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le blog de Ambreneige
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solitude
15 juin 2011

comme un boomerang

balancoire

 

J’ai un vrai souci avec les sentiments. D’abord, je leur accorde trop d'importance. Faut reconnaître que rien que le mot est magnifique ! et puis les sentiments, c’est la seule véritable spontanéité incontrôlable : la souffrance ou la jalousie qui poignarde le plexus, la joie, le désir qui fait battre le cœur et vous coupe le souffle. On ne décide pas de ressentir des sentiments, c'est pas quelque chose qui s'atténue, s'annule, s'évite, se rejette. Les sentiments s’imposent et on doit vivre avec. Même si certaines personnes croient avoir du pouvoir sur ce qu’elles éprouvent, même si elles s’empêchent de se laisser submerger, moi je crois qu’au final, ça leur revient comme un boomerang.

En tout cas pour ma part j’ai décidé de me laisser faire, comme une poupée de chiffon. Quand je les sens m’envahir, je ne me défends pas. Faut dire qu’en plus, je suis une ressenteuse née. Maman disait toujours que ce que je ressens se lit sur mon visage. Eh oui, je suis une nana lisible. C'est bizarre d'ailleurs l’image que je peux donner : fofolle, mais aussi forte et posée. Ce n’est pas tout à fait faux, notez. Mais tellement pas vrai, notez aussi. On m’a tellement souvent dit que je suis solide.. Solide ! J’en déménagerais sur une autre planète. Ce n’est pas parce qu’on ne peut s’appuyer sur personne qu’on a besoin de personne, croyez-moi.

Lorsque j’étais petite, je réclamais inlassablement : des câlins, des bisous, des câlins et des bisous. Maman, les bras ballants, se laissait enlacer en disant : "arrête de faire la meule !!"

En grandissant, on aurait pu espérer que la chose s’arrange. Que nenni. Ça s’est même aggravé. Je continue de faire la meule. Là où on vous "NON", vous faites quoi, vous ? vous laissez tomber et vous changez sans doute de crèmerie ?

Ben moi j’insiste. Encore. Encore. S’teuplèèèèèèèèèèèè !!!!

Est-ce du masochisme ? de la stupidité ?

Je sais pas.

Toujours est-il que je reste persuadée qu’on a tous besoin d’être aimé. C’est pas la solitude le problème, l’humain est tout à fait apte à vivre seul. C’est le besoin d’amour.

Du reste, pourquoi chercherait-on à se détacher si c’était pas pour ne plus souffrir du besoin qu'on a d’être attaché ???

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21 octobre 2010

le bonheur est dans le près

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"Le bonheur est dans le près (de quelqu’un)", dit Frédéric avec humour.

Eh bien je crois que c’est vrai. Je crois même que du coup, c’est le plus gros de nos soucis.

Ben oui : vous en connaissez beaucoup, des heureux dans le près qui se réveillent un beau matin en clamant d’une voix claire : "Aujourd’hui, je sais pas quoi faire.. tiens, et si je me détachais ?"

Parce qu'en réalité, le détachement, on commence à y songer seulement quand le près s’éloigne.

Qu’on se retrouve tout(e) seul(e) comme un(e) cloch(e).

C’est là qu’on se dit : m'en fous, pfffff ! même pas besoin, du bonheur dans le près !

Le truc, c’est juste de pas se poser de questions .. de pas se demander si on aurait toujours envie de se détacher si le loin était encore près ..

17 octobre 2010

la vraie sagesse

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Tout à coup, je m’aperçus que je ne pleurais plus. J’étais enveloppée de ce que je ne peux décrire que comme une petite poche de silence - un silence si rare que je répugnais à respirer, de peur de l’effrayer.

Puis j’ai entendu une voix.

La voix disait : Va te recoucher, Liz.

Immédiatement, il m’apparût évident que c’était la seule chose à faire. Je n’aurais accordé aucun crédit à une voix puissante qui aurait tonné : Tu dois divorcer ! ou : Tu ne dois pas divorcer ! Parce que ce n’est pas la vraie sagesse. La vraie sagesse donne la seule réponse possible à un moment donné.

Liz Gilbert, "Mange, Prie, Aime"

29 août 2010

le problème

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Je ne sais pas c’est quoi le problème avec moi, mais ya toujours un moment où je me retrouve toute seule sur le bord du chemin. Où faut que je lâche du lest. Bon, ceci dit, est-ce vraiment un problème ? allez détache-toi Nad, détache-toi, lâche .. lâche prise ..

