avec des situations comme celle-ci : un élève répandu sur son siège face à son professeur qu’il est en train de qualifier de mots plus créatifs les uns que les autres (quant il ne lui tape pas dessus) sous prétexte que ce dernier a eu l’affront de lui demander de rendre sa copie (ou de ranger sa table).

Et si ledit prof n’est pas capable de garder son calme (j’ai encore un ado à la maison je sais de quoi je parle), c‘est lui - et pas l’élève - qui est sanctionné.

Alors là je pose la question : où est l’erreur ?

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30 avril 2010

rester vivant

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Des parents immatures et violents, mais qui sont néanmoins le seul ancrage solide dont on dispose.

On souffre d’un manque majeur de structure, d’absence de limites, de déficiences dans la relation à la réalité extérieure, et pourtant.

Pourtant, adulte, on part en quête de la seule stabilité qu’on ait jamais connue, celle qui se paie de maltraitance.

On ne connaît pas d’autre solution pour grandir.

La maltraitance alors, paradoxalement, nous sauve la vie. Parce qu‘il n’y a qu’elle qui peut nous permettre de rester en contact avec nos parts souffrantes pour travailler dessus et nous pousser ainsi toujours plus dans le sens de la guérison, de la liberté, de la vie.

Rester vivant est un critère plus essentiel que d’être libre, en tout cas il est prioritaire !

27 avril 2010

Liberté

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Liberté implique responsabilité. C’est pourquoi la plupart des hommes la redoutent.

Bernard Shaw.

Liberté implique de servir de punching-ball à ceux qui ne sont pas libres. C’est pourquoi la plupart des femmes la redoutent.

 

 Ambre.

 

19 mars 2010

gros coeur

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Ma psy m’a dit : "Vous devez avoir sans cesse en tête le mal qu’il vous fait, même et surtout lorsqu’il est "gentil". Vous ne devez jamais oublier que tout de suite après, vous allez prendre une grande baffe. Dans la vie, on ne doit pas être gentil avec quelqu’un qui vous fait du mal."

J’y arrive pas. J’y pense tout simplement pas. Quand on est gentil avec moi, je réponds tout naturellement par de la gentillesse. Pas vous ?

Ben paraît-il qu’il ne faut pas. Faut se méfier. La vie est dure, aride, violente. Le mal existe, il faut trouver ça normal, les coups bas, la méchanceté, la laideur.. ô la laideur ! je parle de celle du cœur bien entendu. D’ailleurs, je ne parle toujours que du cœur, c’est bien là le problème.

Peut être que si j’avais un cœur moins gros j’aurais moins souvent le cœur gros ?

.

Dans la vie, on doit pas être gentil avec quelqu’un qui nous fait du mal..

2 février 2010

elles

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Ça commence par une prise de pouvoir.

Elle n’y voit que du feu. Il la contrôle, petit à petit, sur sa façon de s’habiller, de ne pas plaire, as tu besoin de te dandiner comme ça lorsque tu danses ? devant cet homme en plus, qui ne te quittait pas des yeux ? et ce rouge à lèvres, enlève-le, frotte, j’ai pas envie qu’on croit que je sors avec une pétasse ! et c’est quoi cette façon de t’habiller ? ta jupe est trop courte, c’est pas de ton âge, et puis tu vas attraper froid, maintenant pour sortir tu mettras un manteau long. Mon dieu, comme il est attentionné !

Elle avait bien quelques amis, quelquefois même elle les voyait, mais à quoi rime de lui mentir ? que dire ? que taire ? pour qu'il se mette encore en colère !!! " Fais couler le bain que je ne t’entende pas téléphoner à ta copine !! d'ailleurs quel besoin t'as de lui téléphoner, je ne te suffis pas ? " Allez, plus de téléphone, coup de ciseau sur le cordon. Il veut me protéger, c’est sûr, il m’aime tellement ! De toutes façons les amis à quoi ça sert ? Elle les croyait indispensables, elle en faisait toute une affaire, mais il a bien raison, on peut bien vivre sans.

c’est comme sa vie d’avant, qu’est-ce que ça peut faire sa vie d’avant puisqu’elle était sans lui ? rien que pour lui, maintenant, la douceur de sa peau entre ses mains. Regarde, on n’est pas plus heureux comme ça ?

Privée de soleils elle se desséche, de toutes façons il a raison, elle est tellement nulle,

et même, ce qui t’arrive c‘est bien ta faute, regarde ce que tu fais de lui, tu le détruis, tu le rends fou, tu crois qu‘il fait ça pour son plaisir ? T’as pas honte de le persécuter ainsi ? Après tout ce qu’il a fait pour toi !!!!

Regarde ce que t’étais quand il t’a rencontrée, une moins que rien, plus bas que terre..

C‘est TOI qui le rends à cette extrêmité ! Assume un peu le choix que tu n‘as jamais fait !

Mais toi bien sûr tu ne dis rien.

Qu’est-ce que tu dis ? il est violent ? Mais tu es folle ! As-tu perdu tout discernement ? Il est pas violent il est charmant.

CHAR-MANT. C’est ce que diront tous les gens.

Mais toi tu n’es qu’une pauvre folle. Une hystérique. Bien sûr, c’est pas vraiment ta faute, avec le père que tu as eu ..

Ah oui vraiment, il a raison, je mérite bien ce qui m’arrive. Et puis j’aime ça je suis maso. C’est formaté depuis longtemps.

Heureusement que les autres sont là, pour m’aider à y voir clair. "t’as jamais eu de caractère. T’as qu’à partir, c’est quand même pas dur. Mais t'es trop faible ma pauvre fille. Tu t’es toujours laissée trop faire. Tu n’as que ce que tu mérites."

Et puis ya ceux qui n’écoutent pas, ceux qu’elle dérange,

mais qu’est-ce que tu racontes ? Cet homme là, c’est une crème d’homme. Ma pauvre fille, t’es vraiment traumatisée, arrête de vivre dans le passé !

Et puis ya le médecin, qui hésite à faire des certificats, ou alors il le fait du bout des doigts,

un crime, ça ? Vous plaisantez, c’est juste un bleu ça va passer

Et puis ya les gendarmes,

anormal ?

inadmissible ?!

inacceptable ?!!!

Comme vous y allez !!! est-ce que vous ne l’auriez pas un peu cherché ?

Et puis ya les enfants, qui ont peur, mais après tout c’est mon papa ..

Et puis ya toi, ta pire ennemie, qui adhère à tout ce qu’il dit.

Et c’est comme ça

que les femmes battues ne partent pas.

3 avril 2008

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7 janvier 2010

rassemblement

nuit_des_tempsQuand j’étais jeune et belle (comme dirait mon fils) j’avais lu ce livre avec délectation. Il y a d’ailleurs une scène divine où l’auteur décrit l’abandon du Pharaon (qui n’en est pas moins homme) aux mains de toutes ses petites reines. Mmmhh ..

mais qu’est-ce que j’écris ? comme d’habitude, je m’égare. Je voulais juste vous parler de ce pauvre Osiris, dont le corps a été découpé en morceaux par son ingrat de frère. Je vous assure, on ne peut pas faire confiance aux hommes. Regardez Isis, qu’est-ce qu’elle fait, aussitôt, elle ? Eh bien elle se met en quête de tous les morceaux de son homme/frère/bien-aimé (on ne peut pas faire plus dévouée, franchement), - sauf le morceau principal, puisque damned ! elle ne l’a pas retrouvé !!!

Ensuite avec tout son amour (et avec une de ses sœurs aussi)(les sœurs c’est bien, bien mieux que les frères j'vous l’dis) elle a reconstitué le corps d’Osiris, et même la partie manquante, qui il faut bien le dire était la seule indispensable puisqu’Isis, comme toute nana normalement constituée avait une idée derrière la tête, enfin plutôt un peu plus bas : lui faire des petits mamours et accessoirement un enfant.

Pourquoi vous raconte-je tout ça ? Déjà parce que c’est hyper intéressant et que je ne vois pas comment vous auriez pu continuer à vivre sans le savoir.

Et ensuite parce qu’à une certaine période de ma vie, qui n’est pas si ancienne non plus mais qui est quand même et malgré tout passée vu qu’elle n’est plus présente, je me sentais comme Osiris : a pezzi (en miettes).