Tout ça n'est pas si grave !

Allez hop, haut les coeurs ! comme disait Maman.

Après tout, cheminer seul, n'est-ce pas ce qu'on fait toujours, même si on essaie de se persuader du contraire ?

22 avril 2010

tous les garçons et les filles

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Ils s’aimèrent comme tous les garçons et les filles de cet âge s’aiment depuis la nuit des temps. Sauf que c’était en 1874 et que la pilule n’existait pas .. Elle, Adèle, a vingt ans lorsqu’elle se retrouve enceinte de François qui n’en a que dix-neuf..

Le 21 décembre 1874, une petite fille naît : Eugénie. Son jeune père daigne la reconnaître puis disparaît dans la nature .. c’est cette petite fille qui deviendra mon arrière grand-mère mais je ne l‘ai pas connue car elle est morte en 1950 (bon ceci dit ça ne me contrariait pas car j’ai toujours entendu dire par ma mère que Mémère Nini - puisque c’est d’elle dont il s’agit - était méchante). Elle a fini sa vie avec une congestion cérébrale, cela veut dire qu’elle est devenue totalement paralysée, sauf des yeux dont Maman voyait des larmes sourdre à longueur de journée ..

Mais revenons en 1874 : François disparu dans la nature, que va faire Adèle de l’indésirable petite Eugénie ? Elle la met à l’Assistance Publique .. (on est au XIXe siècle !)

C’est là que je vois apparaître pour la première fois cette émotion d'"abandon", mais ce sentiment, cette souffrance, je vais vite me rendre compte qu’il se retrouve comme un petit poison subtil dans les diverses ramifications de l’histoire familiale ..

Deux ans après, Adèle épouse Louis dont elle aura un fils (Henri).

Mémère Nini grandit tant bien que mal, puisque ma foi, la vie passe même quant on n’est pas très heureuse, et quant elle se marie à son tour, à 26 ans, elle se dit qu’elle a bien le droit au bonheur maintenant, après avoir passé une bien triste jeunesse avec une mère indifférente et un demi-frère qui, LUI, avait la chance d’avoir son père avec lui..

Le 7 juillet 1900, Eugénie épouse mon arrière grand-père que l’on appelait Pépère Bibi. D’ailleurs la mère d’Eugénie, Adèle, ne reconnaîtra sa fille qu’à cette occasion (pour les formalités de mariage), ce qui prouve s’il en était encore besoin le peu de cas qu’elle en faisait ..

Le 18 avril 1904, joie dans le cœur de Mémère Nini : son premier enfant naît et c’est une petite fille ! Une petite fille à choyer comme elle-même ne l’a jamais été !! Elle l’appelle Andrée. Et elle se met à aimer inconditionnellement cette petite fille.. au détriment du fils qui vient ensuite le 25 septembre 1905 : Achille (mon grand-père) parce que lui c’est un garçon.. or Mémère Nini a dans son âme un sérieux contentieux à régler par procuration avec son demi-frère qui a eu toute la place dans le cœur de leur mère ..

Achille, mon grand-père, est un homme pas très grand (1m64), blond aux yeux bleus. Il est super doux et gentil mais très réservé, timide, manquant de confiance en lui, sentiment qui a peut être été majoré par le fait qu’il a été élevé sans que sa mère fasse cas de lui, avec cette préférence très marquée pour sa sœur..

Alors comment vont-ils se rencontrer, mon grand père Achille qui vit en région parisienne et ma grand-mère Fernande qui est en Suisse ??

Eh bien comme ceci (attention, c’est un petit peu compliqué à suivre, mais le destin a des chemins sinueux parfois !) :

Henri, le demi-frère de Mémère Nini, a épousé une certaine Alice qui n’est autre que la sœur de mon arrière grand-mère (enfin elle n’est pas encore mon arrière grand-mère mais va le devenir !) et donc, lorsque ma grand-mère Fernande, alors jeune fille, vient rendre visite à sa famille de France, elle va avec sa tante Alice voir la belle-sœur de Tante Alice c’est-à-dire mémère Nini (ça va ? Pas trop confus ..?)

C’est donc ainsi que ma grand-mère Fernande et mon grand père Achille font connaissance .. Mon grand-père fait sa cour pendant plusieurs années, très respectueux (en plus, ma grand-mère était très prude) (heu, oui, je sais, je ne tiens pas d’elle ;-)) ..