J’étais en train de faire mes courses, et au milieu des légumes (qui entre nous soit dit, semblaient me regarder comme si j’étais des leurs), en sortant la liste de ma poche, tiens qu’est-ce que je trouvais ? un petit morceau de moi.

J’astiquais les sols (et Dieu sait que je suis une experte es-astiquage de sol, et comme en plus à cette époque je dansais encore en faisant le ménage, on aurait pu dire que j’étais le rat de l’astiquage des sols) et que voyais-je sous un meuble ?? un autre petit morceau de moi.

Et ainsi de suite.

Tout cela était donc fort inconfortable, vous en conviendrez, car je me sentais disséminée et profondément minée.

Or, je n’avais pas d’Isis sous la main pour me recoller ! Et non seulement je n’avais pas d’Isis, mais j’avais croisé une personne qui était son exact contraire et qui prenait un malin plaisir à m’appuyer sur la tête alors que je me noyais.

Oh bien sûr, comme je le disais plus haut, c’est du passé.

Néanmoins, je sais pas pourquoi, cette émotion de souffrance, elle me cueille par moments et elle me fait encore mal. Alors j’essaie de me vider la tête, et là c’est un truc de dingue les conversations que je peux avoir avec mon esprit dans ces moments là :

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(moi) tiens toi tranquille et écoute le silence !

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(lui) tu te rappelles quant elle t'a dit ça ?

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(moi) tais toi ! écoute le silence !

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(lui) et le jour où elle t'a fait ça ?

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(moi) si tu t'imagines que je vais me mettre en colère !

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(lui) tu vas tout de même pas rester assise là à rien faire

et à respirer bêtement ?

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(moi) est-ce que tu pourrais fermer ton clapet ?

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(lui) et cette phrase là, cette phrase,

me dis pas que tu l'as oubliée ?

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Alors je me dis que je dois être une mauvaise femme.

Oui, je devrais oublier. Ou pardonner.

Ou les deux.

Après tout, c’est du passé. Et le passé ça compte pour du beurre, non ?

13 décembre 2009

pas bonne

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© photo Regard Coquelicot

J’allais vous parler d’Olentzero, où je suis allée avec ma fille et ses fils hier, quand j’ai lu cela :

"Trop souvent, ici et là, regardant le monde tel qu’il nous apparaît, nous refusons de croire qu’en tout être réside, fondamentalement, LA BONTE."

Ah..

Jme rappelle d’un soir où mon fils m’a demandé de bien vouloir relire les réponses au devoir qu’il venait de faire, qui portait sur les tortures pratiquées sur des enfants pendant la dernière guerre mondiale.

J’ai d’abord lu l’article sur lequel devait travailler mon fils, et je n’ai pas réussi à la première lecture à lire jusqu’au bout tellement je pleurais.

Je m’y suis repris le lendemain, ou le surlendemain peut être je ne sais plus, pour lire que ces enfants étaient utilisés pour des expériences, et ensuite on les accrochait à des crochets de boucher où ils finissaient de mourir.

Alors moi je veux bien qu’en tout être réside de la bonté.

Mais cette bonté n’est peut être pas celle à laquelle je pense.

Et je ne parlerai pas plus de tous les autres points qui me font douter de la bonté humaine.

À commencer par mon attitude, bien entendu - je peux être un havre de tendresse autant que violente, intolérante et jugeante (la preuve).

Moi ce que je me pose plutôt comme question, c’est POURQUOI il faudrait absolument trouver de la bonté là où il n’y en a pas ?

Où c’est bon de violer un enfant par exemple ?

Où c’est bon de découper quelqu’un (ou des animaux) en rondelles pour faire des expériences sadiques ?

À quel titre faudrait il y trouver des circonstances atténuantes ?

C’est comme quand jme disais "mon père me tapait dessus, mais c’est pas de sa faute, (alors là, je listais intérieurement tous ses malheurs) et puis, il pensait bien faire ..c’était pour mon bien" (enfin, en supposant que c’est pour le bien d’une petite fille de vivre dans la terreur de se prendre des volées de baffes sur la figure pour des raisons totalement incohérentes).

Ah non décidément, je ne suis pas bonne..

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© photo Frédéric Pavot

10 octobre 2009

il n'y a pas d'hommes violents

Il a dit :

‘’ il n’y a pas d’hommes violents

il n’y a que des situations

qui rendent certains hommes violents’’

Mais c’est bien sûr !

Où avais-je la tête ?

Ah oui, c’est vrai :

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fracassée contre un mur ..

N.B. désolée, je sais .. j’ai déjà écrit des choses plus légères ..

Ben c'est comme ça ;-(

22 septembre 2009

ma femme ..

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C’est ma femme qui m’a enseigné la non-violence lorsque j’ai essayé de la plier à ma volonté. Sa résistance obstinée à ma volonté d‘une part, et sa tranquille soumission à la souffrance que lui infligeait ma stupidité d’autre part ont fait que finalement j’ai eu honte, et que j’ai été guéri de ma stupidité à croire que j’avais de naissance le droit de la dominer. Et finalement elle est devenue mon professeur de non-violence.

Mohandas Karamchand GANDHI (1869-1948)

10 septembre 2009

manipulation

"si l’autre te manipule,

c’est que tu lui as donné le pouvoir de te manipuler"

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Comme les femmes battues qui l’ont bien cherché ?

14 août 2009

le choix

L’autre fois, la mère de mes petits-fils me disait : "tu sais Maman, malgré tous les gens qui te critiquent en te traitant de "laxiste", moi je trouve que tu nous as bien élevés. Bon c’est vrai que tu es vraiment cool mais je t’avoue que ça m’arrangeait bien que tu m’obliges pas à faire mon lit .. (d’ailleurs c’est bizarre que je ne réagis pas du tout pareil avec mes enfants ?) mais même sans autorité comme tu dis, tu nous as appris tout ce qu‘il fallait, et surtout le respect".

Et là, ben oui là, je lui ai dit, à ma fille.Je lui ai dit qu’à l’âge qu’a le dernier de ses fils (deux ans) mon père s‘était mis en tête de m‘apprendre à lire et à écrire. Bon, il a réussi, je savais lire et écrire en entrant à la maternelle (j’en garde une mauvaise latéralisation, ce qui arrive parfois, paraît il (ce n’est pas systématique) lorsqu’on apprend à lire avant trois ans). Mais comme il manquait passablement de pédagogie (il rêvait de faire carrière dans l’armée, c’est vous dire !) cela m’a laissé.. comment dire.

Des traces.Surtout qu’en fait il s’était mis en tête un certain nombre de choses à mon sujet, et mon père était pas le genre d’homme qu’on pouvait se permettre de contrarier, surtout quand on n‘est pas très haute, ce qui est souvent le cas quand on est une petite fille.

Bon cela n’est pas grave en soi. Je veux dire, c’est passé maintenant.Par contre bien que ce soit passé, c’est toujours pas passé. Pourtant, depuis, j’ai "intellectualisé" le truc. J’ai malaxé tout ça, exploré, mis en mots. Recherché les motons sur plusieurs générations, comme le savent ceux qui me suivent depuis que je fais du blog (comme jdis à ma sœur).

L’intellect est dompté. Une bonne chose de faite.

Mais l’affect, lui, pas du tout. Il me fait n’importe quoi, mais alors vraiment n’importe quoi. Et le corps suit bien sûr, puisque le corps sait (corset .. oui j’avoue, celle là elle était tentante ;-)).

Alors moi je pose la question :

nad_s_en_va

dans quelle mesure a-t-on vraiment toujours le choix ??