Enfin toujours est-il que ces deux là se marient le 11 octobre 1930. Mamy a 29 ans et Achille 25. Ils s’aiment très profondément.

Ils ont rapidement deux petites filles, ma Marraine, puis ma Maman.

Ils achètent une petite maison en région parisienne, ma grand-mère qui travaillait depuis l’âge de 16 ans avait une belle dote.

Achille travaille aux Chemins de Fer.

C’est en 1935 que survient l‘accident (Mamy Fernande est enceinte de sa troisième fille) : Achille reçoit un coup de poutre sur la tête. Il ne s’en ressent pas immédiatement, mais finit par être hospitalisé à l'hôpital Thonon à Paris où il meurt subitement le 9 septembre 1935 à l’âge de 30 ans. Ma Marraine a 3 ans, ma maman 22 mois, et ma plus jeune tante 7 mois.

La mère de Mamy Fernande vient de Suisse pour soutenir sa fille, elle va d’abord aux Chemins de Fer pour voir quelle aide on peut leur apporter. On lui répond que les trois filles peuvent être placées à l’orphelinat...

Alors mon arrière-grand-mère, qui avait un caractère très trempé, répond qu'il n'en est pas question et finit par obtenir pour sa fille (qui n'avait donc plus aucune ressource pour vivre) un poste de garde-barrière.

Puis elle repart en Suisse avec Maman sous le bras..

J’avais une dizaine d’années lorsque j’ai commencé à questionner ma grand-mère Fernande sur son enfance, sa vie, son amour, et régulièrement, Mamy pleurait..

Jusqu’à la fin de ses jours, elle a pleuré son aimé..

Son immense chagrin l‘occupait toute entière, occultant tout, même la place que ses filles auraient dû avoir dans sa vie ..

Bon, maintenant je vous emmène en Suisse, à Murist où nous faisons la connaissance d’un beau jeune homme blond aux yeux bleus. Il s’appelle Joseph, et nous sommes en 1897.

Joseph est né à Aumont en 1877, le 10 mai, (c’est-à-dire le même jour que le mari de chacune de mes tantes - sans compter que mon père était du mois de mai aussi : autres petits clins d’œil !)

Le père de Joseph était d’Aumont aussi, y né le 5 juin 1845. Il avait une sœur prénommée Rose et un frère prénommé Joseph, c’est donc le prénom de ce frère qu’il a donné à son fils.

Mais c’est pas avec son père que Joseph en a à découdre mais avec sa mère, Joséphine (on l’appelait la Finette) : un caractère terrible !

Elle n’hésite pas, par exemple, à briser le cœur de sa propre fille (Bertha) en l’empêchant d’épouser un homme dont elle la savait fort éprise (et un petit peu enceinte) parce qu’elle ne le trouve pas assez bien pour elle …

Finalement Bertha a vécu avec un autre homme (on ne s’opposait pas à la Finette !) qui lui a fait une ribambelle d’enfants .. sur le dos desquels le père passait ses nerfs à coups de bâton..

Mais revenons à mon arrière-grand-père Joseph.

Sa mère et lui ont le même type de caractère très fort, ça fait des étincelles ! et un jour, la coupe déborde. Suite à une brouille violente (après on va se demander pourquoi je suis très légèrement emportée), Joseph s’expatrie. Et pas la porte à côté : il part pour la France !!

Le voilà à Paris…seul, seul, ô si seul .. Heureusement, un concours de circonstances heureux lui permet de trouver rapidement du travail comme jardinier chez la Comtesse de Montebello, au château d’Auvers (château qui existe toujours, mais qui s’appelle Château de Stors maintenant)

C’est comme ça que le destin malicieux a rapproché mon arrière grand-père, qui était Suisse de mon arrière grand-mère, qui habitait près de Paris .. D’autant plus malicieux qu’ils se sont rencontrés à un feu de la saint Jean, autrement dit le 24 juin 1900 (jour anniversaire de la Finette ! Si ça, c’est pas un beau pied de nez du destin !) ...

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ma mère (à droite) et ses deux soeurs

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27 mars 2010

tu me tournes le dos

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Tu me tournes le dos.

Tes doigts courent sur le clavier, tu es un peu penché, légèrement. Tu me tournes le dos.

Depuis combien de temps ?

Depuis combien de temps, insidieusement, l’écran s’est-il glissé entre nous deux ?

Tu disais, je ne peux plus, de toutes façons je ne peux plus te donner tout ce que tu attends, alors à quoi bon ?