13 juin 2009

délivrance

PICT3010Il est possible de détruire quelqu’un avec des mots, avec des regards, avec des sous-entendus. Il est possible de détruire quelqu’un en lui faisant croire qu’on l’aime. Il suffit de le dénigrer de manière permanente, de l’humilier, y compris devant les proches, par des remarques incessantes et d‘autant plus perverses qu‘elles ne seront perçues que comme d‘affectueuses boutades, de tendres moqueries. Le tout dissimulé derrière des conduites affectives qui tentent à nous désorienter totalement. Comment se méfier en effet d’un homme qui vous assène des taquineries qui semblent sans importance, mais qui vous assure du matin au soir qu’il ne peut pas vivre sans vous ? PICT3017qui instaure progressivement autour de vous un isolement total, vous coupant peu à peu de vos amis, des membres de votre famille qui ne pensent pas comme lui ? Isolement subtil qui fait de vous la coupable, puisqu'il vous fait croire que c’est vous qui le contraignez à agir ainsi, que c’est "pour votre bien" . Est-il dans le déni ? est-il pervers ? comment savoir ? Toujours est-il que ce déni paralyse la victime, comme sont paralysés les enfants battus puisqu’on leur fait croire que la violence n’existe pas.

La violence, en effet, est une perception de la réalité. Or quoi de plus facile que de persuader une femme, amoureuse de surcroît - je rappelle que l’amour rend complètement stupide, en tout cas au début, et qu’on va jusqu’à aimer les petits travers de l’autre sur lesquels on s’attendrit benoîtement - PICT3035quoi de plus facile, disais je, que de faire croire que sa perception des événements est erronée ? Il suffit de nier purement et simplement que les faits aient eu lieu, de convaincre la personne qu’elle a dit et fait ce qu’elle n’a pas dit et fait, qu’elle s’invente des problèmes, qu’elle interprète les événements, qu’elle déforme tout ! Et accessoirement, de lui rappeler ses traumatismes d’enfance qui donnent du sens à tout ce qui précède, renforçant encore la culpabilité de la victime.

PICT3060Il est difficilement concevable d’accepter que quelqu’un qui vous aime ou qui est censé vous aimer vous fasse subir une telle violence sans raison alors on apprend à intellectualiser la maltraitance en justifiant l’attitude de l’agresseur. (Ma mère par exemple, lorsque mon père était particulièrement violent, nous disait de ne pas "le provoquer" car "il avait de la tension"), c’est ainsi qu’insidieusement, nous allons chercher les motifs de la maltraitance, non pas dans le comportement du manipulateur, mais en nous ! Trop fragile, trop sensible, pas assez intéressante, pas intelligente, etc., toutes ces croyances étant renforcées par l’attitude incohérente du manipulateur qui consiste à nous embrouiller, à nous faire perdre tous nos repères, ne plus savoir ce qui est acceptable ou non, et qui détruit lentement et inexorablement notre estime de soi et oblige à vivre dans un sentiment permanent d’insécurité. Or l’angoisse est un frein puissant à la prise de conscience car elle génère des mécanismes psychologiques visant à nier la réalité pour la rendre plus supportable.

C’est pourtant de cette prise de conscience que naît la liberté.

Qu'est née ma liberté.

PICT3063

La délivrance, comme dit ma sœur.

20 mai 2009

Le pouvoir des maux

Je vous racontais ici que je devais baisser les yeux quand mon père me parlait.

Mais mon père ne m’a pas appris que ça. Lorsqu’il demandait quelque chose, il n’y avait pas d’autre alternative que d’obéir sans délai, sinon la sanction tombait immédiatement. Ce qui fait que la demande de l’autre, et notamment, de l’homme s’est imprimée très tôt dans mon esprit comme étant une commande.

J’ai donc appris très tôt à monopoliser l’énergie qui n’était pas bouffée par la peur au service de ce qui était autorisé et reconnu par mon père, et qui tient en quelques mots : "tu n’as qu’un droit, celui de te taire"

J’ai toujours vécu en fonction des autres, de leurs réactions, de leurs exigences, de leurs sentiments, de leurs valeurs. Je me suis soumise pour survivre, j’ai subi la domination et l’humiliation sans rien dire, rencontrant à l’âge adulte le délicieux paradoxe que ma mère sape le peu d’estime de moi que j’arrivais à glaner en me croyant utile à ceux dont je "m‘occupais".

Je suis d’un naturel plutôt optimiste, quoique pas toujours réaliste il est vrai. Faut dire à ma décharge que la réalité n’a pas toujours été sympa avec moi ;-)

Je vous raconte cela sans amertume. Je ne me torture pas avec mon passé, c’est quelque chose qui a eu lieu, c’est mon histoire, c’est tout.

Mon souci aujourd’hui, c’est de savoir si je me déferai un jour des croyances désastreuses qui m’entraînent inlassablement dans des relations mortifères.

Car ce qu’il y a de terrible avec les croyances, c’est qu’on y croit.

Pff.

Décidément, c’est pas mon jour.

Nad_et_Maman_juil_57

ma moman et moi

j'avais deux ans (c'est à cet âge là que mon père m'a appris à lire et à écrire)

Maman_et_ns_3_Mt_St_Michel_1961

Maman, mon petit frère, ma pitite soeur Brie

et le petit soldat au garde-à-vous, c'est moi

sur fond de Mont Saint Michel :-)

4 mai 2009

Baisser les yeux

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Lorsque j’étais enfant, mon père exigeait qu’on garde les yeux baissés lorsqu’on s’adressait à lui. Ma sœur, qui a toujours été rebelle, le tançait parfois du regard, ce qui générait des représailles immédiates car ça le rendait fou de colère. Malgré ça, et bien qu’elle était très jeune, autant qu’il m’en souvienne elle ne "cédait" pas.

Je me suis toujours dit que notre père se servait de cela dans un but plus ou moins conscient de nous "dominer", de nous "humilier", d‘autant que le contexte "éducatif" dont nous étions l’objet entérine tout à fait cette hypothèse. (je mets sciemment entre guillemets les mots domination, humiliation, éducation)

Il n’y avait qu’un seul cas où mon père exigeait qu’on le regarde droit dans les yeux : quand on avait fait quelque chose de mal et qu’on allait être punies ("regarde moi quand je te parle !").

Or, le regard est un outil de communication très subtil.

Que se serait il passé si, n’exigeant pas que je baisse les yeux, il avait lu dans mon regard toute la terreur qu’il inspirait à la petite fille que j’étais ?

Et si, plutôt que "tu ne vaux rien", cet ordre disait "je ne veux pas que tu saches ce que je ressens" ? ou encore : " j’ai peur de ce que ton regard va me dire sur moi " ?

Qui, alors, de la fille ou du père, détenait le plus de pouvoir ?

Sables_d_Olonne_1956_Nad_et_Papa

avec mon père aux Sables d'Olonne,

quand j'avais encore le droit de garder ouverts mes yeux de ptite chinoise ;-)

14 janvier 2008

les clous

Cher Papa,

Je t’ai pleuré longtemps lorsque tu nous as quittés.

Tu as su m’apprendre l’obéissance inconditionnelle, l’amour sans réserve, et quand je m’égarai du droit chemin, le tien, Maman était là pour m’y ramener.

Je me rappelle encore de tes formidables leçons de vie,

comme "ce qui arrive aux autres est toujours de TA faute", "tu n’as qu’un droit, celui de te taire" ou encore "il n’y a pas de demande, il n’y a que des commandes".

Pardonne-moi si je n’ai pas toujours été docile.

Mais je n’étais qu’une petite fille.

Je ne comprenais pas tes règles de vie simples et cohérentes, comme te regarder en baissant les yeux et obéir dès la première injonction.

Heureusement, Maman était là pour me dire que c’est pour mon bien. Et que je te faisais tellement de mal quand je désobéissais !

Toute ma vie j’ai essayé d’appliquer tes principes.

Oh, je l’avoue, çà n’a pas été facile. J’avais énormément de désirs !

Heureusement, tu m’as expliqué que çà ne compte pas.

Au début, c’était très difficile.

Alors quand j'avais envie de quelque chose, j’allais planter un clou dans un volet de ma maison.

Rageusement, il est vrai.

Mais je voulais tellement que tu sois content !

Alors j’ai vite progressé.

Si bien qu’ensuite j’ai pu enlever un clou chaque fois que je réussissais ce que tu m'as appris.

Tu peux être fier de moi, Papa.

Il n’y a plus aucun clou dans mon volet.

Et c’est pas grave, n’est-ce pas, si les clous ont laissé des trous dans le volet et qu’il ne sera plus jamais comme avant ?

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