Mais comment peux-tu savoir ce que j’attends ? Et si ce que j’attends n’était pas là où tu l’attends ?

Tu disais : avant.

Bien sûr, avant. Avant, tu me faisais des choses, tu allais partout, avec tes mains, avec tes dents, toi mon réservé tu abandonnais toute réserve, tu en devenais presque brutal, et c’est ce que je voulais, oui sûr, c’est ce que je voulais, qu’on soit saisis d’un savoureux vertige, un vertige qui nous submerge, nous dépasse, et l’illusion de s’en croire la cause, l’illusion sais-tu ? cette illusion de n’être que des corps, des corps qui se réchauffent à même la peau, d’ailleurs n’est-ce pas toujours ce qu’on fait à deux, on se colle pour ne plus avoir froid, jamais, pour oublier le vide, le silence, pour oublier la solitude et tous ces maux qui nous vrillent le dos ..

le dos.

Tu me le tournes.

4 février 2010

nourriture

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Quand, tout petit, on a été nourri de lait et de bouillies et de tout ce qu'on veut, mais qu'on n'a pas été nourri d'amour, quant on ne dispose d'aucune donnée mnésique de cette aimance primordiale dans son âme ni dans son corps, où va-t-on aller en puiser, de l’amour ? n’essaie-t-on pas de le demander aux autres ? sans se rendre compte, d’ailleurs, que ce qu'on leur demande on ne l’aura jamais puisqu’aucun adulte ne peut donner à un autre adulte ce qu’une mère est censée construire en son enfant avec ses petits bouts d’amour ?

la photo est de Frédéric Pavot

2 février 2010

elles

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Ça commence par une prise de pouvoir.

Elle n’y voit que du feu. Il la contrôle, petit à petit, sur sa façon de s’habiller, de ne pas plaire, as tu besoin de te dandiner comme ça lorsque tu danses ? devant cet homme en plus, qui ne te quittait pas des yeux ? et ce rouge à lèvres, enlève-le, frotte, j’ai pas envie qu’on croit que je sors avec une pétasse ! et c’est quoi cette façon de t’habiller ? ta jupe est trop courte, c’est pas de ton âge, et puis tu vas attraper froid, maintenant pour sortir tu mettras un manteau long. Mon dieu, comme il est attentionné !

Elle avait bien quelques amis, quelquefois même elle les voyait, mais à quoi rime de lui mentir ? que dire ? que taire ? pour qu'il se mette encore en colère !!! " Fais couler le bain que je ne t’entende pas téléphoner à ta copine !! d'ailleurs quel besoin t'as de lui téléphoner, je ne te suffis pas ? " Allez, plus de téléphone, coup de ciseau sur le cordon. Il veut me protéger, c’est sûr, il m’aime tellement ! De toutes façons les amis à quoi ça sert ? Elle les croyait indispensables, elle en faisait toute une affaire, mais il a bien raison, on peut bien vivre sans.

c’est comme sa vie d’avant, qu’est-ce que ça peut faire sa vie d’avant puisqu’elle était sans lui ? rien que pour lui, maintenant, la douceur de sa peau entre ses mains. Regarde, on n’est pas plus heureux comme ça ?

Privée de soleils elle se desséche, de toutes façons il a raison, elle est tellement nulle,

et même, ce qui t’arrive c‘est bien ta faute, regarde ce que tu fais de lui, tu le détruis, tu le rends fou, tu crois qu‘il fait ça pour son plaisir ? T’as pas honte de le persécuter ainsi ? Après tout ce qu’il a fait pour toi !!!!

Regarde ce que t’étais quand il t’a rencontrée, une moins que rien, plus bas que terre..

C‘est TOI qui le rends à cette extrêmité ! Assume un peu le choix que tu n‘as jamais fait !

Mais toi bien sûr tu ne dis rien.

Qu’est-ce que tu dis ? il est violent ? Mais tu es folle ! As-tu perdu tout discernement ? Il est pas violent il est charmant.

CHAR-MANT. C’est ce que diront tous les gens.

Mais toi tu n’es qu’une pauvre folle. Une hystérique. Bien sûr, c’est pas vraiment ta faute, avec le père que tu as eu ..

Ah oui vraiment, il a raison, je mérite bien ce qui m’arrive. Et puis j’aime ça je suis maso. C’est formaté depuis longtemps.

Heureusement que les autres sont là, pour m’aider à y voir clair. "t’as jamais eu de caractère. T’as qu’à partir, c’est quand même pas dur. Mais t'es trop faible ma pauvre fille. Tu t’es toujours laissée trop faire. Tu n’as que ce que tu mérites."

Et puis ya ceux qui n’écoutent pas, ceux qu’elle dérange,

mais qu’est-ce que tu racontes ? Cet homme là, c’est une crème d’homme. Ma pauvre fille, t’es vraiment traumatisée, arrête de vivre dans le passé !

Et puis ya le médecin, qui hésite à faire des certificats, ou alors il le fait du bout des doigts,

un crime, ça ? Vous plaisantez, c’est juste un bleu ça va passer

Et puis ya les gendarmes,

anormal ?

inadmissible ?!

inacceptable ?!!!

Comme vous y allez !!! est-ce que vous ne l’auriez pas un peu cherché ?

Et puis ya les enfants, qui ont peur, mais après tout c’est mon papa ..

Et puis ya toi, ta pire ennemie, qui adhère à tout ce qu’il dit.

Et c’est comme ça

que les femmes battues ne partent pas.

3 avril 2008

24 janvier 2010

libre

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Libre,

je suis liiibre !

Ainsi m'exclame-je ce matin en jetant un oeil sur le monde, et même les deux, car j'ai un tempérament particulièrement généreux.

Ça, c'était avant de me zazen.

Enfin, pour me mettre en train, je me suis d'abord essayée à de menus exercices ** dont m'avait parlé ma soeur : ça consiste, au réveil, à s'étirer puis à tourner "la tête de droite à gauche et inversement".

Bon, tourner la tête de droite à gauche, je sais super bien faire (surtout inversement).

Ensuite, il s'agissait de se lever et de se "planter tout de suite devant la glace, se regarder à la racine du nez et rire de bon coeur."

Là encore, pas de problème, même si ma tronche laissait croire que je sortais d'un exercice d'entraînement dans une centrifugeuse de la NASA et me donnait plutôt envie de pleurer.

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C'est seulement après que les choses se sont corsées.

Lorsque je me suis zazen en pleine conscience.

Ben oui, au fur et à mesure que "la poussière retombait", je me suis aperçue d'une chose terrifiante : toute ma vie je me suis conformée au rôle auquel mon histoire familiale, sociale, personnelle, mon nounoun ma vulnérabilité - ben oui, je suis une petite chose fragile - etc, etc, me prédestinaient. J'ai toujours suivi les injonctions sans me poser de questions.

Or maintenant que je suis libre, c'est-à-dire face à ma solitude seule à moi toute seule, je réalise un truc moyen agréable : je croyais avoir hérité d'une identité, la mienne. Ben pas du tout : je suis sommée de la choisir.

Je suis sommée d'être libre, épanouie, développée (qui a dit : ya du boulot ?), en harmonie avec mon moi profond qui, entre nous soit dit, atteint les jours fastes des profondeurs particulièrement profondes.

Je dois faire des choix.

Tout le temps.

Sans arrêt.

Pour tout.

Et, tenez-vous bien : je dois les a-ssu-mer.

Or, si je suis obligée d'être libre,

libre

est-ce que je suis libre ???

PS pour Lung Ta : non Môssieu, je ne me pose pas des questions compliquées. Je suis la simplicité personnifiée.

** " Les hauts pouvoirs psychiques par la pratique du yoga" - Jean Varagnat

8 janvier 2010

tant de désespoir

 

 

desespoir

Dans quoi s’enracinait tant de désespoir ? Était-il d’origine psychologique ? La faute incombait-elle à papa et maman ? Était-il simplement temporaire, une mauvaise passe dans ma vie ? Était-il d’ordre génétique ? Était-il culturel ? Était-il lié aux astres ? Était-il artistique ? (Les créateurs ne souffrent-ils pas de dépression parce qu’ils sont ultra sensibles et tellement spéciaux ?) Avait-il partie liée avec l’évolution ? (Se peut il que je porte en moi la panique résiduelle qui fait valoir ses droits après que, des millénaires durant, mon espèce a tenté de survivre à un monde brutal ?) Était-il karmique ? (Tous ces spasmes de chagrin ne sont-ils la conséquence de mauvaises conduites dans des vies antérieures ?) Était-il le fait d’un dérèglement hormonal ? Alimentaire ? Philosophique ? Saisonnier ? Environnemental ? Accédais-je à une aspiration universelle pour Dieu ? Souffrais-je d’un déséquilibre chimique ?

Ou avais-je tout simplement besoin de m’envoyer en l’air ?

Elizabeth Gilbert, "Mange, prie, aime"

 

;-))))

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7 janvier 2010

rassemblement

nuit_des_tempsQuand j’étais jeune et belle (comme dirait mon fils) j’avais lu ce livre avec délectation. Il y a d’ailleurs une scène divine où l’auteur décrit l’abandon du Pharaon (qui n’en est pas moins homme) aux mains de toutes ses petites reines. Mmmhh ..

mais qu’est-ce que j’écris ? comme d’habitude, je m’égare. Je voulais juste vous parler de ce pauvre Osiris, dont le corps a été découpé en morceaux par son ingrat de frère. Je vous assure, on ne peut pas faire confiance aux hommes. Regardez Isis, qu’est-ce qu’elle fait, aussitôt, elle ? Eh bien elle se met en quête de tous les morceaux de son homme/frère/bien-aimé (on ne peut pas faire plus dévouée, franchement), - sauf le morceau principal, puisque damned ! elle ne l’a pas retrouvé !!!

Ensuite avec tout son amour (et avec une de ses sœurs aussi)(les sœurs c’est bien, bien mieux que les frères j'vous l’dis) elle a reconstitué le corps d’Osiris, et même la partie manquante, qui il faut bien le dire était la seule indispensable puisqu’Isis, comme toute nana normalement constituée avait une idée derrière la tête, enfin plutôt un peu plus bas : lui faire des petits mamours et accessoirement un enfant.

Pourquoi vous raconte-je tout ça ? Déjà parce que c’est hyper intéressant et que je ne vois pas comment vous auriez pu continuer à vivre sans le savoir.

Et ensuite parce qu’à une certaine période de ma vie, qui n’est pas si ancienne non plus mais qui est quand même et malgré tout passée vu qu’elle n’est plus présente, je me sentais comme Osiris : a pezzi (en miettes).

J’étais en train de faire mes courses, et au milieu des légumes (qui entre nous soit dit, semblaient me regarder comme si j’étais des leurs), en sortant la liste de ma poche, tiens qu’est-ce que je trouvais ? un petit morceau de moi.

J’astiquais les sols (et Dieu sait que je suis une experte es-astiquage de sol, et comme en plus à cette époque je dansais encore en faisant le ménage, on aurait pu dire que j’étais le rat de l’astiquage des sols) et que voyais-je sous un meuble ?? un autre petit morceau de moi.

Et ainsi de suite.

Tout cela était donc fort inconfortable, vous en conviendrez, car je me sentais disséminée et profondément minée.

Or, je n’avais pas d’Isis sous la main pour me recoller ! Et non seulement je n’avais pas d’Isis, mais j’avais croisé une personne qui était son exact contraire et qui prenait un malin plaisir à m’appuyer sur la tête alors que je me noyais.

Oh bien sûr, comme je le disais plus haut, c’est du passé.

Néanmoins, je sais pas pourquoi, cette émotion de souffrance, elle me cueille par moments et elle me fait encore mal. Alors j’essaie de me vider la tête, et là c’est un truc de dingue les conversations que je peux avoir avec mon esprit dans ces moments là :

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(moi) tiens toi tranquille et écoute le silence !

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(lui) tu te rappelles quant elle t'a dit ça ?

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(moi) tais toi ! écoute le silence !

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(lui) et le jour où elle t'a fait ça ?

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(moi) si tu t'imagines que je vais me mettre en colère !

monstre_vert

(lui) tu vas tout de même pas rester assise là à rien faire

et à respirer bêtement ?

monstre_vert

(moi) est-ce que tu pourrais fermer ton clapet ?

monstre_vert

(lui) et cette phrase là, cette phrase,

me dis pas que tu l'as oubliée ?

(moi)47998021

Alors je me dis que je dois être une mauvaise femme.

Oui, je devrais oublier. Ou pardonner.

Ou les deux.

Après tout, c’est du passé. Et le passé ça compte pour du beurre, non ?

30 décembre 2009

C'est vilain

pingouins_bebes

Il paraît qu’il faut s’aimer soi-même et rien attendre des autres, c’est très laid, c’est vilain, c’est de l’exploitation de l’altérité, on a tout ce qu’il faut en soi pour être heureux et même archi comblé. Alors après évidemment c’est pas la peine de venir se plaindre qu’on aime en recevant pas grand-chose en retour, même pas le minimum syndical, (on croyait que l’amour c’était ça : un partage), vu que même si on a l’impression d’aimer plein de gens, et/ou d’aimer de tout son petit coeur, ben on s’illusionne, c’est pas du bon amour, puisque ce qu’il faut c’est s’aimer soi, soi ôôôôôô rien que soi.

D’ailleurs si on s’aime pas soi paraît il qu’on peut pas aimer les autres. C’est dire si on se leurre !

Bon le truc, c’est que ce genre de questions, on ne se les pose que quand on ne se sent pas aimé.

Quand on est aimé, on s’en fiche pas mal de s’aimer soi même, puisqu’on est déjà aimé.

Bien. Récapitulons :

oursons

- on ne peut aimer les autres que si on s’aime soi-même.

- on s’aime soi-même que si on est aimé.

- on est aimé que si les gens qui nous aiment ont été aimés eux aussi.

- les gens qui nous aiment n’ont été aimés que s’ils s’aimaient eux mêmes.

- ces gens s’aimaient eux-mêmes que s’ils avaient été aimés.

Bon. Tout cela me semble bien aléatoire, et je préfère encore dire comme Jacques Brel,

aimer,

1

même trop,

même mal,

tenter,

Frederic_Pavot

sans force

et sans armure,

s6tp5xdm

d’atteindre

l’inaccessible étoile ..

26 août 2009

départ

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A chaque instant de sa vie,

il faut être prêt à une révision déchirante et à un nouveau départ dans un cadre entièrement différent.

ETTY

4 août 2009

attirer l'attention

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Quand bien même elle chercherait parfois à attirer l’attention, ne serait-ce pas une bonne chose que de la lui donner ?

© MIFA

3 août 2009

partir loin

Lorsque j’étais enfant, j’avais une rêverie, toujours la même. Je quittais mes parents,

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j’abandonnais tout, mes affaires, mes poupées, mon nounours,

Brie_et_Nad

et même mes cahiers..

et je marchaismarchaismarchais, le long des champs,

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dans ma rêverie c’était jamais une ville, j’étais en pleine nature, pas un être humain à l’horizon. Je m’enfonçais dans la forêt,

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et là, je glanais ce que je pouvais pour me construire un abri, il était petit, chiche, mais j’y étais bien.

J’y étais seule.

J’y étais moi.

Cette rêverie, elle a grandi avec moi. Elle a mûri. À dix huit ans, je voulais partir en stop en Inde. Ou au Cap Nord.

Au lieu de ça je suis tombée amoureuse..

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tombée ! hélas. Le mot est juste. Après c’était fichu, forcément. Comme je voulais beaucoup d’enfants, avoir un homme sous la main, ça aide.

L'homme est resté.

Et je ne suis pas partie.

Mais ma rêverie non plus .. .. d’où certainement, cette formidable résonnance avec mon amie Sylvie ( <== clic clic pour voir la vidéo)

1 août 2009

la solitude

La solitude ne vient pas de l'absence de gens autour de nous, mais de notre incapacité à communiquer les choses qui nous semblent importantes.

Jung

4 juin 2009

l'amour

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Mutti écrit :

Tant d’amours en absence d’Amour
Cela ne peut-il faire réfléchir ?

"cela ne peut-il faire réfléchir" ..Mutti me semble avoir tout dit en ces mots, car aimer l'autre, n'est-ce pas "réfléchir", "avoir un reflet de soi" ?

Mais l'amour, "le vrai" amour qu'est-ce ?
Celui que chante Jacques Brel, l'inaccessible amour ?
ou celui de tous les jours, maladroit et imparfait ?
celui qui donne tout sans contrepartie
ou celui qui nous permet de nous remettre en question jour après jour ?

l'amour EST-il ?

ou se construit-il jour après jour ?

Peut-on parler d’amour inconditionnel ? si c’est de l’amour, ya pas besoin du qualificatif "inconditionnel " après, n'est-ce pas ?

C’est drôle car les mots de Mutti me font un écho de la question que je me pose depuis quelques temps : pourquoi la majorité des femmes rêvent-elles de vivre avec un homme, et si possible avec un homme qui les aime, mais bon, sinon elles font avec ! Les hommes se "passent la corde au cou", "enterrent leur vie de garçon" mais ce sont les femmes qui sont prêtes à se dévouer corps et âme à leur homme, et d’ailleurs, c’est ce qu’elles font .. pourquoi ? pour ne pas se sentir seule ?

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Mais la solitude à deux n’est-elle pas plus douloureuse que la solitude choisie et consentie ? alors pourquoi ? Est-ce simplement parce que la solitude, notamment féminine, est mal vue ? Qu‘elle suggère un manque, le fait que "seul" on ne vaut rien ?!

je me rappelle qu‘à la période où je vivais seule (= sans compagnon à la maison, alors que je vivais avec mes filles et que j'avais beaucoup d’amis), je sortais beaucoup, j’allais danser en boîte ou voir des concerts le soir, bref, je me sentais libre et heureuse, mais ma famille et mes copains n’avaient de cesse de me trouver quelqu’un, persuadés que j’avais forcément un problème ! Ma propre mère s’était fait entremetteuse !!

Il y a donc bien une notion d’incomplétude que l’on projette sur l’autre, (dans le langage courant ne dit on pas "ma moitié" lorsqu’on parle du conjoint, quand ce n’est pas "mon tout" ?!)

or n'est-ce pas un paradoxe terrible que de vouloir être entier, de se sentir "soi" en "se mettant en couple" ???

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27 avril 2009

La solitude, ça n'existe pas

C’est l’histoire d’une meuf qui se sent seule. Pas seule-seule, mais seule à plusieurs, une seule très entourée, en somme. La solitude n’attend pas le nombre des années, et il peut arriver qu’on se la prenne dans la tronche à un âge très avancé. On s’y attend pas, on avance guilleret sur la corde de la vie, et vlaf ! La solitude déboule sans prévenir. Faut dire que c’est pas le genre de truc qui fait des grands signaux, en général.

Donc, la meuf, elle se sent seule. Faut dire qu‘elle a pas de mec. Déjà, c’est pas marrant. Un mec, c’est top comme compagnon de jeu. On peut dire ce qu’on veut, mais faut bien reconnaître qu’on a encore rien inventé de mieux pour remplacer les outils divers dont Dame Nature a doté les mâles pour nous distraire la nuit (et accessoirement le jour).

En plus, ils peuvent nous réchauffer les pieds.

Mais bon.

Quand c’est comme ça, faut faire avec.

Non, le pire, dans ce genre de situation, c’est que c’est vrai. Enfin je veux dire, c’est vrai qu’on est seul. Seul quand on naît, seul quand on souffre, seul quand on meurt. Le tout, c’est qu’on s’en rend pas compte, on ne veut pas le savoir, on fait comme si.

Ça commence tout petit, avec les jeux "on dirait que tu serais mon Prince Charmant et qu’on s’aimerait toute la vie". Ado, des fois, ça s’aggrave. On se met à parler dans notre tête à des gens imaginaires, comme Anne Frank qui écrivait dans son Journal à son amie Kitty qui n’existait pas.

Perso ça fait un bail que j‘ai des discussions dans ma tête avec des gens, - d’ailleurs mon fils me le dit souvent que chui pas toute seule sous mon scalp, j’en conclus que chez moi la notion de solitude a dû naître relativement tôt.

Oui car en fait, la solitude, c’est comme le bonheur : un concept, une idée, ça s’en va et ça revient c’est fait de tout petits riens, comme dans la chanson. On se sent seul mais il suffit qu’on croise quelqu’un dans la rue qui répond à notre sourire et ça y est, on n’est plus seul.

Je suis tentée aussi de rapprocher la solitude de l’amitié et de l’amour.

Des fois quand on est en couple, la solitude est quasi insupportable :

genre :

- je me sens seule.

- ben chui là

- justement.

Quant aux amis .. ahla. Je me demande si dans les moments où notre sensation de solitude est exacerbée, on n'attend pas encore plus de nos amis. Je pourrais même dire : trop.

Du coup, on n’ose pas, on a peur de gêner, d’empiéter sur la solitude de l’autre.

Alors des fois, quand on se sent très seul, ben on reste dans son coin. Même si on sait que le pire de tout, c'est la fermeture des ouvertures.

Et on se retrouve encore plus seul.

27 avril 2009

caprice

- toute ta vie part en vrille, heureusement, toi, tu es SOLIDE !

- elle en a marre la fille, elle en a marre d'être "solide" ! elle en a marre d'être une femme forte, marre de tenir tout et tout le monde à bout de bras ! elle veut s'arrêter un instant, se pelotonner sur une épaule réconfortante, elle veut ne plus s'occuper de rien et que pour une fois, une seule, ce soit les autres qui s'occupent d'elle ! la fille, pour un instant seulement, elle veut être une petite fille !

22 juillet 2008

bobo

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